Policier poursuivi pour insultes racistes au tribunal de Bobigny à partir d’une vidéo diffusée par Là-bas en avril 2020.

« UN BICOT COMME ÇA, ÇA NAGE PAS ! » Quand des flics se lâchent gaiement

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C’est une vidéo tournée par deux jeunes qui a révélé cette histoire.
Le 25 avril 2020 à 1h30 du matin, ils entendent des bruits devant chez eux à l’Île-Saint-Denis (93). Un fourgon de police, des flics, des cris. Depuis chez eux, ils filment la scène avec une petite vidéo et un enregistreur. Les flics se marrent bien, « Un bicot comme ça, ça nage pas ». Un autre rajoute « ha, ha, ça coule, tu aurais du lui attacher un boulet aux pieds ! ».

Ensuite, dans le fourgon on entend très clairement des coups et des cris.
Très choqués ensuite, les deux garçons ont l’idée de confier ce document au journaliste Taha Bouhafs qu’ils suivent sur Twitter et qui travaille pour Là-bas.
Nous diffusons alors ce document qui est repris et diffusé partout.

26 avril 2020 - L'Ile-Saint-Denis "Un bicot comme ça ça nage pas"
par Là-bas si j'y suis

Cette nuit-là, des policiers avaient interpellé à l’Île-Saint-Denis un homme soupçonné de vol de matériel sur un chantier et qui avait tenté de prendre la fuite en se jetant dans la Seine selon la version policière.

« Un bicot comme ça, ça nage pas ! »
par Là-bas si j'y suis

Plus tard Taha retrouve l’homme insulté et tabassé, c’est Samir, un égyptien de 28 ans

Ils m'ont frappé, j'étais comme un ballon de foot : le témoignage de Samir
par Là-bas si j'y suis

Une enquête pour injures à caractère raciste et violences par personne dépositaire de l’autorité publique avait été ouverte et confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN).

Le préfet de police de Paris avait demandé la suspension de deux policiers mis en cause, qui avaient reconnu être les auteurs des propos.

Aujourd’hui l’un des flics, qui fait partie des effectifs de nuit de la Direction territoriale de la sécurité publique des Hauts-de-Seine, comparaît devant le tribunal correctionnel de Bobigny.

Si les insultes à caractère raciste sont poursuivies, en revanche, le parquet de Bobigny a indiqué à l’AFP « ne pas exercer de poursuites en ce qui concerne la suspicion de violences policières, l’infraction ne paraissant pas suffisamment caractérisée ».

Étrange surdité du parquet, les bruits des coups et des cris ne laissent peu de place au doute, il suffit d’écouter la vidéo.

Les députés ont entamé mercredi l’examen en commission d’une proposition de loi LREM-Agir sur la « sécurité globale » dont certaines dispositions, comme la pénalisation de l’usage malveillant de l’image des forces de l’ordre, suscitent la controverse.

C’est vrai, ça, si on peut plus rigoler avec les bicots sans se faire filmer par des gauchistes !

D.M.

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Connaissez-vous Gerhard Haderer ? AbonnésLire

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On ne remerciera jamais assez le cancer et Jésus.

Oui, tout d’abord, merci au cancer. Car s’il n’avait pas eu un cancer en 1985, à 34 ans, Gerhard Haderer aurait eu la vie indigente d’un « créateur » publicitaire. Or, c’est lorsqu’il fut opéré (et guéri) qu’il a tout laissé tomber et s’est tourné à fond vers le genre de dessins que vous allez (re)découvrir, si puissants, si violents qu’ils se passent de tout commentaire, à part quelques gloussements, quelques éclats de rire et pas mal de silences dans le genre grinçant.

Ensuite, merci à Jésus. Et surtout à Monseigneur Christoph Schönborn, cardinal, archevêque de Vienne. En 2002, Gerhard Haderer publiait La Vie de Jésus, un surfeur drogué à l’encens, ce qui faisait un peu scandale dans la très catholique Autriche, si bien que le cardinal archevêque, hors de lui, crut bon de donner l’ordre à l’auteur de présenter ses excuses aux chrétiens pour avoir ridiculisé le fils de Dieu. Au passage, on le voit, l’Islam n’a pas le monopole du refus des caricatures, mais celles-ci eurent beaucoup moins d’écho chez nos défenseurs de la liberté d’expression. Et bien entendu, comme toujours, la censure assura le succès de l’album, qui atteignit 100 000 exemplaires en quelques jours.

Le capitalisme est comparable à une autruche qui avale tout, absolument tout. Mais là, quand même, il y pas mal de dessins de Gerhard Haderer qui lui restent, c’est sûr, en travers de la gorge. On peut rêver et c’est déjà beaucoup.