Hommage. La Galice de Ramón Chao en six étapes jubilatoires [RADIO 1998]

RAMÓN CHAO, PRÉSENT !

Le

Cet article est en accès libre grâce aux abonnés modestes et géniaux, mais…

…sans publicité ni actionnaires, Là-bas si j’y suis est uniquement financé par les abonnements. Sans les abonnés, il ne nous serait pas possible de réaliser des émissions et des reportages de qualité. C’est le prix de notre indépendance  : rejoignez-nous  !

Je m'abonne J'offre un abonnement

Ramón Chao était un homme hors-série, plusieurs mondes à lui tout seul. En 1998, avec l’ami Giv Anquetil, il nous a fait découvrir sa terre d’origine, la Galice, entre le Cap Finisterre, la fin du monde connu, et Compostelle et son fameux « Lavacolla »… En hommage, nous invitons vos oreilles à déguster cette balade jubilatoire en six étapes imprévues entre réalisme et magie, dans cette « société matriarcale et bovine » :

(dessin : Woźniak)

Salut Ramón !

Une journaliste de notre équipe affirmait que Ramón Chao était le seul de toute l’histoire de l’humanité à prononcer le mot « rebelle » d’une façon qui vous donnait immédiatement envie de rejoindre la guérilla.

On dit généralement beaucoup de mal de la mort, mais je pense qu’il est temps de revoir ce jugement. Sans elle, nous n’aurions pas mesuré quel bonhomme formidable fut Ramón Chao et quel héritage fertile il laisse pour tous.

Longtemps nous avons fréquenté la même machine à café. Ramón était notre voisin à la Maison de la Radio, nous à France Inter, lui à Radio France Internationale. Dès qu’il entrait dans le bureau, précédé par cette voix unique qu’il avait, c’était toujours un moment de jubilation. À quel propos ? À propos de la belle Otero, de la moto de Che Guevara, des sonates de Schubert, à propos de Luis Buñuel ou de Georges Brassens, à propos d’Aracataca, à propos de son génial fils Antoine et sa radio éphémère, à propos de son génial fils Manu et sa tournée mondiale, à propos des vaches en Galice qui dorment avec les gens. Ramón Chao était un monde hors-série.

Tout ça, c’était au fil des jours et des années, mais soudain, la mort a fait ressurgir tout ça à la fois, comme un bouquet. Pas une couronne mortuaire, au contraire un bouquet d’énergie, d’érudition, de lutte, de rumba et de fraternité. Si bien que la tristesse se demande ce qu’elle fait là. Elle se sent inutile avec ses bras moches qui n’enlacent plus personne et qui ne bougent même plus pour lever le poing.

Car voilà que d’autres images arrivent : Ramón et son étoile rouge, tatouée sur l’épaule, barrée d’une main noire, la mano negra ; Ramón qui évoque Guernica et le pays basque de sa femme, Feliza ; Ramón qui part de Paris en Vespa jusqu’à Compostelle pour en finir avec le mythe de Saint-Jacques ; Ramón et son vieux frère Ignacio Ramonet qui montent des impostures aux officiels repus… Ramón qui s’endort tranquillement juste au moment où le concert de Manu démarre dans une sono d’enfer ; Ramón à Cuba avec son copain Woźniak ; Ramón en train d’écrire Un train de glace et de feu, qui raconte le voyage improbable de la Mano Negra en Colombie, et où, à chaque représentation, il devait se déguiser en ours…

Et puis la Galice, avant tout la Galice ! Nous y voilà. En septembre 1998, avec l’ami Giv Anquetil, Ramón nous a fait découvrir la Galice : deux semaines de reportages jubilatoires, que nous vous proposons de réécouter. Prenez votre temps, attendez un moment tranquille pour savourer ça. Pour Ramón, le réalisme magique était né en Galice. « Réalisme magique », deux mots qui le résument. Mais d’abord : « rebelle » !

Salut Ramón.

Daniel Mermet

Manu, Antoine et Ramón Chao à la Fête de l’Huma

1ère étape : le cap Finisterre

Cap Finisterre. Brouillard et corne de brume. On commence là où finit la terre, la fin du monde connu. Courants terribles et naufrages, voici la côte de la mort. À la tombée du jour, les pèlerins viennent ici brûler leurs vêtements et leurs chaussures :

[RADIO] Le phare du cap Finisterre [1er octobre 1998]

Un reportage de Daniel Mermet, Ramón Chao et Giv Anquetil diffusé pour la première fois sur France Inter le 1er octobre 1998.

