Des renseignements sur ceux qui renseignent . Un « texte à l’appui » de Pierre Souchon.

Quand un flic des RG abuse de son pouvoir contre une jeune femme vue en manif

Le

Cet article est en accès libre grâce aux abonnés modestes et géniaux, mais…

…sans publicité ni actionnaires, Là-bas si j’y suis est uniquement financé par les abonnements. Sans les abonnés, il ne nous serait pas possible de réaliser des émissions et des reportages de qualité. C’est le prix de notre indépendance  : rejoignez-nous  !

Je m'abonne J'offre un abonnement

J’AI UN GROS DOSSIER SUR TOI...

La police de Darmanin dépasse tellement les bornes qu’on ne s’étonne plus quand un flic des RG abuse ouvertement de son pouvoir contre une jeune femme qu’il a vue dans des manifs. C’est ce qui s’est passé dans un coin de l’Ardèche que connait bien notre collègue, le journaliste Pierre Souchon. Aujourd’hui, l’informatique permet à Big Brother de contrôler chacun jusqu’au moindre recoin de son intimité la plus intime.

Mais le bon vieux système du renseignement « de terrain » fait encore des merveilles. Le petit rapporteur de sous-préfecture fait toujours son joli métier. Et en cas d’un improbable abus, le citoyen est protégé, le ministère de l’intérieur est inflexible : « Si vous avez connaissance de faits compromettants concernant des agents de la police nationale, vous pouvez le signaler via la plateforme de signalement de l’IGPN ».
Vous voila donc rassuré !
Heu... Oui ?

En Ardèche, une militante Gilet jaune et insoumise a été intimidée cet été par un membre des RG. Fonctionnaire égaré, ou technique policière répandue ? Enquête.

« Tu es Julie Mounier (1) ? »
Attablée avec des amis autour d’un verre dans une brasserie d’Alissas (Ardèche), jeudi 20 juillet à 21 heures, Julie serre la main tendue de cet homme qu’elle n’a jamais vu.
« Oui, c’est moi.
– Enchanté, je suis Simon, du Service départemental du renseignement territorial (SDRT) de l’Ardèche.
– Ah ? Tu es des RG, alors ?
– Oui, c’est ça. On a changé de nom. Mais attention, je suis en congés, là ! Je bois un verre tranquille, avec ma femme… Tu sais, j’en ai, des infos sur toi !
– Ah bon ?
– Oui. Tu n’es pas d’Ardèche, tu es originaire de Picardie. Tu es infirmière à domicile (2). Et tu es séparée du père de ton fils, qui est très jeune.
– Dis donc, t’es bien informé ! Oui, c’est exactement ça !
– Tu vois, ça rigole pas. Et puis tu as été Gilet jaune, et il y a quelques semaines tu as organisé une action pour La France insoumise dans le quartier chaud de Privas en solidarité avec la mort de Nahel.
– C’est juste, confirme à nouveau Julie.
– Donc tu vois, j’ai un gros dossier sur toi. Et je vais t’appeler très rapidement pour qu’on en parle, parce que j’ai ton numéro.
– D’accord. »
La soirée de Julie se poursuit.À plusieurs reprises, « Simon » reviendra vers elle pour lui proposer un verre de vin rouge, sans succès : Julie ne boit jamais d’alcool.

La police parle de la police

Alors, mon cher Daniel, il faut bien faire son métier, parfois.
Tu connais le truc : les histoires de journaleux. Corroborer, sourcer, analyser, documenter, vérité, objectivité, contradictoire, et toutes ces histoires.
Première étape franchie avec succès : les deux témoins de cette scène, Aline et Sébastien (3), que je contacte, confirment point par point le témoignage de Julie.
La seconde étape est également avalée : il se trouve qu’Aline et Sébastien connaissent « Simon » de longue date, et attestent qu’il est effectivement fonctionnaire au Service départemental du renseignement territorial de l’Ardèche.
RG, comme dit Julie.
La troisième étape est alors effectuée : contacter le ministère de l’Intérieur pour lui demander sa réaction à ces faits.

