« Il n’y a pas de civils innocents à Gaza. »
C’est ce qu’affirment 64% des Israéliens selon une enquête publiée par l’université hébraïque de Jérusalem le 11 juin dernier. 87% des partisans de la coalition au pouvoir partagent cette opinion.
« Ce qu’on appelle tuer des innocents est devenu la norme ». Le journal Haaretz a publié le 27 juin une suite de témoignages de militaires israéliens impliqués à Gaza. Un officier supérieur confie : « Ma plus grande crainte est que les tirs contre les civils ne soient pas le résultat d’une nécessité opérationnelle ou d’un manque de discernement mais plutôt le fruit d’une idéologie partagée par le commandement sur le terrain ».
Dans cette tragédie en direct sous nos yeux, ce n’est plus « la revanche compréhensible » suite au massacre du 7 octobre 2023, ni au « droit d’Israël d’assurer sa sécurité » mais l’élimination totale d’un peuple, non pas pour ce qu’il fait mais pour ce qu’il est.
Face à l’indignation devant le génocide en cours à Gaza, Macron fait la promesse d’une reconnaissance de l’État de Palestine pour septembre prochain à l’ONU. Mieux vaut tard que jamais. Cent quarante-huit États ont déjà reconnu la Palestine, dont l’Espagne, l’Irlande, la Norvège etc. Les réactions haineuses du gouvernement israélien et de ses soutiens à l’extrême droite en France comme à Washington montrent la détermination du camp génocidaire.
Ce n’est pas une guerre coloniale avec domination et exploitation, ce n’est plus la lutte contre le Hamas et ses combattants mais c’est une destruction contre l’existence même du peuple palestinien sans distinction, hommes, femmes, enfants. Au mieux par l’exode et la déportation massive sinon par la destruction, par les armes, par l’empêchement du moindre soin ou par la famine.
Qualifier l’adversaire de « nazi » est une vieille habitude chez les dirigeants israéliens. Mais ce qui semblait un abus de langage est devenu une conviction majoritaire. Or, face à ce monstre qui va à nouveau vous détruire, la seule issue est de le détruire d’abord par tous les moyens jusqu’au dernier.
En instrumentalisant l’Holocauste comme bouclier idéologique pour justifier sa politique, l’actuel pouvoir israélien discrédite le concept de génocide, qui de la Namibie au Rwanda, concerne toute l’histoire de l’humanité, et contribue à construire une pensée historique et un rempart contre le pire.
Lâcheté, médiocrité, indignation surjouée, répression du soutien à la Palestine, resterons-nous vraiment impuissants devant ces nouveaux assassins de la mémoire ?


