Merci Là-bas pour ses conseils pratiques

Comment ne pas vous égorger au cours du réveillon

Le

Cet article est en accès libre grâce aux abonnés modestes et géniaux, mais…

…sans publicité ni actionnaires, Là-bas si j’y suis est uniquement financé par les abonnements. Sans les abonnés, il ne nous serait pas possible de réaliser des émissions et des reportages de qualité. C’est le prix de notre indépendance  : rejoignez-nous  !

Je m'abonne J'offre un abonnement

L’extrême droite n’a plus le monopole de son vieux fond de commerce raciste ; camelots médiatiques et chevaux de retour viennent manger dans son auge. Identité, ethnie, race, religion : ainsi, toute la question sociale passe au deuxième plan et les vaches sont bien gardées.

Depuis des années, sous les déguisements successifs de la laïcité, du féminisme, de la liberté d’expression ou des valeurs républicaines, c’est bien toujours le même métèque qui est dans le viseur, le même nègre, le même bridé, le même bougnoule, le même Dreyfus.

Alors que faire ? Comment sauver notre grande race française ?

Des murailles plus hautes ? des barbelés plus électriques ? des drones plus puissants ? des chiens plus méchants ? des mines plus explosives ? des canons ? des chars ? des bombardiers ? des sous-marins nucléaires ? des camps ? des déportations ? Comment combattre le grand remplacement ? La France représente un pour cent de la population mondiale. Nous sommes 70 millions, ils sont sept milliards. Et ils se reproduisent comme des lapins, vous savez bien.

Alors ?

Alors nous avons une solution, modeste et géniale : il faut comprendre et faire comprendre que l’immigration n’est pas un problème. Ce n’est pas si difficile, nous disposons de chiffres et d’études fiables, faciles d’accès, comme le site de l’INSEE ou de l’INED, et on trouve de nombreux articles. Pour ne pas être accusé de laxisme gauchiste, voici un article publié sur le site de CNEWS, la chaîne ouvertement réac et raciste et qui se développe sans souci, alors même que le gouvernement rouvre la chasse au musulman.

Eh bien, même CNEWS reconnaît que l’immigration n’est pas un problème.

Aussi, à la veille de Noël et des débats avec le cousin et la belle-sœur au sujet de Zemmour et du voile islamique, armez-vous de ces quelques infos et d’un peu de patience, et vous partagerez la bûche dans la joie et l’amour.

Daniel Mermet
(avec CNews !)

COÛT, NIVEAU D’ÉTUDES, ALLOCATIONS… 5 IDÉES REÇUES SUR L’IMMIGRATION

07 octobre 2019

1) « LA FRANCE EST ENVAHIE PAR LES IMMIGRÉS »

Immigration « de masse », « submersion » migratoire, théorie du « grand remplacement », vague « incontrôlée »… Nombreux sont les responsables politiques, en particulier à droite, qui brandissent haut et fort une supposée explosion de l’immigration depuis des années.

Or, avec environ 250 000 premiers titres de séjour délivrés en 2018, la France accueille en réalité moins d’immigrés extraeuropéens aujourd’hui que dans les années 1970. De même, la population immigrée prise dans son ensemble a augmenté depuis une quarantaine d’années, sans pour autant exploser : elle représente aujourd’hui 9,3 % de la population française, contre 7,4 % en 1975.


De même, bien que l’immigration clandestine ne soit pas prise en compte par les statistiques officielles, aucun chiffre ne permet de dire qu’elle a flambé ces dernières décennies. Quant aux détracteurs qui pointent une hausse de la population immigrée en incluant les enfants d’immigrés, ils sont tout simplement dans le tort : nés en France, ces derniers ne sont pas des « immigrés ».

Toujours avec le fantasme de l’« invasion », certains pensent aussi que la France accueille plus d’immigrés qu’ailleurs dans l’Union européenne. Là encore, c’est faux : des voisins de taille comparable, de l’Allemagne à l’Italie en passant par le Royaume-Uni, connaissent plus d’immigration que l’Hexagone.

