LES GRANDS REPORTAGES DE LÀ-BAS. DOSSIER HIROSHIMA.

HIROSHIMA, 6 Août 1945. L’HUMANITÉ DEVIENT CAPABLE DE SE DÉTRUIRE ELLE-MÊME

Le

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L'annonce de la reddition du Japon aux Etats-Unis (document muet)
par Là-bas si j'y suis

HIROSHIMA, 6 AOÛT 2019
Anniversaire du 6 Août 1945. Le maire de HIROSHIMA appelle le Japon à signer le traité de l’ONU sur l’interdiction de l’arme atomique. Approuvé en 2017 par 122 pays, signé par la moitié d’entre eux, ce traité a été rejeté par TOUTES les puissances nucléaires, dont la France. L’occasion de retrouver notre dossier HIROSHIMA.
Depuis la naissance du monde, l’homme a eu peur de la fin du monde, mais le 6 aout 1945, pour la première fois, l’humanité est devenue capable de se détruire elle-même. Les causes en sont idéologiques et politiques et sont les mêmes que celles qui aujourd’hui entrainent la destruction de la planète comme si Hiroshima ne nous avait rien appris.
Au printemps 1945, avant Hiroshima, une soixantaine de villes japonaises ont été bombardées par des bombes incendiaires au napalm, faisant des centaines de milliers de victimes. Dans la seule nuit du 10 mars 1945, 125 000 civils furent tués dans le bombardement de Tokyo.
À la tête de ces opérations, le général d’armée Curtis LeMay, qui s’était donné comme but de « ramener le Japon à l’âge de pierre », déclarait : « Nous avons intérêt à gagner, sinon nous serons condamnés pour crime de guerre. » Son pays a gagné et comme toujours c’est le vainqueur qui a raconté l’Histoire. La capitulation du Japon qui a suivi les bombardements de Hiroshima et de Nagasaki a entraîné des scènes de liesse formidable aux États-Unis. La presse a salué la prouesse scientifique, Le Monde du 08 août 1945 annonçait « une révolution scientifique ».

Une du Monde, 8 août 1945

Mais il y eut aussi des voix discordantes, comme celle d’Albert Camus dans son éditorial du 08 août 1945 dans Combat :

« Le monde est ce qu’il est, c’est-à-dire peu de chose. C’est ce que chacun sait depuis hier grâce au formidable concert que la radio, les journaux et les agences d’information viennent de déclencher au sujet de la bombe atomique. On nous apprend, en effet, au milieu d’une foule de commentaires enthousiastes que n’importe quelle ville d’importance moyenne peut être totalement rasée par une bombe de la grosseur d’un ballon de football. Des journaux américains, anglais et français se répandent en dissertations élégantes sur l’avenir, le passé, les inventeurs, le coût, la vocation pacifique et les effets guerriers, les conséquences politiques et même le caractère indépendant de la bombe atomique. Nous nous résumerons en une phrase : la civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie. Il va falloir choisir, dans un avenir plus ou moins proche, entre le suicide collectif ou l’utilisation intelligente des conquêtes scientifiques. »

Aujourd’hui, selon une récente enquête du Pew Research Center, encore 56% des États-uniens considèrent que « les bombardements étaient justifiés ». En forçant le Japon à capituler, la bombe atomique permettait d’épargner les vies de milliers de soldats américains. Combien ? 500 000 ?

La bombe, c’était la fin de la guerre. En somme, la bombe atomique c’est la paix. D’autres arguments furent avancés dont la lutte contre l’autre ennemi, l’URSS, qui s’apprêtait à prendre le contrôle de la région. La polémique persiste aujourd’hui, même si selon la même enquête, 40% des jeunes Américains de 18 à 29 ans ignorent tout sur Hiroshima.

