Avec Éric Hazan, qui publie « Le tumulte de Paris » (La Fabrique)

Éric Hazan : « Le danger, c’est que la Commune perde son sens révolutionnaire pour devenir une image d’Épinal » Abonnés

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Maximilien Luce, Une rue de Paris en mai 1871, huile sur toile, 151 × 225 cm, entre 1903 et 1906

[EXTRAIT] Éric Hazan : « Le danger, c’est que la Commune perde son sens révolutionnaire pour devenir une image d’Épinal » [RADIO]

À Belleville, dans les rues où se tenaient les dernières barricades de la Commune de Paris, l’écrivain et éditeur Éric Hazan rend hommage aux insurgés, et remet les récupérateurs de mémoire à leur place.  

Cent-cinquantenaire de la Commune oblige, la maire de Paris, Anne Hidalgo, a décidé de commémorer l’événement en grande pompe, à grand renfort de cérémonies officielles, du 18 mars au 28 mai. Le programme a même un nom : « Nous la Commune ! », et il a été vigoureusement dénoncé par les élus de droite au conseil de Paris… « Nous », vraiment ? Il ne faudrait pas que la mémoire de la Commune de Paris, à l’occasion de cet anniversaire, passe pour lisse, neutre, et finalement consensuelle.

Éric Hazan, l’éditeur de La Fabrique, passionné de Paris et de l’histoire des révolutions, s’applique à lui rendre son sens vraiment subversif. Fin connaisseur de la Commune de Paris, il fait resurgir des rues de Belleville, le quartier où il réside dans le XXe arrondissement, les souvenirs et les mots des insurgés qui s’y sont battus, aux derniers jours de la Semaine sanglante (la répression des communards par l’armée versaillaise, qui a fait 20 000 morts) : Louise Michel, Prosper-Olivier Lissagaray, Jules Vallès… Le meilleur piéton de Paris (il n’y a qu’à lire son chef-d’œuvre L’invention de Paris, ou dernièrement Le tumulte de Paris pour s’en convaincre) marche d’un pas décidé. Les lieux qu’il arpente sont chargés de sens : les rues Ramponeau et de la Fontaine-au-Roi se disputent l’honneur d’avoir abrité la dernière barricade de 1871, tandis qu’aux fenêtres du café La Vielleuse, rue de Belleville, Vallès faisait le coup de fusil contre les Versaillais. Du présent au passé, le fil (rouge comme le drapeau de la Commune) est renoué. 

Un reportage de Mathieu Dejean avec Éric Hazan, éditeur, auteur du livre Le tumulte de Paris, (La Fabrique, 2021).

Programmation musicale :
- Michèle Bernard : Oh comme ils ont rêvé
- Les Quatre barbus : La Semaine sanglante
- Groupe 17  : L’Insurgé
- Cora Vaucaire : Le Temps des cerises

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reportage : Mathieu Dejean
réalisation : Sylvain Richard

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Dossier : [VIDÉO] Célébration de la Commune : enfin au bout de 150 ans, les Communards font reculer les versaillais !

1 minute 35 de bonheur ! Ça dure 1 minute 35, regardez : « CASSEZ-VOUS ! CASSEZ-VOUS, VERSAILLAIS ! » Et en effet, les flics s’en vont ! Place de la République, samedi 29 mai, on célèbre les 150 ans de la Commune de Paris. Alors que tout est prévu, convenu, autorisé, alors que tout est calme, les flics de Darmanin s’apprêtent à cogner et à gazer sans la moindre raison. « LIBERTÉ, À BAS LES VERSAILLAIS ! » Et finalement, ils reculent assez piteux, images bien rares dans Paris. Une petite scène symbolique bien sûr, et qui donne raison à un certain Marx (Karl) qui affirmait : « les grands évènements se répètent deux fois, la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce ». Oui mais, par cette magnifique journée de retrouvailles de République au mur des Fédérés, on a vu là le signe annonciateur du grand rebondissement !

