Le lettre hebdo de Daniel Mermet

Nétanyahou est désolé

Le

Cet article est en accès libre grâce aux abonnés modestes et géniaux, mais…

…sans publicité ni actionnaires, Là-bas si j’y suis est uniquement financé par les abonnements. Sans les abonnés, il ne nous serait pas possible de réaliser des émissions et des reportages de qualité. C’est le prix de notre indépendance  : rejoignez-nous  !

Je m'abonne J'offre un abonnement

« Je suis désolé ». Étonnant, non ? C’est pourtant ce que le premier ministre israélien vient de déclarer au Time Magazine le 8 août : « je suis désolé, franchement » [1].

Mais de quoi, au juste ?

D’avoir ordonné l’assassinat du chef politique du Hamas à Téhéran, ce qui fait redouter une riposte et un embrasement de toute la région, et même au-delà ?

Désolé des onze mois de massacre des habitants de Gaza ? Des 39 897 morts ? Et au moins autant sous les décombres ? Des 92 152 blessés ? Victimes qui sont en majorité des femmes et des enfants [2] ?

Désolé de l’intensité des bombardements supérieure à celle observée durant toutes les guerres, y compris la Seconde guerre mondiale ? Ou de cette école bombardée ce 9 août dans la ville de Gaza ? 93 morts parmi les déplacés hébergés, dont des enfants déchiquetés. La routine, un petit flash d’info entre les épreuves de volley et de basket, médaille d’or ou d’argent pour la France ?

Désolé des 24 hôpitaux détruits ? Désolé que les maladies non traitées, cancers ou autres, risquent de faire plus de victimes que les bombardements ? Ou bien désolé devant le virus de la poliomyélite qui vient d’apparaître à Gaza et qui exige une vaccination de masse urgente selon l’OMS ? Mais pour cela, il faut un cessez-le-feu de quelques jours. Israël s’inquiète pour ses soldats et même pour ses plages. La poliomyélite sur les jolies plages de Tel Aviv ? C’est ça qui désole Bibi ?

Ou bien cette recherche publiée dans la sérieuse revue médicale The Lancet, indiquant que le bilan total avec épidémies, maladies, malnutritions pourrait s’élever à 186 000 morts ou davantage ? Une estimation « cohérente » selon Médecins du Monde.

Ou alors désolé par le mandat d’arrêt demandé contre lui-même et son ministre de la défense Yoav Gallant par le procureur de la Cour pénale internationale, demande qu’il a qualifiée de « nouvel antisémitisme » ?

Désolé par le rapport de l’ONG humanitaire israélienne B’Tselem du 5 août 2024 qui dénonce un usage « systémique » de la torture contre les détenus palestiniens dans les prisons israéliennes qui fonctionnent comme des « camps de torture » ? Un système mis en place par le gouvernement Nétanyahou, plus spécialement par son ministre de la sécurité nationale, le suprémaciste Itamar Ben-Gvir. Depuis le 7 octobre 2023, le nombre de détenus est passé de 5 192 à 9 623, dont 4 781 sans procès et sans motif. Des otages en somme. Depuis cette date, on dénombre 60 morts, dont 48 originaires de Gaza. Les témoignages font état de violences sexuelles et de viols avec des bâtons. La Croix-Rouge n’a plus accès aux détenus.

Désolé pour les 108 journalistes tués dans la bande de Gaza entre octobre 2023 et juin 2024, délibérément ciblés, ou bien les 205 employés humanitaires tués depuis le 7 octobre [3] ?

Désolé pour les 400 athlètes palestinens, entraîneurs et officiels qui ont été tués ou blessés dans la bande de Gaza depuis le 7 octobre 2023 ?

Mais non, en vérité, ce n’est pas tout ça qui désole Monsieur Nétanyahou. Il se dit « désolé qu’une telle chose [comme le 7 octobre] ait pu arriver » et il regrette les « failles » qui ont conduit au massacre. Sa désolation s’arrête là. Il n’est pas allé plus loin dans cet entretien au Time Magazine, car, dit-il, « nous devons nous concentrer sur une seule chose : la victoire ».

De taille, en effet, les failles !

