Un reportage de Dillah Teibi en trois volets

Ça cracke à Stalingrad (3/3). Le quotidien des camés et des dealers de crack Abonnés

Le

Ils font peur, on les fuit, genre de rats humains. Les consommateurs de crack sont des ombres au tableau de la ville. Entre 5 000 et 10 000 dans la région parisienne. On ne sait pas au juste. Quelques centaines place Stalingrad à Paris, juste à côté du local de LÀ-BAS. Mais qui sont-ils ? Aujourd’hui, rencontre avec Sylvie. Comment trouver les 100 euros nécessaires chaque jour ? « Nous, les femmes, on a notre corps ».
Pour lutter contre ces naufrages, les associations, les médecins, les pouvoirs publics, se heurtent à une question : ces crackers sont ils des délinquants ou des malades ? Réponse impossible, dit-on, car il y a en France, un « verrou moral » qui empêche d’avancer. Pourtant d’autres pays comme le Portugal ont mis en place une « décriminalisation » qui donnent de très bons résultats depuis des années. C’est ce que nous verrons dans la suite de notre enquête, il y a des améliorations possibles.

[EXTRAIT] Ça cracke à Stalingrad (3/3) [RADIO]

« Plusieurs galettes » par jour. C’est le quotidien de Sylvie, place de la Bataille de Stalingrad. Enlisée depuis près de 20 ans, Sylvie connaît tous les rouages de ce monde ultra-violent et clandestin des crackés de Paris, où il faut « savoir se faire respecter », particulièrement quand on est une femme. Chaque jour, recommencer, trouver sa dose : « Quand j’ai un truc à faire, avant d’y aller, il faut que je gère ça ».

Comment faire pour calmer « les corps qui en réclament ? ». Comment une telle situation, si bien connue et documentée, peut perdurer jusqu’à aujourd’hui, et continuer à emporter des Sylvie, en plein cœur de Paris ? À ces deux questions, les experts apportent une même réponse, assez contre-intuitive : en finir avec la clandestinité. En effet, beaucoup des problèmes générés par le crack - vols, agressions, prostitutions - sont directement liés à la clandestinité dans laquelle on pousse ceux qui en consomment. Pas de « crackés anonymes » pour les morts-vivants de Stalingrad, mais des crackés inculpés.

En finir avec la criminalisation de ces malades, c’est pourtant une solution qui fonctionne dans d’autres pays avec succès depuis des années. Pourquoi pas en France ? C’est ce que nous verrons dans la suite de notre enquête.

Troisième et dernier volet d’un grand reportage de Dillah Teibi.


Programmation musicale :
- Keny Arkana : Le Fardeau
- Fréhel : La Coco


Merci à Sylvie, et à Grégory Pfau de l’association Charonne

À SUIVRE

« Alors, qu’est-ce qu’on en fait des pauvres camés de Stalingrad, qu’est-ce qu’on en fait à part des reportages désespérants ? » Nous ne pouvions pas nous en tenir à vous présenter cette situation. Dans les prochaines émissions, nous vous ferons entendre ces solutions alternatives qui existent bel-et-bien :

  • L’expérience portugaise, avec le professeur João Goulão, addictologue, coordinateur des politiques anti-drogues au Portugal.
  • Les policiers français qui militent pour la dépénalisation des drogues.
  • Et les réactions politiques de la Mairie de Paris.

À suivre...

Abonnez-vous pour accéder à tous nos contenus, c’est très simple !

Depuis 1989 à la radio, Là-bas si j’y suis se développe avec succès aujourd’hui sur le net. En vous abonnant vous soutenez une manière de voir, critique et indépendante. L’information a un prix, celui de se donner les moyens de réaliser des émissions et des reportages de qualité. C’est le prix de notre travail. C’est aussi le prix de notre indépendance, pour ne pas être soumis financièrement aux annonceurs, aux subventions publiques ou aux pouvoirs financiers.

Je m'abonne J'offre un abonnement

Déjà abonné.e ?
Identifiez-vous

reportage : Dillah Teibi
journaliste : Daniel Mermet
réalisation : Sylvain Richard

L'équipe de Là-bas attend vos messages sur le répondeur au 01 85 08 37 37 !

