Chirac est mort, Rouen aussi. Un reportage de Gaylord Van Wymeersch

ROUEN, LUBRIZOL : « ON VEUT LA VÉRITÉ ! » Abonnés

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Le

(photo : Frédéric Veille/RTL)

La maison brûle et nous regardons Chirac.

Mais que voulez-vous, c’est la loi de l’audimat : la mort de Chirac s’est mieux vendue que les flammes noires de Rouen. L’énorme incendie de l’usine chimique Lubrizol à Rouen (classée Seveso) s’est déclaré jeudi 26 septembre à 2h40, quelques heures avant le décès de l’ancien président, mais c’est lui qui a eu la « une ». Toutes les « unes ». Toutes les mêmes « unes ». Les médias ont passé au micro-ondes les nécros prêtes au congélateur depuis des années, en rajoutant d’interminables flots d’hommages comme des tonnes de crème chantilly bien au-delà de la nausée.

Une autre nausée a saisi les habitants de Rouen et de la région. Nausée physique, vomissements, troubles divers à cause de la fumée d’abord, puis à cause de l’enfumage. Déclarations officielles et promesses de transparence n’ont pas rassuré ni convaincu des habitants en état de choc sous la suie noire et puante qui a tout recouvert, maisons, jardins, forêts, campagnes.

Un autre voile noir, un autre deuil, bien plus lourd, bien plus profond, bien plus révoltant pour notre devenir.

Daniel Mermet

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