Échec du renseignement militaire d’une des plus puissantes armées au monde. Échec d’un gouvernement rejoint depuis 2022 par une majorité d’extrême droite religieuse, messianique, raciste et homophobe.

Quant à la victoire…

Au bout de onze mois de massacres, les otages ne sont pas libérés, le Hamas n’est pas éliminé, la population gazaouie n’est pas déplacée. Le « déplacement » des Palestiniens de Gaza et la « réoccupation » de la bande de Gaza, qui est le but des radicaux les plus excités, majoritaires dans le gouvernement israélien, n’a pas eu lieu. Malgré des souffrances inouïes, les civils terrorisés et affamés ne se sont pas retournés contre le Hamas, ce qui est le but recherché par le gouvernement israélien. Partout le Hamas est toujours actif et continue le combat avec les autres factions palestiniennes, face à la toute puissance d’Israël inconditionnellement soutenue par les États-Unis, en armement comme en financement. Et malgré les appels à la « retenue » par un Joe Biden surnommé « Genocide Joe » par une partie de l’opinion américaine, dont beaucoup de juifs américains.

Le choc du 7 octobre a été considérable pour ceux qui avait opté pour un accord tacite entre Israël et le Hamas. On a même forgé un mot pour ça : « frenemy », soit « friend » et « enemy ». Moyennant financement assuré via le Qatar, le Hamas est en somme le gardien de la prison Gaza. Une sorte d’alliance indirecte avec Israël. C’est la doctrine Nétanyahou, clairement exposée au Likoud en 2019 : instrumentaliser le Hamas afin de diviser et d’affaiblir l’autorité palestinienne. Une division qui permet de poursuivre la colonisation. Quelques anicroches de temps en temps, quelques roquettes interceptées par le « dôme de fer », histoire d’entretenir le leurre et obtenir la division entre Gaza et Ramalah et prouver qu’« il n’y a pas d’interlocuteur ».

Sauf que, sous les radars, le gardien de la prison Gaza fomentait patiemment une mutinerie qui allait réussir à tromper les renseignements militaires d’une des armées les plus puissantes au monde le 7 octobre 2023 et tromper le gouvernement le plus à l’extrême droite et le plus anti-palestinien de l’histoire d’Israël. Une faillite sécuritaire suivie d’une faillite morale qui hypothèque lourdement l’avenir d’Israël comme de la Palestine. Selon l’OMS, dans la bande de Gaza, un million d’enfants ont un besoin urgent de soutien psychologique et psychiatrique. Ce sont là des choses qui durent longtemps et qui défient les chefs et les armes.

L’ancien ambassadeur d’Israël en France, Élie Barnavi, résume ainsi : « une organisation islamiste fanatique dont l’objectif déclaré est la destruction d’Israël ; et une politique israélienne imbécile à laquelle se sont accrochés les gouvernements successifs et que le dernier a portée à l’incandescence. »

Est-ce à dire que les Palestiniens de Gaza partagent les « idées » du Hamas ? Une masse endoctrinée en somme ? Il faut le redire : pour les Palestiniens, l’attaque du 7 octobre 2023 survient au bout de 16 ans de blocus et de 56 ans d’occupation, de résistance et de répression. En France, depuis Sarkozy, la droite et l’extrême droite, comme les penseurs de plusieurs médias mainstream, soutiennent la politique coloniale du pouvoir israélien. Le soutien à la cause palestinienne est réprimé et automatiquement accusé d’« antisémitisme ». Un combat d’arrière-garde alors que la majorité de la planète comprend parfaitement ce que veulent les Palestiniens. C’est ce que voulaient les Irlandais, les Vietnamiens ou les Algériens et c’est ce que veulent tous les colonisés du monde, la terre et la liberté. L’accueil enthousiaste aux athlètes palestiniens lors des JO de Paris en donne une idée claire.

Mais Nétanyahou n’est pas le seul désolé. Le 9 août, Emmanuel Macron adressait un message au monde : « il faut que la guerre s’arrête », « tous doivent l’entendre ».

C'est vous qui le dites…Vos messages choisis par l'équipe

Les bouquins de LÀ-BASLire délivre

  • Voir

    La bibliothèque de LÀ-BAS. Des perles, des classiques, des découvertes, des outils, des bombes, des raretés, des bouquins soigneusement choisis par l’équipe. Lire délivre...

