Tout un été Là-bas pour se refaire la cerise !

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Le

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Lever le pied pour se refaire la cerise. Partir à la fraîche, laisser les vélos derrière la dune, cavaler dans les vagues et reprendre le temps par les oreilles, par la tête, par la taille, partout. Nationaliser le bonheur commence par virer ces passions tristes qui nous bouffent comme des punaises de lit et rétrécissent la surface de la cage. Contre ça il faut des biscuits, il faut des provisions, il faut des armes. En voilà pour tout l’été, dont ce papier de Daniel Mermet sur « l’art dégénéré »...

« L’art dégénéré du 11 novembre au 31 décembre au centre d’exposition de la direction scolaire, 6 Spitalerstrasse »


Au nom de la race allemande, les nazis se sont acharnés à faire disparaître l’art moderne, qu’ils appelaient « Entartete Kunst », « art dégénéré ». À Munich en 1937, ils présentaient une grande exposition pour montrer toutes ces horreurs. Mais, malgré humiliations, destructions et spéculations, cet art a survécu, toujours vivant, toujours à vif spécialement aujourd’hui où il devient à la fois une alarme et une arme face à l’avancée de Trump et des extrêmes droites partout acharnées à éliminer les dégénérés d’aujourd’hui. Exposition au musée Picasso à Paris jusqu’au 25 Mai.


Georg Scholz, Industriebauern (« agriculteurs industriels »), 1920

L’ART DÉGÉNÉRÉ, « ENTARTETE KUNST »

Dès leur prise du pouvoir en janvier 1933, les nazis lancent une grande guerre culturelle. Il y a urgence à purger les arts allemands de toute influence moderniste, juive et bolchévique. Si les artistes « modernes » n’étaient ni juifs ni bolchéviques, ils étaient sous leur influence et donc tout aussi dégénérés et donc tout aussi condamnés. Toutes les formes d’expression étaient visées : arts plastiques, danse, théâtre, cinéma, littérature ou musique comme le jazz, musique nègre et juive à la fois.

« Musique dégénérée. Un décompte du conseiller d’État le docteur H.S. Ziegler. Prix : 40 Pfennig »

Le 19 juillet 1937, à Munich, une grande exposition inaugurée par le « ministre de l’éducation du peuple et de la propagande du Reich » Joseph Goebbels tournait en dérision toutes ces insultes grotesques à la grandeur de la race allemande. 730 œuvres d’une centaine d’artistes étaient présentées parmi plus de 21 000 œuvres saisies dans les musées allemands. Au total, c’est une liste de 1 400 artistes qui ont été insultés, menacés physiquement, virés de leur poste d’enseignant ou poussés à l’exil. On apprendra que Picasso en réalité est juif, il suffit de regarder sa peinture, c’est évident. C’est le juif destructeur de l’Art. Il deviendra plus tard le violeur pédocriminel qui a été récemment démasqué en attendant d’autres révélations.

Goebbels visitant l’exposition « Entartete Kunst » à Berlin : à gauche, deux œuvres d’Emil Nolde, et à droite, une sculpture de Gerhard Marcks.

Il fallait en finir avec la diversité et les audaces de la production artistique née sous la république de Weimar comme autant de monstruosités décadentes. Ces dégénérés s’appelaient Chagall, Klee, Otto Dix, Kandinsky, George Grosz, Picasso, Nolde, Kirchner et beaucoup d’autres, des bolchéviques ou des juifs ou les deux. Avec aussi des dessins faits par des malades mentaux, histoire de prouver que tout ça c’était du pareil au même. Autant de parasites méprisants et de charlatans au crochet des vrais Allemands dignes et modestes. Dans son discours, le Führer était clair : « À partir de maintenant, nous mènerons une guerre implacable d’épuration contre les derniers éléments de la subversion culturelle. » Ce n’était qu’un aspect d’une politique d’épuration et d’extermination globale.

L’exposition qui a circulé dans une vingtaine de villes d’Allemagne et d’Autriche a été vue par plus de deux millions de visiteurs sans qu’on puisse distinguer dans le public ceux qui, sans le dire, appréciaient et ceux qui venaient discrètement voir une dernière fois des œuvres qui allaient disparaître.

Les critères d’élimination étaient clairs :
 artiste juif : exclu
 artiste bolchévique : exclu
 artiste allemand mais influencé par l’étranger cosmopolite : exclu
 figuratif mais pessimiste donc négatif pour le régime : exclu
 LA SUBJECTIVITÉ, l’art qui exprime des émotions sans rapport avec la réalité : exclu.

