Racisme masqué

Mais qui est l’auteur de la fiction raciste de Valeurs Actuelles ?

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Une enquête est ouverte contre l’hebdomadaire Valeurs actuelles pour« injures à caractère raciste » envers la députée Danièle Obono.

Mais qui est l’auteur de l’article ?

Dans son dernier numéro, daté du jeudi 27 août, Valeurs Actuelles a publié une fiction d’été, « Danièle Obono, au temps de l’esclavage ! ». L’article et les illustrations de Pascal Garnier représentaient donc la députée de La France insoumise transportée au XVIIIe siècle et vendue comme esclave…

Depuis, les réactions n’ont pas manqué pour condamner cette publication et le parquet de Paris a fait savoir qu’il ouvrait une enquête pour « injures à caractère raciste ». Sous le choc, Danièle Obono a aussitôt déclaré à BFM TV : « Cette image, c’est une insulte à mes ancêtres, à ma famille, à mon mouvement, mais c’est aussi une insulte à la République » [1]. Quelques heures plus tard, sur la même chaîne, Geoffroy Lejeune, directeur de la rédaction de Valeurs Actuelles se justifiait : « C’est extrêmement choquant car cela raconte une réalité extrêmement choquante » [2]. Sur le plateau, le journaliste ajoutait que l’article est « un travail de rédaction, sous couvert d’anonymat  » où « les journalistes ne sont pas nommés ». Effectivement, ce texte est signé d’un pseudo : « Harpalus ». Mais pourquoi la rédaction de Valeurs Actuelles a-t-elle décidé de publier ce texte sur Danièle Obono sans préciser le nom de l’auteur ? Sur BFM TV, Geoffroy Lejeune balaie la question d’un revers de main : « C’est les journalistes de la rédaction qui ont écrit ce texte… C’est pas quelqu’un de très connu ».

Or selon nos informations, l’auteur de l’article sur Danièle Obono est en fait Laurent Dandrieu qui n’est pas un simple inconnu, comme veut le faire croire Geoffroy Lejeune. Il est le rédacteur en chef des pages culture du magazine. Et il suffit de quelques recherches pour découvrir les apparitions de M. Dandrieu dans différents médias d’extrême-droite, Radio Courtoisie, L’incorrect ou encore Boulevard Voltaire. M. Dandrieu a également été invité à deux reprises dans l’émission « Répliques » d’Alain Finkielkraut sur France Culture. Sur YouTube, on peut le voir donner une conférence à l’Academia Christiana, une « formation politique » de « catholiques et enracinés ». Dans cette conférence d’une quizaine de minutes, nommée « La théologie du migrant », Laurent Dandrieu accuse le Pape François de « migranto-centrisme »

Mais pourquoi, alors qu’il signe chacun de ses articles habituellement, M. Dandrieu n’a-t-il pas signé sa « fiction de l’été », mettant en scène Danièle Obono en esclave ? D’autant que le 17 juillet 2020, il tweetait, en réponse à un article de Valeurs Actuelles concernant l’anonymat des réseaux sociaux : « Je n’ai pas beaucoup de compréhension pour ceux qui n’assument pas leur position publiquement ». L’occasion va lui être offerte d’assumer devant la justice puisqu’une enquête préliminaire a été ouverte le 31 aout pour « injures à caractère raciste ».

Taha BOUHAFS

Contacté aujourd’hui par Là-bas si j’y suis, un membre de la rédaction de Valeurs actuelles n’a pas voulu confirmer ni infirmer l’information. Il nous a cependant confié que Laurent Dandrieu était « malheureux de ce qui s’était passé » et avait été « affecté, comme tout le journal, comme tout le monde l’a été », par la polémique. Sollicitée, la direction du journal n’a pas souhaité nous répondre.

L'équipe de Là-bas attend vos messages dans les commentaires et sur le répondeur au 01 85 08 37 37 !

Notes

[1Danièle Obono, BFM TV, 29 août 2020

[2Geoffroy Lejeune, BFM TV, 29 août 2020

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Il est remonté Lordon, et son bouquin vous remonte, un vrai coup de printemps dans cette odeur de renfermé et de renoncement flageolant. Angoisse, précarité, inégalités, réchauffement, asphyxie et maintenant pandémie. Ça fait beaucoup et c’est clair, le capitalisme détruit nos vies. On peut essayer de lui limer les griffes, lui mettre du caoutchouc sur les crocs, lui apprendre à manger de la salade, lui faire des petits bisous, il s’en fout. On en voit à gauche tout penauds, qui négocient comme au temps de l’esclavage on aurait négocié la longueur de la chaîne et le poids des boulets. Il faut choisir : ou bien on dit « un autre capitalisme est possible » et on le réforme et on le corrige et on lui trouve des chouettes idées et on le renforce. Ou bien on comprend qu’il nous mène au désastre général et qu’il faut tout changer. Tout en profitant de la période qui finit, celle du développement matériel, à nous d’inventer enfin l’histoire du développement humain. Voilà qui vous remet de l’air dans les bronches !

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Émission spéciale « Doléances et Résistances » en public HAYANGE, CEUX QUI FONT FACE AU FRONT [INTÉGRALE RADIO] AbonnésÉcouter

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