L’hôpital est dans la rue

Mardi, suicide d’une infirmière Abonnés

Le

[EXTRAIT] Mardi, suicide d’une infirmière

45 ans, infirmière depuis 20 ans, elle s’est pendue mardi sur son lieu de travail. Pendant ce temps, les personnels hospitaliers manifestaient partout contre l’épuisement et la course à la rentabilité. La santé est une marchandise. Amis souffrants, amis sans dents, arrêtez d’être pauvres, c’est un choix déplorable, au contraire, enrichissez-vous.

(photo : SUD Santé Sociaux)

Des suicides en série à l’hôpital

« Les gens craquent, il y a une hausse des burnout et la liste des suicides s’allonge. Ce n’est plus tolérable », déplore le syndicaliste de SUD Santé Sociaux. Il affirme que le directeur des ressources humaines devrait se rendre dans la journée à l’hôpital Cochin, pour y rencontrer les collègues de l’infirmière décédée.

Début février, un infirmier de l’hôpital Georges-Pompidou s’était lui aussi suicidé sur son lieu de travail en sautant du 8ème étage. Le 17 décembre 2015, le professeur Jean-Louis Mégnien, un cardiologue de 54 ans de l’hôpital européen, s’était lui aussi donné la mort en se défenestrant depuis son bureau. Au moins six infirmiers se sont donnés la mort depuis juin dernier.

Les différentes séquences du reportage :

Programmation musicale :
- Ministère des Affaires Populaires : Debout là-dedans

Pauline BOULET attend vos messages sur le répondeur de Là-bas si j’y suis au 01 85 08 37 37.

reportage : Dillah TEIBI
réalisation : Alexandre LAMBERT

(Vous pouvez podcaster ce reportage en vous rendant dans la rubrique « Mon compte », en haut à droite de cette page.)

(photo : Francine Bajande)

À LIRE :

Austérité. « 100 000 emplois manquent à l’hôpital public » , un entretien de Pierre-Henri Lab avec Mireille Stivala, secrétaire générale de la CGT-Santé paru le 03 mars 2017 dans L’Humanité Dimanche :

Le 7 mars, les fédérations CGT, FO et Solidaires appellent les agents des trois fonctions publiques (État, hôpitaux, territoriaux) à participer à une journée d’action pour l’emploi et les salaires. La secrétaire générale de la CGT-Santé, Mireille Stivala, revient sur la crise que traverse l’hôpital public et les revendications des personnels.

HD. Un tract de l’intersyndicale CGT, FO et Solidaires a été édité à destination des patients dans le cadre de la mobilisation du 7 mars. Quel message leur adressez-vous ?
Mireille Stivala. La population doit être informée sur la situation de l’hôpital et du secteur de l’action sociale et sur les conséquences de la loi de modernisation de notre système de santé et de la mise en œuvre des groupements hospitaliers de territoire (GHT).

Depuis des années, les hôpitaux sont confrontés aux politiques d’austérité. Les personnels prennent beaucoup sur eux pour maintenir la qualité du service. Mais, aujourd’hui, nous constatons un épuisement professionnel important. L’urgence est de permettre aux salariés de récupérer physiquement et moralement. Les conditions de travail sont à ce point dégradées qu’il devient impossible aux professionnels d’exercer leurs missions en respectant le cadre déontologique de leur métier. Ils sont devenus des producteurs de soins à qui le temps n’est plus donné d’accompagner humainement les patients : les faire attendre sur un brancard des heures durant, la difficulté à leur trouver un lit… tout cela est contraire à l’éthique des personnels hospitaliers. À tout moment peut se produire un incident que, jusqu’à présent, le dévouement des personnels a permis d’éviter. Nous sommes au bout d’un système. L’hôpital ne peut pas fonctionner de cette façon éternellement. Des moyens supplémentaires doivent lui être attribués. Il faut en finir avec la tarification à l’acte. La prise en charge des patients ne se résume pas à un soin technique. La dimension humaine et relationnelle doit être prise en compte. Toutes les études le démontrent, mieux un patient est encadré, plus il est entouré, plus le taux de mortalité est réduit et le risque de maladie nosocomiale faible.

