Contre l’extrême droite et ses idiots utiles, un article de Dominique Vidal

No pasarán !

Le

Cet article est en accès libre grâce aux abonnés modestes et géniaux, mais…

…sans publicité ni actionnaires, Là-bas si j’y suis est uniquement financé par les abonnements. Sans les abonnés, il ne nous serait pas possible de réaliser des émissions et des reportages de qualité. C’est le prix de notre indépendance  : rejoignez-nous  !

Je m'abonne J'offre un abonnement

Djihad contre les djihadistes

Nous sommes en guerre, il faut frapper, hurle Monsieur Valls. « Il faut un Guantanamo à la française », demande Monsieur Ciotti [1]. Les crimes de Conflans-Sainte-Honorine et de Nice ont déclenché un concours de vengeance haineuse, d’extrême droite, de droite, de partout, en continu. Experts toutologues et polémistes les plus réacs et les plus revanchards se sont dépassés, rejoints par plusieurs ministres en tenue de combat. Amalgame, stigmatisation, désignation de personnes à abattre, provocations pousse-au-crime. Des propos qui tombent sous le coup de l’incitation à la violence, incitation à la haine et à la haine raciale mais qui restent impunis au nom de la liberté d’expression. En somme, un véritable djihad contre les djihadistes. Salafisme contre salafisme, et aboutissement de la vague des problématiques identitaires qui ont pris la place des questions sociales depuis quelques années, pour le plus grand soulagement des maîtres. Ils savent bien comment la question sociale est désamorcée lorsqu’elle est formulée en termes ethnico-culturels. La loi sur « les » séparatismes est prévue pour détourner la lutte sociale. Inégalités, chômage, précarisation, la grande colère sociale qui résulte de quarante années de néolibéralisme ne trouve plus de débouché politique du côté d’une gauche trop embourgeoisée et trop éparpillée. Celles et ceux qui partagent cette colère, méprisés et réprimés lorsqu’ils portaient des gilets jaunes, pourraient glisser vers ce djihad contre le djihad et venir grossir les rangs d’une droite xénophobe qui partout marque des points.

D’où cet empressement à exploiter le choc émotionnel de tout un pays, avec le chacal pour modèle.

Daniel Mermet

Clarinada, Argentine, juin 1937

CONTRE L’EXTRÊME DROITE ET SES IDIOTS UTILES

No pasarán !

Si je reprends l’inoubliable cri des Républicains espagnols, c’est que l’irrespirable climat politique actuel me fait penser aux années qui précédèrent la Seconde guerre mondiale.

La France de 2020 n’est évidemment pas l’Allemagne de 1933. Mais les mêmes forces, qui œuvrèrent là-bas à la victoire du nazisme et chez nous à la collaboration avec lui, hurlent à nouveau leur haine, dans un contexte nationaliste mondial très inquiétant. L’« islamo-gauchisme » a remplacé dans leur bouche le « judéo-bolchevisme ». Au nom de la défense de la liberté d’expression, elles veulent en réalité étouffer notre liberté d’expression.

Je ne suis pas un fan d’Éric Dupond-Moretti, mais il a d’emblée répondu à Léa Salamé (en fait, je crois, à Gérald Darmanin) : « l’exploitation de cette émotion à des fins politiciennes me dégoûte. [2] » C’est tout l’objet de ce cri du cœur.

Oui, il faut combattre les tueurs islamistes. Oui, il faut défendre la loi de 1905 – toute la loi mais rien que la loi. Oui, la laïcité est le seul régime qui puisse nous permettre de vivre ensemble dans notre diversité sociale, politique, idéologique et religieuse. Mais faut-il débattre encore de l’utilité d’une réécriture des Livres saints – au pluriel, car l’Ancien Testament contient au moins autant d’appels au génocide que les sourates guerrières du Coran ? Nul besoin cependant d’être grand clerc pour savoir que cette perspective n’a guère de chance de se réaliser avant des décennies, sinon des siècles. Combien de temps a-t-il fallu à l’Église catholique, avec ses papes et ses conciles, pour renoncer à accuser les juifs d’avoir tué le Christ (sans cependant modifier la Bible) ? Imagine-t-on l’islam, dépourvu de hiérarchie, réécrire demain le Coran ? Quant au blasphème, toute personne informée sait qu’il n’est ni prôné ni interdit, notion religieuse qui ne figure – évidemment – dans aucune loi d’un État laïque comme le nôtre.