2ème étape : A Pobra do Caramiñal

A Pobra do Caramiñal. Mieux vaut marcher à côté de votre cercueil que d’être dedans. Chaque année, grande procession d’action de grâce. Ceux qui ont survécu promènent un cercueil vide (encore vide) entre pétard et fanfare :

[RADIO] Mieux vaut marcher derrière son cercueil qu’être dedans [30 septembre 1998]

Un reportage de Daniel Mermet, Ramón Chao et Giv Anquetil diffusé pour la première fois sur France Inter le 30 septembre 1998.

3ème étape : le billet de loterie

Juan le balayeur achète un billet de loterie, mais voilà qu’il meurt le lendemain en pleine rue. Consternation. Mais le billet qui était dans sa poche ? Il a disparu ! Une enquête haletante :

[RADIO] Le billet de loterie [30 septembre 1998]

Un reportage de Daniel Mermet, Ramón Chao et Giv Anquetil diffusé pour la première fois sur France Inter le 30 septembre 1998.

4ème étape : la belle Otero

« Ruine-moi mais ne me quitte pas ! » La belle Otero rendait les hommes cinglés, on ne sait plus combien se sont suicidés pour ses beaux yeux d’Andalouse. Et non, pas Andalouse, mais Galicienne ! Mais quelle importance, disaient les princes énamourés devant celle qui pouvait faire l’amour sans souci avec cinq ou six hommes à la fois : « on dit qu’elle est galicienne ? Non, elle est divine » :

Un reportage de Daniel Mermet, Ramón Chao et Giv Anquetil diffusé pour la première fois sur France Inter le 6 octobre 1998.

5ème étape : l’auberge Fogar Do Santiso

Les « critères de convergence » imposés par l’Union européenne ont entraîné l’acculturation irréversible des vieux pays d’Europe. Ainsi, les vaches de Galice, vaches sacrées pour les habitants, ont été abattues sur ordre de Bruxelles. Avec Rocio Santa Cruz et Ramón au sujet d’« une société matriarcale et bovine » :

[RADIO] À l’auberge Fogar Do Santiso [1er octobre 1998]

Un reportage de Daniel Mermet, Ramón Chao et Giv Anquetil diffusé pour la première fois sur France Inter le 1er octobre 1998.

Giovanni Antonio Bazzi, dit « Il Sodoma », Saint Jacques Matamore, chapelle des Espagnols, église San Spirito, Sienne

6ème étape : Compostelle

Priscillien de Compostelle. Tous les chemins mènent à Saint-Jacques-de-Compostelle. Mais il y a une controverse. Les reliques de Santiago seraient en réalité celles de Priscillien, un hérétique qui fut décapité. Ramón Chao en a fait un livre sans oublier, en arrivant avant d’entrer dans Compostelle, de passer par le lava colla, le lave-couilles :

[RADIO] Priscillien de Compostelle [7 octobre 1998]

Un reportage de Daniel Mermet, Ramón Chao et Giv Anquetil diffusé pour la première fois sur France Inter le 7 octobre 1998.

Sandrine Morel, correspondante du Monde à Madrid, a retracé le parcours de Ramón dans un article paru le 23 mai :

Le Monde : Mort du journaliste et écrivain espagnol Ramón Chao

Amoureux de la musique, le père de Manu Chao avait commencé sa carrière comme critique musical.

L’écrivain, essayiste et journaliste espagnol Ramón Chao est mort, dimanche 20 mai à Barcelone, à l’âge de 82 ans. Ex-critique littéraire pour Le Monde et rédacteur en chef pour l’Amérique latine à Radio France internationale (RFI), Ramón Chao a passé la plus grande partie de sa vie à Paris.

Né 21 juillet 1935 à Vilalba, dans la province de Lugo, en Galice, où son père était revenu s’installer après avoir émigré et vécu plusieurs années à Cuba, Ramón Chao était le benjamin d’une famille de six enfants. Avant de se prendre de passion pour le journalisme, c’est son amour de la musique qui marque sa jeunesse. À 11 ans, ce jeune virtuose du piano part à Madrid étudier la musique grâce à une bourse provinciale.

