Samuel Paty et les profiteurs d’abîme. Message d’une prof de français

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La récupération politique d’un crime ajoute à l’horreur du crime.
Il y a un an, l’assassinat de Samuel Paty a donné lieu à des amalgames particulièrement obscènes.
En guise de contre-feux, voici la lettre d’une prof que nous avons publiée, Juliette Keating, prof de français depuis vingt ans dans la banlieue parisienne, à Montreuil actuellement, dans un collège populaire.

Les mains sales de la récup’

Le respect dû au défunt abominablement assassiné n’aura donc pas assourdi les braillements des tartuffes de la laïcité. On aurait pu attendre un peu de décence devant l’insoutenable, mais nous sommes en période électorale et il convient de faire feu de tout bois pour racler dans la fange quelques suffrages de cette opinion publique si avare d’approbation en ces temps difficiles pour chacunE. L’opportunisme reste le trait commun à tout le spectre politique le plus en vue : l’occasion est trop belle, le crime trop parfait dans son horreur, pour ne pas en « profiter ».

De tous ces défenseurs subits des professeurEs, de toutes ces zélatrices soudaines de l’éducation nationale, on retiendra les larmes de crocodiles versées sur le cadavre de l’homme qui devrait aujourd’hui profiter, lui, de vacances bien méritées. Mais leur regard est ailleurs et leur cœur bat pour d’autres combats que d’améliorer les conditions de travail des professeurEs, de donner les moyens d’un enseignement public ouvert et diversifié, de lutter contre les inégalités scolaires et les discriminations qui pourrissent de longue date le climat du pays plongé depuis des mois dans la crise économique et sanitaire.

Plutôt que d’offrir à chacun et chacune de nos enfants les outils culturels et intellectuels qui leur permettent de s’armer contre tous les fanatismes, de résister aux manipulations et de penser par elles-mêmes, les irresponsables au pouvoir réduisent le nombre d’heures de cours, ferment des classes, augmentent les effectifs, refusent de recruter des enseignantEs supplémentaires. Doit-on rappeler que l’assassin de Samuel Paty est un jeune adulte que l’on a vite renvoyé à son identité « tchétchène », alors que, réfugié à six ans, il a fréquenté nos écoles, nos collèges, comme tous les enfants de France ?

Mais de ceci, quelle importance, puisqu’il s’agit de capitaliser sur la « guerre » contre l’islamisme et de fourbir un nouvel arsenal répressif bon teint qui satisfera les braves gens évidemment sidérés devant l’atrocité du crime ? On trouve des coupables partout, surtout parmi celleux qui pensent et disent que l’opprobre jeté aux musulmanEs à chaque nouvel attentat, la défiance généralisée qui en découle alimentent le ressentiment des unEs contre les autres, désunissent les populations qui vivent ensemble dans les mêmes quartiers, partagent le même quotidien. On ne fait pas d’amalgame, nous rétorque-t-on. Mais alors pourquoi, quand une représentante de l’UNEF se joint au rassemblement d’hommage au professeur assassiné, est-elle insultée parce qu’elle porte le voile ? Dans la grande leçon nationale sur la sacralité de la liberté d’expression, on accepte donc les musulmanEs pourvu qu’ielles soient invisibiliséEs et contritEs.

La récupération politique d’un crime ajoute à l’horreur du crime lui-même, et la nausée vient devant le spectacle de tant de lâcheté collective face aux desseins des extrêmes droites : conquérir les esprits et les cœurs pour plus facilement s’emparer du pouvoir. À ce terrible jeu, il n’y aura que des perdants.

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  • Tout un été Là-bas : que de l’amour ! Le front anti-Zucman déchaîné Accès libre

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    Les médias cherchent à augmenter toujours plus leur audience, les élus font tout pour séduire leurs électeurs. Mais il arrive que la majorité des médias et la majorité des élus s’opposent à la majorité des citoyens.

