La queue basse, les fanfarons de l’anticommunisme se font discrets

LA CHUTE DE LA CHUTE DU MUR

Le

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« La prochaine fois, on fera mieux », Marx-Engels-Platz, Berlin

Le trentième anniversaire de la chute du mur de Berlin arrive sans tambour ni trompette. La queue basse, les fanfarons de l’anticommunisme se font discrets. Il a fallu le titre du Monde Diplomatique évoquant L’ANNEXION pour qu’ un Cohn-Bendit et quelques insurgés médiatiques s’agitent, mais au fond le coeur n’y est plus, le vent a tourné et les vestes aussi. À cela, plusieurs raisons : un néolibéralisme de plus en plus brutal et discrédité, un désastre climatique lié au productivisme et au consumérisme, une domination de l’extrême droite dans les Länder de l’ex-République démocratique allemande (RDA) tout ça ressemble au crépuscule d’une autre illusion. La leur. Celle d’il y a trente ans, celle de la fin de l’histoire, celle du capitalisme triomphant à jamais, sans autre alternative possible.

C’était la mondialisation heureuse, la gauche libérale s’y vautrait avec entrain. Faire entendre un bémol, une modeste dissidence, et vous voilà repeint en « rouge-brun » à la machine à café par les vrais journalistes de la rédaction. C’est ce qui nous est arrivé pour nos premiers reportages à Berlin, il y trente ans, lors de la chute du mur. Nous n’imaginions pas que nous nous lancions dans un sport de combat pour au moins les trente années suivantes. À l’époque, oser dire « oui, mais maintenant, qui est-ce qui va faire peur aux riches ? » ou encore, voir dans cet effondrement « l’avènement d’un temps sans promesses » faisait de vous l’équivalent de celui qui aujourd’hui aurait des complaisances affichées pour le djihad islamique.

Dans ces premiers reportages, c’était la parole des dissidents qui chagrinait le camp du bien, c’était la parole de ceux qui depuis des années se battaient de l’intérieur pour faire exister une autre voie, qui ne soit ni stalinienne ni capitaliste. C’était un vaste mouvement populaire contre la dictature, mais qui voulait aussi garder et développer les réussites sociales.

Des foules se réunissaient chaque lundi dans les églises, scandant le fameux « wir sind das Volk », d’abord à l’église Saint-Nicolas à Leipzig puis à travers le pays. On réclamait la liberté d’agir et de circuler mais surtout, nous disait Markus, un étudiant, « tout ce qu’on voulait, c’était réaliser les idéaux socialistes qu’on nous avait inculqués depuis l’enfance ».

Et c’est exactement ça qui fut écrasé par la chute du mur, voilà ce qu’il fallait absolument étouffer. C’est pourtant ce profond mouvement de l’intérieur qui a fait basculer l’histoire, et non pas le néolibéralisme triomphant. Encore aujourd’hui, pour beaucoup de ceux de l’Est, la chute du mur fut une révolution volée, et on peut voir dans cette dépossession une des causes du succès actuel de l’extrême droite dans la région.

C’était l’un de nos premiers « grands » reportages. Pour une émission qui devait être cousue de belles histoires, de voyages pittoresque dans le genre « étonnants voyageurs », c’était loupé. C’est surtout l’entretien avec l’écrivain Harald Hauser qui choquait. Cet ami de Bertolt Brecht disait que le communisme renaîtrait de ses cendres, tout comme le christianisme avait survécu à la Sainte Inquisition. Nous l’avions rencontré après une balade à Kreuzberg :

[RADIO] Balade à Kreuzberg [18 janvier 1990]
Reportage - Janvier 1990, retour à Berlin. Des milliers de pèlerins, marteaux et burins à la main, viennent du monde entier pour cogner sur le mur de Berlin.
(un reportage de Daniel Mermet et Giv Anquetil à Berlin, diffusé la première fois sur France Inter le 18 janvier 1990)

Soudain, des cris et des sirènes, un début d’incendie plus haut dans la rue. Une petite foule furieuse tentait de pénétrer dans le local de la Stasi pour récupérer des archives compromettantes. La monstruosité du contrôle de tous par tous allait masquer tout le reste. On n’irait pas plus loin dans le bilan des quarante années d’existence de la RDA. Une grande prison, un grand goulag, voilà tout. Tout était prêt pour applaudir la réunification grâce à la générosité de l’Ouest et de l’Europe. La page était tournée. Les millions de tonnes de gravats de la chute du mur allaient écraser toutes les issues et inhiber toutes les voix dissidentes durant des années. Comme toujours, les vainqueurs écrivirent l’histoire.