Dix ans plus tard, son talent lui permet de poursuivre sa formation à Paris grâce à une bourse du Commissariat d’éducation populaire du gouvernement espagnol. C’est là que naîtront ses deux fils, auxquels il transmet son amour de la musique, le chanteur Manu Chao et le reporter Antoine Chao, tous deux fondateurs du célèbre groupe de rock alternatif Mano Negra.

Lui se tourne rapidement vers le journalisme, tout en gardant les tics du musicien. « Ce qui est le plus important pour moi, c’est la musique. J’étais pianiste, expliquait-il sur RFI en 2002. Et la musique, la composition est restée ancrée et j’écris, un article ou un roman, avec les chemins musicaux de la sonate ou de la fugue… »

Interviews de Borges, Neruda…

En 1960, Ramón Chao devient ainsi d’abord critique musical pour l’Office de radiodiffusion télévision française (ORTF). Il dirige des émissions en galicien – langue alors interdite par la dictature –, jusqu’à la suppression des programmes en galicien, catalan et basque. En 1968, il est nommé directeur du service des langues ibériques de Radio France et commence à écrire pour l’hebdomadaire espagnol Triunfo, référence intellectuelle et culturelle de la gauche espagnole sous le franquisme, souvent censurée par la dictature. Fidèle à sa terre natale, il écrivait aussi pour le quotidien régional La Voz de Galicia.

Pour RFI, il a interviewé quelques-unes des plus grandes personnalités culturelles latino-américaines et espagnoles, de Jorge Luis Borges à Pablo Neruda, en passant par Carlos Saura et Julio Cortazar, parfois avec le journaliste Ignacio Ramonet, ancien directeur du Monde diplomatique, dont il était proche.

Nommé chevalier des Arts et des Lettres en 1991, il a publié durant sa longue carrière une vingtaine d’essais et des romans sur des thèmes variés, de son premier, sur Georges Brassens (1973), à son dernier sur Cuba (Flammarion, 2008), en passant par le récit d’une tournée de Mano Negra en Colombie, Un train de glace et de feu (Actes Sud, « Babel », 1999), ou un roman sur l’exil de milliers de républicains espagnols vers le Chili, L’Odyssée du Winnipeg (Buchet-Chastel, 2010).

Sandrine Morel, Le Monde, 23 mai 2018
Ramón Chao en quelques dates

21 juillet 1935 Naissance à Vilalba (Galice)

1960 Critique musical à l’ORTF

1968 Directeur du service des langues ibériques de Radio France

1991 Nommé chevalier des arts et des lettres (puis officier en 2004)

1999 Un train de glace et de feu (Actes Sud)

2010 L’Odyssée du Winnipeg (Buchet-Chastel)

20 mai 2018 Mort à Barcelone

reportages : Daniel Mermet, Ramón Chao et Giv Anquetil
réalisation : Bruno Carpentier

L'équipe de Là-bas attend vos messages sur le répondeur au 01 85 08 37 37 !

Voir aussi

Ramón Chao, L’Odyssée du Winnipeg, Buchet/Chastel, 2010

Ramón Chao et Ignaciao Ramonet, Guide du Paris rebelle, Plon, 2008

Ramón Chao, Ignacio Ramonet et Jacek Woźniak, Abécédaire partiel et partial de la mondialisation, Plon, 2004

Ramón Chao, Un train de glace et de feu. La Mano Negra en Colombie, Actes Sud, 1999 (rééd. Plon, 2001)

Ramón Chao, Le Lac de Côme, Balland, 1986 (rééd. Terres de Brume, 1993)

Ramón Chao, « L’idée de frontières et de nations me paraît absurde », un entretien avec Jorge Luis Borges, Le Monde diplomatique, août 2001