    C’est ce qui vient d’arriver avec la taxe Zucman. Selon toutes les enquêtes, plus de 80 % de l’opinion s’est déclarée favorable à l’instauration d’un impôt plancher de 2 % sur les très hauts patrimoines qui échappent à l’impôt sur le revenu, soit 1 800 personnes disposant de plus de 100 millions d’euros.

    C’est l’idée que défend inlassablement l’économiste Gabriel Zucman depuis des mois. Rien de révolutionnaire, rien d’anticapitaliste, une simple affaire de justice et d’égalité. Pourtant, malgré le consensus populaire, une majorité de droite et d’extrême droite a rejeté ce projet de loi.

    De même, la plupart des médias se sont déchaînés pour défendre ces quelques super-privilégiés comme le bon chien de garde défend son maître.

    Et alors ? Le peuple a pris la rue en réclamant l’abolition des privilèges ? En promenant quelques têtes de milliardaires au bout d’une pique ?

  • Tout un été Là-bas : que de l’amour ! Jeanne Mermet : « Désertons » ! Abonnés

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    Déserter « comme acte politique, philosophique, poétique pratique » !

    Elle s’appelle Jeanne Mermet mais aucun lien de parenté, c’est une simple homonymie.

    Elle est diplômée de l’École polytechnique, la plus prestigieuse de la République. Elle est de ce que Pierre Bourdieu appelle la « noblesse d’État ». Et pourtant elle déserte, elle refuse d’exercer ce métier d’ingénieure. Je refuse de nuire, dit-elle.

    On se souvient des étonnantes déclarations des jeunes ingénieurs d’AGROPARISTECH en 2023 qui, diplôme en poche, ont refusé de collaborer à ce « système ». La vidéo a fait des millions de vues (voir notre MERCREDITO du 10 février 2023).

    Et depuis ? Que devient ce mouvement ? Ce BIG QUIT ?

    Simple poussée de fièvre avant de retourner du côté du manche après un peu de tourisme révolutionnaire ? Caprice de privilégié qui se la joue sauveur du monde en prenant la Bastille sur son compte Instagram ?

    Ou bien tout autre chose.

  • Tout un été Là-bas : que de l’amour ! Thomas Porcher : « Pourquoi la dette n’est pas un problème » Abonnés

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    Les riches ont-ils mérité leur richesse ? La taxe « Zucman » est-elle confiscatoire ? Taxer les riches aura-t-il pour effet de les faire fuir à l’étranger ? Faut-il avoir peur de la dette ?

    Voilà autant d’idées reçues en économie sur lesquelles nous avons tous plus ou moins une opinion, mais à propos desquelles on a souvent du mal à argumenter le soir du réveillon lorsqu’on se retrouve à dîner face à son beau-frère de droite.

    Après ses agapes de fin d’année, Laurence De Cock s’est donc dit qu’il fallait un professeur d’économie un tout petit peu pédagogue pour nous expliquer tout cela clairement et nous donner des billes pour la prochaine réunion de famille.

    Voilà ainsi révélées les vraies raisons de la présence de Thomas Porcher dans cette émission. Car s’il y a bien un professeur qui prend son métier à cœur, c’est lui. Professeur d’économie à la Paris School of Business, il est surtout connu pour ses nombreuses interventions médiatiques en tant qu’« économiste de gauche » et pour être la seule personne autorisée à contredire Dominique Seux chaque vendredi matin sur France Inter.

    Il a aussi publié une bande dessinée avec Ludivine Stock et Raphaël Ruffier-Fossoul, L’économie pour les 99 %, pour essayer de combattre les idées reçues en économie. Et combattre les idées reçues en économie, c’est ce qu’il est venu faire au micro de Laurence De Cock dans ce nouvel épisode de « Si j’aurais su ».

  • Tout un été Là-bas : que de l’amour ! Henri Salvador : « Les voleurs d’eau » Abonnés

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    C’est une mélodie rythmée, scandée, entêtante, obsédante, comme il a pu en composer des centaines dans sa carrière longue de 70 années. Pour celle-ci, Henri Salvador se serait inspiré d’un air traditionnel vénézuélien.