Mais aujourd’hui, trente ans plus tard, la fête est finie, la brutalité de la réunification a mis à nu la stratégie du camp néolibéral. On ne peut pas tout maquiller tout le temps. Il y a encore dix ans, pour le vingtième anniversaire en direct de Berlin, la direction de Radio France avait eu l’idée très originale d’inviter le philosophe BHL pour mettre en garde l’auditeur face à l’enfer totalitaire communiste, si jamais il le trouvait sur son chemin. Et peu importe que la bête immonde fut morte et enterrée depuis vingt ans, car son ventre est toujours chaud malgré le temps qui passe, comme vous devez le savoir. L’émission animée par Nicolas Demorand, avec Bernard Guetta et leurs invités, reste un moment d’anthologie où l’arrogance des justiciers se déboutonne sans vergogne.

À LIRE : Mathias Reymond, « BHL, Bernard Guetta et Nicolas Demorand sous le mur de Berlin », Acrimed, 16 novembre 2009

À Berlin, dans cette célébration unanime, à nouveau comme vingt ans auparavant, Là-bas faisait tache. Tache rouge naturellement. Voilà qui nous donna la chance de ne pas être invités aux agapes de la direction et de sortir boire avec des étudiantes berlinoises peu intéressées par ces commémorations et qui ignoraient jusqu’à l’existence de BHL. C’était pourtant une grande journée spéciale Radio France à Berlin, dont le président fit rapporter à grands frais un énorme morceau du mur qu’il fit installer triomphalement devant la maison de la Radio. Qui sait ce qu’est devenu cet encombrant trophée qui intriguait nos amis maliens qui passaient la cireuse dans nos couloirs ? C’était vingt ans après l’événement, mais le temps ne compte pas pour les défenseurs de la liberté et du rapprochement entre les peuples.

À quelques rares reporters près, aucun des collaborateurs de Radio France à cette grande journée n’était sorti de Berlin, voire de son hôtel, alors même que ce petit monde était censé faire comprendre les réalités allemandes à quelques millions d’auditeurs, pas forcément tous comblés par les fines analyses des deux Bernard, Guetta et Henri Lévy. À quoi pouvait ressembler la vie de ces « Ossies » (ceux de l’Est) en dehors du film Good Bye, Lenin ! ? Pas la moindre idée. Aussi nous voilà à Templin, ville natale d’Angela Merkel, dans l’ex-RDA. Et voilà quelques dames à peu près du même âge qu’Angela. Aimables et joyeuses, elles nous racontent leurs vies d’aujourd’hui et d’hier. Une fois enjambée la nostalgie, peu à peu elles dessinent ce qui fut leur vie quotidienne dans cette RDA. La tyrannie du pouvoir, l’enfermement, le contrôle permanent de la Stasi, voilà pour l’ombre, l’ombre lourdement portée. Mais ce n’est pas tout. Il y avait l’éducation gratuite, comme la santé, le logement, il y avait le travail garanti, l’absence de propriété, des projets écologiques, la place des femmes, la place des personnes âgées… certainement pas le paradis sur terre mais des expériences qui laissent entrevoir les possibilités d’un monde libéré du capitalisme. Des possibilités dont nous n’avons pas encore idée.

[RADIO] Les dames de Templin [09 novembre 2009]
Reportage - Quelle vie en RDA ? Certainement pas le paradis mais des expériences qui laissent entrevoir les possibilités d’un monde libéré du capitalisme.
(un reportage de Daniel Mermet et Giv Anquetil, diffusé la première fois sur France Inter le 09 novembre 2009)

À l’heure où nous découvrons ahuris l’ampleur du désastre où nous conduisent le productivisme et le consumérisme, ces expériences vécues méritent d’être mieux connues. Aujourd’hui, le mur est encore dans les têtes et le décalage reste important. Selon une étude récente, près de 60 % des « Ossies » se considèrent comme des citoyens de seconde zone, leur revenu est inférieur de 20 % par rapport à l’Ouest et le taux de chômage est le double [1].

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    Il le jure la main sur le cœur, il « ne savai(t) pas pour ces destructions d’espèces protégées ». De même, ses avocats nient toute implication de leur client. Le petit personnel (actuels et anciens régisseurs et gardes-chasses) accepte d’endosser tous les faits qui sont reprochés à leur milliardaire de patron, propriétaire du modeste domaine de Fontenaille (650 hectares à la La Ferté-Saint-Aubin) et confirme avoir agi à l’insu de leur patron…

    Mais rien à faire !

