LÀ-BAS Hebdo n°10, première partie

Monique, du courage pour chaque jour Abonnés

Le , par L’équipe de Là-bas

(photo : La Voix du Nord)

LÀ-BAS Hebdo n°10, première partie.
Bientôt ils seront en haut de l’affiche, au festival d’Avignon, sur toutes les radios, à la télévision, y’a pas de raison ! « Les gueules cassées montent sur les planches » : le présentateur les présentera comme ça, les "gueules cassées", les "cas sociaux" de Sallaumines. Et sur une carte de France, on montrera Sallaumines, dans le Pas-de-Calais, l’ancien pays minier dévasté, en friche, abandonné, sans avenir.
Et là on entendra un éclat de rire. Un éclat de rire de Maurice, d’Annick, de Martine, de Marie-France, de Louise, de Françoise, de l’un des comédiens, de l’une des artistes. Et le journaliste leur fera raconter leur histoire : « On était des ombres, des cas sociaux, des gens que les autres ne regardent pas. Alors on s’est fait voir, on a raconté notre propre histoire, on est monté sur les planches. » Et le présentateur racontera comment ces gens-là, adultes handicapés, allocataires du minimum vieillesse, ont joué la vie malgré tout. Une formidable envie de vie. Y’a pas de raison !
Un reportage d’Anaëlle VERZAUX.

Monique, du courage pour... (extrait)

Montrer aux uns comment vivent les autres, c’est le rôle des médias, le boulot des journalistes. Écouter les inaudibles, comment ils résistent, comment ils existent, mettre en lumière ceux qui disent « nous étions des ombres ». Et peut-être, alors, le résultat des élections départementales dimanche serait différent. Parce que des années de mépris, d’oubli, d’humiliation finissent par peser. Dimanche dernier à Sallaumines, le Front National a obtenu 41,87% des voix, le Front de gauche 27,64%, avec 54% d’abstention. Cela aurait peut-être été différent. Y’a pas de raison.

Parmi les rires qu’on entendra dans cette émission, qui – n’en doutons pas – un beau jour existera, il y aura celui de Monique, qu’on avait rencontrée en juin dernier à la Maison de la Citoyenneté de Sallaumines. Monique, une formidable envie de vie, Monique, du courage pour chaque jour.


Partie 1ère : vos messages sur le répondeur

Quelques messages parmi ceux que vous avez laissés sur le répondeur de Là-bas si j’y suis au 01 85 08 37 37.


Partie 2 : Sallaumines, ville "d’échanges et de communication"

Sallaumines, Nord-Pas-de-Calais. Une petite ville de l’ancien bassin minier où les gueules noires ont laissé la place, avec la fermeture des mines, à des précaires, des chômeurs, des allocataires du RSA. Monique organise des activités pour les personnes en difficulté à la Maison de la Citoyenneté. Militante au Parti Communiste, elle redoute le score élevé annoncé pour le Front National.

La fosse 5 de Sallaumines dans les années 1970


Partie 3 : « On guérit pas de son enfance »

Monique s’occupe de la Maison de la Citoyenneté depuis six ans, « pour redonner ce qu’on a fait pour elle. » Monique a toujours habité Sallaumines, elle habite encore dans les corons. Ses grand-parents, Slovènes, sont arrivés en 1923 dans le nord de la France, sa mère travaillait à la fosse. Depuis la fermeture des mines il y a 25 ans, le chômage ne cesse d’augmenter dans le Pas-de-Calais, laissant dans une misère sociale de nombreuses personnes habituées au paternalisme des Houillères, à laquelle l’État n’a pas succédé.


Partie 4 : « Je voterai pour les personnes qu’il faut »

À l’approche des élections départementales, Monique tracte dans le quartier de la Fosse 4. Ce quartier tire son nom du puits n°4 de la Compagnie des mines de Courrières, là où eut lieu la catastrophe dite "de Courrières". Ce 10 mars 1906, 1 099 mineurs sont tués par le coup de grisou, certains survivants restent coincés trois semaines dans les galeries éboulées avant de remonter à la surface, les mineurs entament alors une grève de 51 jours, qui aboutit notamment à l’instauration du repos hebdomadaire.

La "catastrophe de Courrières" en mars 1906 a fait plus de 1000 morts

Merci à Monique Mahieu, Maurice et Mauricette, Annick, Martine, Marie-France, Louise, Françoise et toute la bande.

Rendez-vous demain pour la seconde partie de LÀ-BAS Hebdo n°10, avec un reportage de Gaylord VAN WYMEERSCH sur la lutte des salariés de Radio France.


Programmation musicale :
- Perds pas l’Nord, par Raoul de Godewarsvelde
- El pinsionnée, par Renaud
- Une pipe à Pépé, par Henri Tachan

À écouter :
- Le théâtre comme si c’était moi, un reportage d’Anaëlle Verzaux dans Là-bas si j’y suis du 25 juin 2014

Et n’oubliez pas que le répondeur attend toujours vos messages au 01 85 08 37 37.

