Éthique en toc. Quand les patrons milliardaires américains font leur com’ sur la mort d’un homme. Texte à l’appui

Un an après le meurtre de George Floyd, retour sur le « blackwashing », un record d’hypocrisie philanthropique Abonnés

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Qu’est-ce qui a changé depuis la mort de George Floyd, le 25 mai 2020, étouffé par un policier à Minneapolis ? Malheureusement pas grand-chose : certes son meurtrier, Derek Chauvin, a été reconnu coupable par un tribunal, mais la liste est longue des Américains qui, souvent Africains-Américains ou hispaniques, ont succombé depuis « entre » les mains de la police : Andrew Brown Jr., Daunte Wright, Mario Gonzalez, Adam Toledo, Isaiah Brown… Ces morts suscitent émeutes et révoltes sans précédent, mais à cette colère sincère se mêle le cynisme des grandes entreprises toujours prêtes à capitaliser sur l’émotion populaire. Retour sur notre enquête sur l’« exhibitionnisme philanthropique » en soutien au mouvement Black Lives Matter.

Vous ne verrez plus le mot « blanc », ni « blanchissant », ni « clair » sur les produits L’Oréal. Le 27 juin 2020, le groupe L’Oréal s’est engagé à supprimer ces mots de ses produits destinés à « uniformiser la peau ». Une « décision historique » selon le magazine Capital. Mais attention : supprimer les mots, mais pas la chose. Rassurons les actionnaires, les crèmes pour éclaircir les peaux mates et noires sont toujours en vente, et même en tête de rayon. C’est un marché trop juteux à travers le monde. Selon l’Organisation mondiale de la santé, 27 % des femmes au Sénégal et jusqu’à 77 % au Nigéria utilisent ces produits, d’ailleurs régulièrement dénoncés pour leur dangerosité.

Et pourquoi cette décision historique ? Suite au meurtre de George Floyd par un policier blanc le 25 mai 2020, suivi d’une énorme vague de manifestations à travers le monde, les grandes multinationales ont atteint des sommets d’hypocrisie philanthropique en faveur du mouvement Black Lives Mater. En avant-goût, rappelez-vous cette pub Pepsi d’avril 2017, avec la mannequin Kendall Jenner qui jouait les activistes « Black Lives Matter » et fraternisait avec la police, une cannette à la main (pub retirée depuis sous la pression des critiques). Tout y était déjà.

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Mathieu Dejean

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Je suis un bourgeois et j’en suis fier. Personne ne dit une chose pareille. Le bourgeois, c’est l’autre, le bobo, le faux-cul, le gras du bide. Et encore, ça se dit plus, bourgeois, c’est désuet. Depuis longtemps, le bourgeois a appris à se déguiser. Une casquette de pêcheur, une veste de paysan, un blue jean comme les ouvriers. Il a entonné des discours indignés et révoltés contre le mal, contre le fascisme et contre les cons. C’est un libertaire, le bourgeois. Contre l’impôt, contre le voile, contre les flux migratoires incontrôlés. Il proclame la révolution. C’est le titre du livre d’Emmanuel Macron, RÉVOLUTION. Il est progressiste aussi. Le mouvement qui soutient Macron se proclame « progressiste ».