SAMEDI 40 MARS, DONNER UN SENS AU MOUVEMENT

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Frédéric LORDON à Paris, place de la République, le samedi 09 avril 2016.

TEXTE :

Où en sommes-nous ? On ne compte plus les villes de province où il y a une nuit debout, et la plaine européenne est en train de s’embraser également : Barcelone, Madrid, Saragosse, Nurcie, Bruxelles, Liège, Berlin. La place de la République elle-même s’est donnée une antenne à Stalingrad [métro Stalingrad, NDLR]. À tout moment, des actions surprise naissent spontanément. Il y a une Radio Debout, une Télé Debout, des Dessins Debout. Tout est en train de se remettre debout.

Il y a dix jours, le conditionnel était de rigueur et nous pouvions seulement dire, « il se pourrait que nous soyons en train de faire quelque chose ». Je crois qu’on peut maintenant abandonner les prudences grammaticales : nous sommes en train de faire quelque chose.

Enfin, quelque chose se passe. Quelque chose, mais quoi ? Comment un mouvement sans direction se donne-t-il une direction ? Je veux dire, comment un mouvement sans instance dirigeante se détermine-t-il à prendre une voie ou une autre ?

Il est certain en tout cas qu’il doit en trouver une. Un mouvement qui ne se donne pas d’objectif politique s’éteindra rapidement. Soit parce qu’il aura épuisé la joie d’être ensemble, soit parce qu’il sera recouvert à nouveau par le jeu électoral.

Comment échapper à cette fatalité ? Si tout commence avec les places, rien n’y finit. Or nous nous souvenons de ce qui nous a jetés dans la rue en première instance, c’est la loi El Khomri. Viser très au-delà de la loi El Khomri ne signifie pas que nous l’avons oublié. Elle est toujours là. Un mouvement a besoin d’objectifs et de victoires intermédiaires.

Faire la peau à la loi El Khomri en est certainement un, il reste d’une inaltérable actualité, et nous n’arrêterons pas de lutter à son service. Mais de même que les zadistes n’ont pas seulement en vue un aéroport, mais le monde qui engendre cet aéroport, de même la loi El Khomri est le rejeton de tout un monde.

Dans le monde El Khomri, les salariés vivent dans la peur et ils sont tenus dans la peur. Il y a de très bonnes raisons à ça. Ils vivent sous l’arbitraire souverain d’un patron, qui a tout pouvoir sur eux parce qu’il tient dans ses mains les conditions fondamentales de leur survie matérielle même.

Alors il faut partir de cette expérience commune et en déduire tout ce que nous pouvons, et d’abord, en se décidant enfin à nommer les choses : le salariat est un rapport social de chantage, un rapport de chantage qui ne laisse le choix que de plier ou de se mettre en danger. Nommer adéquatement les choses, à l’encontre de tous les recouvrements idéologiques du néo-libéralisme, c’est peut-être la première étape pour trouver la force de s’en libérer.

Car tout le monde s’aperçoit alors que si pour mettre fin à la peur, il faut mettre fin au chantage et à l’arbitraire patronal, alors il faut mettre fin à l’ordre social qui arme le chantage et l’arbitraire patronal, et je veux dire mettre fin, et constitutionnellement, à l’empire des propriétaires.

Cependant, à un moment, il faut bien vouloir les conditions de ce qu’on veut. Si vraiment notre mouvement à des ambitions de cette ampleur, il va lui falloir se donner des moyens adéquats. Pour ma part, je n’en vois qu’un : la grève générale.

Qu’on ne se méprenne pas. Je ne suis pas ici en train de lancer un appel à la grève générale, je n’en ai aucun pouvoir ni aucune légitimité. Je ne lance pas un appel, donc. Mais j’énonce une condition : la condition du renversement non seulement de la loi, mais du monde El Khomri. Nous savons bien que les grèves générales ne se décrètent pas d’un claquement de doigt. Mais peut-être pouvons-nous aider à y basculer. Et pour ce faire, en rappeler les immenses vertus.

La grève générale, c’est que le pays tout entier débraye, le pays est bloqué – le pays est bloqué, disent-ils, parce qu’en vérité c’est l’exact contraire : c’est au moment précis où ils disent que tout se bloque qu’en fait, tout se débloque. La politique, la vraie, la parole, l’action, et jusqu’aux relations entre les gens. Et puis surtout le possible, l’avenir. Il faut bloquer pour que tout se débloque.