2) « L’IMMIGRATION COÛTE PLUS QU’ELLE NE RAPPORTE »

En décembre dernier, un sondage Ifop annonçait que « près des trois quarts des Français considèrent que l’immigration coûte plus à la France qu’elle ne lui rapporte » [1]. Or, rien n’est moins sûr.

Selon une étude de chercheurs français publiée dans Science Advances en 2018, les migrants ne sont pas un fardeau économique. Au contraire : ils favorisent une hausse du PIB par habitant, une baisse du chômage et une amélioration du solde des dépenses publiques, via la consommation et les cotisations [2].

D’après une autre enquête sur le coût de l’immigration, repérée par Les Décodeurs du Monde, « la contribution nette globale de l’immigration au budget de l’État [reste] positive » année après année [3]. En effet, les immigrés perçoivent davantage que les natifs en matière de prestations sociales (APL, RSA, allocations…), mais bien moins en matière d’assurances maladie et vieillesse. Basée sur l’année 2010, l’enquête estimait ainsi à 68,4 milliards d’euros les prestations versées aux immigrés, et à 72 milliards leurs cotisations – soit un apport net de plus de 3 milliards d’euros.

Cela dit, toutes les études n’arrivent pas au même résultat, tant il est complexe de chiffrer le rôle de l’immigration sur les finances publiques. Selon un rapport de l’OCDE, si l’impact fiscal est, dans la plupart des pays, nul ou positif, il serait en revanche négatif de 0,3 point de PIB pour la France, notamment du fait du moindre accès des immigrés aux emplois bien payés ou du coût des reconduites à la frontière [4]. Reste que la plupart des économistes s’accordent à dire qu’avec le vieillissement de la population, le recours à l’immigration de travail deviendra de plus en plus nécessaire en Europe.

3) « LES IMMIGRÉS VOLENT LE TRAVAIL DES FRANÇAIS »

Cette assertion sur laquelle prospère l’extrême droite ne repose sur rien ou presque. Dans les pays de l’OCDE, « la probabilité que les immigrés accroissent le chômage est faible à court terme et nulle à long terme [5] ». Si le chômage est souvent moins répandu dans les régions à forte présence étrangère, c’est tout simplement parce que ce sont les régions les plus dynamiques économiquement.

À noter également qu’un tiers des immigrés en France sont des étudiants, dont la plupart retournent ensuite dans leur pays d’origine. Par ailleurs, en ce qui concerne les demandeurs d’asile, ils n’ont pas le droit de travail, sauf s’ils disposent d’une « autorisation provisoire ». Celle-ci, délivrée au bout d’un an sur certains critères, peut être refusée par le préfet en cas de niveau de chômage trop important – ce qui est souvent le cas.

Quant aux étrangers en situation régulière, c’est-à-dire qui disposent d’une carte de séjour, « ils ne prennent pas le travail des Français : ils font le travail que les Français ne veulent pas faire, des métiers durs, aux horaires décalés et à la rémunération faible », explique Pierre Henry, directeur général de l’association France terre d’asile, à Brut [6]. Soit les métiers dits « 3D » : dirty, difficult, dangerous (« sales, pénibles, dangereux » en français), souligne La Vie, qui rappelle que « même en temps de crise, les nationaux ne prennent pas ces emplois-là [7] ».

4) « LES IMMIGRÉS SONT PAUVRES ET NON QUALIFIÉS »

Travailleur non qualifié, avec un faible niveau d’études et de revenu : le portrait économique du migrant est tout sauf fidèle. D’après l’Insee, en 2018, plus d’un immigré sur quatre (27 %) en âge de travailler en France était ainsi titulaire d’un diplôme de l’enseignement supérieur – soit un taux supérieur aux non-immigrés [8]. Un tiers d’entre eux estimaient même qu’ils étaient trop qualifiés pour leur premier emploi dans l’Hexagone, relève National Geographic [9].