Détaillons nos nombreux échanges, écrits et téléphoniques, dans la journée du 21 juillet. La place Beauvau m’appelle une première fois pour me dire qu’il y a un problème : ils ont besoin de temps pour me répondre. Ils demandent cinq jours de délai supplémentaire. Je leur accorde bien volontiers. Ils me rappellent pour me remercier.
Puis ils m’appellent à nouveau pour me dire que ce n’est pas le délai, le problème. Il y a un autre problème. Ah bon ?, dis-je. Mais alors qu’est-ce-que c’est ? (Car je suis discipliné et toujours prêt à régler les problèmes du ministère de l’Intérieur.) Le problème, Monsieur Souchon, c’est que les faits que vous nous rapportez sont graves. S’ils sont avérés. Donc on va ouvrir une enquête interne. Très bien, dis-je, mais quelle est votre réaction officielle ? Eh bien, me répondent-ils, on ne peut pas en avoir, puisque on n’a pas le droit de s’exprimer quand une enquête se déroule. Très bien, dis-je, ça veut donc dire que vous avez ouvert une enquête ? Non, me répondent-ils, pas encore, les faits sont trop récents.
Très bien, dis-je, donc si je résume, vous ne pouvez pas me répondre parce qu’il y a une enquête en cours qui n’a pas été ouverte ? Oui, c’est ça, Monsieur Souchon. Mais nous avons un conseil à vous donner.

À ce stade, j’étais très heureux et profondément comblé que le ministère de l’Intérieur me conseille à propos de mon métier, que j’exerce avec difficulté et paresse depuis longtemps, tout le monde le sait.
« Vous devriez dire à Julie Mounier, si vous êtes toujours en contact avec elle, de faire un signalement à l’IGPN grâce à la plate-forme en ligne.
– Très bien, je lui transmettrai. »
Nous nous sommes chaleureusement salués, et puisque je suis discipliné, j’ai répercuté les consignes du ministère de l’Intérieur à Julie, qui les a respectées et effectué dans l’heure un signalement IGPN.

Tu vois, mon cher Daniel, dans quelles sphères insoupçonnées peut mener de faire correctement son métier : pour tenter de comprendre ce que fait la police, j’ai appelé la police qui m’a demandé de m’adresser à la police. On en oublierait presque, là-dedans, que le ministère de l’Intérieur, ce n’est pas la police. C’est l’autorité civile, constituée, donc politique. Qui n’a rien à dire, ne répond pas, et laisse la police parler des policiers. C’est très intéressant, de faire correctement son métier…

Darmanin conscient, militants inconscients

Alors tu vois, c’est fatigant, mon cher Daniel, de faire son métier.
Il faut mal le faire, au fond, pour le faire bien.
Allons-y.

Interrogé sur ce qu’a fait « Simon », fonctionnaire du SDRT, le ministère de l’Intérieur affirme donc que les faits, s’ils sont avérés, sont « graves », évoque l’ouverture d’une enquête interne et conseille un signalement IGPN.
Lorsque Julie a vécu cette « intimidation », qu’elle a ressentie comme une « menace », selon ses mots, les deux témoins présents, Aline et Sébastien, eux, n’ont pas réagi. Ils n’ont rien dit, pas un mot, face à un mec qui se présente comme un RG en congés avec sa femme, verre à la main, et qui débite le curriculum vitae précis de leur copine devant tout le monde, jusqu’à parler de son enfant. Ils ont même, ensuite, discuté avec « Simon » toute la soirée. Parce qu’ils sont copains. Discuté, oui. De politique. En buvant des coups avec lui. C’est nettement plus intéressant, la politique, le réchauffement climatique, Macron, les migrants et Gabriel Attal que de protéger une amie…

On pourrait s’en foutre, au fond : Aline et Sébastien font ce qu’ils veulent, non ?
Oui.