Reportage : Anaëlle VERZAUX
Présentation : Daniel MERMET
Montage : Grégory SALOMONOVITCH
Réalisation : Franck HADERER et Guillaume GIRAULT
Répondeur : Stéphanie FROMENTIN
Préparation : Jonathan DUONG

(vous pouvez podcaster cette émission en vous rendant dans la rubrique "Mon compte", en haut à droite de cette page)

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Les Rendez-vous des Repaires

  • Le repaire de St-Affrique vous invite pour une projection des 4 courts-métrages ’film du mois’ sur le Brésil diffusés sur Là-bas. Rendez-vous ce samedi 27 avril au Lieu-Dit, au 5 bis rue l’industrie. Entrée gratuite (évidemment) !

  • Notre prochain repaire aura lieu le lundi 6 mai. Les intervenants(es) seront des gilets jaunes du centre-Manche : St-Lô, Coutances et Carentan. Ils ont accepté notre invitation et nous les en remercions. Elles et ils pourront témoigner, expliquer leur démarche et répondre à nos questions. (...)

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    Notre reporter Mathieu Colloghan est allé vérifier ce miracle européen en allant se faire arracher toutes les dents en Hongrie.

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    On a tous en tête une phrase prononcée il y a longtemps et qu’on n’a jamais oubliée. Une de ces phrases prononcées par un proche, quelqu’un qu’on croyait un ami, un patron, et qui nous reste en tête encore aujourd’hui. Une phrase avec laquelle on a grandi, et qui nous constitue. Une phrase qui nous porte, qui nous a fait grandir ou contre laquelle on continue de se révolter. Et vous, quelle est votre phrase ? Sophie s’est baladée dans les rues de Paris et a posé la question au hasard de ses rencontres, le 1er jour du printemps.

  • Connaissez-vous Gerhard Haderer ? Abonnés

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    On ne remerciera jamais assez le cancer et Jésus.

    Oui, tout d’abord, merci au cancer. Car s’il n’avait pas eu un cancer en 1985, à 34 ans, Gerhard Haderer aurait eu la vie indigente d’un « créateur » publicitaire. Or, c’est lorsqu’il fut opéré (et guéri) qu’il a tout laissé tomber et s’est tourné à fond vers le genre de dessins que vous allez (re)découvrir, si puissants, si violents qu’ils se passent de tout commentaire, à part quelques gloussements, quelques éclats de rire et pas mal de silences dans le genre grinçant.

    Ensuite, merci à Jésus. Et surtout à Monseigneur Christoph Schönborn, cardinal, archevêque de Vienne. En 2002, Gerhard Haderer publiait La Vie de Jésus, un surfeur drogué à l’encens, ce qui faisait un peu scandale dans la très catholique Autriche, si bien que le cardinal archevêque, hors de lui, crut bon de donner l’ordre à l’auteur de présenter ses excuses aux chrétiens pour avoir ridiculisé le fils de Dieu. Au passage, on le voit, l’Islam n’a pas le monopole du refus des caricatures, mais celles-ci eurent beaucoup moins d’écho chez nos défenseurs de la liberté d’expression. Et bien entendu, comme toujours, la censure assura le succès de l’album, qui atteignit 100 000 exemplaires en quelques jours.

    Le capitalisme est comparable à une autruche qui avale tout, absolument tout. Mais là, quand même, il y pas mal de dessins de Gerhard Haderer qui lui restent, c’est sûr, en travers de la gorge. On peut rêver et c’est déjà beaucoup.

  • Didier Porte Hebdo : chaque vendredi, la revue de presse indispensable ! Didier Porte a regardé BFM TV Abonnés

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  • Olivier Dassault, héritier riche et puissant est aussi le Léonard de Vinci du XXIème siècle (selon lui) Abonnés

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    Cette semaine, nos deux journalistes, reporters débutants, Anna-Léa Salami et Niklas Demourand, sont de retour après une semaine de pause bien méritée. En effet, pendant deux semaines ils ont travaillé avec passion, méthodologie et obstination leur prochain entretien : l’interview du grand artiste contemporain Olivier D. Une exclusivité de nos deux stagiaires pour Là-bas si j’y suis.

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  • Parlons de Julian Assange Abonnés

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    Le vendredi 16 novembre 2018, un document judiciaire daté du mois d’août, jusque-là tenu secret, a été révélé par des procureurs américains, par erreur semble-t-il. Ce document signifie l’inculpation de Julian Assange aux États-Unis, pour espionnage.

    Le fondateur de WikiLeaks était déjà une cible désignée pour avoir publié des dizaines de milliers de documents diplomatiques et militaires américains, sur les guerres en Irak et en Afghanistan.

