GISCARD ÉTAIT UN FOU DE LA CHASSE, VRAIMENT FOU

GISCARD : TIREZ LA CHASSE ! Abonnés

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Un viandard, un obsédé de la chasse, un cinglé du sang chaud des bêtes, du faisan à l’éléphant, de l’ours à l’antilope, du buffle à la perdrix, partout dans le monde, de Chambord au Tibet, des forêts de Pologne au cœur de l’Afrique, il était hanté par une obsession : chasser, chasser, chasser !

Peu importe le protocole et les affaires du monde, d’abord, il fallait tuer. Non pas tuer, d’ailleurs, mais tirer. Il ne laissait pas les gardes achever les bêtes, il voulait tirer sans cesse. Et le lendemain, on trouvait dans les fourrés les bêtes tremblantes, encore dans leur agonie.

Certes, de Juan Carlos à Serge Dassault, depuis longtemps on sait que les rois du monde font leurs petites affaires en s’étreignant devant le cadavre chaud d’une antilope ou d’un éléphant, on sait comment people et milliardaires aiment à faire des selfies, les pieds dans les tripes d’une gazelle. Mais Giscard est allé plus loin, beaucoup plus loin.

La rumeur circulait à l’époque de sa présidence, on s’indignait souvent dans le camp contestataire, Gilbert Laffaille en fit même une chanson, mais les grands médias n’étaient pas plus téméraires qu’aujourd’hui.

Cependant, début 1981, dans le premier numéro des Dossiers du Canard, un long article détaillait l’ampleur de cette dinguerie cynégétique. Nous en publions de larges extraits grâce aux confrères du Canard qui nous ont communiqué ces archives. Précisons bien que nous sommes en 1981. Difficile d’imaginer le nombre d’animaux abattus depuis cette date, puisque c’est en 2018, à 91 ans, que ce grand prédateur a enfin raccroché son fusil. Déjà à l’époque, documents et images sur le sujet disparaissaient soigneusement. Avec Internet, les agences de e-réputation ont fait le ménage et c’est à peine si aujourd’hui, dans le flot d’hommages suite à sa mort, le Giscard chasseur, le « grand » chasseur, est évoqué.

Aussi, nous vous proposons cette lecture dédiée à toutes les bêtes sauvages de la terre qui remercient le Covid et sourient, soulagées par la disparition d’un de leurs tueurs parmi les plus fanatiques.

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