Il y avait trop longtemps que ça craquait de toutes parts. On ne tient pas éternellement une société avec BFM, de la flicaille et du Lexomil. Vient fatalement un moment où les têtes se redressent et redécouvrent pour leur propre compte l’immémoriale idée de l’insoumission et de l’affranchissement.

Ce moment, c’est le nôtre, ce moment, c’est maintenant.

Frédéric LORDON

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  • « Il faudra déterrer et fusiller Halimi » Accès libre

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    C’est un message au sujet de Gisèle Halimi publié par Quentin Deranque, le jeune militant catholique d’extrême droite tabassé à mort le 12 février à Lyon par des antifas.

    On se souvient : émotion générale, médias en larmes, accusation unanime de l’antifascisme, minute de silence à l’Assemblée nationale le 17 février.

    Or le site Mediapart vient d’avoir accès à des milliers de posts publiés sous pseudo par Quentin Deranque. Il se confirme qu’il était un fervent catholique traditionaliste et aussi un raciste et un antisémite acharné. « Moi je soutiens Adolf mais chacun son truc », écrit-il, ou bien « TND » pour « Total Nigger Death » (mort totale des nègres). Et des centaines de posts du même genre, comme Simone Veil qualifiée de « salope meurtrière ».

    Et donc ce message concernant l’avocate Gisèle Halimi : « il faudra déterrer et fusiller Halimi ».

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    La récente affiche de la candidate Sophia Chikirou à la mairie de Paris en effet ne fait pas dans la dentelle et vise l’équipe de gauche sortante. De même le candidat La France insoumise à Marseille : « avec Delogu, Marseille propre ! Sans déchet ni corruption. »

    Bref. Voilà notre Gérard repeint en social-traître, renégat, bourgeois de gauche et pire encore, émule de François Hollande…

    Mais comment taire ces commentaires ?

    Impossible et c’est tant mieux.

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  • Le grand meeting de Sarah Knafo à Paris. REPORTAGE VIDÉO Le meeting de Sarah Knafo, souriante et facho Accès libre

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    9 mars : grand meeting de Sarah Knafo, candidate d’extrême droite à la mairie de Paris

    C’est gentil, c’est cucul, c’est facho.

    Oui, finis le bruit des bottes et les ordres virils. Voilà le raciste cool, le suprémaciste sympa, le nazi feel good. Même RECONQUÊTE !, le nom de son propre parti, jugé trop sulfureux, n’apparaît pas dans sa campagne. Tout est naïf et coloré dans le Paris de Sarah, une ville heureuse !

    La députée européenne Sarah Knafo n’évoque surtout pas le groupe dont elle est vice-présidente, Europe des nations souveraines, le groupe d’extrême droite le plus extrémiste du parlement européen, encore plus radical que le PFE (Patriotes pour l’Europe) marqué par des grands noms comme Viktor Orbán, Geert Wenders, Matteo Salvini ou Jordan Bardella.

    Non, l’Europe des nations souveraines de Sarah Knafo, c’est la force la plus radicale, directement liée à l’AFD, le parti néo-nazi allemand qui monte, franchement raciste, franchement antisémite.

    Tout ça est connu, rien de secret. Est-ce ignoré ou approuvé par son public ? Plus de 3 000 spectateurs venus l’applaudir ce lundi 9 mars au Dôme de Paris à la porte de Versailles.

    Tout s’est bien passé jusqu’à ce qu’un petit groupe de manifestants pacifiques soit brutalement exfiltré par une milice privée, frappés et menottés au sol.

    Mais le facho must go on !

    Marième et Jeanne vous racontent tout ça…

  • Municipales : toutes les gauches ensemble, c’est possible ? Accès libre

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    Oui mais c’est comme le poisson volant, c’est plutôt rare. Cinq ou six cas possibles sur 35 000 communes dont deux irréductibles : Agen et Fontenay-sous-Bois.

    Pourquoi ? Comment ?

    La division de la gauche a toujours été la meilleure garantie de succès pour la droite et l’extrême droite. Mais près de Paris, à Fontenay-sous-Bois, ancienne ville communiste du temps de la « banlieue rouge », on n’a pas fait du passé table rase. On n’a pas oublié les avantages du « communisme municipal » et son programme en matière scolaire, culture, sport, santé publique, très clairement plus près des jetables que des notables.

  • Le Chili s’apprête à investir le premier président d’extrême droite depuis Pinochet Victor Jara : « El derecho de vivir en paz » Abonnés

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    C’est mercredi11 mars que José Antonio Kast doit être investi président du Chili. Et autant dire qu’il a peu de chances de subir le même sort que Nicolás Maduro, son élection ayant reçu les félicitations de ses homologues argentin, Javier Milei, et états-unien, Donald Trump.