De même, l’idée selon laquelle les immigrés font partie des plus miséreux est fausse. « Ce ne sont pas les populations des pays les plus pauvres, ceux où l’on gagne en moyenne moins de 1 005 dollars par an et par personne, qui migrent le plus », explique François Héran, démographe et professeur au Collège de France, dans une interview au journal du CNRS [10]. Et pour cause, selon lui : pour migrer, il faut un minimum de moyens.

5) « LES IMMIGRÉS TOUCHENT DAVANTAGE D’AIDES QUE LES FRANÇAIS »

Ou leurs variantes : « ils sont mieux logés que les SDF », « ils viennent en France pour se faire soigner avec l’Aide médicale dÉtat »… Autant de polémiques qui tendent à ressurgir dans les discours sur l’immigration alors même qu’elles sont démenties par la réalité des faits.

Si les clandestins n’ont droit à aucun minima social, les demandeurs d’asile peuvent, eux, bénéficier d’une allocation spécifique (ADA) de 207 euros par mois durant tout l’examen de leur dossier – et c’est à peu près tout. Le Français peut quant à lui toucher le RSA (551 euros par mois), l’allocation adulte handicapé (AAH, 860 euros) ou encore l’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA, 868 euros). L’étranger régulier, lui, peut toucher sous conditions le RSA (s’il a 25 ans et travaille en France depuis cinq ans) et l’ASPA (s’il a plus de 65 ans et réside en France depuis dix ans). De même, en matière d’allocations familiales, les demandeurs d’asile ont droit à 100 euros par mois de plus par personne supplémentaire dans le foyer, tandis que les 4,8 millions de foyers français ont touché en moyenne 207 euros mensuels en 2017 [11].

Sur le plan du logement, les demandeurs d’asile peuvent soit bénéficier d’un logement dans un centre d’accueil spécialisé (les CADA), soit toucher 225 euros par mois s’il n’y a plus de place, détaille Le Monde [12]. Au même titre que les étrangers en situation régulière, les Français sont de leur côté éligibles à différentes aides au logement, peuvent réclamer un logement social, faire valoir leur droit au logement opposable…

Enfin, en matière de protection santé, le sans-papier peut bénéficier de l’Aide médicale d’Etat (AME), pointée du doigt depuis quelques jours, et le demandeur d’asile de la protection universelle maladie (PUMA, ex-CMU), dans la limite des tarifs de la Sécu. Une multitude d’aides certes coûteuses, mais qui restent tantôt moins avantageuses tantôt comparables à ce qu’un Français a droit.

Stanislas Deve
7 octobre 2019

C'est vous qui le dites…Vos messages choisis par l'équipe

Les bouquins de LÀ-BASLire délivre

  • Voir

    La bibliothèque de LÀ-BAS. Des perles, des classiques, des découvertes, des outils, des bombes, des raretés, des bouquins soigneusement choisis par l’équipe. Lire délivre...

    Vos avis et conseils sont bienvenus !

Dernières publis

  • Chaque mardi, Olivier Besancenot raconte les chansons de notre histoire Manu Chao : « Clandestino » Abonnés

    -

    Voir

    Si les migrations existent depuis l’aube de l’humanité, elle ne concernent pourtant qu’une petite partie des êtres humains : environ 3,5 % de la population mondiale à l’heure actuelle.

    Néanmoins, ces dernières décennies, les conséquences de la révolution industrielle et de la dérégulation néolibérale ont fait légèrement augmenter le nombre de flux migratoires. On comptait environ 77 millions de personnes migrantes dans le monde en 1965, 140 millions en 1997 et 281 millions en 2020.

    En 1998, le gouvernement de Lionel Jospin régularisait 80 000 sans-papiers en réponse aux lois Debré-Pasqua qui avaient précédemment durci les conditions d’entrée et de séjour en France. La même année, Manu Chao sortait son premier album depuis la fin de la Mano Negra. Il s’appelait Clandestino, et le premier titre s’appelait « Clandestino ». Un succès au-delà des frontières que vous raconte cette semaine Olivier Besancenot.

