Grève nationale dans les EHPAD. Un reportage de Sophie Simonot

Le soin, c’est de l’humain, pas du chiffre (1/2) Abonnés

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Pour la première fois, salariés, syndicats et directeurs des maisons de retraite manifestent unitairement ce mardi 30 janvier pour dénoncer la la prise en charge des personnes âgées en France et « l’insoutenable mépris de l’État » face à un dispositif proche de la rupture, aussi bien dans les Ehpad privés que publics.

Une unité rare, qui en dit long sur la crise traversée, attisée par le positionnement du gouvernement :
« dans certaines structures, notamment publiques, on sent que la capacité managériale n’est pas au rendez-vous. Nos leviers d’action pourraient peut-être être différents et ne pas passer uniquement par des budgétisations supplémentaires », disait la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, le 15 décembre dernier. Une déclaration jugée « blessante » par les directeurs, alors que les professionnels du secteur ne sont toujours pas reçus par l’Élysée.

Pour comprendre les enjeux de cette lutte, et savoir ce qui se passe réellement dans les maisons de retraite aujourd’hui, nous vous proposons de réécouter les deux volets du reportage de Sophie Simonot avec les grévistes des Opalines, cet Ehpad du Jura où la lutte a servi de déclencheur au mouvement d’aujourd’hui :

Écouter l'émission

  • 01. Usines à vieux : 3000 euros la chambre, actions lucratives

    - MP3 - 9.7 Mo

  • 02. « Le Bernard Arnault de la maison de retraite »

    - MP3 - 11.4 Mo

  • 03. Où sont passés les 150 000 euros d’aides publiques ?

    - MP3 - 11.3 Mo

[REPORTAGE] Maltraitance ordinaire dans une usine à vieux (1/2) [25 juillet 2017]

« On n’a pas le temps, c’est une cuiller pour trois en même temps, on les gave, on les regarde même pas… on n’a pas le temps, en principe c’est une douche par semaine, mais ils les ont jamais, j’ai déjà vu des gens pas douchés pendant plus d’un mois… » Manque de temps, manque de moyens, manque de personnel.

Voilà pourquoi elles sont en grève, une dizaine d’employées des Opalines, un Ehpad à Foucherans, dans le Jura. À peine quelques échos jusque-là dans les médias.

Un cas de maltraitance ? Non, c’est comme ça en général en France au pays de la Silver économie, une « filière industrielle » lancée en France en 2013 par Ayrault et Montebourg, et qui représente 92 milliards d’euros. La France compte 600 000 personnes âgées dépendantes, un marché juteux, un placement sûr. Investissez dans l’or gris ! Sans doute le résultat le plus inhumain et le plus révoltant de l’idéologie néo-libérale et qui doit nous mobiliser.

Un reportage à Foucherans de Sophie Simonot.


Programmation musicale :

- Julien Girard  : L’hospice des grands pins

Pour soutenir les Opalines en grève, vous pouvez leur envoyer un chèque (libellé à l’ordre de CGT OPALINES), à l’adresse suivante :

Mme Pelletier
14 rue du Doubs
Appartement 5
39100 Gevry

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Frédéric LORDON publie« Figures du communisme » aux éditions La Fabrique. Un entretien en deux parties Frédéric Lordon, le capitalisme nous détruit, détruisons le capitalisme (1/2) AbonnésVoir

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Il est remonté Lordon, et son bouquin vous remonte, un vrai coup de printemps dans cette odeur de renfermé et de renoncement flageolant. Angoisse, précarité, inégalités, réchauffement, asphyxie et maintenant pandémie. Ça fait beaucoup et c’est clair, le capitalisme détruit nos vies. On peut essayer de lui limer les griffes, lui mettre du caoutchouc sur les crocs, lui apprendre à manger de la salade, lui faire des petits bisous, il s’en fout. On en voit à gauche tout penauds, qui négocient comme au temps de l’esclavage on aurait négocié la longueur de la chaîne et le poids des boulets. Il faut choisir : ou bien on dit « un autre capitalisme est possible » et on le réforme et on le corrige et on lui trouve des chouettes idées et on le renforce. Ou bien on comprend qu’il nous mène au désastre général et qu’il faut tout changer. Tout en profitant de la période qui finit, celle du développement matériel, à nous d’inventer enfin l’histoire du développement humain. Voilà qui vous remet de l’air dans les bronches !

« On lâche rien », c’est eux qui chantent ça, les larbins du capitalisme, tous en chœur dans leurs Covid parties, on lâche rien sauf les chiens, sauf les chars. Les chars, oui. Lordon rappelle 1973 à Santiago du Chili, quand un vrai socialisme était là pour de vrai. On peut rappeler la Semaine sanglante, on peut rappeler ceux qui ont préféré Hitler au Front populaire, on peut évoquer les véhicules blindés qui furent envoyés par Macron contre les « gilets jaunes », et aujourd’hui la spéculation sur les vaccins qui va laisser pourrir des milliers d’êtres dans le monde. Et bien sûr, un capitalisme propre sur lui, bien déguisé en démocratie comme le loup qui se déguise en gentille grand-mère. Des élections, ah oui, très bien, à condition que les blancs bonnets remplacent les bonnets blancs, et le contraire aussi dans un affrontement passionnant. Mais pas davantage. Sinon revoyez les aventures de la Grèce en 2015. Tout le bouquin de Lordon peut se résumer à la phrase de Bertolt Brecht : « le fascisme n’est pas le contraire de la démocratie, il est son évolution par temps de crise ».

Émission spéciale « Doléances et Résistances » en public HAYANGE, CEUX QUI FONT FACE AU FRONT [INTÉGRALE RADIO] AbonnésÉcouter

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C’est curieux, le maire d’Hayange n’a pas aimé notre affiche, il l’a fait arracher et même il l’a fait repeindre en bleu ! Lui qui aime tant le cochon, lui qui fait la Fête du cochon. Hayange est l’une des onze nouvelles villes conquise par le Front National lors des municipales de 2014. Ancien militant de Lutte Ouvrière et de la CGT,le jeune maire d’Hayange est devenu célèbre en se convertissant subitement à l’extrême-droite. Il est aussi très malin pour lancer des petites ou des grosses provocations qui font le beurre et le bonheur des médias qui viennent du monde entier dans cette ville de Moselle frappée par les politiques néo-libérales.