    Au tribunal d’Orléans, mardi 8 septembre, à l’issue de deux jours d’audience où Olivier Bouygues comparaissait pour « destruction d’espèces protégées en bande organisée », la procureure de la république Emmanuelle Bochenek-Puren n’a pas cru une seule seconde aux simagrées du milliardaire et a requis, étant donné l’abondance de « preuves matérielles », la peine maximale à son encontre, soit 5 ans de prison avec sursis et 750 000 euros d’amende avec interdiction d’exercer une activité en lien avec la chasse pendant cinq ans.

    « Je ne savais pas pour ces destructions d’espèces protégées. C’est dans l’ADN de notre groupe de déléguer, de faire confiance, j’ai fait ça sur nos chantiers, je fais ça sur mon domaine. Cela a été un choc quand j’ai appris ces faits, je leur ai passé un savon et aussitôt exigé que ces pratiques cessent. » (Olivier Bouygues)

  • GISCARD ÉTAIT UN FOU DE LA CHASSE, VRAIMENT FOU GISCARD : TIREZ LA CHASSE ! Abonnés

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    Un viandard, un obsédé de la chasse, un cinglé du sang chaud des bêtes, du faisan à l’éléphant, de l’ours à l’antilope, du buffle à la perdrix, partout dans le monde, de Chambord au Tibet, des forêts de Pologne au cœur de l’Afrique, il était hanté par une obsession : chasser, chasser, chasser ! Peu importe le protocole et les affaires du monde, d’abord, il fallait tuer. Non pas tuer, d’ailleurs, mais tirer. Il ne laissait pas les gardes achever les bêtes, il voulait tirer sans cesse. Et le lendemain, on trouvait dans les fourrés les bêtes tremblantes, encore dans leur agonie.

  • La lutte des chasses Oui, les milliardaires sont des nuisibles ! Abonnés

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    À l’université d’été de La France insoumise, la députée européenne Manon Aubry a affirmé « que taxer les riches, c’est pas suffisant. Et que si l’on veut être clair dans une société où on va remettre les choses à l’endroit, c’est qu’il ne faudra pas seulement taxer les riches, mais interdire les milliardaires. Parce que s’il n’y a plus de milliardaires, il n’y a plus personne qui détient les médias. S’il n’y a plus de milliardaires, il n’y a plus personne qui massacre la planète. (…) Si on regarde dans le détail, je veux vous convaincre aussi à quel point les milliardaires sont des formes de nuisibles. »

    Très bonne idée ! Interdire les milliardaires, c’est aussi protéger toute la faune chassée et pourchassée par les milliardaires dans leurs chasses de Sologne.

    Le procès qui s’ouvre les 7 et 8 septembre à Orléans contre le milliardaire et homme d’affaires Olivier Bouygues, pour destruction d’espèces animales protégées, en apporte une preuve éclatante.

    La Sologne est depuis longtemps le terrain de jeu des ultrariches. Abattre du gibier est le loisir préféré d’une petite trentaine de milliardaires qui ont ici leurs terres et leurs châteaux : Seydoux, Wertheimer, Bich, Vuitton, Provost, etc.

    Et donc aussi du milliardaire Olivier Bouygues, co-actionnaire du groupe qui détient TF1, Bouygues Telecom, Colas, Bouygues Immobilier, etc.

    Or les 7 et 8 septembre prochain, au tribunal correctionnel d’Orléans, six prévenus devront répondre devant la justice pénale et pas moins de 15 parties civiles, dont la Fédération départementale des chasseurs du Loiret, du délit de destruction d’espèces protégées en bande organisée.

  • Ségrégation scolaire. Le classement PISA accablant pour la France École en France, le choix de l’inégalité Abonnés

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    Réputée la plus inégalitaire de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), l’école en France ne fait que suivre l’augmentation des inégalités de patrimoine et de revenus qui atteignent leur plus haut niveau depuis trente ans. Inégalité sociale, linguistique, économique ou culturelle, la ségrégation scolaire s’installe dès l’école maternelle et persiste ; la pauvreté en France s’élève à 20 % pour les moins de 18 ans alors qu’elle atteint 15 % pour l’ensemble du pays.