Restaurer l’intégrité raciale de la nation allemande, préserver la pureté de la race aryenne (« Rassenpolitik »). Il fallait anéantir l’art nuisible aussi bien que les humains nuisibles. Voilà qui exigeait l’élimination des communistes, des juifs et des Tsiganes tout comme des homosexuels, des handicapés et des malades mentaux. 100 000 malades mentaux furent exterminés dans des centres de mise à mort dès 1940, avant la « solution finale ». En outre, dès le 14 juillet 1933, une loi autorisait la stérilisation forcée, sans consentement. On estime à 400 000 le nombre de stérilisations forcées en Allemagne et en Autriche de 1933 à 1945. Cette loi eugéniste n’a pas scandalisé des pays socio-démocrates comme la Suède, la Norvège ou la Finlande qui l’ont largement appliquée.
En 1937, la stérilisation pour des motifs raciaux commença de s’exercer sur le "Rheinlandbastarde", les enfants issus de l’union des mères allemandes et des soldats Noirs durant l’occupation de la Ruhr par l’armée française.

« 60 000 Reichsmark, c’est ce que coûte durant toute sa vie ce malade héréditaire à la communauté nationale. Compatriote, c’est aussi ton argent. Lisez Nouveau peuple, le mensuel du bureau de la politique raciale du NSDAP ».

« Chaque jour, un malade héréditaire coûte 5,50 Reichsmarks à l’État. Avec 5,50 Reichmarks, on peut faire vivre une famille héréditairement saine pendant toute une journée », cité par Johann Chapoutot, Le Nazisme. Idéologie en actes, Documentation photographique, Paris, 2012.

Marc Chagall, La prise, 28.9 × 20.3 cm, Metropolitan Museum of Art, New York, 1912

On trouve le même argument pour la toile de Marc Chagall, La prise, acquise par le musée de Manheim. Le tableau fut traîné dans les rues de la ville avec une pancarte : « vous qui payez des taxes, vous devriez savoir comment votre argent est dépensé. » On entend ce même argument depuis l’extrême droite aujourd’hui contre certaines émissions de France Inter : et tout ça payé par vos impôts !

Max Nordau

L’idée de dégénérescence émerge dès la fin du XVIIIe siècle et s’est répandue ensuite jusqu’à l’eugénisme, en passant par l’Essai sur l’inégalité des races humaines d’Arthur de Gobineau (1853). Mais c’est le livre de Max Nordau, Dégénérescence (1890), qui a profondément influencé l’idéologie nazie.

Max Nordau, médecin et essayiste, n’hésite pas à convoquer l’anthropologie médicale, la biologie, la psychiatrie et d’autres sciences encore pour dénoncer cette humanité abâtardie. Délabrement de l’âme, immoralité, bestialité, il dénonce ces maladies dégénératives chez Zola, Verlaine, Ibsen, Nietzsche ou Tolstoï, et dans l’art en général qui, en cette fin de siècle, est à la fois le symptôme et le propagateur de cette dégénérescence pathologique. Pas moins.

Oui, une élite malade, hystérique et incestueuse qu’il est urgent d’isoler de la société normale. « Ce qui manque à presque tous les dégénérés, c’est le sens de la moralité et du droit. » Il faudra donc écraser du pied cette vermine antisociale.

Traduit en quinze langues, le livre rencontre un grand succès et va servir de base à l’idéologie nazie, donc à la destruction des juifs et des « dégénérés », mais aussi à la création du mouvement sioniste. Oui, destin étonnant de ce livre qui va contribuer à l’extermination des juifs mais aussi à la fondation du sionisme. Pour Max Nordau, c’est cette même dégénérescence qui explique la vague d’antisémitisme raciale qui persécute les juifs et qui va conduire à l’affaire Dreyfus en 1894.Et c’est ainsi que, juif lui-même, Max Nordau va devenir avec Theodor Herzl dont il était le médecin, l’un des pères bâtisseurs du sionisme.

Nahum Sokolow, Theodor Herzl, Max Nordau et David Wolffsohn au premier Congrès sioniste, Bâle, Suisse, 1897

Max Nordau n’était pas le seul intellectuel de référence pour les idéologues du nazisme. Paul Schultze-Naumburg (1869-1949), architecte prestigieux, lié a la propagande nazie, considérait que seuls les artistes de race pure peuvent produire un art sain tandis que les artistes modernes métissés produisent des œuvres difformes. Il en administre une preuve éclatante.