Sauf que Aline et Sébastien sont militants. De la France insoumise. Julie aussi.
En d’autres termes, de nos jours, tu es militant, un RG intimide une camarade devant toi, non seulement tu ne réagis pas, mais tu bois des coups avec. Le ministère de l’Intérieur juge ça « grave » et veut ouvrir une enquête. Le militant, lui, ne voit pas le problème. Ce qui signifie que Darmanin est beaucoup plus conscient du cadre républicain et légal que les militants.
Nous, la gauche, sommes désagrégés à ce point-là.

Mieux : lorsque je contacte Aline, témoin numéro 1, elle confirme la scène, mais me demande expressément de ne surtout pas la citer, nulle part, au grand jamais, ce serait terrible, car ça pourrait lui nuire, elle connaît beaucoup de monde. Elle ajoute que dans une organisation dont elle est membre, la femme de « Simon » figure à ses côtés. La femme du RG. Ça pourrait nuire en effet à beaucoup de monde, on le voit.

Sébastien, témoin numéro 2, de son côté, confirme également les faits mais ne veut pas en parler au téléphone. Pourquoi ?, je l’interroge. « Parce qu’on est sur écoutes. » C’est parfaitement cohérent : tu passes la soirée à discuter avec un RG, mais tu n’en parles pas au téléphone car les RG t’écoutent…

Le bonus ?
Le bonus, c’est Chantal et Jocelyne (3). Des militantes ardéchoises insoumises chevronnées, elles, passées par mai 68, les facs, le trotskysme, le Larzac et tout ce qu’on voudra. Alertées par Julie, ces combattantes se montrent impitoyables. Pas avec le RG. Avec Julie. Car « c’est trop gros, un RG ne ferait jamais ça, c’est n’importe quoi, et puis tu es du menu fretin, tu n’intéresses pas les RG ».

On en est là, Daniel.
On en est là.

Dans ce brouillard idéologique à couper au couteau, on distingue seulement le fracas de nos défaites – disparition des solidarités militantes, démantèlement des collectifs qui structuraient la pensée : les voies broussailleuses de la dépolitisation sont impénétrables.

Le gros dossier

Et puis tu vois, c’est marrant.
« Simon », notre ami du Service départemental du renseignement territorial de l’Ardèche, a affirmé à Julie posséder un « gros dossier » sur elle.
Personne, et surtout pas Julie, après la démonstration éblouissante de « Simon », ne se hasarderait à remettre en cause son professionnalisme.
Moi moins que les autres : il se trouve que j’ai aussi un « gros dossier » sur lui. Épais. Dans une chemise jaune, cartonnée. Tenu journalistiquement depuis cinq ans, dans le cadre de mon travail. Avec des heures, des jours, des dates. Et des faits, surtout, des faits. Beaucoup. Dans mon « gros dossier », figure même son nom de famille, ses origines familiales, et une foule d’autres choses.
Je n’ai pourtant jamais porté aucun intérêt journalistique à la police. Depuis dix-sept ans que je fais ce métier, je n’ai jamais publié un seul article sur ce thème. Je laisse ce soin à d’autres, valeureux, compétents et nombreux. Mon truc, c’est le plutôt le politique, le social. Pendant le mouvements des Gilets jaunes, par exemple, j’ai passé huit mois sur le terrain, en Ardèche, avec eux. C’est là. C’est là que « Simon » s’est retrouvé à garnir mes cahiers de notes, jamais publiés jusqu’ici. Car « Simon », dans le cadre de son métier, était affecté au suivi quotidien des Gilets jaunes.