    Vos avis et conseils sont bienvenus !

Dernières publis

  • Chaque mardi, Olivier Besancenot raconte les chansons de notre histoire Midnight Oil : « Beds Are Burning » Abonnés

    -

    Voir

    Une chanson anti-colonialiste peut-elle devenir un tube et se hisser dans les premières places du top 50 ? Aussi incroyable que cela puisse paraître, c’est ce qui est arrivé au groupe australien Midnight Oil avec leur chanson Beds Are Burning. Vous ignoriez comment les colons britanniques ont volé leurs terres aux Aborigènes d’Australie ? En 1987, il a suffi de quatre minutes et quinze secondes au groupe de rock Midnight Oil pour raconter cette histoire au monde entier.

  • Gérard Mordillat : « On attend Robespierre… on voit arriver Napoléon III » Abonnés

    -

    Voir

    Ça y est, la campagne électorale pour les élections municipales des 15 et 22 mars prochains est lancée. Gérard Mordillat s’interroge sur la stratégie de certains insoumis d’attaquer plutôt les socialistes et leurs alliés que la droite et l’extrême droite. N’est-ce pas l’union de la gauche qui a fait battre le Rassemblement national en 2024 et qui le fera battre en 2027 ? Gérard Mordillat mord.

  • À gauche : ensemble ou séparément ? La gauche, combien de divisions ? Accès libre

    -

    Lire

    Une avalanche de commentaires sur notre forum cette semaine suite à la chronique de Gérard Mordillat qui s’est cru permis de critiquer la stratégie électorale de La France insoumise et de ses dirigeants !

    La récente affiche de la candidate Sophia Chikirou à la mairie de Paris en effet ne fait pas dans la dentelle et vise l’équipe de gauche sortante. De même le candidat La France insoumise à Marseille : « avec Delogu, Marseille propre ! Sans déchet ni corruption. »

    Bref. Voilà notre Gérard repeint en social-traître, renégat, bourgeois de gauche et pire encore, émule de François Hollande…

    Mais comment taire ces commentaires ?

    Impossible et c’est tant mieux.

  • Convaincus d’être des cons vaincus ? Abonnés

    -

    Lire

    « Faire le dos rond, attendre que ça passe, ça peut pas être pire, faudra faire avec… »

    Des petites phrases entendues à la table à côté.

    « — On est convaincu qu’on est des cons vaincus, dit un gars.
    — Pas partout, dit une dame, pas tout le monde, écoute Bruce Springsteen. »

    Et clac, sur son téléphone, elle envoie à fond « Streets of Minneapolis ».
    Écrit et enregistré en trois jours. Dix millions de vue en quatre jours… Oui, dix millions !

    Voilà un authentique CHANT DE BATAILLE !

    Ceux que vous raconte génialement Olivier Besancenot chaque semaine, c’est souvent dans le passé mais là c’est à chaud. Littéralement à chaud, dans le froid polaire de Minneapolis et contre ICE, la « Gestapo » de Trump qui a assassiné Renee Good et Alex Pretti. Des manifestants ordinaires mais que Trump qualifie de « terroristes de l’intérieur » alors que les images ne laissent aucun doute sur leur exécution à bout portant et sur leur totale innocence. L’histoire a fait le tour du monde. Trump a fait mine de calmer le jeu. Mais ce n’est pas un jeu et ça ne se calme pas. Au contraire. Los Angeles, San Francisco, New York, ça manifeste partout. Et à Minneapolis, ça ne plie pas.

  • Chaque mardi, Olivier Besancenot raconte les chansons de notre histoire Carlos Puebla : « Yankee, go home ! » Abonnés

    -

    Voir

    Venezuela, Iran, Groenland, Canada, Cuba, Colombie, Mexique… mais où va s’arrêter l’impérialisme viril et déboutonné de Donald Trump et de son influent conseiller Stephen Miller ?