Franchement, la priorité n’est pas là. Charognarde, l’extrême droite s’empare du cadavre de l’enseignant assassiné pour appeler à une épuration à l’envers. Irresponsables, des ministres lui emboîtent le pas [3]. Les idiots utiles de l’Hiver républicain de Gilles Clavreul suivent le mouvement : pour mieux servir les ambitions frustrées de l’ex-futur maire de Barcelone ? Et, hélas, nombre de « Je suis Charlie », indiscutablement sincères, entérinent bon gré mal gré l’amalgame entre islamisme et islam, au risque de repousser les plus fragiles des musulmans, déjà souvent humiliés et discriminés, dans les bras des fondamentalistes. Et pourtant, contre ces derniers, il faut de toute évidence unir, et non diviser.

L’ex-président de France-Israël, Gilles-William Goldnadel, vient d’appeler à « venger Samuel Paty » [4]. J’ose espérer que sa langue a fourché. Car des esprits enfiévrés par toute cette propagande pourraient passer des paroles aux actes et s’en prendre à des musulmans, assimilés du fait de leur foi aux tueurs qui s’en réclament, voire à leurs soi-disant « complices ». Le 24 octobre, une courageuse main anonyme a tagué « collabo » sur le siège du parti communiste français (PCF), place du Colonel-Fabien – quel paradoxe, un descendant spirituel des véritables collabos accusant de cette infamie les héritiers du principal parti de la Résistance française !

Gare aux gestes symboliques : ils annoncent souvent le passage des paroles aux actes. Déjà, des traqueurs d’islamistes et d’« islamo-gauchistes » frappent dans l’indifférence générale. Le 20 octobre, les vitres d’une mosquée de Bordeaux brisées, et ses murs ornés d’un « Mahomet = lâche » et d’un « enlève ton voile » (sic). À Béziers, le lendemain, un appel sur Facebook à « cramer la mosquée » – signalé vainement à Pharos. Le surlendemain, à Angers, deux Jordaniens, un frère et sa sœur, agressés parce qu’ils discutaient… en arabe. Le 25, une femme voilée poignardée sous la tour Eiffel, acte qualifié par le parquet de « raciste », contrairement au « fait divers » présenté par les médias – on imagine la réaction des mêmes si la victime était juive ou chrétienne. Faut-il rappeler que, tout au long de l’année, des policiers avaient donné de tristes exemples de brutalités souvent racistes, dont Un pays qui se tient sage, l’incroyable film de David Dufresne, donne une vision saisissante qui se passe de commentaires ?

Et je ne reviens pas ici sur les discriminations que subissent, en France notamment, les enfants de l’immigration – et dont le Défenseur des droits, alors le courageux Jacques Toubon, dénonçait en juin dernier la « dimension systémique ». Celle-ci menace, ajoutait-il, les « droits fondamentaux » de « millions » de personnes ainsi que la « cohésion sociale » [5].

Sont-ils conscients du danger ? Certains n’hésitent pas à accuser nommément de complicité avec le terrorisme des responsables politiques :

– Gérald Darmanin semble champion toutes catégories dans cet exercice. Ce ministre d’État, qui revendique dans l’enquête pour viol qui le vise une présomption d’innocence qu’il refuse au Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), a répondu à Alexis Corbière à l’Assemblée nationale : « je ne m’explique pas qu’un parti comme le vôtre, qui a dénoncé pendant longtemps l’“opium du peuple” en soit désormais lié avec un islamo-gauchisme qui a détruit (?) la République. [6]. »

– Jean-Michel Blanquer, lui aussi, dans le Journal du dimanche, désigne à l’opprobre publique Jean-Luc Mélenchon – Marine Le Pen l’avait fait avant lui – ainsi que… Edwy Plenel. Sa vindicte englobe les universités et plus généralement les sciences sociales « gangrenées » par une « vision du monde qui converge avec les intérêts islamistes » [7].