Auteur de Kunst und Rasse (« art et race ») en 1928. Dans la troisième édition de son livre, en 1938, l’auteur se félicite que « la destruction des inférieurs n’est plus une idéologie lointaine, mais qu’elle est ancrée dans la législation, et donc désormais réalité » [1].

L’ART NAZI

Mais colossale déception pour Goebbels qui, dans le même temps, voulait démontrer ce qu’était le véritable art allemand. Un jour avant, juste en face, dans un énorme bâtiment il inaugurait en très grande pompe la « Große Deutsche Kunstausstellung ». 7 000 figurants, 300 cavaliers aux chevaux caparaçonnés de croix gammées, une procession de 4 500 personnages en costumes historiques résumant 2 000 ans de culture allemande !

Mais l’exposition d’art allemand n’a pas eu le succès espéré, moitié moins qu’en face pour « Die Entartete Kunst ». Pourtant l’art officiel était inspiré par les arts grecs et romains, les plus sains et les plus nobles selon Adolf Hitler, car non contaminés par les influences juives. C’est évident. Alors quoi, ce grand peuple aurait préféré ces horreurs à ces grandeurs ? Il faut les éduquer ! !

« 1937. Exposition artistique de la grande Allemagne à la maison de l’art allemand de Munich. Catalogue officiel de l’exposition »

L’art aryen doit être à la fois réaliste et romantique mais aussi héroïque quand il s’agit de défendre « Blut und Boden », le sang et le sol. Cet art chante la grandeur et la pureté de la race allemande prête à combattre jusqu’à l’ultime sacrifice. Et il protège aussi la femme allemande, aux yeux clairs et à la blonde chevelure nattée bien à sa place dans les « 3 K » : Kinder, Küche, Kirche (enfants, cuisine, église).

Wolfgang Willrich, Portrait de famille, 1938

Les dessins de Wolfgang Willrich se vendent toujours avec succès aujourd’hui.

On peut faire un rapprochement avec un autre connaisseur, Donald Trump, qui a annoncé le retour de l’« âge d’or des arts et de la culture » américaine. L’image de Trump est sans doute la plus omniprésente et la plus obsédente de l’histoire de l’image. Mais c’est le peintre Jon McNaughton qui a toutes ses faveurs. Un artiste qui aurait eu une place d’honneur sous le IIIe Reich. Un style qu’on retrouve dans le « réalisme socialiste » soviétique ou chinois. Ici, Donald Trump tient la clé de ce sublime jardin qu’est l’Amérique et dont il faut savoir fermer la porte à ceux qui veulent l’envahir et le profaner.

On estime à 21 000 le nombre d’œuvres d’arts volées dans les musées allemands par les nazis. 8 500 ont été vendues ou récupérées par des collectionneurs privés (dont Joseph Goebbels !). Le reste, 1 250, ont été brûlées le 20 mars 1939 dans la cour de la gare de Berlin. Nous n’avons pas trouvé d’image de cet autodafé mais on connaît celles du 10 mai 1933, dans 21 villes, des dizaines de milliers de livres ont été brûlés.


« Là où on brûle les livres, on finit par brûler des hommes », disait Heinrich Heine en 1821, plus d’un siècle auparavant.

Qu’est-ce qui s’est opposé à tout ça, quelle résistance on peut évoquer ?

D’abord l’art lui-même. L’intérêt de ces peintures n’est pas d’avoir été victimes des bâtisseurs de mort. Bien avant ça, chacune de ces œuvres est une remise en question et souvent une révolte. L’un c’est la guerre et les médailles, l’autre c’est les turpitudes sociales, l’autre interroge la folie, l’art des enfants et ces arts qu’on appelle encore « primitifs » ou "nègre". Mais parfois c’est pire, ces dégénérés s’en prennent aux règles de l’art, c’est l’art lui-même qui est mis en cause, c’est tout un ordre de langage, de couleurs, de matière, de valeurs, de croyances qui est contesté et parfois encore pire, encore plus subversif, c’est un instant, c’est un reflet au bord d’une lèvre, un souffle, un air. Et c’est plus qu’une manière de peindre c’est " une manière de comprendre et de faire comprendre la vie" . C’est ce qu’écrivait Georges Henein, qui avec Ramsès Younan et d’autres consignaient dés le 22 décembre 1938 au Caire, un manifeste "Vive l’art dégénéré !"