    Carlos Puebla, lui, s’y connaissait un peu dans la lutte contre l’impérialisme yankee, puisqu’il est l’auteur et l’interprète cubain de la célébrissime chanson Hasta siempre, Comandante, écrite comme un au revoir au moment où le Che quitte ses fonctions gouvernementales pour mener la guérilla au Congo. Une autre chanson, moins connue, de Carlos Puebla illustre avec ironie et humour la résistance cubaine contre l’impérialisme nord-américain. Cette chanson s’appelle Yankee, go home ! et Olivier Besancenot nous raconte son histoire cette semaine.

  • Le monopole du réel Abonnés

    -

    Lire

    Il tombe en janvier tous les ans, régulier, inquiétant : le baromètre de confiance du public envers les médias. Chaque année il est un peu plus calamiteux que la précédente – on n’est pas surpris. 2026 ne déroge pas. On pourrait débattre ici du pourquoi et du comment ; on aurait bien notre petite idée. Mais on ne va pas le faire : ce n’est pas ça qui est intéressant. Les journalistes le font très bien eux-mêmes. Je veux dire les importants, ceux dont la voix compte. Les responsables – crédibles et autres modérés. Observons-les qui viennent, la mine grave, déplorer l’alarmant constat. Ils l’habillent de mots forts, pénétrés du sérieux de l’instant. Unanimes : c’est la démocratie en personne qui s’en trouve fragilisée. Ah tiens.

    Faut-il avoir foi dans sa propre parole pour penser qu’en douter menace pareil édifice. Ainsi va l’hégémonie culturelle, pleine et entière. Habitée par sa mission : ici le doute n’a pas sa place. Légitime à dire le réel, la bourgeoisie médiatique dispose d’un droit endogène sur les choses du Vrai. Sa pensée souveraine distille une raison qu’elle assume chimiquement pure. Elle sait, la fake news c’est les autres. Elle les a nommés : complotistes, populistes, anti-système – la barrière est précise, infranchissable ; ne souffre nulle conteste. La bourgeoisie médiatique n’est pas du bon côté, elle est le bon côté – de façon native, propriétaire. C’est de bon droit qu’elle parle. Elle parle, on l’écoute : que vous faut-il de plus. Et la voilà piquée lorsque la multitude vient lui gâcher la fête.

  • Quand Trump soutient discrètement Marine en procès, ça étonne Dillah ! VIDÉO ET PODCAST Organiser des grandes rafles, c’est la solution finale ? Abonnés

    -

    Voir

    ORGANISER DES GRANDES RAFLES ?

    Voilà la solution d’Arno Klarsfeld, avocat et conseiller d’État, pour faire face aux migrants illégaux en France comme Trump le fait aux États-Unis.

    Grotesque, crétin, faiseur de buzz certes mais en même temps, par des moyens plus ou moins discrets, le modèle Trump s’impose de plus en plus en France et un peu partout à droite et à l’extrême droite avec le soutien de puissants financiers.

    Avec des nouveaux moyens, les assauts se multiplient contre cette digue ultime qui est l’État de droit. C’est une attaque idéologique et politique puissante.

    Comment ne pas penser au message de Bertolt Brecht à la fin d’Arturo Ui : « le ventre est encore fécond d’où a surgi la bête immonde ».

    On cite moins souvent la phrase précédente :

    « VOUS, APPRENEZ À VOIR, PLUTÔT QUE DE RESTER
    LES YEUX RONDS. AGISSEZ AU LIEU DE BAVARDER »

  • Laurence De Cock reçoit le sociologue Julien Vitores qui publie « La nature à hauteur d’enfants. Socialisations écologiques et genèse des inégalités » Et si la nature n’était pas naturelle ? Abonnés

    -

    Voir

    Le sociologue Julien Vitores publie aux éditions La Découverte La nature à hauteur d’enfants. Socialisations écologiques et genèse des inégalités, fruit de son enquête sur le rapport des enfants à la nature.

    « Les enseignants, directement en contact avec la nature, peuvent enseigner la biologie, la géologie, l’écologie et permettent aux élèves de développer un lien personnel avec la nature. » Voilà comment l’académie de Paris, à l’instar d’autres institutions, encourage les professeurs à « faire classe dehors » pour favoriser le contact des enfants avec la nature : « le milieu naturel est une source de jeux et d’opportunités de développement infinie ».