HD. Quelles sont vos revendications ?
M. S. Priorité doit être donnée à l’emploi. Il faut lutter contre le recours à l’emploi précaire, qui est de plus en plus important. Selon les établissements, 20 à 60 % des salariés peuvent être concernés. Cela impacte le bon fonctionnement des services ou des établissements car les salariés précaires, surtout quand les contrats sont au jour le jour comme dans l’intérim, ne sont pas forcément au fait de celui-ci et de leurs besoins. Enfin, il est nécessaire d’embaucher massivement pour améliorer les conditions de travail des agents et rendre les 35 heures effectives. Aujourd’hui, elles n’existent que sur le papier. Les RTT et les heures supplémentaires non prises viennent gonfler sans cesse les comptes épargne-temps.

HD. Combien d’emplois faut-il créer, selon vous ?
M. S. Il faut déjà cesser d’en détruire. Il faut remettre en cause la limitation de la progression de l’Objectif national des dépenses d’assurance-maladie (Ondam), qui fut historiquement bas en 2016, à 1,75 %, et en 2017 en légère hausse, mais nettement insuffisant (2,1 %). Sa mise en œuvre entraînerait la suppression d’au moins 22 000 postes. Rien que pour maintenir le niveau actuel de prise en charge, il faudrait que l’Ondam progresse au minimum de 4 %. Si on additionne les pertes d’emplois liées aux politiques d’austérité et les postes qu’il aurait fallu créer pour permettre une mise en œuvre correcte des 35 heures, on peut estimer que ce sont 100 000 emplois qui manquent à l’hôpital public.

HD. Après le 7 mars, envisagez-vous de nouvelles mobilisations ?
M. S. Après les journées d’action du 25 juin et du 8 novembre 2016, le 7 mars 2017 s’inscrit dans la poursuite de la mobilisation nationale. Des conflits, dont certains sont très longs, ont lieu dans de nombreux établissements. Face à cela, le gouvernement ne nous propose que de participer à des groupes de travail pour établir un constat. L’heure n’est plus au constat. Celui-ci est connu. L’heure est à prendre des mesures. Si elles ne sont pas prises, alors nous poursuivrons la mobilisation.

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    Après 37 ans de cavale, Cesare Battisti vient d’être arrêté et extradé vers la prison italienne où il va finir ses jours. C’est le « petit cadeau » offert par le nouveau président d’extrême droite brésilien Jair Bolsonaro à son ami le ministre de l’Intérieur d’extrême droite italien, Matteo Salvini. Importante, l’extrême droite, dans cette histoire qui remonte aux années 1970 : une longue histoire et une occasion de revenir sur les « années de plomb » en Italie, avec cette émission de 2002 avec Cesare Battisti.

    Cesare Battisti a été condamné par contumace en 1993 à la prison à vie en Italie pour des attentats liés aux années de plomb dans les années 1970, alors qu’il militait dans un groupe d’extrême gauche. De ces années violentes, on se souvient des Brigades rouges et des attentats de l’extrême gauche, mais on a oublié les attentats de l’extrême droite plus aveugles et plus meurtriers, et beaucoup moins réprimés alors que ce mouvement – parfois soutenu par les services de l’État italien – avait pour but de déstabiliser le pays pour favoriser un coup d’État.

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  • La chronique écosocialiste Et si, en 2019, on taxait les transports des riches ? Abonnés

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  • ON N’EST PAS QUE DES VALISES ! Les ouvrières virées de Samsonite montent sur les planches au festival d’Avignon Abonnés

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    Par deux fois, les AMG ont solidairement soutenu les ouvrières en lutte de Samsonite pour leur permettre d’aller devant la justice américaine faire condamner l’entreprise responsable de leur licenciement. 15 000 euros en quatre jours en 2012, puis à nouveau 10 000 euros en 2014 leur permirent de s’envoler jusqu’à Boston. Aujourd’hui, elles continuent la lutte et racontent leur histoire elles-mêmes au théâtre, elles seront au festival d’Avignon du 6 au 28 juillet. Bien plus qu’une consolation, c’est une révolution pour ces ouvrières qui parlent d’elles-mêmes et des centaines de milliers de salariés brutalement jetés à la décharge depuis des décennies. Une violence qui ne restera pas toujours sans réponse. Les ouvrières préviennent : « ON IRA JUSQU’AU BOUT ! »