Il faut dévorer tout ça avec appétit et empathie, sinon c’est Goebbels qui gagne.

Emil Nolde, Crucifixion, huile sur toile, 220.5 × 193.5 cm, 1912

Deux autres choses encore pour faire contre-feu : les fous et Charlot.

Les fous, c’est Hans Prinzhorn. Génial médecin psychiatre (1866-1933) un pionnier qui a favorisé l’expression créatrice des malades mentaux. Dès 1922, il publiait Expression de la folie qui a bouleversé le regard sur l’« art des fous ». C’est dans sa clinique de Heidelberg que les nazis avaient réquisitionné des dessins et des objets faits par les malades, pour les rapprocher dans l’exposition avec les œuvres modernes pour ridiculiser les artistes.

Mais loupé. Les œuvres de ces aliénés ont passionné des peintres comme Paul Klee ou Max Ernst. A la fois révélation et révolution. Plus tard, en 1945, Jean Dubuffet allait fonder la « compagnie de l’art brut ». Une remise en cause fondamentale. Aujourd’hui, à Heidelberg, on peut visiter la superbe collection des œuvres des « dégénérés » du docteur Prinzhorn. Voilà une vidéo pour vous donner un aperçu (les sous-titres sont mal traduits mais l’artiste, c’est Adolf Wölfli).

Une autre résistance, c’est le discours final de Charlie Chaplin dans Le Dictateur, sorti en 1940. Il arrête de faire le charlot pour s’adresser directement au monde en tant que lui, Chaplin. Pour ce discours, Chaplin a été soupçonné d’être communiste. C’est quand même mieux que dégénéré.

Daniel Mermet
Charlie Chaplin, « The Great Dictator », États-Unis, 1940 (extrait)
par Là-bas si j'y suis

Notes

[1Cité par Johann Chapoutot, Le nazisme et l’Antiquité, PUF, Paris, 2014.

Voir aussi

FILM : L’OEUVRE SANS AUTEUR. Réal : Florian Henckel von Donnersmarck, ( Allemagne) 3h08, 2018

Voir aussi : DEUX FILLES NUES. Une BD géniale de LUZ

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    Très bonne idée ! Interdire les milliardaires, c’est aussi protéger toute la faune chassée et pourchassée par les milliardaires dans leurs chasses de Sologne.

    Le procès qui s’ouvre les 7 et 8 septembre à Orléans contre le milliardaire et homme d’affaires Olivier Bouygues, pour destruction d’espèces animales protégées, en apporte une preuve éclatante.

    La Sologne est depuis longtemps le terrain de jeu des ultrariches. Abattre du gibier est le loisir préféré d’une petite trentaine de milliardaires qui ont ici leurs terres et leurs châteaux : Seydoux, Wertheimer, Bich, Vuitton, Provost, etc.

    Et donc aussi du milliardaire Olivier Bouygues, co-actionnaire du groupe qui détient TF1, Bouygues Telecom, Colas, Bouygues Immobilier, etc.

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  • Bertrand Russell, un libre-penseur contre la propagande officielle Bien redémarrer avec Bertrand Russell ! Abonnés

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    ENDOCTRINER, ÉVANGÉLISER, MANIPULER.

    Les stratégies pour dominer les foules sont connues depuis longtemps.

    On peut aujourd’hui ajouter : INFORMER.

    Certes des contre-feux existent. Là-bas y tient sa place modeste [1]. Mais les forces sont inégales.

    La propagande, nouvelle méthode de gouvernement qui s’empare des armes des publicitaires, ne se contente plus d’interdire les positions dissidentes, elle les étouffe par la pression économique et la distorsion des preuves.

    Elle offre ainsi un avantage indu sur le terrain des idées à ceux qui concentrent pouvoir et richesse.

    De graves menaces pèsent sur la liberté de penser.

    C’était en 1922 l’avertissement visionnaire du philosophe britannique Bertrand RUSSELL (1872-1970), témoin privilégié de l’essor des techniques modernes de propagande, qui seront cyniquement décrites par Edward Bernays quelques années plus tard dans son PROPAGANDA.

    Une occasion de (re)découvrir le parcours et l’œuvre d’un des intellectuels les plus stimulants pour aujourd’hui.