Dans ses mémoires, le général Dwight Eisenhower, ancien président des États-Unis, fait part, dit-il, « de la gravité de mes doutes. D’abord sur la base de ma conviction que le Japon était déjà battu, et donc que l’utilisation de la bombe était complètement inutile. Ensuite, parce que je pensais que notre pays devait éviter de choquer l’opinion mondiale en utilisant une arme qui, à mon avis, n’était plus indispensable pour sauver des vies américaines. »

De la même manière, le chef d’état-major, l’amiral William Leahy, un partisan du New Deal, écrivit : « Les Japonais étaient déjà battus et prêts à capituler. L’usage de cette arme barbare à Hiroshima et à Nagasaki n’a apporté aucune contribution matérielle à notre combat contre le Japon. Les États-Unis, poursuivit-il, en tant que premier pays à utiliser cette bombe ont adopté des normes éthiques semblables à celles des barbares du Haut Moyen-Âge. » (Le Monde Diplomatique, août 1990.)

En combattant le mal par le mal, les États-Unis se mettaient sur le même plan que les dictatures qu’ils combattaient. Pour celui qui avait pris l’ultime décision, le président Harry Truman, c’était « la plus grande chose de l’Histoire. »

Rencontre avec ces HIBAKUSHAS, les derniers survivants qui furent très longtemps relégués et stigmatisés au Japon. Ce jour-là, ils étaient enfant ou adolescent. Ils étaient près de ou à Hiroshima même. Ils ont vu le soleil tomber, et se souviennent.

Daniel MERMET

À écouter, une série de trois reportages de Daniel MERMET et Giv ANQUETIL à Hiroshima (mai 2011).

Hiroshima (1) [17 mai 2011]

« Le ciel bleu d’août brillait sans un nuage. À une altitude extraordinaire, un bombardier B-29 apparut, étincelant comme l’argent. Il semblait voler très lentement, en direction d’Hiroshima. [...] À cet instant, un éclair éblouissant me frappa à la face et me transperça les yeux. Une chaleur violente s’abattit sur mon visage et mes bras. En un instant, je me retrouvai au sol, le visage dans les mains, essayant instinctivement de fuir au-dehors. Je pensais y trouver des flammes, mais je ne vis que le ciel bleu entre mes doigts. Les feuilles ne bougeaient pas d’un pouce. Je regardai alors en direction d’Hiroshima. »

Extrait de Little boy, récits des jours d’Hiroshima, du Docteur Shuntaro Hida. Lecture Yuki Tahata

Programmation musicale :
- Robert Wyatt : Foreign

L’après-midi du 6 août, à à 300m de l’hypercentre. (Dessin : Kenichi Nakano)

Hiroshima (2) [18 mai 2011]

« Une colonne de flammes jaillissait. Sa tête se masquait sous un nuage énorme. Elle s’éleva de plus en plus haut dans le ciel, comme si elle voulait franchir le firmament lui-même. Soudainement, un frisson me parcourut le dos et une peur étrange m’envahit. "Qu’est-ce que c’est ? A quoi suis-je en train d’assister ? " J’avais devant les yeux un phénomène inconnu, un événement inédit, et toute l’expérience des mes vingt-huit années d’existence ne m’était d’aucun secours. »

Extrait de Little boy, récits des jours d’Hiroshima, du Docteur Shuntaro Hida

Programmation musicale :
- Charles Mingus : Oh Lord don’t let them drop that atomic bomb

Une mère court avec son enfant. Le 7 août, 8h du matin, à 1km de l’hypercentre. (dessin : Yasuko Yamagata)

Hiroshima (3) [19 mai 2011]

« Pour la seconde fois, l’obscurité est tombée et il me semble que moi-même je passe la porte de la nuit. Peu à peu ma capacité de ressentir l’immensité du désastre s’est émoussée. On s’habitue à tout, même à l’horreur. A la fin du deuxième jour, nous les survivants d’Hiroshima, nous nous sentons déjà chez nous dans cet empire du chaos et du désespoir. »

Extrait de Hiroshima, 54 jours d’enfer, journal du Dr Michihiko Hachiya

Programmation musicale :
- Ishiji Asada : No More Atomic Bombs
- Fukushima Dub : Decontamination Mix
- Sons of the pioneers : Old Man Atom

