Violence faite aux femmes. Récit d’une « TONDUE » (2003)

Jean Rochefort et la tondue

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Jean Rochefort et Mandoline [03 décembre 2003]

21 520 personnes à ce jour ont signé la pétition demandant à Dieu « le retrait immédiat de la mort de Jean ROCHEFORT » survenue le 09 octobre dernier. Une bonne occasion pour Dieu, s’il obtempère, de ramener à lui par millions les brebis égarées que nous sommes. À cette occasion est ressorti un document de 2004 où Jean ROCHEFORT évoque un souvenir violent à la Libération, une femme mise à nu et tondue sous ses yeux de gamin. Il s’adresse à ces femmes, des « mémères » aujourd’hui comme il dit avec tendresse.

Nous en avions rencontré une en 2003, MANDOLINE, qui avait voulu pour la première fois à 81 ans raconter son histoire. Au moins 20 000 femmes furent ainsi tondues à la Libération, la plupart ont caché toute leur vie cette torture morale et physique tout comme aujourd’hui, celles qui dénoncent leurs agresseurs, leur PORC. Voici l’histoire de SIEGFRIED et MANDOLINE. Merci à Jean ROCHEFORT et merci par avance à DIEU. Si, si…

« Traînée, pouffiasse, paillasse à boches ! » À la Libération, plus de 20 000 femmes accusées sans preuve de « collaboration horizontale » furent tondues en public un peu partout en France. Les exécutants, juges et bourreaux, étaient souvent des combattants de la 25ème heure, des faux résistants d’une rare veulerie. En 1964, l’hommage de Brassens à la TONDUE fit scandale. Comme Jean ROCHEFORT, il n’avait pas osé intervenir. Il avait juste ramassé une mèche de cheveux qu’il avait mise à sa boutonnière. Brassens était fier de n’avoir mérité aucune décoration mais, disait-il, « j’ai ma rosette à moi, c’est un accroche coeur. »

Une émission diffusée la première fois le 03 décembre 2003 sur France Inter.

16 août 1944, rue Collin-d’Harleville, à Chartres (photo : Robert Capa © International Center of Photography / MAGNUM PHOTOS)

Montélimar, 20 août 1944

Marcelle Polge a été fusillée le 02 octobre 1944 à Nîmes, après avoir été tondue. Son cadavre a été mutilé, un manche à balai planté dans le vagin.

Les tondues de la Gironde, 29 août 1944

France, 1944

Programmation musicale :
- Zarah Leander : Sag’ mir nicht Adieu
- Georges Brassens : La Tondue

reportage : Claire Hauter
journaliste : Daniel Mermet
réalisation : Antoine Chao et Khỏi Nguyen

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Voir aussi

-  La France "virile" : des femmes tondues à la Libération, un livre de Fabrice Virgili (Payot et Rivages, 2000)

- Les tondues : un carnaval moche, un livre d’Alain Brossat (Manya, 1992)

- Comprenne qui voudra, un poème de Paul Éluard (in Au rendez-vous allemand, 1994)

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