  • Laurence De Cock reçoit l’économiste Thomas Porcher Thomas Porcher : « Pourquoi la dette n’est pas un problème » Abonnés

    -

    Voir

    Les riches ont-ils mérité leur richesse ? La taxe « Zucman » est-elle confiscatoire ? Taxer les riches aura-t-il pour effet de les faire fuir à l’étranger ? Faut-il avoir peur de la dette ?

    Voilà autant d’idées reçues en économie sur lesquelles nous avons tous plus ou moins une opinion, mais à propos desquelles on a souvent du mal à argumenter le soir du réveillon lorsqu’on se retrouve à dîner face à son beau-frère de droite.

    Après ses agapes de fin d’année, Laurence De Cock s’est donc dit qu’il fallait un professeur d’économie un tout petit peu pédagogue pour nous expliquer tout cela clairement et nous donner des billes pour la prochaine réunion de famille.

    Voilà ainsi révélées les vraies raisons de la présence de Thomas Porcher dans cette émission. Car s’il y a bien un professeur qui prend son métier à cœur, c’est lui. Professeur d’économie à la Paris School of Business, il est surtout connu pour ses nombreuses interventions médiatiques en tant qu’« économiste de gauche » et pour être la seule personne autorisée à contredire Dominique Seux chaque vendredi matin sur France Inter.

    Il a aussi publié une bande dessinée avec Ludivine Stock et Raphaël Ruffier-Fossoul, L’économie pour les 99 %, pour essayer de combattre les idées reçues en économie. Et combattre les idées reçues en économie, c’est ce qu’il est venu faire au micro de Laurence De Cock dans ce nouvel épisode de « Si j’aurais su ».

  • La Hongrie va-t-elle enfin tourner la page Orbán ? Abonnés

    -

    Voir

    Qui soutient encore Viktor Orbán, au pouvoir en Hongrie depuis quinze ans ?

    Marine Le Pen en pince pour Orbán, elle qui en a fait son invité d’honneur à sa « fête de la victoire » organisée dans le Loiret en juin dernier.

    Trump aussi ne manque jamais une occasion de féliciter son homologue hongrois : « je le soutiens. Il a accompli un travail fantastique ». En novembre 2025, il l’a même reçu très chaleureusement à la Maison Blanche pour lui accorder l’autorisation spéciale de ne pas appliquer les sanctions liées au pétrole russe.

    Benyamin Nétanyahou a aussi toutes les raisons de bien aimer le ministre-président hongrois. Il a pris la décision de retirer son pays de la Cour pénale internationale, après que ladite cour a eu l’outrecuidance d’émettre un mandat d’arrêt contre le premier ministre israélien pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

    Si Viktor Orbán peut donc compter sur tous les Le Pen, Trump et Nétanyahou du monde entier, a-t-il encore le soutien des Hongroises et des Hongrois ? Rien n’est moins sûr, puisqu’il se murmure qu’il pourrait perdre les élections législatives en avril prochain. Cette semaine, Le Guide du droitard fait le bilan du laboratoire de l’extrême droite mondiale.

  • Pour la fin de vie d’Emmanuel Macron Abonnés

    -

    Voir

    Gérard Mordillat a regardé pas moins de deux fois les vœux du président de la République. Et maintenant, il en est persuadé. Les vœux qu’Emmanuel Macron a formulés face à la caméra n’étaient destinés ni à la France, ni aux Français… mais à lui-même. Démonstration.

  • Macron lèche Trump Accès libre

    -

    Lire

    2026 démarre très fort : viol de la souveraineté, viol de la constitution américaine, viol du droit international. Donald Trump viole toutes les lois. Un soir, il fait kidnapper le président vénézuélien
    Nicolás Maduro et son épouse et il s’empare du pétrole du Venezuela, les plus vastes réserves d’or noir du monde. Il annonce que les États-Unis vont diriger le Venezuela et y installer les compagnies pétrolières américaines. « Nous allons investir des milliards de dollars au Venezuela et tirer une extrême richesse du sol vénézuélien. »