– ô surprise, l’ineffable Manuel Valls participe également à la curée contre le leader des Insoumis : « il a été d’une très grande complicité, il a une très grande responsabilité dans tout ce qui s’est passé, dans tout le rapport de la gauche avec la lutte contre l’islamisme. » Conclusion : Mélenchon n’est plus « dans le camp des républicains » [8].

– même l’ancien premier ministre socialiste Bernard Cazeneuve fustige (sans précision il est vrai) « un islamo-gauchisme qui regarde avec les yeux de Chimène certaines organisations communautaristes qui ont en elles une défiance, pour une pas dire une forme de haine, de la République » [9].

– Valeurs actuelles, il y a un an, présentait à sa « une » un « panel » plus large d’« islamo-collabos » [10].

– à L’Express, Élisabeth Badinter assure : « cela ne peut plus se régler dans le pacifisme, car c’est allé trop loin. C’est une guerre que nous devons mener ». Et de dénoncer : « à nouveau, une partie de la population se dira que, peut-être, on exagère la menace. Nos adversaires vont jouer là-dessus, avec la complicité de leurs alliés à gauche, que ce soit une bonne partie des Insoumis, comme dans les universités où des clusters vont développer cette argumentation victimaire. [11] »

– une autre Élisabeth (Lévy), avec un prodigieux sens de la prémonition, avait tout prévu voici quatre ans : « certains, comme les indigènes de la République et tous ceux qui rejouent sans arrêt la guerre d’Algérie, ne sont pas des idiots utiles de l’islamisme mais des complices assumés. En revanche, il y a effectivement, à l’extrême gauche du paysage médiatique, un parti de l’Islam qui fait le jeu, sous couvert de libertés, de l’islam le plus archaïque. Plenel ou Lancelin se sentiront toujours plus proches d’un Tariq Ramadan ou peut-être pire que d’Alain Finkielkraut. [12] »

– le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) ne pouvait rester à l’écart : le réalisateur Yves Azéroual (dont le film accusateur a été déprogrammé… à Neuilly-sur-Seine) en est certain, « l’islamo-gauchisme est avant tout une idéologie qui passe par une alliance objective entre la gauche radicale et l’islam politique ». Et de se demander « pourquoi cette gauche prétendument anticléricale a-t-elle conclu cette alliance avec l’islamisme [13] ? »

– dans la même veine mais à la manière de Je suis partout, Dreuz.info rebaptisait le chroniqueur quotidien de France inter « Claude Mohammed Askolovitch », formule reprise par plusieurs sites ultra-sionistes [14].

– Philippe Karsenty, sur celui de Causeur, fait porter à Charles Enderlin la responsabilité de l’assassinat de Samuel Paty – basse vengeance du débouté de l’affaire Al-Doura [15].

– last but not least, plus récemment, dans l’émission « 28 minutes » d’Arte, Pascal Bruckner se répand en diatribes antiféministes pour mieux attribuer rétroactivement à Rokhaya Diallo la responsabilité de l’attentat sanglant contre Charlie [16].

– à propos de Charlie, enfin, un « ami » me traite sur Facebook d’« assassin » parce que… je critique des « unes » signées de Riss – à qui, comme à tout caricaturiste, il est arrivé de déraper, sans doute plus souvent qu’à son tour…

Je le répète : la France de 2020 n’est pas l’Allemagne de 1932, a fortiori de 1942. Il faut néanmoins tirer les leçons du passé. Les aïeux des islamophobes les plus hystériques d’aujourd’hui étaient alors des antisémites non moins hystériques. Faites l’expérience réalisée il y a longtemps par Esther Benbassa : remplacez, dans les pires des textes d’incitation à la haine de l’islam, le mot « musulman » par le mot « juif »… Ceux qui s’en prenaient aux « youpins » dans l’entre-deux-guerres se rendaient-ils compte que leurs cibles finiraient à Auschwitz ? Et que leur propagande ignoble aurait ainsi contribué à l’extermination de six millions d’entre elles, avec tant de Tsiganes, de Slaves, de handicapés et d’homosexuels ?