    Chantal Santerre et Norman Baillargeon présentent le parcours de celui qui disait : « trois passions, simples mais irrésistibles, ont commandé ma vie : le besoin d’aimer, la soif de connaître, le sentiment presque intolérable des souffrances du genre humain ».

    Auteur de 70 livres et d’au moins 3 000 articles, académiques ou autres, il conseillait : « ne craignez pas d’être excentrique dans vos opinions, car chaque opinion aujourd’hui acceptée fut un jour excentrique. »

  • Arnaques sentimentales : un reportage de Charlotte Perry. PODCAST RADIO Les arnacœurs Abonnés

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    « C’est une vieille maladie honteuse
    Un sacré manque d’amour qui creuse
    Dans nos villes, dans nos campagnes
    Ça gagne… »

    Alain Souchon a mis les mots dessus, il y a presque 50 ans.

    La solitude colle à l’humanité comme son ombre, pleurer des rivières est notre plus ancien blues.

    Mais tout ça, c’était avant.

    Avant l’informatique et les réseaux qui ont permis de faire de la solitude un énorme business. On parle d’un « capitalisme de la solitude ». L’escroquerie aux sentiments engendre des milliards d’euros. L’université du Texas avance un chiffre de 65 milliards d’euros entre 2020 et 2024. Témoignages, enquêtes, reportages se multiplient. L’Afrique de l’Ouest prend sa revanche, les « brouteurs » capables de vous tondre jusqu’à l’os avec un simple portable chantent le bonheur de « niquer la France/depuis l’étranger ».

    On arnaque par le cœur, par le cul et par le fric.

    Pour pratiquer l’arnaque aux sentiments, vous pouvez trouver des kits de phishing sur Telegram entre 75 et 300 euros. Vous apprendrez à utiliser l’IA, vous apprendrez le « boomer trap », le piège à séniors. Des milliers se font piéger chaque année, parfois jusqu’à la ruine complète.

  • Tout un été Là-bas : que de l’amour ! La victoire de Zohran Mamdani, un laboratoire pour la gauche Abonnés

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    Dans ces jours qui n’en finissent pas de déchanter, la victoire de Zohran Mamdani à la mairie de New York le 4 novembre 2025 a été une formidable embellie. Crédité de 1 % un an auparavant, ce pétulant musulman est devenu le premier maire « socialiste » dans la plus grande ville américaine qui compte le plus de milliardaires au monde.

    Une brève éclaircie ou bien le début d’un durable contre-feu ?

    Enseignant à l’université Johns Hopkins, l’historien Tristan Cabello voit dans cette victoire un laboratoire pour la gauche.

    Alors que nos gauches s’entretuent avec application en offrant un boulevard aux réacs les plus déboutonnés, il y a là sans doute pour nous du grain à moudre, surtout à la veille des municipales.

    Gel des loyers, bus gratuits, crèches abordables.

    C’est en répondant aux galères populaires que Mamdani a réussi. Avec bien moins de moyens financiers, il a battu Andrew Cuomo, figure de l’establishment démocrate, le parti qui, en méprisant les préoccupations des modestes, a favorisé l’élection de Trump.

    Accusée bien sûr d’antisémitisme et de soutien du Hamas, toute la jeunesse de la communauté juive de New York a voté pour lui.

    Et surtout Mamdani a laissé tomber les « culture wars », les guerres culturelles, c’est-à-dire les conflits identitaires et moraux qui masquent un agenda économique pro-patronat. Des débats dont notre gauche culturelle se gave depuis longtemps, loin des soucis du populo beauf et mal élevé.

    Un entretien contre la déprime générale avec une surprise à la fin…

  • Tout un été Là-bas : que de l’amour ! Johnny Cash : « The Ballad of Ira Hayes » Abonnés

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    Connaissez-vous l’histoire d’Ira Hayes ? Né en 1923 dans la réserve indienne de Gila River, en Arizona, le jeune Ira Hayes s’engagea à 19 ans dans les Marines. Démobilisé après la fin de la Seconde guerre mondiale, Ira Hayes ne parvint jamais à se réinsérer dans la vie civile et mourut d’alcoolisme dix ans plus tard. L’histoire banale d’un soldat atteint de stress post-traumatique comme tant d’autres ? Pas tout à fait banale, puisqu’Ira Hayes est l’un des six soldats que l’on aperçoit lever le drapeau sur Iwo Jima le 23 février 1945, dans la fameuse photographie de Joe Rosenthal. Ce qui lui valut une gloire éphémère et un destin tragique auxquels le grand Johnny Cash consacra une ballade : La Ballade d’Ira Hayes.