  • Chaque mardi, Olivier Besancenot raconte les chansons de notre histoire Léo Ferré : « Les Anarchistes » Abonnés

    -

    Voir

    C’est le 10 mai 1968 que Léo Ferré interpréta la première fois cette chanson sur la scène de La Mutualité. Le 10 mai, ce fut aussi la première nuit des barricades de Mai-68. La légende raconte que le chanteur engueula son public en leur demandant de sortir rejoindre les manifestants. Aussitôt dit, aussitôt fait puisque le public était majoritairement composé de membres de la Fédération anarchiste. Cette semaine, Olivier Besancenot rend hommage aux Anarchistes… et aux anarchistes.

  • Arnaques sentimentales : un reportage de Charlotte Perry. PODCAST RADIO Les arnacœurs Abonnés

    -

    Écouter

    « C’est une vieille maladie honteuse
    Un sacré manque d’amour qui creuse
    Dans nos villes, dans nos campagnes
    Ça gagne… »

    Alain Souchon a mis les mots dessus, il y a presque 50 ans.

    La solitude colle à l’humanité comme son ombre, pleurer des rivières est notre plus ancien blues.

    Mais tout ça, c’était avant.

    Avant l’informatique et les réseaux qui ont permis de faire de la solitude un énorme business. On parle d’un « capitalisme de la solitude ». L’escroquerie aux sentiments engendre des milliards d’euros. L’université du Texas avance un chiffre de 65 milliards d’euros entre 2020 et 2024. Témoignages, enquêtes, reportages se multiplient. L’Afrique de l’Ouest prend sa revanche, les « brouteurs » capables de vous tondre jusqu’à l’os avec un simple portable chantent le bonheur de « niquer la France/depuis l’étranger ».

    On arnaque par le cœur, par le cul et par le fric.

    Pour pratiquer l’arnaque aux sentiments, vous pouvez trouver des kits de phishing sur Telegram entre 75 et 300 euros. Vous apprendrez à utiliser l’IA, vous apprendrez le « boomer trap », le piège à séniors. Des milliers se font piéger chaque année, parfois jusqu’à la ruine complète.

  • Rions et rêvons un peu avant de reprendre le boulot… un conte de Daniel Mermet à écouter en regardant les illustrations d’Henri Galeron L’île du droit à la caresse Accès libre

    -

    Écouter

    Nous nous évitons, nous nous méfions des autres, l’enfer, c’est les autres. Gardez vos distances. On ne sait quel crétin officiel a trouvé l’expression « distance sociale ». Comment retrouver la fusion de la manif, les grappes humaines du « tous ensemble », la grande partouze de la lutte après ça ? En attendant, pour rebondir, voici une histoire d’île et de caresse.

  • Un entretien avec David Graeber de 2018 à revoir pour commencer l’année avec les idées claires « Larbins, porte-flingues, rafistoleurs, cocheurs de case, petits chefs… » Et vous, quel job à la con faites-vous ? Abonnés

    -

    Voir

    Dénoncer les boulots à la con alors que des millions de chômeurs rêvent d’un boulot, ça ressemble à une de ces leçons péremptoires dont la petite bourgeoisie culturelle est coutumière. Mais en réalité, la terreur de la précarité pousse au désir d’avoir un job, peu importe lequel, mais un job. Ainsi, beaucoup sont amenés à passer leur vie dans des boulots inutiles, dépourvus de sens, voire vraiment néfastes. C’est ce que démontre l’anthropologue David GRAEBER.

  • On en parlait en 2025 Puisqu’on en parle Abonnés

    -

    Lire

    Dans la matinale du mercredi 1er octobre sur France Culture, Guillaume Erner consacrait son « humeur du matin » à l’incarnation cinématographique de Gisèle Halimi par Charlotte Gainsbourg, et aux questions que ce casting a pu soulever. Sur le moment, j’avais balayé d’un haussement d’épaules les inepties moralisantes de mon bavard quotidien.

