Paris n’est pas que la ville du luxe et de l’amour. Dans le dixième arrondissement, la vie de château, c’est la vie de Château-d’eau, la station de métro au milieu des dizaines de salons de coiffures afro qui vous proposent tresses, nattes, perruques, manucure et beauté en tous genres. C’est ce que des dizaines de rabatteurs vous conseillent en vous guidant jusqu’à l’un de ces salons, sauf au 65 boulevard de Strasbourg, l’institut Sabadou et Jade qui est fermé pour cause de grève depuis le 3 mars 2026.
Fermé mais occupé jour et nuit par les treize grévistes dont neuf sans-papiers et quatre qui ont des titres de séjour en règle.
Neuf femmes, quatre hommes qui s’y relaient jour et nuit pour éviter que le patron ne change les serrures, c’est leur seul moyen de pression.
Soutenue par la CGT, encouragée par des reportages et des soutiens, leur lutte a une histoire. En 2014, la « grève du 57 » avait tenu presque dix mois (retrouvez notre reportage de l’époque ici). Le patron avait alors été condamné pour « TRAITE D’ÊTRES HUMAINS », ce qui est leur but à nouveau aujourd’hui.
Venues de la Creuse ou de Bamako, des générations de migrants ont dû baisser la tête devant les maîtres et leurs chiens de garde. L’humiliation demeure et souvent se transmet en silence. Mais pas toujours, mais pas cette fois, au bout des combats il y a des lois, il y a des syndicats, il y a des armes, il y a des nuques qui ne plient pas. Ils bossent ici, ils vivent ici, ils restent ici !
À la veille du Premier mai, n’oublions pas, le seul fait de résister est une victoire.
Le lien vers la caisse de grève : www.helloasso.com/associations/union-syndicale-cgt-du-commerce-et-des-services-de-paris/formulaires/3

