Primaires américaines [RADIO 32’30]

Bernie et le petit oiseau Abonnés

Le

Bernie Sanders à New York

Qui croit que ce petit oiseau s’est posé là par hasard ? Personne sauf les Américains. Disons beaucoup d’Américains. Il y ainsi des moments où l’on a envie de croire à de belles histoires. Prenez le mot socialisme. En France il est devenu synonyme de duperie et de veulerie. Aux États-Unis, au contraire, le mot socialisme évoque un grand vent frais et prometteur. Oui, un genre de belle histoire. Et d’abord une énorme surprise, depuis que le vieux Bernie SANDERS s’est lancé dans la course à la Maison Blanche, en brandissant son socialisme avec un formidable succès et un appui massif des moins de quarante ans. Mais est-ce bien suffisant pour remporter les primaires démocrates devant Hillary Clinton ?
En France le mot socialisme est devenu synonyme de duperie et de veulerie. Aux États-Unis au contraire, le mot socialisme évoque un grand vent frais et prometteur. Et d’abord une énorme surprise, depuis que Bernie SANDERS s’est lancé dans la course à la Maison Blanche, en brandissant son socialisme avec un formidable succès et un appui massif des moins de quarante ans. Mais est-ce bien suffisant pour remporter les primaires démocrates devant Hillary Clinton ?
Beaucoup en doute malgré les étonnants scores de Sanders. Mardi 19 avril, le résultat de New York est décisif. Mais même s’il perd, Bernie Sanders a déjà gagné. Au-delà même des élections, sa candidature révèle la profondeur et la puissance du rejet contre le système actuel par la majorité des Américains. Un rejet qui remue déjà profondément le reste du monde et qui fait écho au printemps français.

Bernie President (extrait)

Même s’il perd, Bernie Sanders a déjà gagné. On fait ce constat un peu partout. En effet pour le contrer, Hillary Clinton a dû mettre sérieusement la barre à gauche. Des exemples ? En matière de libre-échange, elle qui soutenait le partenariat transpacifique (TPP) a fait machine arrière. Concernant le salaire minimum (actuellement à 7,25$) qu’elle demandait à 12$, elle a du se rallier à l’exigence de Sanders , soit 15$ (Fight for 15).

Et ainsi dans beaucoup de domaines, elle a retourné sa veste. Elle s’oppose à l’oléoduc Keystone qu’elle soutenait jusque là. De même la voilà contre le fracking – la fracturation hydraulique – liée à l’exploitation du gaz et du pétrole de schiste. De même pour l’universalité des soins de santé et la gratuité dans les universités publiques.

Depuis des années, sans succès, des voix dénoncent la domination de la finance sur l’économie réelle et réclament l’égalité. Cette fois, l’opinion est au rendez-vous. On sait comment le financement des campagnes par le big business continue de corrompre les élections américaines. La dernière campagne d’Obama s’élevait à un petit milliard de dollars. Opposés à un monde conduit par Wall Street et les multinationales, sept millions d’Américains ont fait un don de 27$ en moyenne pour financer la campagne de Sanders, dont c’est le seul financement, alors que le scandale des Panama Papers révèle les noms de détenteurs de sociétés offshore, parmi lesquels les plus importants généreux donateurs de Madame Clinton.

Qui avait prévu le succès d’un tel candidat ? Entre la tonitruante vulgarité du candidat républicain et l’opportunisme des Clinton, beaucoup d’ Américains préfèrent l’air naïf et sincère du vieux sénateur du Vermont, étonné sans doute lui-même de son propre succès. Un socialiste, mais quel genre de socialiste ? « Un genre de Martine Aubry », nous dit John R. MacArthur, patron du Harper’s Magazine. Pour Noam Chomsky, c’est simplement le retour du New Deal, c’est bien mais ce n’est pas plus révolutionnaire que ça. Plus radical, l’influent journaliste Chris Hedges est peu sensible à l’engouement général pour Sanders, pour lui, « aucune révolution ne se construira au sein du parti démocrate (…). La classe des milliardaires et les oligarques corporatistes ne peuvent être domptés. Ils doivent être renversés. Ils seront renversés dans les rues, pas dans une salle de congrès. Les salles de congrès, c’est là où la gauche va mourir. » Voila du grain à moudre pour nos NUITS DEBOUTS !
DM.

Un entretien de Daniel MERMET avec :

- James COHEN, professeur d’études américaines à l’Institut du Monde Anglophone de l’Université Paris 3-Sorbonne Nouvelle

- Mark J. KESSELMAN, professeur émérite de science politique à l’université Columbia de New York

Les milliardaires ne peuvent acheter Bernie

Les différentes séquences de l’émission :

01. Un candidat imprévu [04’57]

01. Un candidat imprévu

02. Le Martine Aubry américain [06’31]

Jim Cohen

03. Une majorité de jeunes Américains pour le socialisme [05’27]

Mark Kesselman

04. Un « socialiste » modéré [03’12]

05. Un « New Dealer assez classique » [03’55]

Noam Chomsky

06. D’Eugene Debs à Bernie Sanders [03’47]

Eugene Debs

07. « What you see is what you get » [04’42]


Merci à James COHEN et Mark KESSELMAN.

