Un peu de soleil dans l’eau froide

Quand la "racaille" prend la Bastille

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© Fanny Layani

De Barbès à la Bastille, l’itinéraire disait clairement l’intention. Du vieux quartier populaire arabe et africain de Barbès jusqu’à la Bastille de toutes les peaux de chiens révolutionnaires, il faut relier lutte raciale et lutte sociale. La Marche pour la Dignité a superbement réussi. Pourtant c’était pas facile de surmonter la relégation et l’humiliation si longtemps encaissées sans se tromper d’ennemi, pas facile de déjouer les divisions, les manipulations, les guerres des petits chefs et des militants cabotins.

Pas évident non plus de supporter les accusations d’ antisémitisme ou de racisme contre « les blancs » ou de répondre aux assimilations avec Soral et autres Dieudonné. Pas facile de faire face à la confusion ambiante. Et c’est pas de la tarte de résister aux récupérateurs déjà en embuscade, comme on l’a vu dans le passé avec « Touche pas à mon pote ». Mais ces écueils sont le risque de toutes celles et ceux qui bougent et qui bousculent, toutes celles et ceux qui un jour "n’en peuvent plus" et qui se mettent en marche pour en pouvoir encore.

Suite aux attentats de janvier dernier, on s’est gravement interrogé sur l’absence des "gens des quartiers" dans le grand rassemblement du 11 janvier à Paris. Les experts ont attribué cette absence à la démobilisation et à la dépolitisation. Cette Marche de la Dignité vient de prouver exactement le contraire. C’est toujours dans ces rues, sur ces pavés – ou avec ces pavés – que notre Histoire s’écrit. Mais cette fois, la révolte a pris des couleurs. Des femmes passent poings levés : « Femmes prolétaires des quartiers populaires, soyons fières ! »

Là-bas
(mis à jour le mardi 3 novembre)

Quand la racaille prend la Bastille
Reportage radio : Anaëlle VERZAUX
Réalisation radio : Jérôme CHELIUS

Photos : Fanny LAYANI

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Portfolio

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Programmation musicale :
- Banlieusards, par Kery JAMES
- Zyed et Bouna, par Kery JAMES

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A voir : "Zyed et Bouna", le nouveau morceau en préparation (28/10/2015) de Kery JAMES

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Frédéric LORDON publie« Figures du communisme » aux éditions La Fabrique. Un entretien en deux parties Frédéric Lordon, le capitalisme nous détruit, détruisons le capitalisme (1/2) AbonnésVoir

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Il est remonté Lordon, et son bouquin vous remonte, un vrai coup de printemps dans cette odeur de renfermé et de renoncement flageolant. Angoisse, précarité, inégalités, réchauffement, asphyxie et maintenant pandémie. Ça fait beaucoup et c’est clair, le capitalisme détruit nos vies. On peut essayer de lui limer les griffes, lui mettre du caoutchouc sur les crocs, lui apprendre à manger de la salade, lui faire des petits bisous, il s’en fout. On en voit à gauche tout penauds, qui négocient comme au temps de l’esclavage on aurait négocié la longueur de la chaîne et le poids des boulets. Il faut choisir : ou bien on dit « un autre capitalisme est possible » et on le réforme et on le corrige et on lui trouve des chouettes idées et on le renforce. Ou bien on comprend qu’il nous mène au désastre général et qu’il faut tout changer. Tout en profitant de la période qui finit, celle du développement matériel, à nous d’inventer enfin l’histoire du développement humain. Voilà qui vous remet de l’air dans les bronches !

« On lâche rien », c’est eux qui chantent ça, les larbins du capitalisme, tous en chœur dans leurs Covid parties, on lâche rien sauf les chiens, sauf les chars. Les chars, oui. Lordon rappelle 1973 à Santiago du Chili, quand un vrai socialisme était là pour de vrai. On peut rappeler la Semaine sanglante, on peut rappeler ceux qui ont préféré Hitler au Front populaire, on peut évoquer les véhicules blindés qui furent envoyés par Macron contre les « gilets jaunes », et aujourd’hui la spéculation sur les vaccins qui va laisser pourrir des milliers d’êtres dans le monde. Et bien sûr, un capitalisme propre sur lui, bien déguisé en démocratie comme le loup qui se déguise en gentille grand-mère. Des élections, ah oui, très bien, à condition que les blancs bonnets remplacent les bonnets blancs, et le contraire aussi dans un affrontement passionnant. Mais pas davantage. Sinon revoyez les aventures de la Grèce en 2015. Tout le bouquin de Lordon peut se résumer à la phrase de Bertolt Brecht : « le fascisme n’est pas le contraire de la démocratie, il est son évolution par temps de crise ».

Émission spéciale « Doléances et Résistances » en public HAYANGE, CEUX QUI FONT FACE AU FRONT [INTÉGRALE RADIO] AbonnésÉcouter

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C’est curieux, le maire d’Hayange n’a pas aimé notre affiche, il l’a fait arracher et même il l’a fait repeindre en bleu ! Lui qui aime tant le cochon, lui qui fait la Fête du cochon. Hayange est l’une des onze nouvelles villes conquise par le Front National lors des municipales de 2014. Ancien militant de Lutte Ouvrière et de la CGT,le jeune maire d’Hayange est devenu célèbre en se convertissant subitement à l’extrême-droite. Il est aussi très malin pour lancer des petites ou des grosses provocations qui font le beurre et le bonheur des médias qui viennent du monde entier dans cette ville de Moselle frappée par les politiques néo-libérales.