À la CGT à Tourcoing, on ne désarme pas. Second volet du reportage radio de Sylvie Coma

En première ligne contre le F.N. (2/2) Abonnés

1

Le

« Les patrons, on les a engraissés, la finance elle profite, elle profite, ils sont gras comme cochons, mais ils en ont jamais assez. » Voilà ce qu’on peut entendre dans ce local CGT de Tourcoing. On pourrait comprendre que les patrons ne s’aventurent pas trop dans les parages.

Quels patrons ? Mulliez, première fortune française, Arnault, troisième fortune française, 70 milliards d’euros à eux deux [1], ce qui ne les empêche pas de faire virer un caissier pour une erreur de 18 euros.

Difficile d’imaginer que cette violence structurelle ne se traduise pas dans les urnes. Sauf que la colère a tendance à pencher aujourd’hui vers l’extrême droite. Le F.N. pourra remercier la gauche libérale qui a imposé la Loi Travail par la force pour plaire au Medef. Merci Hollande, merci Valls, merci Macron, grosses bises de Marine. Précarisation générale et insécurité sociale sont les vitamines du F.N.

Mais à la CGT de Tourcoing, on ne désarme pas face à ces patrons : « C’est des Mangemorts, leur but c’est, y’a un cadavre, on est en train de pourrir, et eux, c’est tant qu’il y a de la viande dessus, on continue de bouffer, mais nous on n’a pas accepté. La misère chez nous on la voit, la classe ouvrière est littéralement défoncée, nous on a le devoir de les réunir, de leur parler, de les écouter avant d’imaginer passer au grand soir. »

Second volet du reportage (radio) de Sylvie COMA à Tourcoing.

REPORTAGE : En première ligne contre le F.N. (2/2) [EXTRAIT]

Quelques repères :

Union Locale de la Confédération Générale du travail de Tourcoing

43 rue de Lille 59 200 Tourcoing, téléphone : 03 20 24 48 34

Une dizaine de bénévoles  

Sam : Secrétaire général, professeur d’histoire-géographie en lycée professionnel
Jean-Marie : Trésorier, directeur de Maisons de Jeunes et de la Culture à la retraite
Jean-Claude : Secrétaire d’accueil, ancien ouvrier dans l’agro-alimentaire
Habib : travaille chez Auchan City
Philippe : intérimaire
Pascal  : chauffeur routier au chômage
Priscilla : intérimaire
Philippe : retraité avant l’âge pour avoir travaillé dans l’amiante…

Adhésions en hausse :

1 400 affiliés à l’Union Locale en 2014.
2 200 affiliés à l’Union Locale en 2016.

Une quarantaine de rendez-vous par semaine.

Leurs derniers combats retentissants :
- une caissière d’Auchan licenciée pour une erreur de 85 centimes (prix d’une boîte de sauce tomate). Affaire gagnée. La caissière a été réintégrée grâce à l’action de l’Union Locale CGT de Tourcoing
- un caissier de DIA viré pour n’avoir pas vu qu’une carte bleue d’un montant de 18 euros avait été refusée. Affaire toujours en cours…

Tourcoing : 

-  93 000 habitants

-  Ancienne capitale mondiale de la laine (avec Roubaix), principalement reconvertie dans la grande distribution et le tertiaire.

-  8ème ville de France la plus touchée par le chômage (16,3% de la population active)

-  6ème ville la plus pauvre de France (1 habitant sur 4 en-dessous du seuil de pauvreté)

- le Maire : Gérald DARMANIN, secrétaire général adjoint des Républicains

Résultats électoraux à Tourcoing : 

Régionales 2015 (second tour) :
Union de la droite (Xavier Bertrand) : 67,9%
FN (Marine Le Pen) : 32,10%

Municipales 2014 (second tour) :
Les Républicains (Gérald Darmanin) : 45,61%
PS (Michel-François Delannoy) : 43,42%
FN (Jean-François Bloc) : 10,96%

Présidentielle 2012 :
-  1er tour
François Hollande : 31,32 %
Nicolas Sarkozy : 22,43 %
Marine Le Pen : 21,28 %
Jean-Luc Mélenchon : 12,73 %
-  2d tour :
François Hollande : 55,49 %
Nicolas Sarkozy : 44,51 %


Programmation musicale :
- Les Wampas : CGT
- Raoul de Godewarsvelde : Quand les cigares…
- Loïc Lantoine : Quand les cigares…

Pauline BOULET attend vos messages sur le répondeur de Là-bas si j’y suis au 01 85 08 37 37.

reportage : Sylvie COMA
journaliste : Daniel MERMET
réalisation : Sylvain RICHARD

(Vous pouvez podcaster ce reportage en vous rendant dans la rubrique « Mon compte », en haut à droite de cette page.)