Marie GALL attend vos messages sur le répondeur de Là-bas si j’y suis au 01 85 08 37 37.

Programmation musicale :
- Curtis Mayfield : We the people who are darker than blue
- Windborne : Give Bernie Sanders your vote

entretien : Daniel MERMET
réalisation : Jérôme CHELIUS
montage : Grégory SALOMONOVITCH
préparation : Jonathan DUONG

(Vous pouvez podcaster cette émission en vous rendant dans la rubrique "Mon compte", en haut à droite de cette page.)

Abonnez-vous pour accéder à tous nos contenus, c’est très simple !

Depuis 1989 à la radio, Là-bas si j’y suis se développe avec succès aujourd’hui sur le net. En vous abonnant vous soutenez une manière de voir, critique et indépendante. L’information a un prix, celui de se donner les moyens de réaliser des émissions et des reportages de qualité. C’est le prix de notre travail. C’est aussi le prix de notre indépendance, pour ne pas être soumis financièrement aux annonceurs, aux subventions publiques ou aux pouvoirs financiers.

Je m'abonne J'offre un abonnement

Déjà abonné.e ?
Identifiez-vous

Les bouquins de LÀ-BASLire délivre

  • Voir

    La bibliothèque de LÀ-BAS. Des perles, des classiques, des découvertes, des outils, des bombes, des raretés, des bouquins soigneusement choisis par l’équipe. Lire délivre...

    Vos avis et conseils sont bienvenus !

Les Rendez-vous des Repaires

  • Même les ex-climato-sceptiques semblent avoir compris que nous allons droit dans le mur si rien ne change. La vie sur terre est réellement menacée et à court terme. Mais que faire ? Attendre que les politiques proposent des solutions... à petits pas ? Changer individuellement certaines de nos (...)

  • Mardi 4 décembre, notre prochain Café repaire vous invite à venir rencontrer le Collectif de Soutien aux Sans-Papiers ( CSSP 49 ). La soirée se déroulera au rythme des chansons humanistes de Renaud, interprétées par les voix partisanales du Cercle 49. Les fonds collectés aideront les demandeurs (...)

Dernières publis

Une sélection :

Monsieur Macron, prenez un quart d’heure pour recevoir Karima ! Un reportage de Gaylord Van Wymeersch Karima la Galère veut rencontrer Jupiter AbonnésÉcouter

Le

« Faire plus pour ceux qui ont moins. » C’est Macron qui a dit ça en présentant son « plan pauvreté ». Mais qui croit encore la com’ du président des riches, à part Karima ? Karima, c’est la galère, Karima, c’est la misère, mais son idée fixe, c’est de rencontrer Macron, rencontrer Jupiter. Depuis des années, elle lui écrit, elle téléphone à l’Élysée, c’est son combat. On la connait dans son quartier, on l’encourage. Nous aussi. C’est vrai, ça, Monsieur Macron, ça vous coûterait quoi de recevoir Karima ?

Psychiatrie. Reportage de Sophie Simonot au centre de jour Antonin Artaud de Reims Qui cache son fou, meurt sans voix AbonnésÉcouter

Le

La folie fait peur, la folie du fou, la folie de l’autre, mais aussi la folie du fou qu’on a en nous. En France, douze millions de personnes sont touchées chaque année par une maladie mentale. Un français sur cinq. Rien que la dépression affecte 2,5 millions d’entre nous. Or dans les hôpitaux, à Rouvray, à Amiens, comme ailleurs la machine gestionnaire a pris le pouvoir, la situation se dégrade autant pour les patients que pour les familles et les soignants. Jusqu’où ?

Un entretien de Daniel Mermet avec Claire Rodier et Catherine Wihtol de Wenden Claire Rodier : « La seule solution raisonnable, c’est l’ouverture des frontières » AbonnésLire

Le

Entre 2000 et 2016, les migrants ont dépensé 15 milliards d’euros pour passer. Dans le même temps, l’Europe a dépensé 13 milliards d’euros pour les empêcher de passer. Un gâchis énorme, des politiques absurdes qui profitent aux démagogues, des budgets et des énergies qui pourraient favoriser l’intégration au profit de tous. Prenez le temps de lire cet entretien de Daniel MERMET avec deux des meilleures spécialistes engagées depuis longtemps sur les politiques migratoires, Claire RODIER, cofondatrice du réseau Migreurop, juriste au Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigrés), et Catherine WIHTOL de WENDEN, directrice de recherche au CNRS, spécialiste des migrations internationales.