Coronavirus : journal de bord du confinement

Jour zéro : dernière soirée avant le nouveau monde Abonnés

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« Wake up, time is running out » (Réveillez vous, il reste peu de temps !). Photo : Gaylord Van Wymeersch/Là-bas si j’y suis.

Dans son allocution hier soir, le Président a multiplié les injonctions contradictoires et les formules guerrières (il a prononcé six fois « nous sommes en guerre ») sans jamais prononcé le mot de « confinement ».

Il aura fallu attendre que le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, lâche le mot et fasse le sale boulot. Désormais face à l’épidémie de Coronavirus nous serons confinés. Pour 15 jours... au minimum.

Alors dans la nuit du lundi 16 au mardi 17 mars, l’équipe de Là-bas si j’y suis a sorti le micro par la fenêtre. Notre reporter Gaylord Van Wymeersch a passé la dernière soirée avant confinement, juste en bas de chez lui, entre Belleville et la porte des Lilas. Dernier jour avant le nouveau monde :

[EXTRAIT] Jour zéro : dernière soirée avant le nouveau monde

Finalement, un soir comme les autres dans ce quartier du 19e arrondissement de Paris, où tout le monde semble ne pas vouloir respecter le couvre-feu : « Nique le confinement et nique l’État ».

Bien évidemment, nous relayons quant à nous l’appel unanime des médecins : restez chez vous et écoutez Là-bas.


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journaliste : Gaylord Van Wymeersch
réalisation : Sylvain Richard

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SANTÉ PUBLIQUE. DÉCONFINEMENT. OÙ EN SONT LES PROMESSES DE MONSIEUR MACRON ? SOIGNANTS : APRÈS LES BRAVOS, LE MÉPRIS AbonnésVoir

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Bravo nos héros, show-biz et trémolos, merci, merci, bravo, bravo. Et après ? Et maintenant ? Où en sont les promesses de Monsieur Macron ? Le grand plan d’investissement massif ? Les soignants se sont dépassés, beaucoup ont payé de leur santé et même de leur vie. Pendant des semaines et avec succès, ils ont réussi à faire passer la santé avant l’intendance. Oui, bravo. Mais aujourd’hui ? Pas de réponse. Pourtant, Monsieur Macron avait promis ?

« Mépris et trahison ». Voila ce que balance le collectif Inter-hôpitaux à l’heure du déconfinement. Voilà des mois que ces soignants sont à fond dans une lutte qui dure depuis des années pour sauver l’hôpital public des griffes de la logique marchande. Nous les avons rencontrés à l’heure du déconfinement.

Profitant de l’émotion générale pour amadouer un pays qui le rejette, Macron et ses communicants ont poussé encore un peu plus loin le bouchon du cynisme. Avant d’évoquer « les jours heureux », ce destructeur obstiné du modèle social français s’est transformé en brave militant d’Attac pour faire l’éloge de l’État-providence : « ce que révèle d’ores et déjà cette pandémie, c’est que la santé gratuite sans condition de revenu, de parcours ou de profession, notre État-providence ne sont pas des coûts ou des charges mais des biens précieux, des atouts indispensables quand le destin frappe. »

L’île du droit à la caresse Accès libreÉcouter

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Nous nous évitons, nous nous méfions des autres, l’enfer, c’est les autres. Gardez vos distances. On ne sait quel crétin officiel a trouvé l’expression « distance sociale ». Comment retrouver la fusion de la manif, les grappes humaines du « tous ensemble », la grande partouze de la lutte après ça ? En attendant, pour rebondir, voici une histoire d’île et de caresse.