    Il faut dire qu’il est le premier président du Chili à s’être illustré en votant « oui » au plébiscite de 1988 qui proposait de prolonger les pouvoirs de Pinochet. Un soutien qui ne fut pas couronné de succès mais qui fit dire à José Antonio Kast en 2017, pendant sa première campagne présidentielle, que si Pinochet était vivant, il voterait pour lui !

    S’il fallait donc une chanson pour débuter le mandat de ce nostalgique de la dictature, Olivier Besancenot vous propose El derecho de vivir en paz en hommage à Victor Jara, qui chantait « le droit de vivre en paix » avant d’être assassiné le 16 septembre 1973 par la dictature de Pinochet.

  • Laurent Lévy publie « Un portrait de Staline. Aragon, Picasso et le parti communiste » à La Fabrique Ce portrait de Staline qui déchira le parti communiste français Abonnés

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    5 mars 1953 : Staline meurt. C’est un choc qui ébranle le monde entier, et notamment Louis Aragon, membre du Comité central du Parti communiste français et directeur de l’hebdomadaire communiste Les Lettres françaises.

    Aragon a une semaine pour préparer le numéro suivant qui doit commémorer la mémoire du grand homme. Il décide de demander une contribution au plus illustre des peintres et au plus illustre des communistes de cette époque : Pablo Picasso.

    Picasso se doutait-il que le portrait de Staline qu’il s’apprêtait à dessiner et que le directeur des Lettres françaises s’apprêtait à publier allait tellement choquer que la polémique pousserait Aragon au bord du suicide et provoquerait la chute du numéro 2 du Parti communiste, Auguste Lecœur ?

    Laurent Lévy publie à La Fabrique Un portrait de Staline. Aragon, Picasso et le parti communiste, un livre passionnant qui retrace cette histoire incroyable. Une histoire qu’il vient nous raconter dans ce nouvel épisode de « Si j’aurais su », le podcast de Laurence De Cock.

  • Dans les archives de Là-bas 8 mars, journée internationale des droits des femmes Abonnés

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    C’est maintenant à peu près acquis pour tout le monde, le 8 mars n’est pas la journée « de la femme », mais la « journée internationale des droits des femmes ».}} Un jour de manifestations et de grèves qui semble connaître un nouveau souffle avec le mouvement féministe récent, qui lutte autant contre les violences sexistes et sexuelles que pour réduire les inégalités salariales et améliorer les conditions de travail des métiers majoritairement exercés par des femmes. Mais saviez-vous qu’aux origines de cette journée du 8 mars se trouvait l’Internationale socialiste des femmes ? C’est en effet à Copenhague, en août 1910, lors de la deuxième conférence de l’Internationale des femmes socialistes, que les militantes Clara Zetkin et Alexandra Kollontaï proposèrent de consacrer chaque année une journée à la lutte pour les droits des femmes.

    Pour le 8 mars, redécouvrez quelques-unes de nos émissions consacrées aux luttes féministes.

  • La baudruche Trump finira par crever Howard Zinn, le combat continue ! Exemple : Julian Hipkins… Abonnés

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    Merci, merci, merci à celles et ceux qui font des salles combles de Brest à Genève !

    Et ça continue. Des dizaines de débats partout et partout la même question : génial Howard Zinn mais aujourd’hui, face à Trump, où sont les résistants ?

    En voici au moins un, Julian Hipkins !

    Prof d’histoire à Washington D.C., il intervient dan le film avec ses joyeux étudiants pour parler de son cours d’histoire basé sur le livre d’Howard Zinn. Mais en février, pour la sortie du film, il est venu à Paris avec sa femme Barrie. Superbe rencontre avec le public, avec les étudiants du lycée Voltaire de Paris, avec toute l’équipe de Là-bas !

    Voilà nos retrouvailles avec Giv Anquetil à la traduction !

    Encore un effort, la baudruche Trump finira par crever…

  • Olivier Compagnon : « L’Amérique latine a été le laboratoire de la grande mutation néolibérale qui a affecté le monde entier » Abonnés

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    « La puissance militaire écrasante des forces américaines aériennes, terrestres et maritimes a été utilisée pour lancer un assaut spectaculaire, un assaut comme on n’en avait jamais vu depuis la Seconde guerre mondiale. »

    Voici comment le président Donald Trump se félicitait le 3 janvier dernier de l’intervention militaire qu’il avait ordonnée au Venezuela.