J’ai par conséquent de très nombreux témoignages de Gilets jaunes, uniquement de femmes, curieusement, qu’il a suivies pendant le mouvement. J’ai noté, à l’époque, scrupuleusement, de quelle manière ses appels et visites incessantes mettaient ces femmes au bord de la crise de nerfs, de l’effondrement – jusqu’à parfois quitter le mouvement. J’ai tout noté, elles me le racontaient au quotidien. J’ai même noté, à l’époque, que « Simon » avait plusieurs pseudos sur Facebook, dont « Marco Durand ». Il était intéressant, ce profil : ami avec tout ce que l’Ardèche comptait de militants… et de Gilets jaunes. Profil avec lequel « Marco Durand » conversait avec les Gilets jaunes la nuit – ses correspondantes me faisaient lire leurs échanges qu’elles trouvaient passionnants, se confiaient à lui –, et les appelait le jour comme « Simon ». Jusqu’à ce que découvert, il reconnaisse devant elles la supercherie…

En d’autres termes, lorsque Julie m’a contacté pour me raconter son histoire, j’ai retrouvé avec plaisir un vieil ami, et des pratiques qui m’étaient familières. C’est une continuité, en quelque sorte, pour ce fonctionnaire. À mon sens, nulle surprise.
Je te prie maintenant, Daniel, d’imaginer ce que le territoire national compte de « Simon ».
Et je t’interroge : penses-tu qu’il s’agisse d’un fonctionnaire égaré ? Ou bien ces agissements – coups de fil incessants, visites, « intimidations », faux profils sur les réseaux sociaux – sont-ils simplement une technique policière banale, largement partagée dans le pays ?
Et puis j’en ai encore d’autres, dans mon « gros dossier », des témoignages. Ce sont sans doute les pires. Ils sont à pleurer. Ils démontrent les relations très amicales de « Simon » avec plusieurs militants ardéchois, pas des moindres, à qui il arrive de bénéficier de ses avisés conseils politiques… Qu’ils reçoivent sans mot dire.

Connaître pour réprimer

Un aspect fondamental du problème, c’est que « les RG » nourrissent une foule de fantasmes, dans la population en général et chez les militants en particulier. Pour comprendre leur travail, il existe une lecture essentielle, que les militants du monde entier lisaient dans toutes les langues pendant des décennies – c’était avant que la gauche ne soit désagrégée : Ce que tout révolutionnaire doit savoir de la répression, de Victor Serge. Dans ce livre magnifique, issu d’une étude minutieuse des archives de l’Okhrana, la police de renseignement russe, modèle de toutes les polices européennes, Serge écrit : « Le but immédiat de la police de renseignement est beaucoup plus de connaître que de réprimer. Connaître afin de réprimer à l’heure choisie, dans la mesure voulue. » Voilà l’essentiel : les RG ne produisent que de l’information – pas plus. Mais celle-ci peut être utilisée différemment selon les circonstances politiques, à des fins répressives. Serge poursuit : « On doit s’organiser de manière à se soustraire le plus possible à la surveillance policière de manière, dans les pays dits démocratiques, à n’être pas à la merci d’un coup de barre à droite de la bourgeoisie. » Ces lignes datent de 1926 : toute ressemblance avec l’actualité politique française serait une coïncidence… Il conclut par ce conseil de bon sens aux militants : « Dans notre travail, on devrait se montrer assez averti de la surveillance policière, même invisible, même inoffensive comme elle paraît l’être dans les périodes de calme. » Du bon sens…

Pour terminer, mon cher Daniel.
Tous les témoignages autour de « Simon » concordent sur ce point : il est très sympa, chaleureux, super gentil, et politiquement marqué à gauche. On n’en doute pas une seconde. On fait simplement remarquer que c’est une qualité professionnelle : n’importe qui est nettement moins enclin à raconter sa vie à un type terrorisant qu’à un mec très chouette… Simon est donc un excellent professionnel. En témoigne particulièrement ce qu’il affirme à Julie, à la fin de leur échange : « Tu as été Gilet jaune, et il y a quelques semaines tu as organisé une action pour la France insoumise dans le quartier chaud de Privas pour la mort de Nahel. » L’information est juste, et absolument pas compliquée à obtenir, puisque l’action était à la fois publique et légale. « Simon » devrait tout de même connaître une promotion rapide : une « note de renseignement » détaillée de sa direction centrale a précisément établi que durant les émeutes qui ont suivi la mort de Nahel, le danger principal était la convergence… des quartiers populaires et des militants de gauche (4). Voilà pourquoi Julie n’est pas du « menu fretin », contrairement à ses amies insoumises chevronnées qui elles, n’ont strictement rien organisé dans aucun quartier populaire ardéchois. Ah si ! Elles parlent de rédiger un communiqué de presse depuis la mort de Nahel. Un mois plus tard, il n’est pas encore sorti… Mais ne doutons pas qu’il trouvera un écho phénoménal dans les banlieues déshéritées de ce pays : Nanterre et Vaulx-en-Velin l’attendent.
Et puis, tout de même.
Relativisons ces histoires policières.

