Reportages : En France comme dans le monde, avec le virus, les prisons sont des machines à tuer [PODCAST 15’50 et VIDÉO 7’57]

PRISONS, VERS LA MUTINERIE GÉNÉRALE ?

Le

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« À trois pour deux lits dans neuf mètres carrés »

Depuis plus d’un mois, la panique a gagné les prisons et partout la révolte gronde. Le pouvoir redoute une mutinerie générale.
On connait les conditions « inhumaines et dégradantes » des prisons françaises, dix-sept fois condamnées par la Cour Européenne des Droits de l’Homme, ainsi que par l’ONU.

Le danger mortel du virus augmente encore cette inhumanité.
La suppression des parloirs le 17 mars et l’absence de protéction pour les détenus comme pour les gardiens, a entraîné de violentes mutineries, comme à Uzerche le 22 mars, où des témoins ont parlé de « scène de guerre » au cours d’une nuit d’émeutes où deux bâtiments ont été détruits, et des détenus intoxiqués, ou comme à Grasse, où les surveillants ont tiré des coups de feu à balles réelles.

Au total, on compte une cinquantaine de mutineries depuis un mois. Le pouvoir redoute une mutinerie qui serait déclenchée partout au même instant grâce aux réseaux sociaux, ce que les forces de l’ordre seraient incapable de maîtriser simultanément.

Déjà en mars, à travers l’Italie, émeutes et mutineries ont fait officiellement douze morts, suivis d’évasions en masse.

Aux États-Unis, avec 2,2 millions de détenus, les prisons qui sont les plus peuplées au monde, constituent de redoutables incubateurs pour le virus. Des milliers de détenus ont été brusquement libérés, beaucoup se retrouvant dehors, entièrement démunis et hébétés, dans un pays à l’arrêt. Cette situation concerne les 11 millions de détenus au total à travers le monde. Et l’on ne parle pas ici des conditions dans les prisons en Chine, en Russie ou en Inde ou ailleurs.

En France c’est près de 10 000 détenus (9 923) qui ont été libérés depuis le 16 mars. Le peu gauchiste Jacques Toubon, Défenseur des Droits, tout comme Adeline Hazan, contrôleuse générale des lieux de privation des libertés, demandent des libérations en nombre beaucoup plus important pour limiter la contagion. Les avocats de la Conférence des Avocats du Barreau de Paris dénoncent « une prison machine à tuer » et demandent « la libération massive des détenus ».

Mais à quoi ressemble la vie - ou la survie - à l’intérieur ?

- Reportage à la sortie de la prison de Fresnes [PODCAST 15’50]

Said, 23 ans.

Saïd, à la sortie de Fresnes

« On est trois dans neuf mètres carrés »

"On était trois dans 9m2"

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Entretien avec un détenu incarcéré à Villepinte
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