Voir aussi

-  Le site de l’association Charonne : charonne-asso.fr

Sur notre site

À écouter

  • Un grand reportage de Dillah Teibi en trois volets

    Ça cracke à Stalingrad (2/3) Abonnés

    Écouter
    Des années que ça dure, Stalincrack ! Place de la Bataille-de-Stalingrad, à deux pas de Là-bas. Toujours les mêmes images qui reviennent, caméras cachées, visages floutés, reportages policiers, tons dramatiques et indignés sur les mains (...)
  • Un grand reportage de Dillah Teibi en trois volets

    Ça cracke à Stalingrad (1/3) Abonnés

    Écouter
    Place de la Bataille-de-Stalingrad, le crack, ça craint. C’est à peu près le même titre depuis une vingtaine d’années, sur ce quartier du 19ème arrondissement de Paris. La routine : une agression, une indignation, une pétition, quelques (...)

C'est vous qui le dites…Vos messages choisis par l'équipe

Les bouquins de LÀ-BASLire délivre

  • Voir

    La bibliothèque de LÀ-BAS. Des perles, des classiques, des découvertes, des outils, des bombes, des raretés, des bouquins soigneusement choisis par l’équipe. Lire délivre...

    Vos avis et conseils sont bienvenus !

Dernières publis

  • Les illustres illustrateurs Connaissez-vous David Suter ? Accès libre

    -

    Lire

    Né en 1949, David Suter est un peintre et un sculpteur américain. Après avoir servi dans l’armée américaine en Allemagne de l’Ouest, il est engagé comme illustrateur au Washington Post, pour lequel il réalise notamment les croquis d’audience du procès du Watergate. Pendant près de trente ans, ses dessins seront publiés dans de nombreux journaux américains, comme le New York Times, The Boston Globe, Time ou le Harper’s magazine.

  • Une série de reportages en huit épisodes Gilets jaunes : « qu’est-ce que ça a changé pour vous personnellement ? » (01/08) Abonnés

    -

    Écouter

    Même si on ne sait pas encore où vont les « gilets jaunes », le mouvement est déjà une victoire. C’est une victoire, car se mettre en mouvement, se mettre en lutte, c’est déjà une victoire en soi. Mais alors qu’est-ce que les « gilets jaunes » ont gagné, à part une dizaine de malheureux milliards d’euros ? Sophie est allée leur poser une question toute simple : quelle est la chose la plus importante que ce mouvement a changé pour vous, personnellement ? Embarquez pour ce road movie radiophonique à la rencontre des « gilets jaunes » bretons, de campement en campement, sur une ligne droite allant de Saint-Brieuc à Brest, en pleine tempête de février.

  • Didier Porte Hebdo : chaque vendredi, la revue de presse indispensable ! Didier Porte connaît enfin le coût des LBD et des grenades depuis le début des « gilets jaunes »… mais pas le ministère de l’Intérieur Abonnés

    -

    Voir

    Ami abonné, si tu penses, comme ton serviteur, que les pompiers pyromanes de la communication politicienne de bas étage jouent dangereusement avec le feu en brandissant à tout bout de champ le chiffon rouge du péril antisémite, ce 63ème numéro de cette revue de presse hebdomadaire de ton magazine d’information en ligne préféré, Là-bas si j’y suis, va sûrement te conforter dans tes convictions.

  • Avec Arnaud Reusser, de la CGT-Forêt Pour sauver les forêts, il faut sauver les forestiers Abonnés

    -

    Voir

    Le « grand débat national » qu’a lancé Emmanuel Macron pour répondre à la colère des « gilets jaunes » pose la question de but en blanc : « faut-il supprimer certains services publics qui seraient dépassés ou trop chers par rapport à leur utilité ? » Le biais idéologique assez flagrant de cette question et sa formulation rhétorique ont provoqué quelques sourires. Mais prenons au sérieux une minute ce vœu du président déguisé en question, et tâchons de comprendre ce qu’il voulait nous dire en réalité : indiquez-nous le prochain service public à démanteler. Ce qu’il ne dit pas, c’est que les pouvoirs publics ont déjà choisi leurs prochaines cibles, et le massacre est en cours : parmi elles, l’Office national des forêts, l’ONF, le service public en charge de la gestion des forêts françaises depuis 1964.