  • Toujours au volant de son car scolaire OLIVE fait sa rentrée ! Les états d’âme de la glucksphère Abonnés

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    La question aura largement circulé tout l’été, des cocktails comme-il-faut de la gauche mondaine aux rédactions comme-il-faut de la presse mondaine : Léa Salamé doit-elle se retirer de l’espace médiatique le temps que son candidat de compagnon mène sa campagne électorale ? On a frémi, hésité, on a dansé d’un pied sur l’autre, l’air inspiré entre deux petits fours. Oui mais non, mais enfin si quand même, vous comprenez la déontologie tout ça. Les états d’âme de la gauche mondaine, c’est quand même quelque chose. Ami lecteur, je sais que la question te tourmente autant que moi, c’est-à-dire franchement pas du tout, aussi je propose de prendre un peu de hauteur. Et de formuler autrement cette question bénigne. Par exemple : de quoi le binôme Glucksmann-Salamé est-il le nom ? Question maligne.

    Alors, soyons bien d’accord tout de suite : si vous avez écouté attentivement ma dernière chanson, vous savez que je n’aime pas tirer sur les ambulances et cette chronique ne sera pas dédiée à dire du mal de Raphaël Glucksmann. D’ailleurs on va commencer par en dire du bien. Si. Car là où on reproche souvent aux hommes politiques leur roublardise et leurs effets de manche, reconnaissons au bonhomme une certaine droiture. Chez lui, le fond et la forme sont en phase : la forme est insipide, oui, mais le fond aussi est parfaitement vide. Du coup ça se tient. Il n’y a pas tromperie sur la marchandise. Si notre homme est beaucoup moins expressif qu’un calamar, c’est pour la très valable raison qu’il a beaucoup moins de choses à dire qu’un calamar – aucune esbroufe, c’est carré. Transparent. Ça matche, comme disent les joyeux et turbulents petits Tarn-et-garonnais que j’ai l’honneur de conduire tous les jours vers l’instruction publique.

  • Tony Gatlif (10.09.1948 - 02.09.2026), le réalisateur de « Gadjo dilo » et de « Latcho Drom », est mort à Arles à l’âge de 77 ans LATCHO DROM ! BONNE ROUTE ! Accès libre

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    C’est où ton pays quand t’en as plus ? Et quand t’en as jamais eu ? C’est quoi tes rues, tes saisons, tes odeurs, tes amours, ton école, ta boussole ? Tony Gatlif a la réponse : la musique. Voilà le pays qu’il nous fait aimer dans ses films, Latcho Drom, Gadjo dilo et tous les autres, des histoires différentes mais toujours dans la même patrie sans bord, celle des Gitans, Tsiganes, Roms, Manouches et celle de tous ceux qui ont des semelles de vent.

  • La vraie nature des cuistres L’entarteur Noël Godin s’est follement amusé Accès libre

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    Entartons ! Entartons les pompeux cornichons ! Noël Godin, le Belge aussi célèbre que Jean-Claude Van Damme et Plastic Bertrand comme il se présentait lui-même, est mort à Bruxelles ce dimanche 23 août à 80 ans. « L’anarchiste burlesque » qui a fait de la tarte à la crème une arme politique redoutable, bien au-delà de la blague potache, restera dans l’histoire celui qui, selon Pierre Desproges, a révélé « la vraie nature des cuistres ».

  • Bertrand Russell, un libre-penseur contre la propagande officielle Bien redémarrer avec Bertrand Russell ! Abonnés

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    ENDOCTRINER, ÉVANGÉLISER, MANIPULER.

    Les stratégies pour dominer les foules sont connues depuis longtemps.

    On peut aujourd’hui ajouter : INFORMER.

    Certes des contre-feux existent. Là-bas y tient sa place modeste [1]. Mais les forces sont inégales.

    La propagande, nouvelle méthode de gouvernement qui s’empare des armes des publicitaires, ne se contente plus d’interdire les positions dissidentes, elle les étouffe par la pression économique et la distorsion des preuves.

    Elle offre ainsi un avantage indu sur le terrain des idées à ceux qui concentrent pouvoir et richesse.

    De graves menaces pèsent sur la liberté de penser.

    C’était en 1922 l’avertissement visionnaire du philosophe britannique Bertrand RUSSELL (1872-1970), témoin privilégié de l’essor des techniques modernes de propagande, qui seront cyniquement décrites par Edward Bernays quelques années plus tard dans son PROPAGANDA.