    Découvrant ensuite ici même l’article récent de Daniel Mermet puis la dernière chronique de Gérard Mordillat, je suis retourné lire en ligne le billet d’Erner. Attentivement. Ce qui m’a convaincu qu’il fallait tout de même réagir. Ami lecteur, je t’invite à prendre connaissance de ce billet, vite lu, pour une lecture plus fluide de la présente chronique. Car c’est un courrier à l’auteur, adressé en vrai comme toujours. Il ne m’a pas répondu, d’ailleurs. Comme toujours.

    Cher Guillaume Erner,

    De Gisèle Halimi, vous dites dans votre humeur de mercredi dernier qu’«  elle ne s’est jamais exprimée sur la situation actuelle au Proche-Orient pour une raison simple : elle est morte avant. » Bon. Comment dire. Pour éclairer ce qui va suivre, je vous propose de commencer par lire ceci :

  • Chaque mardi, Olivier Besancenot raconte les chansons de notre histoire « La lega », le chant des travailleuses du riz italiennes Abonnés

    -

    Voir

    C’est le troisième tube des chants de lutte italiens, avec Bandiera rossa et Bella ciao. Tout comme le célébrissime chant des partisans italiens, La lega (« la ligue ») est née dans la plaine du Pô au début du XXe siècle. Chaque mois de mai, les rizières du nord de l’Italie voient affluer des milliers de jeunes travailleuses pauvres qui viennent des régions voisines pour désherber et repiquer les jeunes plants de riz. Autant pour se donner du courage que pour résister aux conditions de travail harassantes et exprimer leurs revendications, elles chantent. La lega est l’un de ces chants, que nous raconte Olivier Besancenot.

  • Rencontre avec l’archéologue britannique David Wengrow, qui publie une « nouvelle histoire de l’humanité » avec David Graeber Et si l’histoire de l’humanité n’était pas celle que vous croyiez ? Abonnés

    -

    Écouter

    Et si l’histoire de l’humanité n’était pas celle que vous croyiez ? C’est la promesse ambitieuse du dernier livre de David Graeber, Au commencement était… Une nouvelle histoire de l’humanité. Anthropologue et anarchiste britannique, David Graeber est connu aux États-Unis pour son engagement dans le mouvement Occupy Wall Street. En France, on se souvient de lui pour ses travaux sur l’histoire de la dette (Dette : 5 000 ans d’histoire), sur la bureaucratie (Bureaucratie, l’utopie des règles) et sur les boulots à la con (« bullshits jobs »). Avant de mourir d’une maladie en 2020, David Graeber avait eu le temps de terminer cette nouvelle histoire de l’humanité avec l’archéologue David Wengrow.

  • « Fils de pute », « enculé » Accès libre

    -

    Lire

    À sept reprises en moins de six minutes, en direct et en public, le 19 décembre 2025, le député d’extrême droite Charles Alloncle a répété « fils de pute », « enculé » dans le cadre de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public dont il est le rapporteur. Des termes rarement usités dans un cadre officiel qui lui ont valu des milliers de messages dans les réseaux d’extrême droite et dans tous les médias appartenant au milliardaire Vincent Bolloré.

  • Passons de bons moments en attendant la mort ! Un choix de sketches de Blanche Gardin Un joyeux Noël avec Blanche Gardin ! Accès libre

    -

    Voir

    Blanche Gardin est un obstacle à la croissance de la France. Innombrables sont en effet les salariés qui regardent ses sketches en secret sur leur écran pendant les heures de travail. Ils tombent par hasard sur un premier sketch et, à 67,4 % (selon Médiaprime Consulting), ils en cherchent un second puis un autre et ainsi de suite, ce qui affecte gravement le rendement et la compétitivité. Aussi, tel le cochon truffier du Périgord, nous avons recherché les meilleurs sketches de Blanche dans les broussailles du net et nous profitons de ce week-end pour vous proposer un choix que vous pourrez savourer sans que l’économie française en soit affectée.

