Un grand reportage de Dillah Teibi en trois volets

Ça cracke à Stalingrad (1/3) Abonnés

1

Le

[EXTRAIT] Ça cracke à Stalingrad (1/3) [RADIO]

Place de la Bataille-de-Stalingrad, le crack, ça craint. C’est à peu près le même titre depuis une vingtaine d’années, sur ce quartier du 19ème arrondissement de Paris. La routine : une agression, une indignation, une pétition, quelques déclarations et ça continue.

Le crack, c’est connu, vous déglingue et vous rend dingue. C’ est un dérivé fumable de la cocaïne. Une « drogue du pauvre » ultra-addictive et à l’effet immédiat, qui désocialise presque illico celui qui y touche. Les usagers seraient de 10 à 20 00 en France et 5000 à 6000 au total dans la région parisienne.

Place Stalingrad, à la nuit tombée, par tous les temps, crackeurs et dealeurs sont là depuis des années sous le regard des associations et de la police. Des caméras partout, des grilles partout, la place Stalingrad est devenue une salle de fumette de crack à ciel ouvert. Pour l’héroïne, il existe des salles de shoot, mais pas pour le crack qui se fume. C’est comme ça. Alors en attendant, c’est là. Il faut bien les mettre quelque part, nous dit un élu, que voulez-vous.

À part ça, la place Stalingrad est un endroit superbe et vivant, avec toutes sortes de populo qui se croisent, de toutes les couleurs et de toutes les histoires, avec la Rotonde de Ledoux, le bassin de la Villette, le MK2, le métro aérien, les joueurs de boule et aussi le local de Là-bas si j’y suis ! Tout un tas de belles et bonnes choses, mais il y a ces walking deads, ces morts-vivants qui errent et plombent quelque peu le paysage. Comme nous dit une "usagère" dans le reportage, « pour se procurer sa dose, le crackeur vole, la crackeuse se prostitue. En gros. » Et c’est là que ça se passe.

Alors y a t-il des solutions ? Eh bien oui. Il y en a, dans d’autres pays, comme le Portugal, qui ont tenté d’autres politiques, non-répressives. Et ça marche ! Les exemples sont connus. Associations, addictologues, élus, magistrats, tous connaissent ces expériences. Mais la France maintient sa politique, la plus répressive en la matière. Car en France, le saviez-vous, il y a un « verrou moral ». C’est ce qu’on nous a répété. C’est quoi, un verrou moral ? Et qui sont ces paumés, ces morts vivants ? Et qui sont ceux qui leur vendent cette saloperie de caillou ?

Premier volet d’un grand reportage de Dillah Teibi.


Programmation musicale :
- Babx : Crack Maniac

Abonnez-vous pour accéder à tous nos contenus, c’est très simple !

Depuis 1989 à la radio, Là-bas si j’y suis se développe avec succès aujourd’hui sur le net. En vous abonnant vous soutenez une manière de voir, critique et indépendante. L’information a un prix, celui de se donner les moyens de réaliser des émissions et des reportages de qualité. C’est le prix de notre travail. C’est aussi le prix de notre indépendance, pour ne pas être soumis financièrement aux annonceurs, aux subventions publiques ou aux pouvoirs financiers.

Je m'abonne J'offre un abonnement

Déjà abonné.e ?
Identifiez-vous

reportage : Dillah Teibi
journaliste : Daniel Mermet
réalisation : Sylvain Richard

L'équipe de Là-bas attend vos messages dans les commentaires et sur le répondeur au 01 85 08 37 37 !

Voir aussi

-  Le site de l’Autosupport des Usagers de Drogue : www.asud.org

Sur notre site

À écouter

Spécial infogrèveEnvoyez vos infos à infogreve@la-bas.org

C'est vous qui le dites…Vos messages choisis par l'équipe

Les bouquins de LÀ-BASLire délivre

  • Voir

    La bibliothèque de LÀ-BAS. Des perles, des classiques, des découvertes, des outils, des bombes, des raretés, des bouquins soigneusement choisis par l’équipe. Lire délivre...

    Vos avis et conseils sont bienvenus !

Dernières publis

Une sélection :

À La Courneuve, les « gilets rouges » de la CGT réinventent un service public au service du public AbonnésÉcouter

Le

« L’électricité, c’est la vie, et nous, on est des "gilets rouges" ! » La formule est de Nicolas Noguès, un militant CGT. Avec des collègues syndicalistes, il occupe une ancienne boutique EDF à la Courneuve, en Seine-Saint-Denis. Leur opération a débuté le 14 novembre 2018, soit trois jours avant le premier acte des « gilets jaunes ». Alors c’est vrai, c’est moins spectaculaire. Et du coup, il y a moins de journalistes pour couvrir l’événement. Pourtant, là aussi, dans ce coin du 93, il est question de proximité et d’accès aux services publics pour des usagers sacrifiés sur l’autel de la dématérialisation.

La bataille des retraites est lancée. Un entretien de Jérémie Younes avec Christophe Ramaux Comment Macron va baisser nos retraites AbonnésVoir

Le

Après la casse du code du travail et de la SNCF, la suppression des cotisations salariales et de l’impôt de solidarité sur la fortune, la prochaine grande régression sociale que nous propose Emmanuel Macron consiste à « réformer », une nouvelle fois, notre système de retraites. Ou plutôt, à l’affaiblir, afin de préparer l’entrée des compagnies d’assurance privées.

Une grande enquête de Dillah Teibi et Kévin Accart ADP : LA GRANDE ARNAQUE Accès libreVoir

Le

Pourquoi privatiser les aéroports de Paris ? Pourquoi offrir une telle machine à cash aux actionnaires ? Pourquoi vendre un « bijou de famille » construit avec les impôts des Français ? Les enquêtes d’opinion indiquent que 2/3 des Français sont opposés à cette privatisation. Ils n’ont pas oublié l’énorme arnaque de la privatisation des autoroutes et ils savent bien dans leur vie, autour d’eux, les dégâts entrainés par les privatisations depuis des années.