Sur notre site

Dans les livres

  • La passion de Caroline Otero

    Elle était galicienne, comme lui. Elle avait le goût des chemins de traverse, comme lui. Est-ce cette double proximité qui a conduit Ramón Chao à écrire la vie rêvée d’Agustina Del Carmen Otero Iglesias, alias Caroline Otero, connue sous le surnom de La belle Otero. Née dans une famille misérable de Galice, celle qui fut violée à 11 ans, prostituée à 13 ans, danseuse de rue, deviendra une des femmes les plus courtisées de la Belle Époque. Et la plus scandaleuse. Elle était haïe des bourgeois par son amour pour les femmes et de l’usage du sexe comme mode d’appartenance au monde. Ce livre, épopée au pays du vice, est une invitation à la découverte d’une femme libre et intransigeante qui se situait toujours au-delà du bien et du… Lire la suite
  • Priscillien de Compostelle

    Ce n’est ni un guide de voyage, ni une enquête policière mais le témoignage d’une rencontre inattendue de Ramón Chao, journaliste au Monde Diplo avec Priscillien, évêque espagnol du IVe siècle, le premier chrétien condamné à mort pour hérésie et exécuté par l’église catholique romaine. En enfourchant son scooter pour aller de Paris à Saint Jacques de Compostelle, notre ami (décédé en mai dernier), n’aurait pas imaginé croiser une telle destinée. L’occasion pour lui d’entamer une traversée initiatique et onirique se déroulant sur deux plans, la vie du martyr d’une part et sa vie personnelle d’autre part où il évoque sa relation à son père et à ses deux enfants, Antoine et Manu Chao.

C'est vous qui le dites…Vos messages choisis par l'équipe

Les bouquins de LÀ-BASLire délivre

  • Voir

    La bibliothèque de LÀ-BAS. Des perles, des classiques, des découvertes, des outils, des bombes, des raretés, des bouquins soigneusement choisis par l’équipe. Lire délivre...

    Vos avis et conseils sont bienvenus !

Dernières publis

  • Depuis l’annonce du plan social, trois salariés de General Electric sont décédés Abonnés

    -

    Lire

    Depuis l’annonce du plan de licenciement de General Electric le 28 mai dernier, qui prévoit 1 055 suppressions d’emploi à Belfort, trois salariés sont décédés, deux par infarctus et un autre d’un accident vasculaire cérébral. Les CSSCT (Commissions santé, sécurité et conditions de travail) de General Electric ont déposé ce vendredi 19 juillet un avis destiné à l’employeur « sur la constatation d’une situation de danger grave et imminent », que Là-bas si j’y suis a pu consulter.

    Trois salariés morts en trois semaines consécutives. C’est le chiffre terrible que l’on découvre sur cet « avis de danger grave et imminent » transmis ce matin à la direction de General Electric : deux ouvriers, de 48 et 58 ans, et un ingénieur de 51 ans. Ces décès, tous trois survenus dans le cadre privé, en dehors du lieu de travail, ont-ils un lien avec la situation sociale délétère provoquée par l’annonce du plan social ? C’est la question que se posent légitimement les syndicats de General Electric.

    Comme l’indique l’avis que nous avons pu consulter, les médecins de l’entreprise s’inquiétaient dès octobre 2017 par courrier de « l’état préoccupant des salariés en matière de Risques Psychosociaux ». Le rapport rédigé à la suite de ces alertes en novembre 2018 indiquait en page 63 que la question de la « sécurité de l’emploi », du « sentiment d’insécurité socioéconomique » et de l’« avenir » était « un facteur de tension important, et fortement anxiogène ».

  • À quoi servent les statistiques ethniques aux États-Unis ? Abonnés

    -

    Écouter

    C’est l’année prochaine, en 2020, qu’aura lieu le prochain recensement aux États-Unis. Beaucoup plus important qu’en France, le recensement de la population des États-Unis est inscrit dans la Constitution et doit avoir lieu tous les dix ans. La population est obligée d’y participer, car c’est ce recensement qui va déterminer la répartition des différents budgets pour la décennie à venir.

  • Les Sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural soumises aux lois du marché Comment les Safer font des affaires Abonnés

    -

    Écouter

    Les Safer, ce sont les Sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural. Inventés en 1960 afin « de régler, d’orienter, d’organiser, de tempérer » la cession des terres agricoles – selon les mots du ministre de l’Agriculture du général de Gaulle, Edgard Pisani –, ces organismes censés réguler le marché du foncier agricole ont vu leur financement étatique définitivement supprimé en 2017. Depuis, financées par le produit de la vente des terres, les Safer font l’inverse de ce qu’elles étaient censées faire : les prix des terres s’envolent. L’inflation intéresse les investisseurs extérieurs au monde agricole, et la spéculation menace l’installation de nouvelles exploitations. La journaliste Lucile Leclair nous raconte comment ces Safer, hier puissant instrument de régulation du marché foncier agricole, aujourd’hui font des affaires.