À chacun sa sensibilité, à chacun son histoire. Parmi les déportés de ma famille paternelle, tous sont revenus, excepté mon grand-père Nissim, mort à Dachau en mai 1945, après la libération du camp par l’armée américaine. Mon père, Haïm, est revenu de Birkenau et des Marches de la mort. Ma grand-mère Esther et ses filles Adèle et Germaine de Ravensbrück. Mon oncle Jacques a survécu à Buchenwald et à Dachau. Sauvée par les protestants du Chambon-sur-Lignon, où l’avaient cachée ses parents entrés dans la Résistance, ma mère Jacqueline a été marquée à vie comme tant d’enfants cachés – c’est d’ailleurs pourquoi elle est devenue « porteuse de valises » pendant la guerre d’Algérie. En leur mémoire, je l’écris comme je le pense : un Éric Zemmour, récidiviste multi-condamné, qui continue à déblatérer sur les musulmans dans les émissions de CNews, ne vaut pas mieux qu’un Philippe Henriot honnissant les juifs sur Radio Paris – même si je ne lui souhaite pas la fin du Goebbels vichyssois.

Tant que j’en suis aux confidences, je veux en ajouter une, importante, car elle explique ma sensibilité particulière, à fleur de peau, à toute forme de racisme anti-arabe, même camouflé en islamophobie. Ma maman, je l’ai dit, doit la vie aux magnifiques protestants auvergnats qui l’ont cachée, comme des milliers d’enfants juifs – et jamais personne, jamais, ne les a dénoncés à la Gestapo. Cette dette, elle s’en est acquittée en devenant « porteuse de valises », dans les réseaux Jeanson-Curiel, pour le Front de libération nationale (FLN) pendant la guerre d’Algérie. Dans notre tout petit appartement, s’empilaient les journaux interdits – Vérité Liberté – et les livres prohibés, de La Question à La Torture dans la République. Des réunions s’y tenaient aussi, avec des dirigeants indépendantistes et leurs « complices », comme Pierre Vidal-Naquet ou Laurent Schwartz – deux de ces « traîtres » qui sauvèrent l’honneur de la France.

Tout cela dépassait l’enfant, puis le pré-adolescent que j’étais. Mais, le dimanche, j’allais souvent chez ma tante, locataire d’un HLM tout neuf face au bidonville de Nanterre : j’y jouais avec les mômes arabes, qui me firent visiter leur « gourbi ». Dans le métro, quand les flics contrôlaient les « basanés », je n’y coupais pas. Durant la nuit du 17 octobre 1961, j’attendis pendant des heures, tremblant, le retour de ma militante de mère : elle revint la tête en sang. Quatre mois plus tard, ma première manif fut l’enterrement des neuf morts du métro Charonne. Le lendemain, dans ma classe de quatrième au lycée Michelet, je pris longuement la parole, avec la complicité de la prof de français et malgré l’obstruction des « minets » OAS.

« Amis Facebook » qui me reprochez une comparaison « indigne » entre deux époques, vous oubliez que la longue tradition arabophobe ancrée dans la colonisation ne fut pas que verbale : des Français ont humilié, torturé, assassiné des millions de musulmans à commencer par les Algériens. Ressaisissez-vous ! Croyez-vous sincèrement qu’on puisse associer la mémoire de Samuel Paty aux diatribes contre les musulmans de France, y compris ces enfants arabes qu’il a, comme tous les autres, tant aimés ? Avez-vous oublié qu’il emmenait ses classes à l’Institut du monde arabe ?

« Venger » Samuel Paty, c’est d’abord combattre les djihadistes et leurs complices. Je témoigne que les associations de solidarité avec la Palestine ont dénoncé publiquement depuis des années le collectif Cheikh Yassine et son chef Abdelhakim Sefrioui, d’ailleurs lié à l’extrême droite comme des photographies l’attestent, sans que les « services » ne sévissent [17]. Il aura fallu qu’il soit impliqué dans le drame de Conflans pour que le Conseil des ministres dissolve son groupuscule. « Venger » Samuel Paty, c’est aussi combattre d’un même mouvement les prêcheurs de haine islamistes et islamophobes. C’est enfin rassembler toutes les forces démocratiques et républicaines contre l’extrême droite et ses alliés/rivaux au sein du gouvernement. En 2022, il faudra s’en souvenir !

No pasarán !