Le camarade Serge nous appelle à la raison : « Il n’est pas de force au monde qui puisse endiguer le flot révolutionnaire quand il monte, et face auquel toutes les polices, quels que soient leur machiavélisme, leur science et leurs crimes, sont à peu près impuissantes. »


1. L’identité a été modifiée.
2. La profession a été modifiée.
3. Les prénoms ont été modifiés.
4. Mediapart, « Nahel : pour les services de renseignement, le danger vient de l’ultragauche et Mbappé », 29 juin 2023.

texte : Pierre Souchon
Illustrations : Roland Topor

C'est vous qui le dites…Vos messages choisis par l'équipe

Les bouquins de LÀ-BASLire délivre

  • Voir

    La bibliothèque de LÀ-BAS. Des perles, des classiques, des découvertes, des outils, des bombes, des raretés, des bouquins soigneusement choisis par l’équipe. Lire délivre...

    Vos avis et conseils sont bienvenus !

Dernières publis

  • Chaque mardi, OIivier Besancenot raconte les chansons de notre histoire Chants de bataille #26 : « Nuda » Abonnés

    -

    Voir

    C’est une chanson que vous ne connaissez pas encore, interprétée par une chanteuse que vous ne voyez jamais. Et pour cause : Nûdem Durak croupit dans les geôles turques depuis 2015. À l’époque, elle est condamnée par un tribunal pour « appartenance à un groupe terroriste ». Son crime ? Avoir chanté, en kurde, sous un portait d’Abdullah Öcalan, le leader du PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan considéré par Ankara comme une organisation terroriste. « Parce que j’ai chanté des chansons, ils m’ont mise en prison », écrit-elle depuis sa cellule. Depuis quelques années, l’écrivain français Joseph Andras a impulsé une vaste campagne internationale pour sa libération, à laquelle Là-bas si j’y suis s’associe. Olivier revient aujourd’hui sur « Nuda », la chanson qui lui a coûté sa liberté.

  • De quoi Aya Nakamura est-elle le nom ? Abonnés

    -

    Lire

    C’est une affaire qui remonte à quelques semaines et qui ne vous a sans doute pas échappé : au choix d’Aya Nakamura pour chanter à la cérémonie d’ouverture de la très prochaine grande foire olympique ont succédé quelques polémiques bien senties dans les médias bien-pensants. Deux camps se sont immédiatement opposés. D’un côté, notre bonne vieille extrême droite raciste s’est sans surprise insurgée de ce qu’une femme noire aux origines douteuses puisse représenter notre bon pays chrétien lors d’un événement tout de même retransmis en mondovision. De l’autre, les autres. Ceux qui s’alarment de ce que le racisme le plus grossier puisse encore à ce point imprégner l’air du temps. C’est à ce camp-là que je veux m’adresser aujourd’hui. Le camp des antiracistes. Le mien. Le nôtre. Le camp des gentils.

  • Pour des commandos « Robin des Bois » ! Chronique VIDÉO/PODCAST Il faut prendre l’argent là où il est : chez les pauvres Abonnés

    -

    Voir

    Fini le chômeur qui se dore la pilule ! C’est la troisième fois sous Emmanuel Macron que le gouvernement s’attaque aux chômeurs dans l’optique de rééquilibrer les comptes publics. Mais ce qui étonne Dillah, c’est que Gabriel Attal ne regarde pas du côté des 84 % de Français favorables à la taxation des superprofits des entreprises. Pas non plus du côté de la semaine des 32 heures. Étonnant, non ?