  • Un appel de Daniel Mermet NON À LA VIOLENCE ! Accès libre

    -

    Lire

    14 JUILLET 2019 : toute la France se faisait une joie d’aller BRUNCHER (à partir de 95 euros seulement) au FOUQUET’S, qui rouvrait aujourd’hui après quatre mois de fermeture suite aux manifestations du 16 mars. Mais hélas, des « gilets jaunes » et autres casseurs sont venus perturber notre grande fête nationale. Aussi nous le répétons encore : NON A LA VIOLENCE !

  • Le tourisme de masse, c’est dégueulasse ! Abonnés

    -

    Écouter

    Le tourisme, c’est très sympa. Ça permet de découvrir des œuvres d’art, de visiter des monuments historiques, de se plonger dans la culture d’un pays. Ça apporte aussi beaucoup de richesses aux régions visitées, puisque le touriste consomme, et donc le touriste crée de la croissance, et donc le touriste crée de l’emploi. Oui, sauf quand le touriste n’est pas le seul à avoir eu l’idée géniale de visiter cet endroit unique au monde. Et le tourisme, ça devient beaucoup moins sympa quand il y a trop de monde : attirés à grand renfort de campagnes publicitaires, les touristes finissent par détruire ce qu’ils étaient venus admirer. Exemple avec l’inscription à la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, un « label » décerné par l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture. Une consécration ou un cadeau empoisonné ?

  • Chacun a en soi un bourgeois qui sommeille François Bégaudeau : « Je rêverais qu’une assemblée populaire administre France Inter » Abonnés

    -

    Voir

    Je suis un bourgeois et j’en suis fier. Personne ne dit une chose pareille. Le bourgeois, c’est l’autre, le bobo, le faux-cul, le gras du bide. Et encore, ça se dit plus, bourgeois, c’est désuet. Depuis longtemps, le bourgeois a appris à se déguiser. Une casquette de pêcheur, une veste de paysan, un blue jean comme les ouvriers. Il a entonné des discours indignés et révoltés contre le mal, contre le fascisme et contre les cons. C’est un libertaire, le bourgeois. Contre l’impôt, contre le voile, contre les flux migratoires incontrôlés. Il proclame la révolution. C’est le titre du livre d’Emmanuel Macron, RÉVOLUTION. Il est progressiste aussi. Le mouvement qui soutient Macron se proclame « progressiste ».

  • Reportage aux urgences de Chinon Colère dans le cathéter Abonnés

    -

    Écouter

    Les urgences hospitalières sont en grève depuis la mi-mars : un mouvement de grande ampleur lancé hors syndicats par le collectif L’Inter-Urgences, constitué notamment de jeunes professionnels du milieu hospitalier. Plus de 150 établissements sont mobilisés à travers la France. 10 000 nouvelles embauches, un salaire mensuel revalorisé de 300 euros : ce sont les principales revendications des urgentistes en grève. Notre reporter Dillah Teibi a passé quelques jours dans le service des urgences de l’hôpital de Chinon.

  • Le chômage, la faute aux allocations ? Abonnés

    -

    Voir

    D’après la société de sondage Elabe et Les Échos, les Français trouveraient que le système d’indemnisation des chômeurs constitue la première raison du haut niveau de chômage en France (pour 42 % d’entre eux). Problème : ce chiffre est faux et résulte d’une pure construction (idéologique).

  • Coupe du monde 2019. Un article de David Garcia La femme, avenir du foot business ? Abonnés

    -

    Lire

    On n’est pas en finale ! Éliminées en quart de finale par les États-Unis, les Bleues ne disputeront pas la finale de la Coupe du monde de football qui se jouera à Lyon dimanche 07 juillet. Jusqu’à sa défaite, l’équipe de France féminine a suscité un engouement inédit dans le pays, qui accueillait la compétition pour la première fois de son histoire. Une grande avancée pour le féminisme ? Surtout, un nouveau marché juteux pour le foot business.