    Mais si les enfants, en fonction de leur origine géographique et leur milieu social, n’avaient pas tous le même rapport à la nature ? Si l’injonction à se connecter à la nature, au-delà d’une intention louable, entretenait des logiques de distinction et confortait certaines inégalités sociales ? Et si le rapport à la nature n’était au fond pas naturel mais éminemment politique et social ?

    Autant de questions que s’est posées le sociologue Julien Vitores. Pour étudier le rapport des élèves de maternelle à la nature, il a réalisé une enquête sociologique dans trois écoles : une école privée de l’ouest parisien, une école publique d’un quartier populaire du nord de Paris et une école rurale du sud de la France.

    Il a publié les résultats de son enquête dans un livre, La nature à hauteur d’enfants. Socialisations écologiques et genèse des inégalités, publié aux éditions La Découverte. Le sociologue Julien Vitores est invité de Laurence De Cock dans ce nouvel épisode de « Si j’aurais su ».

  • Gérard s’en va-t-en guerre Abonnés

    -

    Voir

    « Faire de l’aventure sa routine quotidienne. » « J’ai soif d’aventure pour ceux qui ont faim de liberté. » « Je viens de loin et j’irai loin. » Autant de slogans de la nouvelle campagne de recrutement de l’armée de terre qui ont convaincu Gérard Mordillat qu’il fallait s’engager pour faire la guerre. Mais la guerre contre qui ? Gérard vous dévoile toutes les options qui sont sur la table.

  • « Histoire populaire américaine 2 ». Sortie nationale 28 février Complet partout ! Accès libre

    -

    Lire

    Montpellier, Toulouse, Nîmes, Paris… une quarantaine d’avant-premières, partout un accueil formidable, MERCI !

    Et ça continue ! VOYEZ LE PROGRAMME.

    Cette année 2026, qui marque le 250e anniversaire de la déclaration d’Indépendance du 4 juillet 1776, est l’occasion pour Donald Trump de montrer en grande pompe sa vision de la grandeur américaine expurgée de ses aspects « négatifs » imposés par les « gauchistes radicaux ».

    Trump n’est pas seulement ce milliardaire rusé en affaires et ce communicant imprévisible, il entend aussi imposer ses idées et sa vision de l’histoire. Il s’agit de restaurer la vérité et la raison dans l’histoire des États-Unis selon Donald.

    Aussi, pour ces commémorations, on éliminera les références au racisme, au genre et aux minorités, tous ces sujets wokistes et négatifs dont les Blancs – c’est évident – sont les premières victimes.

    Parmi les grands événements prévus, on pourra voir le plus grand drapeau américain de l’histoire portée par 500 champions olympiques et un grand récit de la civilisation occidentale et judéo-chrétienne de Moïse à Donald Trump.

    Pour l’historien, Brian Sandberg de l’université de l’Illinois du Nord, le contrôle de l’interprétation de l’histoire par le gouvernement est totalement nouveau aux États Unis.

    Étant donné la force du modèle états-unien, cette dérive totalitaire ne va pas manquer d’inspirer des imitations à travers le monde. Face au développement de l’extrême droite, l’histoire devient donc un enjeu majeur. Aussi le livre d’Howard Zinn constitue un contre-feu nécessaire et, sans que nous l’ayons vraiment prémédité, tant mieux si notre film contribue à cette résistance.

  • Résistance armée contre ICE, police fédérale pour l’immigration Le retour du Black Panther Party Accès libre

    -

    Voir

    Contre les milices de Trump, la résistance armée s’organise.

    L’assassinat de Renee Good, 37 ans, mère de famille, le 7 janvier 2026, à Minneapolis, par un flic d’ICE, a suscité une profonde colère dans le monde entier. Par milliers les États-Uniens se mobilisent contre les nervis de Trump. Des réseaux d’autodéfense se mobilisent partout.

    Le 20 janvier, c’est un enfant de 5 ans, Liam Ramos, qui est arrêté par les sbires de ICE pour leur servir d’appât pour faire sortir ses parents afin de capturer et expulser toute la famille.

    Plus de 600 000 ont déjà été brutalement expulsés en 2025.