  • Avec Peter MERTENS, secrétaire général du PTB (Parti du travail de Belgique) qui publie MUTINERIE (Agone), VIDÉO et PODCAST MUTINERIE : remettre la lutte des classes au milieu du village mondial Abonnés

    -

    Voir

    Quand souffle le vent du changement, certains construisent des murs, d’autres des moulins. Et ce vent du changement est déjà là. Pas de doute pour Peter Mertens, secrétaire général du PTB (Parti du travail de Belgique), qui publie MUTINERIE : le vent est en train de tourner. « Nous sommes à la croisée des chemins, dans un monde polarisé qui peut basculer dans plusieurs directions. Il faut s’emparer des transformations du monde. Les monstres ne sont jamais loin. »

  • « Si j’aurais su », notre nouveau rendez-vous proposé par Laurence De Cock Philippe Meirieu : « Nous sommes dans une période non pas de grand remplacement mais de grand renoncement » Abonnés

    -

    Voir

    Qu’est-ce qu’un pédagogue ? Quelqu’un qui conjugue la théorie et la pratique. Jean-Jacques Rousseau n’était donc pas un « pédagogue », mais plutôt un philosophe de l’éducation. Philippe Meirieu, lui, est bien un pédagogue. C’est même lui qui en donne cette définition dans le deuxième épisode de ce nouveau rendez-vous proposé par Laurence De Cock.

    Philippe Meirieu est chercheur et militant en pédagogie, membre du parti Les Écologistes, ancien conseiller régional de la région Rhône-Alpes et actuellement vice-président des Céméa, les Centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active. Cela fait quarante ans que Philippe Meirieu travaille et milite sur les questions de pédagogie.

  • Chaque mardi, OIivier Besancenot raconte les chansons de notre histoire Chants de bataille #25 : « Hasta siempre, Comandante » Abonnés

    -

    Voir

    « Aquí se queda la clara
    La entrañable transparencia
    De tu querida presencia
    Comandante Che Guevara »

    Il est rare qu’un chant hagiographique soit aussi bouleversant. C’est pourtant le cas avec cette chanson écrite par le chanteur cubain Carlos Puebla au moment où le Che quitte définitivement la vie politique cubaine pour apporter sa contribution à d’autres fronts révolutionnaires, au Congo et en Bolivie. Olivier Besancenot revient cette semaine sur cette chanson écrite en 1965, une année charnière dans la vie du Che et dans l’histoire de Cuba. C’est d’ailleurs à la révolution cubaine que la chanson emprunte son titre : hasta la victoria siempre !

  • Hier le Rwanda, aujourd’hui Gaza Rwanda, douleur fantôme Accès libre

    -

    Lire

    Rwanda, douleur fantôme. C’est une douleur dans la main qu’elle n’a plus. Chaque année, au printemps, la douleur revient et tout un cortège d’images reviennent la hanter jusque dans le noir de la nuit, dit-elle. Surtout pour les anniversaires, les dix ans, les vingt, les trente ans comme ces jours-ci. Génocide du Rwanda, trente ans. Les médias ressortent les mêmes articles, les mêmes spécialistes, les mêmes écrivains roublards, les mêmes débats, les mêmes images – attention – qui peuvent choquer surtout les enfants.

  • La revue de presse indispensable du vendredi Balkany chez Hanouna : de l’art de transformer un coupable en victime Abonnés

    -

    Voir

    « Face à Hanouna », c’est la nouvelle émission proposée depuis deux mois par C8, chaîne du groupe Bolloré. Enfin, « nouvelle », pas exactement, puisqu’il s’agit de la déclinaison le samedi et le dimanche de l’émission phare « Touche pas à mon poste ! », les deux étant présentées par un Cyril Hanouna qui ne s’arrête donc jamais, même pas le week-end. Dimanche 24 mars, le débat de l’émission était consacré à la « polémique » (encore une) Michel Sardou. Et qui Cyril « Baba » Hanouna avait-il trouvé pour venir défendre le chanteur ? Un amoureux de la chanson française, un proche de l’artiste, un ami d’enfance : Patrick Balkany. Âmes sensibles, s’abstenir.