  • Avec Thibault Henneton du « Monde diplomatique » Qui a peur de Netflix ? Accès libre

    -

    Écouter

    Né en 1997 comme une petite société de location de DVD par voie postale, Netflix est devenu vingt ans plus tard un acteur majeur de la diffusion et de la production de films et de séries en ligne. En 2018, l’entreprise a investi plus de huit milliards de dollars dans la production. Son nombre d’abonnés – 139 millions dans le monde pour l’instant – ne cesse de croître de façon exponentielle. En France, Netflix a gagné 1,5 millions d’abonnés en un an, et dépasse désormais les 5 millions, soit plus que Canal+, leader historique de la télévision par abonnement en France.

  • « Gilets jaunes » : comment s’en débarrasser ? Gilets jaunes : antisémites aujourd’hui, pédophiles demain Abonnés

    -

    Lire

    (oh, bien sûr, pas tous évidemment)

    C’est un évêque avec un gilet jaune.

    Un évêque qui se met en civil et qui décide de mettre un gilet jaune pour participer au mouvement. Le voilà tout guilleret dans la manif. Mais soudain, la police charge, le voilà gazé, le voilà nassé, arrêté, embarqué. Il proteste, il dit qu’il est évêque. « Et moi je suis le pape », dit un flic. Et voilà l’évêque placé en garde à vue et le voilà en comparution immédiate. Et là, catastrophe, on découvre que l’évêque est poursuivi pour agression sexuelle sur mineur. Scandale ! Un scoop, une bombe, une explosion sur les réseaux. On trouve une vidéo compromettante. Surenchère d’indignations vertueuses, témoignages poignants, tweet présidentiel, appel à la vigilance, faillite de notre époque, décadence de l’Empire romain, cellule psychologique, pétition, appel à une marche blanche de la République à l’Arc de triomphe.

  • « GILETS JAUNES », acte XIV : « VOTRE DRAPEAU TRICOLORE, ÇA VEUT DIRE QUOI ? » COCORIJAUNE ! Pourquoi tous ces drapeaux tricolores dans les manifs des « gilets jaunes » ? Abonnés

    -

    Écouter

    Beaucoup de drapeaux tricolores dans les manifs des « gilets jaunes » depuis quatre mois. Pourquoi ? Quel sens ? Quel symbole ? Nationalisme ? Patriotisme ? Coupe du monde de foot ? Sans compter les drapeaux régionaux, bretons, corses, picards… Peu de drapeaux rouges, en tout cas, peu de rouge et noir aussi. Dans la manif de samedi à Paris, on a voulu savoir. Cocorijaune ! Un reportage de Gaylord Van Wymeersch.

  • Didier Porte Hebdo : chaque vendredi, la revue de presse indispensable ! Didier Porte n’a pas envie de loler Abonnés

    -

    Voir

    Ami abonné, toi qui as roulé ta bosse dans le monde dit du travail, bourlingué de jobs en tafs, pratiqué mille boulots et connu tous les milieux, tu l’as forcément croisé au cours de tes pérégrinations professionnelles : je veux parler du « petit merdeux ». Le petit merdeux est jeune, parfois brillant, souvent bien né et beau gosse, presque toujours de sexe masculin et persuadé d’appartenir à une race de seigneurs, ce qui, croit-il, l’autorise à faire chier ses contemporains en toute impunité. Et au final, quand on lui appuie sur le nez, il en coule du jus de fraise Tagada !

  • Quand un auditeur analyse les infos Pour France Inter, « gilets jaunes » et antisémitisme ne font qu’un Abonnés

    -

    Lire

    « Qu’ils se servent de leurs armes une bonne fois ! » C’est à Luc Ferry que reviendra le mérite d’avoir lancé le mot d’ordre désespéré d’une oligarchie prise de panique devant le soulèvement des « gilets jaunes ». Mais les forces de l’ordre ne sont pas seulement policières, il y a aussi des forces de l’ordre intellectuelles et médiatiques, au moins aussi violentes et qui s’exercent sans le moindre risque, en toute impunité.

    Sauf, malgré tout, quand un auditeur prend le temps d’analyser une tranche d’info. Il met alors en évidence la pratique de l’insinuation et de l’amalgame confusionnel qui vise à accuser les « gilets jaunes » d’antisémitisme, sans la moindre preuve. Utiliser cette arme revient à banaliser l’antisémitisme et donc à banaliser les actes antisémites. Voici le texte intégral que nous a adressé cet AMG, Olive Laporte.