Abonnez-vous pour accéder à tous nos contenus, c’est très simple !

Depuis 1989 à la radio, Là-bas si j’y suis se développe avec succès aujourd’hui sur le net. En vous abonnant vous soutenez une manière de voir, critique et indépendante. L’information a un prix, celui de se donner les moyens de réaliser des émissions et des reportages de qualité. C’est le prix de notre travail. C’est aussi le prix de notre indépendance, pour ne pas être soumis financièrement aux annonceurs, aux subventions publiques ou aux pouvoirs financiers.

Je m'abonne J'offre un abonnement

Déjà abonné.e ?
Identifiez-vous

C'est vous qui le dites…Vos messages choisis par l'équipe

Les bouquins de LÀ-BASLire délivre

  • Voir

    La bibliothèque de LÀ-BAS. Des perles, des classiques, des découvertes, des outils, des bombes, des raretés, des bouquins soigneusement choisis par l’équipe. Lire délivre...

    Vos avis et conseils sont bienvenus !

Dernières publis

Une sélection :

La pollution atmosphérique tue vingt fois plus que la Covid-19 1972 : DES VÉLOS, PAS D’AUTOS ! Accès libreVoir

Le

La Covid-19 nous a obligés à faire passer nos vies avant l’économie. Mais maintenant, retour à la normale. Avec la pollution atmosphérique qui tue vingt fois plus, l’économie passe avant nos vies. Voici un petit retour sur la première manif écolo en faveur du vélo, le 22 avril 1972, organisée par les Amis de la Terre et suivie par 25 000 doux dingues…

Pour un programme de PLANIFICATION ÉCOLOGIQUE. Avec le sociologue Razmig Keucheyan Monde d’après : mode d’emploi Accès libreÉcouter

Le

Demain, le paradis ? Ce n’est pas certain. Mais quel avenir avec ce choc énorme ? Il est urgent de faire front face à un pouvoir qui va revenir comme avant, mais en pire. Voici le projet de deux chercheurs, Razmig Keucheyan et Cédric Durand, une PLANIFICATION ÉCOLOGIQUE avec un programme en cinq points : un contrôle public de l’investissement, une garantie de l’emploi, la relocalisation de (...)

Comment en est-on arrivé là en si peu de temps ? Voilà la réponse dans une super BD ! LA GRIPPETTE DU PANGOLIN AbonnésLire

Le

C’est passé si vite… Une histoire de pandémie, de confinement et de résidence secondaire : voilà qu’un éternuement de pangolin en Chine fait trembler le monde entier. Enfin, presque le monde entier. Parce qu’en France, la clairvoyance présidentielle nous a évité de tomber dans la panique, puis de paniquer parce qu’il était temps. De ne pas porter de masques inutiles, puis de porter des masques indispensables. De confiner, de déconfiner. On passe son temps sur Internet à essayer de comprendre ce qui nous tombe sur la tête et on finit noyé sous le flot d’informations continues. Alors arrêtons-nous un instant. Prenez le temps – grâce à Mathieu Colloghan – de regarder ce qui s’est passé depuis le rhume du pangolin.

SANTÉ PUBLIQUE. DÉCONFINEMENT. OÙ EN SONT LES PROMESSES DE MONSIEUR MACRON ? SOIGNANTS : APRÈS LES BRAVOS, LE MÉPRIS AbonnésVoir

Le

Bravo nos héros, show-biz et trémolos, merci, merci, bravo, bravo. Et après ? Et maintenant ? Où en sont les promesses de Monsieur Macron ? Le grand plan d’investissement massif ? Les soignants se sont dépassés, beaucoup ont payé de leur santé et même de leur vie. Pendant des semaines et avec succès, ils ont réussi à faire passer la santé avant l’intendance. Oui, bravo. Mais aujourd’hui ? Pas de réponse. Pourtant, Monsieur Macron avait promis ?

« Mépris et trahison ». Voila ce que balance le collectif Inter-hôpitaux à l’heure du déconfinement. Voilà des mois que ces soignants sont à fond dans une lutte qui dure depuis des années pour sauver l’hôpital public des griffes de la logique marchande. Nous les avons rencontrés à l’heure du déconfinement.

Profitant de l’émotion générale pour amadouer un pays qui le rejette, Macron et ses communicants ont poussé encore un peu plus loin le bouchon du cynisme. Avant d’évoquer « les jours heureux », ce destructeur obstiné du modèle social français s’est transformé en brave militant d’Attac pour faire l’éloge de l’État-providence : « ce que révèle d’ores et déjà cette pandémie, c’est que la santé gratuite sans condition de revenu, de parcours ou de profession, notre État-providence ne sont pas des coûts ou des charges mais des biens précieux, des atouts indispensables quand le destin frappe. »