    Plus étonnantes sont les paroles interprétées par un chanteur talentueux mais qui ne s’est pas fait remarquer pour ses combats, si ce n’est en 2007 quand il est venu soutenir – quelques mois avant sa mort – le candidat Sarkozy à son meeting de Bercy. Les paroles ne sont donc pas de lui, elles sont de son complice Bernard Michel et elles valent le détour puisqu’elles évoquent un sujet éminemment politique : l’accaparement de l’eau. Cette semaine, Olivier Besancenot est arrivé, sans se presser, à se réconcilier avec Henri Salvador.

  • Tout un été Là-bas : que de l’amour ! Romaric Godin : « L’IA est un système qui vise à discipliner les masses » Abonnés

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    Comment résoudre la triple crise que nous affrontons : crise économique, crise écologique et crise anthropologique ? Pour le journaliste de Mediapart Romaric Godin, qui publie à La Découverte Le problème à trois corps du capitalisme. Sur la gestion autoritaire du désastre (et les moyens de lui faire face), ces trois crises sont les différents visages d’un unique problème : le capitalisme.

    Le problème à N corps est un problème mathématique qui vise à déterminer les trajectoires d’un ensemble de corps célestes qui s’attirent mutuellement. En 2006, le romancier chinois Liu Cixin s’est inspiré de ce problème pour écrire son best-seller de science fiction, Le Problème à trois corps.

  • Chute de Trump et victoire « socialiste démocrate » dans le Michigan Le loser communiste qui « déteste les juifs et déteste Israël » Abonnés

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    C’est ainsi que Donald Trump présente Abdul El-Sayed qui vient de remporter la primaire démocrate dans le Michigan. Une bonne nouvelle pour le parti républicain selon Trump, qui ironise finement alors qu’il est en chute libre dans les sondages, à son plus bas niveau depuis sa réélection, à l’approche des élections de mi-mandat de novembre.

  • Une gâterie surprise ! La douleur magnifique de Concha Buika Accès libre

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    Personne ne peut t’apprendre à rire, à pleurer, à gémir, personne ne peut t’apprendre à chanter… C’est comme ça que s’explique l’incontestée plus grande voix du jazz afro-flamenco, María Concepción Balboa Buika, dite Concha Buika ou simplement Buika, chanteuse espagnole équatoguinéenne, née en 1972 dans les bas quartiers de Palma de Majorque où sa famille se réfugie après avoir fui la dictature en Guinée. Là, parmi les Gitans, elle s’imbibe de flamenco, puis ce sera copla, jazz, soul, funk…

  • Tout un été Là-bas : que de l’amour ! Marianne Oswald, la plus célèbre des chanteuses oubliées Abonnés

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    Une « voix de naufragée », « de chaînes brisées de cadenas arrachés ». Jacques Prévert a tout dit sur elle. Marianne Oswald (1901-1985) est sans doute la plus célèbre des chanteuses oubliées.

    Elle n’a pas laissé une trace mais un tatouage.

    Bandits, voyous, voleurs, chenapans… Elle interprète le Prévert grinçant du Front populaire et le Jean Cocteau du Bœuf sur le toit. Anna, Anna la bonne. Elle invente la chanson parlée. Expressionniste, grinçante. Née à Sarreguemines alors allemande, elle n’a qu’un rêve : Paris. Elle surprend, elle déborde, son pathos provoque ou séduit. On écrit pour elle. Mais Sarah Alice Bloch, de son vrai nom, doit fuir l’avancée nazie pour les États-Unis. À son retour, elle continue au cinéma, à la radio. Puis le cercle se rétrécit jusqu’à cette chambre minuscule de l’hôtel Lutetia à Paris. En 1985, la voilà au cimetière des indigents.

  • Les nouveaux maires RN ont déjà un bilan Abonnés

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    Les élections municipales, c’était il y a quatre mois. Le RN et ses alliés ont pris presque 70 mairies. Là-bas, ils ont déjà un bilan. Et c’est catastrophique.

    Le voilà.