  • Enquête de perception Abonnés

    -

    Lire

    Comme notre empêcheur de tourner en rond préféré, Olive, profite des fêtes pour la faire, la fête, et aussi pour se reposer un peu, on vous propose de vous replonger dans sa brillante analyse de l’utilisation des sondages à des fins idéologiques, et plus précisément d’un type de sondages en particulier : l’enquête de perception. Vous n’écouterez plus la radio de la même façon après ça.

    On connaît le penchant des instituts de sondage à s’arranger avec la réalité. On se souvient tous par exemple d’élections récentes où l’écart entre les intentions chiffrées en pourcentage et la réalité finalement sortie des urnes dépassait largement la marge d’erreur ordinaire – ne prenons pas la peine de rappeler dans quel sens. Disons simplement que les instituts de sondages sont des entreprises florissantes aux mains d’une élite patronale fort bien nantie et qu’on ne voit pas bien pourquoi ils se gêneraient. Mais avant de crier au traficotage des chiffres, on peut déjà s’interroger sur la méthode. Le panel, la forme des questions, leur place dans l’actualité : les variables propices à orienter une enquête vers le résultat voulu ne manquent pas. Parmi tous ces procédés, il en est un particulièrement pernicieux : l’enquête de perception. L’outil est redoutable et mérite qu’on l’observe de près. Quelques exemples.

Une sélection :

Les nouveaux négationnistes Accès libreVoir

Le

« Gaza brûle. » C’est avec ces deux mots très clairs que le ministre israélien de la Défense a qualifié mardi 16 septembre l’offensive terrestre menée par l’armée israélienne pour « prendre le contrôle » de la ville de Gaza.

Même les autorités françaises, pourtant diplomates, ont dénoncé « cette campagne destructrice, qui n’a plus de logique militaire ». Le jour même, une commission d’enquête internationale de l’ONU sur le territoire palestinien occupé « estime qu’Israël est responsable du génocide commis à Gaza ».

Pendant ce temps, en France, certains continuent à estimer qu’« Israël n’est pas responsable d’une famine à Gaza » (Bernard-Henri Lévy, 24 août 2025), que « la détestation d’Israël sur la base d’un mensonge médiatique invraisemblable, la fausse famine, le faux génocide, est à son comble » (Gilles-William Goldnadel, 14 septembre 2025) et même qu’« il n’y a AUCUN journaliste à Gaza. Uniquement des tueurs, des combattants ou des preneurs d’otages avec une carte de presse. » (Raphaël Enthoven, 15 août 2025). Gérard Mordillat revient aujourd’hui sur ceux qui s’évertuent à nier la réalité du massacre à Gaza, ces « nouveaux » négationnistes.

Tout un été Là-bas pour se refaire la cerise ! COMMENT LE FASCISME GAGNE LA FRANCE AbonnésÉcouter

Le

Nationaliser le bonheur commence par virer ces passions tristes qui nous bouffent comme des punaises de lit et rétrécissent la surface de la cage. Contre ça il faut des biscuits, il faut des provisions, il faut des armes. Là-bas si j’y suis vous en donne tout l’été, comme cette émission avec le sociologue Ugo Palheta à l’occasion de la nouvelle édition de son livre Comment le fascisme gagne la France. De Macron à Le Pen parue en mai aux éditions La Découverte.

On vise les affects et non la pensée Rima Hassan, sorcière terroriste AbonnésLire

Le

Fachos, droite et extrême droite, de Retailleau à Marion Maréchal en passant par les 94 sénateurs qui exigent la levée de son immunité parlementaire, une chasse délirante est ouverte contre la députée européenne Rima Hassan suite à son entretien avec Jean-Jacques Bourdin le 27 février.

Voilà le pourquoi et le comment d’un lynchage ordinaire.

Charmant dessin daté du 3 mars. Le virage réac du dessinateur Plantu ne date pas d’hier mais il a le mérite de montrer une droitisation générale de plus en plus déboutonnée. Si on suit Plantu, le « dessinateur citoyen », ces dernières années, on arrive à Gaza devenu le Auschwitz du Hamas avec LFI qui garde le camp ? (images trouvées par le site Contre Attaque)