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  • Antonin Artaud était-il fou ? Abonnés

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    En septembre, notre reporter Sophie Simonot était à Reims, au centre de jour Antonin Artaud. Mais pourquoi avoir donné à ce centre médico-psychologique le nom du dramaturge, poète, comédien et dessinateur ? Gérard Mordillat a réalisé deux films sur Artaud : une fiction avec Sami Frey, En compagnie d’Antonin Artaud, et un documentaire coréalisé avec Jérôme Prieur, La véritable histoire d’Artaud le Mômo. Il revient sur cette vieille méprise qui lie le génie d’Artaud à sa prétendue folie.

  • Psychiatrie. Reportage de Sophie Simonot au centre de jour Antonin Artaud de Reims Qui cache son fou, meurt sans voix Abonnés

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    La folie fait peur, la folie du fou, la folie de l’autre, mais aussi la folie du fou qu’on a en nous. En France, douze millions de personnes sont touchées chaque année par une maladie mentale. Un français sur cinq. Rien que la dépression affecte 2,5 millions d’entre nous. Or dans les hôpitaux, à Rouvray, à Amiens, comme ailleurs la machine gestionnaire a pris le pouvoir, la situation se dégrade autant pour les patients que pour les familles et les soignants. Jusqu’où ?

Une sélection :

Avec Sandrine Foulon du mensuel Alternatives économiques Prélèvement à la source : une réforme pour rien AbonnésÉcouter

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J-15 avant l’entrée en vigueur du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu. Les entreprises, de la multinationale à la boulangerie, vont devenir collectrices d’impôts. Et gare aux bugs ! Sandrine Foulon, rédactrice en chef d’alternatives-economiques.fr et co-auteure de l’article « Prélèvement à la source : attention aux bugs » dans le numéro de décembre, nous explique tout sur le prélèvement à la source. Changement technique ou politique ? Comment anticiper la baisse du salaire net en janvier ? Et la justice fiscale, dans tout ça ?

Avec Charlotte Girard, de La France insoumise « Référendum d’initiative citoyenne » : révolution ou enfumage ? AbonnésVoir

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Depuis quelques jours, une idée émerge du mouvement des Gilets jaunes : le référendum d’initiative citoyenne, ou RIC. Enfumage ou révolution démocratique ? Les médias dominants ne parlent plus que de ça. Le référendum d’initiative citoyenne semble être plébiscité comme le remède miracle à la colère des Gilets jaunes. Exit les revendications de justice sociale, de justice fiscale ou d’augmentation des salaires, c’est la démocratie directe que les Gilets veulent.

Daniel Mermet La vérité sur les casseurs Accès libreLire

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Entre 10 heures du matin et 21 heures, 10 000 grenades ont été tirées dans Paris ce samedi 1er décembre. 900 à l’heure, 15 à la minute, une grenade toutes les 4 secondes contre les mauvais Gilets jaunes.

Les Gilets jaunes, il y a les bons et il y a les mauvais. Les mauvais, on les appelle des casseurs.

Mais qui sont ces casseurs ? Nous en connaissons un. Pas de masque, pas de cagoule, le casseur le plus violent, c’est lui, lui et le petit monde dont il est le fondé de pouvoir.

La France est choquée par cette explosion de violence et de vandalisme.

Mais ce n’est rien à côté de la violence des riches, à côte de la violence du président des riches.

Pas de masque, pas de cagoule, pas de gilet jaune, pas besoin de courir, ni de hurler, et leur violence ne date pas d’hier. Leur violence est admise, elle est si naturelle qu’on ne la remarque même plus, mais elle détruit beaucoup plus, depuis beaucoup plus longtemps. C’est d’abord cette violence-là que la lutte des Gilets jaunes a mise en évidence.