    À Carcassonne, le maire a supprimé la subvention à la Ligue des droits de l’homme et expulsé des syndicats de la bourse du Travail.

    À Liévin, suppression de la cérémonie en hommage aux mineurs qui a lieu tous les premiers mai. Volonté de mettre en place la priorité nationale pour la politique de logement dans la ville.

  • Raphaël Pradeau publie « Taxez les riches ! Éloge de la progressivité de l’impôt » aux Liens qui libèrent Taxer les riches ! Euthanasier les rentiers ! Abonnés

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    Profiteur de guerre et criminel climatique, TotalÉnergies double son bénéfice net sur un an. Alors que le prix des carburants repart à la hausse sur la route des vacances, TotalÉnergies annonce des superprofits, 5,4 milliards de dollars au deuxième trimestre, soit le double sur un an grâce à la guerre de Trump et Nétanyahou contre l’Iran.

  • Mickaël Correia republie « Criminels climatiques. Enquête sur les multinationales qui brûlent notre planète » (La Découverte) Mickaël Correia : « Cent multinationales sont responsables de 70 % des émissions de gaz à effet de serre » Abonnés

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    Qui est responsable des canicules et des incendies ? Laurence De Cock reçoit le journaliste de Mediapart Mickaël Correia, qui republie Criminels climatiques. Enquête sur les multinationales qui brûlent notre planète aux éditions La Découverte.

  • Clim et châtiment Bardella, Sodome et Gomorrhe Abonnés

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    Le réchauffement est un châtiment. Voilà ce que répète partout Jordan Bardella, voilà ce qui hante et obsède le président du premier parti d’extrême droite, possible président de la République française : le réchauffement est un châtiment.

    Mais comment en est-il arrivé à cette forte pensée ?

    La Bible !

    Oui, dans la Bible, qui est un livre très connu que lui a recommandé son équipe de campagne en lui soulignant des phrases à apprendre en cas de rencontre avec le pape ou ce genre d’influenceur :

    « Alors le Seigneur fit descendre du ciel sur Sodome et sur Gomorrhe une pluie de soufre et de feu.

    Et il perdit ces villes avec tous leurs habitants, tout le pays à l’entour avec ceux qui l’habitaient. » (Genèse)

Une sélection :

Rencontre avec Francesca Albanese qui publie son rapport sur la torture en Palestine (vidéo et radio. Durée : 24’53) Francesca Albanese : « Israël a reçu un permis de torturer les Palestiniens » Accès libreVoir

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Cages de fer, attaques de chiens, tortures à l’électricité, viols collectifs avec matraques ou barres de fer, intestins éclatés…

À Genève, le 21 mars, la rapporteuse spéciale des Nations unies pour les territoires palestiniens occupés FRANCESCA ALBANESE a présenté son dernier rapport « TORTURE ET GÉNOCIDE » dans les territoires palestiniens occupés.

Pas seulement bavure ou revanche, mais méthode systématique contre les Palestiniens dans les prisons mais aussi hors des lieux de détention, y compris sur des mineurs. Il ne s’agit pas d’une dérive mais d’une logique qui s’exerce sur les corps comme sur les conditions de vie.

Le rapport précise : « la torture est une caractéristique structurelle du génocide en cours commis par Israël et, plus largement, de l’apartheid colonial de peuplement ».

« Fils de pute », « enculé » Accès libreLire

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À sept reprises en moins de six minutes, en direct et en public, le 19 décembre 2025, le député d’extrême droite Charles Alloncle a répété « fils de pute », « enculé » dans le cadre de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public dont il est le rapporteur. Des termes rarement usités dans un cadre officiel qui lui ont valu des milliers de messages dans les réseaux d’extrême droite et dans tous les médias appartenant au milliardaire Vincent Bolloré.

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Nous avons réuni tous nos articles sur Gaza depuis le 7 octobre 2023.
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Ignorance et ressentiment permettent toutes les manipulations et tous les chantages. Les partisans du génocide n’hésitent pas à instrumentaliser la mémoire juive pour accuser d’antisémitisme la moindre solidarité pour le peuple (…)