    Une occasion de (re)découvrir le parcours et l’œuvre d’un des intellectuels les plus stimulants pour aujourd’hui.

    Chantal Santerre et Norman Baillargeon présentent le parcours de celui qui disait : « trois passions, simples mais irrésistibles, ont commandé ma vie : le besoin d’aimer, la soif de connaître, le sentiment presque intolérable des souffrances du genre humain ».

    Auteur de 70 livres et d’au moins 3 000 articles, académiques ou autres, il conseillait : « ne craignez pas d’être excentrique dans vos opinions, car chaque opinion aujourd’hui acceptée fut un jour excentrique. »

  • Arnaques sentimentales : un reportage de Charlotte Perry. PODCAST RADIO Les arnacœurs Abonnés

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    « C’est une vieille maladie honteuse
    Un sacré manque d’amour qui creuse
    Dans nos villes, dans nos campagnes
    Ça gagne… »

    Alain Souchon a mis les mots dessus, il y a presque 50 ans.

    La solitude colle à l’humanité comme son ombre, pleurer des rivières est notre plus ancien blues.

    Mais tout ça, c’était avant.

    Avant l’informatique et les réseaux qui ont permis de faire de la solitude un énorme business. On parle d’un « capitalisme de la solitude ». L’escroquerie aux sentiments engendre des milliards d’euros. L’université du Texas avance un chiffre de 65 milliards d’euros entre 2020 et 2024. Témoignages, enquêtes, reportages se multiplient. L’Afrique de l’Ouest prend sa revanche, les « brouteurs » capables de vous tondre jusqu’à l’os avec un simple portable chantent le bonheur de « niquer la France/depuis l’étranger ».

    On arnaque par le cœur, par le cul et par le fric.

    Pour pratiquer l’arnaque aux sentiments, vous pouvez trouver des kits de phishing sur Telegram entre 75 et 300 euros. Vous apprendrez à utiliser l’IA, vous apprendrez le « boomer trap », le piège à séniors. Des milliers se font piéger chaque année, parfois jusqu’à la ruine complète.

  • Tout un été Là-bas : que de l’amour ! La victoire de Zohran Mamdani, un laboratoire pour la gauche Abonnés

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    Dans ces jours qui n’en finissent pas de déchanter, la victoire de Zohran Mamdani à la mairie de New York le 4 novembre 2025 a été une formidable embellie. Crédité de 1 % un an auparavant, ce pétulant musulman est devenu le premier maire « socialiste » dans la plus grande ville américaine qui compte le plus de milliardaires au monde.

    Une brève éclaircie ou bien le début d’un durable contre-feu ?

    Enseignant à l’université Johns Hopkins, l’historien Tristan Cabello voit dans cette victoire un laboratoire pour la gauche.

    Alors que nos gauches s’entretuent avec application en offrant un boulevard aux réacs les plus déboutonnés, il y a là sans doute pour nous du grain à moudre, surtout à la veille des municipales.

    Gel des loyers, bus gratuits, crèches abordables.

    C’est en répondant aux galères populaires que Mamdani a réussi. Avec bien moins de moyens financiers, il a battu Andrew Cuomo, figure de l’establishment démocrate, le parti qui, en méprisant les préoccupations des modestes, a favorisé l’élection de Trump.

    Accusée bien sûr d’antisémitisme et de soutien du Hamas, toute la jeunesse de la communauté juive de New York a voté pour lui.

    Et surtout Mamdani a laissé tomber les « culture wars », les guerres culturelles, c’est-à-dire les conflits identitaires et moraux qui masquent un agenda économique pro-patronat. Des débats dont notre gauche culturelle se gave depuis longtemps, loin des soucis du populo beauf et mal élevé.

    Un entretien contre la déprime générale avec une surprise à la fin…

  • Tout un été Là-bas : que de l’amour ! Johnny Cash : « The Ballad of Ira Hayes » Abonnés

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    Connaissez-vous l’histoire d’Ira Hayes ? Né en 1923 dans la réserve indienne de Gila River, en Arizona, le jeune Ira Hayes s’engagea à 19 ans dans les Marines. Démobilisé après la fin de la Seconde guerre mondiale, Ira Hayes ne parvint jamais à se réinsérer dans la vie civile et mourut d’alcoolisme dix ans plus tard. L’histoire banale d’un soldat atteint de stress post-traumatique comme tant d’autres ? Pas tout à fait banale, puisqu’Ira Hayes est l’un des six soldats que l’on aperçoit lever le drapeau sur Iwo Jima le 23 février 1945, dans la fameuse photographie de Joe Rosenthal. Ce qui lui valut une gloire éphémère et un destin tragique auxquels le grand Johnny Cash consacra une ballade : La Ballade d’Ira Hayes.