Scène de désastre à Hiroshima (Dessin : Genzaburo Oka)

Nouvelle version d’une série de reportages de Là- bas si j’y suis au Japon diffusés les 17, 18 et 19 mai 2011.

reportages : Daniel MERMET et Giv ANQUETIL
traduction : Atsuko USHIODA et Yuriko NISHININAKA
lecture de Little boy : Yuki TAHATA
réalisation : Khoï N’GUYEN et Franck HADERER

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    Pourquoi privatiser les Aéroports de Paris ? Pourquoi offrir une telle machine à cash aux actionnaires ? Pourquoi vendre un « bijou de famille » construit avec les impôts des Français ? Les enquêtes d’opinion indiquent que 2/3 des Français sont opposés à cette privatisation. Ils n’ont pas oublié l’énorme arnaque de la privatisation des autoroutes et ils savent bien dans leur vie, autour d’eux, les dégâts entrainés par les privatisations depuis des années.

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    Salle d’audience 2.05 du tribunal de grande instance de Paris, à la porte de Clichy. « Vous trouverez facilement, c’est la cour des miracles », nous glisse un avocat. C’est tous les jours de la semaine, à 9h et 13h30, et c’est ouvert au public. Ici, vous ne risquez pas de voir Cahuzac ou Balkany, pas de cols blancs ni de barons voleurs, c’est la justice des pauvres, expéditive, violente, ici, c’est la misère qui comparaît.

    Selon une étude de 2008, la plus récente à ce sujet, 68,7 % des prévenus jugés en comparution immédiate sont sans ressources ou avec des ressources faibles.

    Et pas besoin de grands chiffres pour le savoir : il suffit de lire les récits de Dominique Simonnot, tous les mercredis, dans Le Canard enchaîné. L’année dernière, cette procédure de justice directe a été massivement utilisée contre les « gilets jaunes » : plusieurs centaines d’entre eux, arrêtés et placés en garde à vue le samedi, ont été jugés en comparution immédiate le lundi.

    Alors qu’un fossé se creuse entre l’institution judiciaire, de plus en plus perçue comme un instrument de sauvegarde de l’ordre social, et les citoyens, nous avons passé une journée ordinaire dans cet endroit loin du paradis. Pas de caméra, pas de photos, pas de micro, téléphone éteint : juste un crayon et du papier.

  • Chaque vendredi, la revue de presse indispensable ! Didier Porte essaie d’élever le débat grâce à Louis Sarkozy (mais c’est pas gagné) Abonnés

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    Prépare-toi à ressentir une joie intense, ami abonné avec un bon fond (il en reste) – et qui n’estime pas que son passage sur terre doit obligatoirement être consacré à me crier dessus – car il semblerait bien que notre ami Nicolas Sarkozy ait décidé de saturer le terrain médiatique de son épuisante omniprésence, au moins jusqu’aux municipales, juste histoire d’être sur le coup en cas de vacance du pouvoir ; en clair, il se verrait bien dans les souliers cloutés de ce bon Monsieur Thiers, donnant aux CRS versaillais l’ordre de fusiller au Flash-Ball des dizaines de milliers de retraités en gilet jaune affamés.

  • IL EST OÙ LE BONHEUR ? Un entretien de Daniel Mermet avec François Ruffin FRANÇOIS RUFFIN, LEUR ÉCOLOGIE ET LA NÔTRE Abonnés

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    À la suite de l’arrêt de travail soudain d’agents SNCF le 18 octobre, engagé après un accident de TER, la ministre du Travail Muriel Pénicaud a affirmé sur France Inter, radio de service public, que ceux-ci ne pouvaient légalement invoquer leur droit de retrait comme ils l’avaient fait et que le code du travail, à ce sujet, était clair. Problème : sa citation de la loi était fausse.

  • Avec Gérard Filoche Macron fait payer les mesures « gilets jaunes » par la Sécu ! Abonnés

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