C'est vous qui le dites…Vos messages choisis par l'équipe

Les bouquins de LÀ-BASLire délivre

  • Voir

    La bibliothèque de LÀ-BAS. Des perles, des classiques, des découvertes, des outils, des bombes, des raretés, des bouquins soigneusement choisis par l’équipe. Lire délivre...

    Vos avis et conseils sont bienvenus !

Dernières publis

  • Condamnée à mort, elle survit à son exécution Christa Pike trompe la mort Abonnés

    -

    Lire

    L’histoire de Christa Pike secoue toute la planète, bien au-delà des États-Unis. Au bout de trente ans dans le couloir de la mort, elle est exécutée le 30 septembre par injection de pentobarbital, un puissant barbiturique mais dont l’efficacité est incertaine.

    Sanglée sur une civière, Christa prononce quelques mots pour dire qu’elle n’en veut à personne et qu’elle regrette ce qu’elle a fait. Puis première injection. On attend. Mais la mort ne vient pas. Les témoins présents l’entendent qui respire encore longuement derrière le rideau qui la dissimule à leur vue. On attend puis deuxième injection, elle respire toujours, très fort, les témoins disent que c’est elle-même qui supplie : « essayez plus haut, s’il vous plaît ». Mais elle reste en vie. Ses avocats avaient prévenu, en raison d’une maladie sanguine rare, la recherche d’une veine pour l’injection serait longue et atroce. L’exécution est suspendue. Dans le coma, elle est transportée non loin, à l’hôpital de Nashville. Six jours plus tard, lundi soir, alors qu’elle est diagnostiquée en état de mort cérébrale et que les appareils qui la maintiennent en vie vont être débranchés, elle se réveille et commence à parler. « Où suis-je ? Qui êtes vous ? »

    Stupeur. Elle est la première personne à survivre à l’injection de dose létale des produits utilisés pour les exécutions. Il y a plusieurs cas où il a fallu s’y reprendre à plusieurs fois mais aucun condamné n’avait jusque-là survécu.

  • Gaza : trois ans de génocide Abonnés

    -

    Voir

    Le 07 octobre 2026, jour anniversaire des massacres du 07-Octobre 2023, les frappes israéliennes sur Gaza ont tué cinq Palestiniens, portant à plus de 74 000 morts le bilan officiel – sans doute sous-estimé – des victimes tuées par les Forces de défense israéliennes en trois ans. Comment le monde peut-il laisser la « seule démocratie du Proche-Orient » commettre un génocide en direct sous nos yeux depuis trois ans ? Gérard Mordillat épingle les génocidaires et leurs complices.

  • La jeunesse vivante d’une planète mourante ! Grande manif à Paris. VIDÉO L’ÉTAT NOUS PISSE DESSUS ET LES MÉDIAS NOUS DISENT QU’IL PLEUT ! Accès libre

    -

    Voir

    LES FEUX DE POUBELLE N’INQUIÈTENT QUE LES ORDURES !

    Les pancartes disent tout. Comme des bulles de bande dessinée, des milliers de messages sur des bouts de carton, drôles, joyeux ou cinglants : LA JEUNESSE VISE LE BAC, LA BAC VISE LA TÊTE ! C’est en effet la misérable réplique d’un pouvoir qui a engendré le fascisme qui arrive en France et qui est prêt à entrer dans la collaboration.

    On l’oublie mais l’une des toutes premières manifs étudiantes, c’était le 11 novembre 1940 à Paris contre l’occupation allemande et contre le gouvernement de Pétain qui acceptait la collaboration. Une manif de lycéens et d’étudiants qui fut l’une des premières formes de résistance face à l’occupant et aux collabos après l’armistice du 22 juin 1940. Qui étaient ces rebelles ? Des gaullistes, des communistes, des scientifiques comme Paul Langevin. Ils avaient en commun une « certaine idée de la patrie » souillée par la soumission du pouvoir à l’occupant. Cette lâcheté des élites est la même aujourd’hui, quant à l’extrême droite, elle parade déjà.

    Certes, comparaison n’est pas raison, mais il y a au moins un rapprochement surprenant, c’est La Marseillaise reprise dans les cortèges aujourd’hui et le drapeau tricolore maquillé sur les visages d’une jeunesse qui emmerde le Front national et ce qui le porte au pouvoir, cette collaboration ordinaire.

