Monsieur Macron, prenez un quart d’heure pour recevoir Karima ! Un reportage de Gaylord Van Wymeersch

Karima la Galère veut rencontrer Jupiter Abonnés

1

Le

« Faire plus pour ceux qui ont moins. » C’est Macron qui a dit ça en présentant son « plan pauvreté ». Mais qui croit encore la com’ du président des riches, à part Karima ? Karima, c’est la galère, Karima, c’est la misère, mais son idée fixe, c’est de rencontrer Macron, rencontrer Jupiter. Depuis des années, elle lui écrit, elle téléphone à l’Élysée, c’est son combat. On la connaît dans son quartier, on l’encourage. Nous aussi. C’est vrai, ça, Monsieur Macron, ça vous coûterait quoi de recevoir Karima ?

Un reportage de Gaylord Van Wymeersch [38’40] :

[EXTRAIT] Karima la Galère veut rencontrer Jupiter

(photo : Benoît Tessier / Reuters)

« Faire plus pour ceux qui ont moins. » Bien sûr, personne ne croit le président des riches. Il fait cadeau de trois milliards d’euros d’ISF (impôt de solidarité sur la fortune) aux 300 000 riches et là, avec son « plan pauvreté », ce sera deux milliards pour les 9 millions de pauvres. Comment peut-on le croire ?

Neuf millions de pauvres en dessous du seuil de pauvreté (1 015 euros mensuels), dont 19 % de moins de 18 ans [1]. Macron, c’est le vrai larbin des rupins. Fidèle valet, il s’empresse de rassurer le « premier de cordée » : « tirer sur la corde pour qu’il monte moins vite n’aidera pas ceux qui restent en bas [2] ». Le voilà rassuré.

Les 21 milliardaires qui possèdent autant que les 40 % les plus pauvres peuvent dormir tranquilles, la France est le pays au monde où les milliardaires s’enrichissent le plus vite [3]. Depuis le début de cette année 2018, la fortune des deux Français les plus riches, Bernard Arnault et François Pinault, a augmenté de 20 milliards d’euros [4]. Eh, il en faut de l’engrais pour qu’un cochon grossisse autant ! Macron, qui croit encore ce gars-là ? Plus personne sauf Karima.

Dans la galère, dans la misère, Karima appelle l’Élysée, envoie des lettres recommandées. Depuis des années, c’est son combat. Là, bon, il est un peu débordé, mais aucun doute, cet humaniste engagé contre la pauvreté va trouver un quart d’heure pour recevoir Karima. Quoi, vous en doutez ?

Programmation musicale :
- Didier Super : Y’en A Marre Des Pauvres
- Lacraps : Bleu de travail

Abonnez-vous pour accéder à tous nos contenus, c’est très simple !

Depuis 1989 à la radio, Là-bas si j’y suis se développe avec succès aujourd’hui sur le net. En vous abonnant vous soutenez une manière de voir, critique et indépendante. L’information a un prix, celui de se donner les moyens de réaliser des émissions et des reportages de qualité. C’est le prix de notre travail. C’est aussi le prix de notre indépendance, pour ne pas être soumis financièrement aux annonceurs, aux subventions publiques ou aux pouvoirs financiers.

Je m'abonne J'offre un abonnement

Déjà abonné.e ?
Identifiez-vous

C'est vous qui le dites…Vos messages choisis par l'équipe

Les bouquins de LÀ-BASLire délivre

  • Voir

    La bibliothèque de LÀ-BAS. Des perles, des classiques, des découvertes, des outils, des bombes, des raretés, des bouquins soigneusement choisis par l’équipe. Lire délivre...

    Vos avis et conseils sont bienvenus !

Dernières publis

Une sélection :

Avec le sociologue François Héran qui publie « Lettre aux professeurs sur la liberté d’expression » (La découverte) Les islamo-gauchistes mangeront-ils nos enfants ? Rencontre avec François Héran (1/2) AbonnésVoir

Le

Suite à l’assassinat de Samuel Paty en octobre 2020, le sociologue et démographe François Héran professeur au Collège de France a adressé une [Lettre aux professeurs sur la liberté d’expression-C’est la base du livre qu’il publie à la Découverte. >https://www.editionsladecouverte.fr/lettre_aux_professeurs_sur_la_liberte_d_expression-9782348069277] (La Découverte, 2021).Alors que les caricatures qui désacralisent le religieux sont devenues sacrées, il rappelle que la liberté d’expression peut inclure des formes choquantes ou inutilement blessantes et que les caricaturistes a ce sujet, ne sont pas d’accord entre eux sur les limites de leur travail. Il évoque trois dessinateurs de Charlie Hebdo : Charb, Cabu et Pétillon. Dans un débat miné, où le courage de la nuance est plus que rare, ses explications sont essentielles.

Entretien avec le sociologue François Héran (2/2), qui publie « Avec l’immigration. Mesurer, débattre, agir » (La Découverte) Migrants, cadavres en morceaux… AbonnésVoir

Le

Choquant, provoquant, mais réel. Depuis des années, les habitants de Zarzis, sur la côte tunisienne, recueillent comme ils peuvent les corps des migrants noyés en Méditerranée. 20 000 morts depuis 2014. Une forte augmentation suite au Covid. À Zarzis, il faut déjà agrandir le cimetière des 600 tombes de ces soldats inconnus de la guerre économique.

Rencontre avec Caroline Fiat, députée La France Insoumise de Meurthe-et-Moselle. Caroline Fiat : une aide-soignante à l’Assemblée AbonnésVoir

Le

Conviction et sincérité. Voilà ce que les personnages politiques imitent plus ou moins bien. Plus ou moins camelots, plus ou moins malins. Rien de tout ça avec Caroline Fiat. Suffit de la voir à l’Assemblée, quand elle prend la parole, c’est sans les gants. Elle est la première aide-soignante élue députée. Devant la nouvelle vague de la pandémie, elle a décidé de reprendre le boulot au CHU de Nancy tout en assurant son travail de députée. C’est là que nous sommes venus la voir. Mais attention, pas question de faire la vedette...

CHAQUE SAMEDI, LES SEXPLORATEURS (9) | Podcast et belles images Moi j’aime l’amour qui fait mal Accès libreÉcouter

Le

« Fais-moi mal, Johnny, Johnny, Johnny, moi j’aime l’amour qui fait boum ! » Bien sûr, la chanson de Boris Vian était parodique, mais la géniale interprétation de la splendide Magali Noël disait tout autre chose. Sortie en 1956, la chanson fut bien sûr interdite sur la radio nationale, ce qui contribua à son succès. Les infaillibles censeurs avaient immédiatement mesuré la retentissante subversion de cette balade sur la mince frontière entre la douleur et le plaisir. De nos jours, soixante ans plus tard, la ménagère se fait livrer cravache, paire de menottes et plug anal par Amazon. La perversion n’est plus ce qu’elle était, mais le mystère reste entier. Qui aime bien châtie bien. Nos deux « sexploratrices », Anne et Élisa, sont allées voir de plus près.