    WikiLeaks est une organisation créée en 2006, utilisant des sites Internet extrêmement protégés où des lanceurs d’alertes peuvent déposer, en toute sécurité, des documents confidentiels. C’est ce qui s’est passé pendant des années, WikiLeaks révélant de nombreux scandales sur les agissements de puissances de guerres au nom de la démocratie. En avril 2010, Julian Assange y a publié une vidéo de l’armée américaine tournée en Irak et montrant le massacre de plusieurs civils, dont deux employés de Reuters, des tirs sur plusieurs enfants, sous les commentaires sarcastiques de soldats américains qui tiraient depuis un hélicoptère. Ces images ont été vues partout dans le monde et ont révélé au grand public la réalité des guerres modernes, qui n’ont rien de « chirurgicales » et « propres », comme l’ont toujours prétendu les gouvernants américains.

  • Connaissez-vous Théophile Alexandre Steinlen ? Abonnés

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    Si vous ne le connaissez pas, sachez que les chats le connaissent. Surtout les chats noirs. Sur les toits, sur les tombes, sur les gouttières, ils en parlent encore, surtout les chats de Montmartre, vers la rue Caulaincourt, sa maison s’appelait Cat’s cottage. Pourtant il n’était pas anglais, il était né à Lausanne en 1859. Peintre, graveur, illustrateur, affichiste, sculpteur, il fut un des artistes parmi les plus populaires de son temps, dans le tourbillon de 1900, dans ce que ces vaches de bourgeois appelait la « Belle Époque ». Il a montré le contraire. La misère, la galère, la guerre, les ouvrières, le paysan qui tire la charrue devant le gros bourgeois ventru. Mais attention, il n’incite pas à la compassion et à la charité, mais à la lutte, à la différence de ses congénères, les artistes dont cette même bourgeoisie gloutonne allait faire une bohème d’opérette, pittoresque et inoffensive. Steinlen est un libertaire, dans l’esprit d’Élisée Reclus ou de Camille Pissaro. Il fréquente les anciens communards, il rend hommage à Louise Michel, il illustre L’Internationale de Degeyter et Pottier. Anarchiste oui, mais proche aussi des socialistes et des communistes de ce temps-là, il raconte cet élan puissant et profond que la guerre en 14 allait ruiner pour longtemps.

  • 11 septembre 1973, naissance du néolibéralisme Abonnés

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    Onze septembre 1973, coup d’État au Chili. Un coup d’État qui met fin aux réformes économiques et sociales menées par le président Salvador Allende, démocratiquement élu trois ans plus tôt. Qui voulait la peau de Salvador Allende ? La droite chilienne évidemment, mais aussi les États-Unis : Nixon ne pouvait tolérer que l’expérience socialiste chilienne puisse réussir et faire école. Le dernier film de Nanni Moretti s’appelle Santiago, Italia. Petit pas de côté pour le cinéaste italien, qui signe un documentaire. Il donne la parole à ces militants chiliens qui ont accompagné la victoire d’Allende. Et qui se sont réfugiés, après le 11 septembre, à l’ambassade d’Italie à Santiago.

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Un entretien de Daniel MERMET avec Monique PINÇON CHARLOT PINÇON-CHARLOT : « LES RICHES AU TRIBUNAL » AbonnésVoir

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1995, c’était notre première émission avec les PINÇON-CHARLOT, il y a 23 ans ! Emissions, vidéos, films, livres, B.D, débats, à eux deux, depuis des années, dans les grandes émissions de télés comme dans un café-repaire de LA-BAS, ils donnent des outils pour démonter ce monde et en construire un autre à partir de leurs recherches sociologiques concentrées sur le monde de la bourgeoisie et de l’oligarchie. Démonter la domination des riches et de l’oligarchie, construire l’émancipation et l’égalité, avec une certitude, les mauvais jours finiront. Leur engagement et leur réussite est un formidable encouragement pour cette rentrée. Voilà leur dernier livre, une BD avec Etienne LECROART au dessin. « LES RICHES AU TRIBUNAL. L’affaire Cahuzac et L’évasion fiscale », qu’ils signeront à la tête de l’Humanité !

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En fait, vois-tu, il y a des petits rayons de soleil, même dans les existences les plus mornes. Et c’est heureux.
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GRAND DÉBAT ou GRAND DÉBARRAS ? MACRON INVITE LORDON : C’EST PAS DU BIDON ! AbonnésVoir

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« Foulards rouges » ou « gilets jaunes » : que choisir ? Place de la République, sous la pluie, les « foulards rouges » pro-Macron étaient exactement 29. Juste à côté, à la Bourse du travail, ils étaient 800 sur le thème « FIN DU DÉBAT, DÉBUT DU GRAND DÉBARRAS », pour préparer l’ACTE XVIII de ce samedi, avec, entre autres, un appel à LA GRÈVE GÉNÉRALE lancé par Jérôme RODRIGUES, et aussi Frédéric LORDON qui hésite à répondre à l’invitation d’Emmanuel MACRON. Pour vous aider à faire votre choix (en toute objectivité), voici notre reportage express.

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Le FACHO-CAPITALISME l’emporte au Brésil.
Avec plus de 55 % des voix, BOLSONARO remporte les élections. C’est un séisme pour toute l’Amérique latine et une avancée pour toutes les extrêmes droites à travers le monde. Mais comme pour le nuage de Tchernobyl, nous serons épargnés.