    À la fin du film, c’est la Résistance qui gagne mais pas toujours, tout dépend de nous autres, c’est nous qui jouons dans le film et c’est aujourd’hui la jeunesse dans la rue qui écrit les sous-titres.

  • Les luttes lycéennes ont une histoire « Quand les élèves se révoltent » : une histoire de la jeunesse en lutte Abonnés

    -

    Voir

    Francis Dupuis-Déri, enseignant à l’université du Québec à Montréal, publie avec Emmanuelle Dufour Quand les élèves se révoltaient. Manuel d’histoire avant l’Effondrement. Manuel d’histoire ? Élèves ? Révoltes ? Il n’en fallait pas plus pour éveiller la curiosité de Laurence De Cock, qui qui reçoit le chercheur québécois de passage en France.

  • Manifs aussi contre l’industrie agro-chimique et ses conséquences sanitaires ! DÉSARMONS L’INTERNATIONALE DU POISON ! Abonnés

    -

    Voir

    ROMAN, 41 ANS, CANCER DE LA MÂCHOIRE, ÉTAIT PÈRE DE DEUX ENFANTS.

    Des pancartes qui hurlent dans la manif contre SYNGENTA, leader mondial des pesticides et leurs conséquences sanitaires. À Saint-Pierre-la-Garenne dans l’Eure, 15 000 qui manifestent ce samedi 3 octobre.

    Écolos et agriculteurs ensemble, ce qui n’est pas toujours évident sauf que là, les paysans sont les premiers concernés.

    MA PETITE SŒUR JULIA, CANCER DU PANCRÉAS, 24 ANS.

    Soulèvements de la Terre, Cancer colère, Confédération paysanne, Greenpeace, Générations futures… ils sont tous là, et nous, Marième et Jeanne qui vous racontent tout en images.

    LES VICTIMES NE VEULENT PLUS MOURIR EN SILENCE.

  • La directrice de recherches en économie au CNRS publie « Riches ensemble ! » au Seuil Anne-Laure Delatte : « Le trou de la Sécu n’existe pas » Abonnés

    -

    Voir

    La dette de la France est-elle un problème ? Les comptes de la sécurité sociale sont-ils déficitaires ? La dépense publique est-elle trop élevée en France ? Laurence De Cock reçoit Anne-Laure Delatte, directrice de recherches en économie au CNRS, qui publie Riches ensemble ! au Seuil.

    « La dette publique française s’envole à 119 % du PIB, du jamais-vu depuis 1946 ». Telle était l’alarme du journal Le Monde le 29 septembre 2026, suivi par la quasi-totalité des journaux français.

    Le même jour, le candidat à l’élection présidentielle Édouard Philippe proposait de repousser (encore) l’âge de départ à la retraite pour éviter que la France aille « taper dans le mur ».

  • « Les banques sont toutes détenues par des juifs » : Monsieur Serge Klarsfeld, qu’en dites-vous ? Abonnés

    -

    Lire

    Mediapart vient de révéler des propos antisémites dont Jordan Bardella serait l’auteur alors qu’il avait 18 ans au début de sa carrière politique au sein du Front national.

    Adoubé aujourd’hui par Marine Le Pen comme son futur premier ministre si le Rassemblement national accédait l’an prochain à la présidence de la République, il rejette en bloc ces accusations. Selon l’enquête, il a par exemple écrit : « les banques sont toutes détenus [sic] par des Juifs ». Ou bien : « le juif doit dominé [sic] les autres peuples, les ecraser et les voler, un sioniste est forcément juif, et en profondeur ». Ou encore : « les ministères les plus importants reviennent à des personnes pour qui Israël et l’intérêt bancaire priment sur les intérêts français ».

    Actuel président du RN et député européen, Jordan Bardella a fermement démenti être l’auteur de ces propos et il engage une action en justice contre le média en ligne bien que les preuves de ces écrits authentifiés par huissier aient été publiées par Mediapart.