  • Arrêtons de nous faire rouler par « Big Tobacco » (VIDÉO | durée : 17’17) TABAC : PAS DE LIMITE, ON VEUT LE CANCER POUR TOUS ! Abonnés

    -

    Voir

    Vive le libéralisme ! La France vient de supprimer le seuil d’une cartouche de cigarettes qu’un particulier était autorisé à rapporter d’un autre pays de l’Union européenne. Notre gouvernement avait le choix entre s’aligner sur le droit européen qui autorise de ramener 4 cartouches de cigarettes, c’est déjà beaucoup, ou de ne donner aucune limite. Macron a décidé, aucune limite. Les candidats au cancer du poumon sont heureux. Il faut rappeler que le tabagisme qui est la première cause de mortalité évitable en France tue chaque année 75000 fumeurs. Ajoutons que fumer provoque 9 cancers du poumon sur 10 !

  • Gérard Mordillat : « Vive l’école publique ! » Abonnés

    -

    Voir

    C’est un séparatisme qui ne dit pas son nom, mais qui est déjà à l’œuvre de manière éclatante dans la capitale : à Paris, 40 % des lycéens sont scolarisés dans un établissement privé. À l’échelle nationale, la proportion d’élèves scolarisés dans le privé est moindre, mais elle ne cesse de croître. Tout ça est la lointaine conséquence de la loi Debré, adoptée le 29 décembre 1959, qui institutionnalisa le financement public de l’enseignement privé. Durant l’année 1959 déjà, de nombreuses manifestations avaient eu lieu pour s’opposer à ce détournement de fonds publics au profit de l’enseignement privé. Et devinez : qui se trouvait parmi les manifestants ? Gérard Mordillat, bien sûr.

  • Chaque mardi, OIivier Besancenot raconte les chansons de notre histoire Chants de bataille #24 : « Here’s to you » Abonnés

    -

    Voir

    « Here’s to you, Nicola and Bart,
    Rest forever here in our hearts,
    The last and final moment is yours,
    That agony is your triumph. »

    Tout le monde ou presque connaît ces quatre vers, qui sont les uniques paroles de cette chanson répétées en boucle par Joan Baez. Ce qu’on sait moins, c’est que cette chanson a d’abord été composée par Ennio Morricone pour un film. C’est même deux chansons que Joan Baez a enregistrées en 1971 pour le film de Giuliano Montaldo, Sacco et Vanzetti, qui raconte l’histoire des deux anarchistes italiens condamnés – sans preuves – à mort et exécutés en 1927.

  • Les VINGT ANS de l’association 4ACG : les anciens appelés en Algérie et leurs amis contre la guerre (reportage RADIO|PODCAST|durée : 47’35) Ils ont perdu leur jeunesse dans les Aurès, mais voilà ce qu’ils ont fait de leur mémoire : 4ACG Abonnés

    -

    Écouter

    Anciens appelés en Algérie et leurs amis contre la guerre : 4ACG. Une association créée il y a vingt ans par quatre anciens appelés en Algérie à la fin des années 1950, quatre paysans du Tarn qui refusaient de toucher leur retraite de combattant (465 euros environ par an), mais qui voulaient l’utiliser pour des actions engagées. Avec plus de 400 adhérents, ils ont pu aider et fraterniser, en Algérie comme en Palestine, et intervenir dans les écoles « pour éveiller l’esprit de résistance ». Nous étions invités à la célébration de leurs vingt ans, le 17 mars à Mauges-sur-Loire. C’est une des grandes fiertés de LÀ-BAS que d’avoir, il y a vingt ans, contribué au démarrage de cette aventure. Une joie de se retrouver là et de retrouver l’ami RÉMI SERRES, l’un des quatre paysans qui a lancé cette superbe histoire.