    L’enlèvement et la capture du président Maduro ont sidéré le monde entier.

    Par leur outrecuidance : jamais les États-Unis n’étaient aussi directement et militairement intervenus en Amérique du Sud.

    Par leur franchise : Donald Trump citait explicitement les réserves pétrolières du pays comme but recherché du renversement de Maduro.

    Par leur illégalité : aussi condamnable qu’ait pu être le pouvoir exercé par Nicolás Maduro, rien, ni dans le droit international, ni dans la charte des Nations unies, n’autorise une telle intervention dans un pays souverain étranger.

    Qu’est-ce qui a poussé le président Trump à un tel coup de force ? Quelle relation les États-Unis d’Amérique entretiennent-ils avec le sous-continent sud-américain ? Qu’est-ce que la fameuse « doctrine Monroe » que tout le monde aime rappeler ?

    Olivier Compagnon est professeur d’histoire contemporaine à l’Institut des hautes études de l’Amérique latine. Il est l’invité de Laurence De Cock dans ce nouvel épisode de « Si j’aurais su ».

Une sélection :

Chaque mardi, Olivier Besancenot raconte les chansons de notre histoire Renaud : « Son bleu » AbonnésVoir

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En ce mois de novembre 1994, François Mitterrand est toujours président de la République, pour quelques mois encore.

Depuis quatorze ans, le nombre de chômeurs a doublé, bondissant de 1 376 000 en 1980 à 2 605 000 en 1994. La création des « Restos du cœur » en 1985 a rendu visibles et concrètes les conséquences du « tournant de la rigueur » adopté par le gouvernement de Pierre Mauroy en 1983. La ratification du traité de Maastricht en 1992 a entériné la soumission de la politique économique et sociale à des « critères de convergence » budgétaires. La conversion des socialistes au capitalisme néolibéral a précipité la désindustrialisation du pays et la destruction de centaines de milliers d’emplois.

C’est donc en novembre 1994, à la toute fin des deux septennats de celui qu’il a naguère soutenu, que Renaud publie son onzième album, À la Belle de Mai, sur laquelle figure cette chanson, Son bleu. L’une des préférées de Renaud, paraît-il, que vous raconte aujourd’hui Olivier Besancenot.

Bougre de merdre UBUESQUE UBU Accès libreLire

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C’est une évidence, Donald TRUMP a pris UBU comme modèle. TRUMP, c’est UBU et UBU, c’est TRUMP. Et la France doit en être fière car UBU a été créé en France, UBU est un produit français, on l’oublie trop. Nous avons Notre-Dame, Napoléon et le camembert mais, MERDRE ! nous avons aussi le père UBU. Il est temps que Macron exige des indemnisations pour une telle exploitation de notre patrimoine.

Laurent Mauduit, « Enquête sur l’extrême droite et les milieux d’affaires » (La Découverte) Collaborations AbonnésVoir

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La France est à un point de bascule. Pour la première fois depuis Vichy, notre démocratie est menacée de l’intérieur, la responsabilité est collective mais la responsabilité des milieux d’affaires est écrasante, dit Laurent Mauduit. Longtemps responsable des pages économiques du Monde puis co-fondateur de Mediapart, il se consacre à des enquêtes. Cette fois, il s’intéresse à ce bon vieux couple : extrême droite et milieux d’affaires.

Le front anti-Zucman déchaîné Accès libreVoir

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Les médias cherchent à augmenter toujours plus leur audience, les élus font tout pour séduire leurs électeurs. Mais il arrive que la majorité des médias et la majorité des élus s’opposent à la majorité des citoyens.

C’est ce qui vient d’arriver avec la taxe Zucman. Selon toutes les enquêtes, plus de 80 % de l’opinion s’est déclarée favorable à l’instauration d’un impôt plancher de 2 % sur les très hauts patrimoines qui échappent à l’impôt sur le revenu, soit 1 800 personnes disposant de plus de 100 millions d’euros.

C’est l’idée que défend inlassablement l’économiste Gabriel Zucman depuis des mois. Rien de révolutionnaire, rien d’anticapitaliste, une simple affaire de justice et d’égalité. Pourtant, malgré le consensus populaire, une majorité de droite et d’extrême droite a rejeté ce projet de loi.

De même, la plupart des médias se sont déchaînés pour défendre ces quelques super-privilégiés comme le bon chien de garde défend son maître.

Et alors ? Le peuple a pris la rue en réclamant l’abolition des privilèges ? En promenant quelques têtes de milliardaires au bout d’une pique ?