  • La lettre hebdo de Daniel Mermet Messe place de la Concorde, les opposants manifestent Accès libre

    -

    Lire

    600 000 fidèles attendus. Immense prière de rue sur les Champs-Élysées et place de la Concorde pour la messe célébrée par le pape Léon XIV. Une tonne d’hosties, 175 000 cierges, 30 km de barrières, un million d’euros pour 2 500 sanitaires (soit 400 euros par cabine) et pas un sou pour la ville de Paris pour l’occupation de l’espace public ! L’autel est dressé pile-poil à l’endroit où se dressait l’échafaud où furent raccourcis le roi et son épouse en 1793.

  • Spéciale visite du pape J’ai vu Jésus ! Accès libre

    -

    Écouter

    Oui, j’ai vu Jésus comme je vous vois, voilà la preuve, écoutez la bonne parole, même si vous n’êtes pas abonné !

    C’est à Holy Land, en Terre sainte, que j’ai vu la crucifixion et la résurrection de Jésus, de mes yeux vu. Ça vous prend aux tripes quand ces salauds de Romains le mettent dans un sale état et le clouent sur sa croix. C’est dur mais à la fin ça s’arrange, c’est Jésus qui gagne. Trop fort. Et c’est plusieurs fois par jour. Costaud le Jésus !

    Après ça, vous avez tout ce qu’il faut à la sainte boutique, T-shirt sanglant, casquette miraculeuse, crucifix qui peut faire aussi marteau ou tire-bouchon, couronne d’épines lumineuse ou casque romain de moto. Vous avez aussi le burger du Sauveur et le cocalvaire normal, ou light pour les gros.

  • Quand Fellini dévoilait la mode ecclésiastique dans « Roma » (1972) Le pape, mais dans quelle tenue ? Accès libre

    -

    Voir

    Ceux que la vue d’une femme voilée rend fous furieux acclament avec joie un homme portant une robe pour peu qu’il soit le pape en personne.}} Mais sait-on ce que représentent ces vêtements sacerdotaux ? Étoles, chapes, mitres, soutanes, chasubles chamarrées d’or et de soie ? Pour la gloire du Très-Haut évidemment. Mais pas seulement. En 1972, dans son film sur Rome, sa ville natale, Federico Fellini levait le voile sur la mode ecclésiastique.

Une sélection :

Rencontre avec Francesca Albanese qui publie son rapport sur la torture en Palestine (vidéo et radio. Durée : 24’53) Francesca Albanese : « Israël a reçu un permis de torturer les Palestiniens » Accès libreVoir

Le

Cages de fer, attaques de chiens, tortures à l’électricité, viols collectifs avec matraques ou barres de fer, intestins éclatés…

À Genève, le 21 mars, la rapporteuse spéciale des Nations unies pour les territoires palestiniens occupés FRANCESCA ALBANESE a présenté son dernier rapport « TORTURE ET GÉNOCIDE » dans les territoires palestiniens occupés.

Pas seulement bavure ou revanche, mais méthode systématique contre les Palestiniens dans les prisons mais aussi hors des lieux de détention, y compris sur des mineurs. Il ne s’agit pas d’une dérive mais d’une logique qui s’exerce sur les corps comme sur les conditions de vie.

Le rapport précise : « la torture est une caractéristique structurelle du génocide en cours commis par Israël et, plus largement, de l’apartheid colonial de peuplement ».

« Fils de pute », « enculé » Accès libreLire

Le

À sept reprises en moins de six minutes, en direct et en public, le 19 décembre 2025, le député d’extrême droite Charles Alloncle a répété « fils de pute », « enculé » dans le cadre de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public dont il est le rapporteur. Des termes rarement usités dans un cadre officiel qui lui ont valu des milliers de messages dans les réseaux d’extrême droite et dans tous les médias appartenant au milliardaire Vincent Bolloré.

Nouvelle rubrique TOUS NOS ARTICLES SUR GAZA ! Accès libreLire

Le

TOUS NOS ARTICLES SUR GAZA !
Nous avons réuni tous nos articles sur Gaza depuis le 7 octobre 2023.
76 articles (!) Vidéos et podcasts, beaucoup en accès libre.
Ignorance et ressentiment permettent toutes les manipulations et tous les chantages. Les partisans du génocide n’hésitent pas à instrumentaliser la mémoire juive pour accuser d’antisémitisme la moindre solidarité pour le peuple (…)