  • Tout un été Là-bas : que de l’amour ! Les Américains sont-ils en train de lâcher Israël ? Accès libre

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    Mais que se passe-il aux États-Unis ? Les New-Yorkais élisent un maire qui qualifie Israël d’État d’« apartheid » et la guerre à Gaza de « génocidaire ». L’influenceuse d’extrême droite Candace Owens invite dans son podcast Norman Finkelstein, l’auteur de L’Industrie de l’Holocauste très critique de l’ « exploitation » par Israël de la souffrance des juifs. L’ancien présentateur star de Fox News, Tucker Carlson, proche de Trump, reçoit pendant plus de deux heures John Mearsheimer, universitaire remarqué pour son ouvrage Le Lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine, qui dénonce « l’orientation de la politique étrangère américaine » par des organisations comme l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC).

  • Tout un été Là-bas : que de l’amour ! Pour une nouvelle abolition des privilèges Abonnés

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    Alice de Rochechouart, c’est la grande noblesse, les grandes écoles, les grands moyens et pourtant elle part en guerre contre les privilèges. Ceux d’aujourd’hui, ceux qui n’ont pas été abolis en 1789, ceux qui n’ont fait que prospérer depuis.

    Oui, souvenez-vous, le quatorze juillet, le peuple avait pris la Bastille mais il voulait plus, il voulait l’égalité et d’abord du pain. Alors dans son élan, il a ouvert la chasse au noble. La vraie chasse. Et d’eux-mêmes, comme par enchantement, dans la fameuse nuit du quatre août, les nobles ont dit d’accord, et ils ont aboli leurs privilèges, d’accord, fini le régime féodal.

    Une victoire et même une révolution. Mais les racines étaient profondes, d’autres privilèges sont apparus, des espèces souvent inconnues. On a beau couper et arracher, ça repousse.

    Aujourd’hui, les inégalités sont plus monstrueuses que jamais et le plus monstrueux, c’est tout ce qui réussit à nous faire encaisser les privilèges d’aujourd’hui. En soutenant l’extrême droite dans sa marche vers le pouvoir, les grandes fortunes entendent légitimer et augmenter leurs gentils privilèges.

    Alors ? L’impuissance a gagné, on a renoncé ?

    Pas Alice de Rochechouart. C’est ce qu’elle explique à Marième.

    Tremblez privilégiés, vos jours sont comptés !

Une sélection :

Rencontre avec Francesca Albanese qui publie son rapport sur la torture en Palestine (vidéo et radio. Durée : 24’53) Francesca Albanese : « Israël a reçu un permis de torturer les Palestiniens » Accès libreVoir

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Cages de fer, attaques de chiens, tortures à l’électricité, viols collectifs avec matraques ou barres de fer, intestins éclatés…

À Genève, le 21 mars, la rapporteuse spéciale des Nations unies pour les territoires palestiniens occupés FRANCESCA ALBANESE a présenté son dernier rapport « TORTURE ET GÉNOCIDE » dans les territoires palestiniens occupés.

Pas seulement bavure ou revanche, mais méthode systématique contre les Palestiniens dans les prisons mais aussi hors des lieux de détention, y compris sur des mineurs. Il ne s’agit pas d’une dérive mais d’une logique qui s’exerce sur les corps comme sur les conditions de vie.

Le rapport précise : « la torture est une caractéristique structurelle du génocide en cours commis par Israël et, plus largement, de l’apartheid colonial de peuplement ».

« Fils de pute », « enculé » Accès libreLire

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À sept reprises en moins de six minutes, en direct et en public, le 19 décembre 2025, le député d’extrême droite Charles Alloncle a répété « fils de pute », « enculé » dans le cadre de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public dont il est le rapporteur. Des termes rarement usités dans un cadre officiel qui lui ont valu des milliers de messages dans les réseaux d’extrême droite et dans tous les médias appartenant au milliardaire Vincent Bolloré.

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Ignorance et ressentiment permettent toutes les manipulations et tous les chantages. Les partisans du génocide n’hésitent pas à instrumentaliser la mémoire juive pour accuser d’antisémitisme la moindre solidarité pour le peuple (…)