  • La revue de presse indispensable du vendredi On a des idées pour aider Bruno Le Maire à équilibrer les comptes publics Abonnés

    -

    Voir

    Alors qu’il y a encore quelques mois les principaux ministres du gouvernement renâclaient à répondre aux sollicitations du Journal du dimanche nouvellement contrôlé par le milliardaire Vincent Bolloré, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a moins de pudeur quand il s’agit de promouvoir son dernier livre, le sixième depuis qu’il est en poste à Bercy. Une occasion rêvée pour se lancer dans une diatribe contre ce que la gauche a fait de pire : « nous devons remplacer l’État providence par l’État protecteur. Partout en Europe mais surtout en France, l’État providence a fini par devenir une machine à empiler de nouvelles dépenses publiques, sans examen de leur pertinence ni de leur efficacité, sans remise en cause non plus des dépenses précédentes. Nous devons reprendre la maîtrise de ce système devenu incontrôlable. Quel est en fait son but ultime ? La gratuité de tout, pour tous, tout le temps : c’est intenable ! » Sans craindre de se contredire, le pompier pyromane crie que les caisses sont vides en oubliant que c’est lui qui en est largement responsable, ministre des Finances qu’il est depuis sept ans. Petit rappel des faits.

  • SI J’AURAIS SU ! Un nouveau rendez-vous LÀ-BAS avec LAURENCE DE COCK CONTRE LA DESTRUCTION DE L’ÉCOLE PUBLIQUE DANS LE 93 ! Abonnés

    -

    Voir

    Laurence de Cock reçoit trois enseignantes du 93, Servanne, Louise et Amandine qui n’ont pas envie de laisser le pouvoir aux destructeurs de l’école publique. Leur but est clair : lutter à fond contre cette destruction, montrer les dégâts, et appeler toutes et tous à la castagne. Oui, entre privé et public c’est la vraie lutte des classes.

Une sélection :

Avant le grand procès de Macron, le 07 mai, un tour dans les archives de Là-bas (juin 2006) BHL : LE PROCÈS DU POMPEUX CORNICHON Accès libreÉcouter

Le

Attendu par le monde entier, le Grand Procès de Macron aura donc lieu le 7 mai à la Bourse du travail de Paris à 18 heures. C’est le sixième procès du tribunal de Là-bas, créé en ...2003 à l’initiative du dessinateur CABU et de l’équipe de LA-BAS. Enregistrés au théâtre Dejazet à Paris devant des salles combles, d’importantes personnalités ont comparu : CHIRAC Jacques (2003) SARKOZY Nicolas (2005), KOUCHNER Bernard (2008), DSK Dominique (2011). C’est le procès du français le plus entarté au monde, LEVY Bernard-Henri dit BHL diffusé en juin 2006 que nous vous proposons de (re)découvrir aujourd’hui.

Le 13 mars 2010 Jean Ferrat prenait le dernier train. On n’oublie pas... FERRAT, C’EST NOUS TOUS ! Des chansons, des archives, des inédits… Accès libreVoir

Le

Il y a 13 ans, le 13 mars, Jean Ferrat prenait le dernier train. On n’oublie pas, car Ferrat, c’est nous tous. La montagne, c’est chez nous, les marins de Potemkine, c’est nos frères, ma môme, c’est la mienne, la nuit et le brouillard, c’est en nous, c’est nous qui ne guérissons pas de notre enfance, c’est nous qui aimons à perdre la raison.

Une série d’histoires dans les luttes pour l’émancipation, racontées par Olivier Besancenot Qui a inventé le 8 mars ? AbonnésVoir

Le

C’est maintenant à peu près acquis pour tout le monde, le 8 mars n’est pas la journée « de la femme », mais la « journée internationale des droits des femmes ». Un jour de manifestations et de grèves qui semble connaître un nouveau souffle avec le mouvement féministe récent, qui lutte autant contre les violences sexistes et sexuelles que pour réduire les inégalités salariales et améliorer les conditions de travail des métiers majoritairement exercés par des femmes. Mais saviez-vous qu’aux origines de cette journée du 8 mars se trouvait l’Internationale socialiste des femmes ?