    Mardi 12 février, le journal de 8 heures de France Inter, présenté par Laurence Thomas, annonce en premier titre « la hausse spectaculaire des actes antisémites en France, + 74 % en 2018 ». Si l’on est révolté par toute forme de racisme, on écoutera le sujet avec beaucoup d’attention. Et l’on constatera, non sans surprise, qu’il s’agit en réalité d’un reportage sur l’antisémitisme et le mouvement des « gilets jaunes ».

  • À ces femmes-là Abonnés

    -

    Voir

    Dans ses Chroniques de Mai 68, l’écrivaine Mavis Gallant remarquait que la vente de livres à Paris avait bondi de 40 % en mai et juin 1968. On ne sait pas encore si les « gilets jaunes » ont acheté beaucoup de bouquins, en tout cas ils se renseignent, ils se documentent, ils s’informent, dans la vraie vie ou en ligne, sur les réseaux sociaux ou sur le site Là-bas si j’y suis ! Pour celles et ceux qui achètent encore des bouquins, en voici deux qu’on vous conseille, et pas seulement parce que Gérard Mordillat en est l’auteur.

  • Avec Serge Halimi et Pierre Rimbert du Monde diplomatique Quand les « gilets jaunes » font tomber les masques Accès libre

    -

    Écouter

    Un retour au réel. Voilà ce que les « gilets jaunes » sont depuis trois mois : un retour des classes populaires dans le débat public, dont elles avaient été consciencieusement chassées. Cette exclusion des classes populaires du champ politique, les tenants de l’ordre néolibéral l’ont pensée, théorisée. L’ancien ministre socialiste Dominique Strauss-Kahn l’écrivait noir sur blanc dans son livre La Flamme et la Cendre (Grasset, 2002 ) : « les couches sociales regroupées dans le terme générique d’“exclus” ne votent pas pour (la gauche), pour cette raison simple que, le plus souvent, elles ne votent pas du tout. Au risque de l’impuissance, (la gauche) se voit dans l’obligation de trouver à l’intérieur d’autres catégories sociales le soutien suffisant à sa politique. »

Une sélection :

« Le Président des ultra-riches », le nouveau livre des Pinçon-Charlot (Zones, 2019) LA VIOLENCE DES ARROGANTS : JUSQU’OÙ ? AbonnésVoir

Le

Rien à faire, malgré les gros moyens, la com’, les médias, la frime et les débats, l’entourloupe Macron ne marche plus. Il ne reste qu’à faire tirer contre le peuple, faire arracher les yeux et les mains des gueux, le samedi de préférence. Mais les gueux résistent et les Français sont avec eux. À l’appui de cette guerre de classes, les Pinçon-Charlot apportent des armes et des outils efficaces et tranchants contre cette oligarchie aux pieds d’argile. En attendant l’autopsie finale. Un entretien avec Monique Pinçon-Charlot, qui publie avec Michel Pinçon Le Président des ultra-riches. Chronique du mépris de classe dans la politique d’Emmanuel Macron (Zones, 2019).

À La Courneuve, les « gilets rouges » de la CGT réinventent un service public au service du public AbonnésÉcouter

Le

« L’électricité, c’est la vie, et nous, on est des "gilets rouges" ! » La formule est de Nicolas Noguès, un militant CGT. Avec des collègues syndicalistes, il occupe une ancienne boutique EDF à la Courneuve, en Seine-Saint-Denis. Leur opération a débuté le 14 novembre 2018, soit trois jours avant le premier acte des « gilets jaunes ». Alors c’est vrai, c’est moins spectaculaire. Et du coup, il y a moins de journalistes pour couvrir l’événement. Pourtant, là aussi, dans ce coin du 93, il est question de proximité et d’accès aux services publics pour des usagers sacrifiés sur l’autel de la dématérialisation.

Une série de reportages en dix épisodes Vous êtes seul, célibataire ? Là-bas vous aide à rencontrer quelqu’un ! [INTÉGRALE] AbonnésÉcouter

Le

Tout le monde ne se pose pas la question, mais beaucoup quand même : comment rencontrer quelqu’un ? Où choper un mec ? Où draguer une fille ? Dans la rue, dans un bar, au bureau ? Sur un site de rencontre, avec une application ? Pour une nuit, pour la vie ? Chacun ses trucs, mais au fait, comment font les autres ? Sophie Simonot est allée vous poser la question. Une série de reportages en dix épisodes, dans des milieux et des générations différentes, des réponses et des silences inattendus…