Voir le dossier

Voir aussi

-  Éric Hazan, Le tumulte de Paris, Paris, La Fabrique, 2021

- Éric Hazan, La Barricade. Histoire d’un objet révolutionnaire, Paris, Autrement, 2013

- Prosper-Olivier Lissagaray, Histoire de la Commune de 1871, Bruxelles, Henri Kistemaeckers, 1876

-  Louise Michel, Mémoires. 1886, Paris, F. Roy, février 1886

- Jules Vallès, L’Insurgé, Paris, Georges Charpentier, 1886

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Frédéric LORDON publie« Figures du communisme » aux éditions La Fabrique. Un entretien en deux parties Frédéric Lordon, le capitalisme nous détruit, détruisons le capitalisme (1/2) AbonnésVoir

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Il est remonté Lordon, et son bouquin vous remonte, un vrai coup de printemps dans cette odeur de renfermé et de renoncement flageolant. Angoisse, précarité, inégalités, réchauffement, asphyxie et maintenant pandémie. Ça fait beaucoup et c’est clair, le capitalisme détruit nos vies. On peut essayer de lui limer les griffes, lui mettre du caoutchouc sur les crocs, lui apprendre à manger de la salade, lui faire des petits bisous, il s’en fout. On en voit à gauche tout penauds, qui négocient comme au temps de l’esclavage on aurait négocié la longueur de la chaîne et le poids des boulets. Il faut choisir : ou bien on dit « un autre capitalisme est possible » et on le réforme et on le corrige et on lui trouve des chouettes idées et on le renforce. Ou bien on comprend qu’il nous mène au désastre général et qu’il faut tout changer. Tout en profitant de la période qui finit, celle du développement matériel, à nous d’inventer enfin l’histoire du développement humain. Voilà qui vous remet de l’air dans les bronches !

« On lâche rien », c’est eux qui chantent ça, les larbins du capitalisme, tous en chœur dans leurs Covid parties, on lâche rien sauf les chiens, sauf les chars. Les chars, oui. Lordon rappelle 1973 à Santiago du Chili, quand un vrai socialisme était là pour de vrai. On peut rappeler la Semaine sanglante, on peut rappeler ceux qui ont préféré Hitler au Front populaire, on peut évoquer les véhicules blindés qui furent envoyés par Macron contre les « gilets jaunes », et aujourd’hui la spéculation sur les vaccins qui va laisser pourrir des milliers d’êtres dans le monde. Et bien sûr, un capitalisme propre sur lui, bien déguisé en démocratie comme le loup qui se déguise en gentille grand-mère. Des élections, ah oui, très bien, à condition que les blancs bonnets remplacent les bonnets blancs, et le contraire aussi dans un affrontement passionnant. Mais pas davantage. Sinon revoyez les aventures de la Grèce en 2015. Tout le bouquin de Lordon peut se résumer à la phrase de Bertolt Brecht : « le fascisme n’est pas le contraire de la démocratie, il est son évolution par temps de crise ».

Émission spéciale « Doléances et Résistances » en public HAYANGE, CEUX QUI FONT FACE AU FRONT [INTÉGRALE RADIO] AbonnésÉcouter

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C’est curieux, le maire d’Hayange n’a pas aimé notre affiche, il l’a fait arracher et même il l’a fait repeindre en bleu ! Lui qui aime tant le cochon, lui qui fait la Fête du cochon. Hayange est l’une des onze nouvelles villes conquise par le Front National lors des municipales de 2014. Ancien militant de Lutte Ouvrière et de la CGT,le jeune maire d’Hayange est devenu célèbre en se convertissant subitement à l’extrême-droite. Il est aussi très malin pour lancer des petites ou des grosses provocations qui font le beurre et le bonheur des médias qui viennent du monde entier dans cette ville de Moselle frappée par les politiques néo-libérales.