    Mais la résistance s’organise. À Philadelphie, armée de fusils AK-47, une patrouille d’autodéfense qui se réclame du Black Panther Party des années 1960 s’oppose aux milices de Trump. Le légendaire Black Panther Party for Self-Defense a profondément marqué l’histoire de la lutte contre les inégalités raciales et sociales qui persistaient dans les années 1960, malgré les droits civiques obtenus par les citoyens noirs. Les femmes représentaient jusqu’aux deux tiers du parti. Angela Davis en est une figure emblématique.

    Aujourd’hui, à nouveau, quarante ans plus tard, on entend : « tout le pouvoir au peuple, aucun pouvoir aux flics ! »

Une sélection :

Chaque mardi, Olivier Besancenot raconte les chansons de notre histoire Renaud : « Son bleu » AbonnésVoir

Le

En ce mois de novembre 1994, François Mitterrand est toujours président de la République, pour quelques mois encore.

Depuis quatorze ans, le nombre de chômeurs a doublé, bondissant de 1 376 000 en 1980 à 2 605 000 en 1994. La création des « Restos du cœur » en 1985 a rendu visibles et concrètes les conséquences du « tournant de la rigueur » adopté par le gouvernement de Pierre Mauroy en 1983. La ratification du traité de Maastricht en 1992 a entériné la soumission de la politique économique et sociale à des « critères de convergence » budgétaires. La conversion des socialistes au capitalisme néolibéral a précipité la désindustrialisation du pays et la destruction de centaines de milliers d’emplois.

C’est donc en novembre 1994, à la toute fin des deux septennats de celui qu’il a naguère soutenu, que Renaud publie son onzième album, À la Belle de Mai, sur laquelle figure cette chanson, Son bleu. L’une des préférées de Renaud, paraît-il, que vous raconte aujourd’hui Olivier Besancenot.

Bougre de merdre UBUESQUE UBU Accès libreLire

Le

C’est une évidence, Donald TRUMP a pris UBU comme modèle. TRUMP, c’est UBU et UBU, c’est TRUMP. Et la France doit en être fière car UBU a été créé en France, UBU est un produit français, on l’oublie trop. Nous avons Notre-Dame, Napoléon et le camembert mais, MERDRE ! nous avons aussi le père UBU. Il est temps que Macron exige des indemnisations pour une telle exploitation de notre patrimoine.

Laurent Mauduit, « Enquête sur l’extrême droite et les milieux d’affaires » (La Découverte) Collaborations AbonnésVoir

Le

La France est à un point de bascule. Pour la première fois depuis Vichy, notre démocratie est menacée de l’intérieur, la responsabilité est collective mais la responsabilité des milieux d’affaires est écrasante, dit Laurent Mauduit. Longtemps responsable des pages économiques du Monde puis co-fondateur de Mediapart, il se consacre à des enquêtes. Cette fois, il s’intéresse à ce bon vieux couple : extrême droite et milieux d’affaires.

Le front anti-Zucman déchaîné Accès libreVoir

Le

Les médias cherchent à augmenter toujours plus leur audience, les élus font tout pour séduire leurs électeurs. Mais il arrive que la majorité des médias et la majorité des élus s’opposent à la majorité des citoyens.

C’est ce qui vient d’arriver avec la taxe Zucman. Selon toutes les enquêtes, plus de 80 % de l’opinion s’est déclarée favorable à l’instauration d’un impôt plancher de 2 % sur les très hauts patrimoines qui échappent à l’impôt sur le revenu, soit 1 800 personnes disposant de plus de 100 millions d’euros.

C’est l’idée que défend inlassablement l’économiste Gabriel Zucman depuis des mois. Rien de révolutionnaire, rien d’anticapitaliste, une simple affaire de justice et d’égalité. Pourtant, malgré le consensus populaire, une majorité de droite et d’extrême droite a rejeté ce projet de loi.

De même, la plupart des médias se sont déchaînés pour défendre ces quelques super-privilégiés comme le bon chien de garde défend son maître.

Et alors ? Le peuple a pris la rue en réclamant l’abolition des privilèges ? En promenant quelques têtes de milliardaires au bout d’une pique ?