  • Tout un été Là-bas : que de l’amour ! Les Américains sont-ils en train de lâcher Israël ? Accès libre

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    Mais que se passe-il aux États-Unis ? Les New-Yorkais élisent un maire qui qualifie Israël d’État d’« apartheid » et la guerre à Gaza de « génocidaire ». L’influenceuse d’extrême droite Candace Owens invite dans son podcast Norman Finkelstein, l’auteur de L’Industrie de l’Holocauste très critique de l’ « exploitation » par Israël de la souffrance des juifs. L’ancien présentateur star de Fox News, Tucker Carlson, proche de Trump, reçoit pendant plus de deux heures John Mearsheimer, universitaire remarqué pour son ouvrage Le Lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine, qui dénonce « l’orientation de la politique étrangère américaine » par des organisations comme l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC).

  • Tout un été Là-bas : que de l’amour ! Pour une nouvelle abolition des privilèges Abonnés

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    Alice de Rochechouart, c’est la grande noblesse, les grandes écoles, les grands moyens et pourtant elle part en guerre contre les privilèges. Ceux d’aujourd’hui, ceux qui n’ont pas été abolis en 1789, ceux qui n’ont fait que prospérer depuis.

    Oui, souvenez-vous, le quatorze juillet, le peuple avait pris la Bastille mais il voulait plus, il voulait l’égalité et d’abord du pain. Alors dans son élan, il a ouvert la chasse au noble. La vraie chasse. Et d’eux-mêmes, comme par enchantement, dans la fameuse nuit du quatre août, les nobles ont dit d’accord, et ils ont aboli leurs privilèges, d’accord, fini le régime féodal.

    Une victoire et même une révolution. Mais les racines étaient profondes, d’autres privilèges sont apparus, des espèces souvent inconnues. On a beau couper et arracher, ça repousse.

    Aujourd’hui, les inégalités sont plus monstrueuses que jamais et le plus monstrueux, c’est tout ce qui réussit à nous faire encaisser les privilèges d’aujourd’hui. En soutenant l’extrême droite dans sa marche vers le pouvoir, les grandes fortunes entendent légitimer et augmenter leurs gentils privilèges.

    Alors ? L’impuissance a gagné, on a renoncé ?

    Pas Alice de Rochechouart. C’est ce qu’elle explique à Marième.

    Tremblez privilégiés, vos jours sont comptés !

Une sélection :

Rencontre avec Francesca Albanese qui publie son rapport sur la torture en Palestine (vidéo et radio. Durée : 24’53) Francesca Albanese : « Israël a reçu un permis de torturer les Palestiniens » Accès libreVoir

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Cages de fer, attaques de chiens, tortures à l’électricité, viols collectifs avec matraques ou barres de fer, intestins éclatés…

À Genève, le 21 mars, la rapporteuse spéciale des Nations unies pour les territoires palestiniens occupés FRANCESCA ALBANESE a présenté son dernier rapport « TORTURE ET GÉNOCIDE » dans les territoires palestiniens occupés.

Pas seulement bavure ou revanche, mais méthode systématique contre les Palestiniens dans les prisons mais aussi hors des lieux de détention, y compris sur des mineurs. Il ne s’agit pas d’une dérive mais d’une logique qui s’exerce sur les corps comme sur les conditions de vie.

Le rapport précise : « la torture est une caractéristique structurelle du génocide en cours commis par Israël et, plus largement, de l’apartheid colonial de peuplement ».

« Fils de pute », « enculé » Accès libreLire

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À sept reprises en moins de six minutes, en direct et en public, le 19 décembre 2025, le député d’extrême droite Charles Alloncle a répété « fils de pute », « enculé » dans le cadre de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public dont il est le rapporteur. Des termes rarement usités dans un cadre officiel qui lui ont valu des milliers de messages dans les réseaux d’extrême droite et dans tous les médias appartenant au milliardaire Vincent Bolloré.

Nouvelle rubrique TOUS NOS ARTICLES SUR GAZA ! Accès libreLire

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Nous avons réuni tous nos articles sur Gaza depuis le 7 octobre 2023.
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Ignorance et ressentiment permettent toutes les manipulations et tous les chantages. Les partisans du génocide n’hésitent pas à instrumentaliser la mémoire juive pour accuser d’antisémitisme la moindre solidarité pour le peuple (…)