    « La femme est l’avenir du football ». Prononcée en 1995 par Joseph Blatter, le président de la fédération internationale du ballon rond (Fifa), cette sentence éculée passerait presque aujourd’hui pour un oracle, tant le mondial qui s’achève a crevé les écrans… et rempli les tiroirs-caisses.

    Le quart de finale de coupe du monde féminine France–États-Unis, vendredi dernier, a été suivi par 10,7 millions de téléspectateurs. Soit 51 % de part de marché et la meilleure audience de l’année 2019 pour la chaîne privée ! Euphorie à tous les étages de la tour TF1, diffuseur de la compétition. Grâce à des tarifs publicitaires relevés au fil de la compétition et des victoires des Bleues, la chaîne devrait empocher 13 millions d’euros. Opportuniste, la chaîne de Bouygues ? « TF1 a fait un pari en achetant les droits et en prévoyant de diffuser les matchs en prime time. Même si la chaîne n’a pas payé un prix excessif », salue Philippe Nouchi, expert médias tout terrain chez Publicis.

  • Val-de-Reuil : un commissariat attaqué par des hordes d’islamistes ? LE FIGARO ENTEND « ALLAH AKBAR » PARTOUT ! Abonnés

    -

    Lire

    Le Figaro publie le vendredi 29 juin un scoop EXCLUSIF : « un commissariat de l’Eure attaqué par des jeunes aux cris d’“Allah Akbar” ». Le grand quotidien du groupe Dassault nous apprend que des hordes de jeunes islamistes cagoulés ont attaqué des fonctionnaires de police dans une zone perdue de la République ! Quelques heures plus tard, on découvrait le pot aux roses : le scoop était en fait une fausse information.

Une sélection :

Avec Gérard Filoche Et maintenant, l’assurance chômage ! AbonnésVoir

Le

Mercredi 20 février, les négociations sur l’assurance chômage ont été rompues, sans que les représentants de salariés et de patrons ne trouvent d’accord, ouvrant la voie à la reprise en main par l’État. C’est le genre d’infos qu’on voit passer rapidement, dont on entend vaguement parler à la radio, mais qu’on laisse filer, comme ça, sans y attacher plus d’importance, tant la question est vidée de son contenu politique par certains journalistes. Et pourtant : qui gère les 35 milliards d’euros de l’assurance chômage ? Qui décide de la façon dont sont indemnisés les chômeurs ? Pourquoi les négociations ont échoué, et qui y avait intérêt ? Voilà quelques questions simples que les médias dominants oublient de poser ! Heureusement, Gérard Filoche est là pour y répondre.

Émission spéciale de Gaylord Van Wymeersch avec l’historienne MAUD CHIRIO BRÉSIL : PERSONNE NE POURRA DIRE QU’IL NE SAVAIT PAS AbonnésVoir

Le

« PERSONNE NE POURRA DIRE CETTE FOIS QU’IL NE SAVAIT PAS. » La voix du film de Chris Marker sur le Brésil, en 1969, en pleine dictature militaire, résonne terriblement aujourd’hui. Alors qu’Emmanuel Macron approuve au Venezuela un coup d’État militairement soutenu par son ami Donald J. Trump, il salue au Brésil l’arrivée au pouvoir d’une extrême droite qui reprend et restaure la dictature que dénonçait Chris Marker. Autoritaire, sexiste, homophobe, niant le réchauffement climatique, et surtout et avant tout « ultra-libéral », JAIR BOLSONARO a été élu le 28 octobre dernier à 55,13 %.

Troisième et dernier épisode : réquisitions et jugement ! GRAND PROCÈS DE MACRON : LE VERDICT ! AbonnésVoir

Le

Et voici les vidéos tant attendues du grand procès public d’Emmanuel Macron. Avec le procureur Frédéric Lordon, le juge Daniel Mermet, les avocats de la défense Christophe Clerc et Jean-Marc Daniel et des témoins prestigieux, comme François Ruffin, Juan Branco, Mathilde Larrère, Didier Porte, Aurélie Trouvé, Marion Esnault, Arié Alimi, Taha Bouhafs… Macron sera-i-il condamné ?