LIQUETTE DÉCHIRÉE, REPRÉSAILLES ACHARNÉES, RÉSISTANCE ET SOLIDARITÉ

AIR FRANCE, LA VIOLENCE DU FLEUVE

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© MaxPPP

« On s’inquiète de la violence du fleuve mais on ne dit rien des rives qui l’enserrent. » Bertolt Brecht nous rappelle ces deux violences. Celle des salariés d’Air France soupçonnés d’avoir déchiré la chemise d’un de leur dirigeants qui leur annonçait la suppression de 2 900 emplois. Celle d’Air France (et de l’État) qui supprime impunément ces 2 900 emplois.

Pour le premier ministre socialiste Manuel Valls, ces salariés sont « des voyous ». Avec 42 000 demandeurs d’emplois supplémentaires au mois d’octobre, le chômage en France atteint des records historiques. Qui est responsable ? Qui sont les voyous ?

Selon une étude très sérieuse de l’Inserm, le chômage en France entraîne la mort de 15 000 personnes chaque année. Qui est responsable ? Aucun voyou de ce côté-là ? Aucun assassin sur la rive du fleuve ? Aucune justice ? Ah, mais si, une justice pour juger cinq salariés syndiqués mis en cause dans "l’affaire" de la chemise déchirée de leur dirigeant lors d’une manif contre la destruction de 3 000 emplois, le 5 octobre à Roissy. L’audience était prévue mercredi 2 décembre devant le tribunal correctionnel de Bobigny (93) à midi. Mais face à la mobilisation, le procès est reporté au 27 mai 2016. Des procédures disciplinaires concernant cinq autres salariés sont en cours à Air France.

Un reportage radio de Gaylord Van WYMEERSCH [18’28].

Air France, soutien aux salariés poursuivis

Ryan HAIR et Emmie RATES, les deux présentateurs cégétistes de Clash Actu, ont consacré une édition spéciale de leur journal aux liquettes déchirées :


N’oubliez pas que le répondeur attend vos messages au 01 85 08 37 37.

Reportage : Gaylord VAN WYMEERSCH
Réalisation : Jérôme CHELIUS

(Vous pouvez podcaster ce reportage en vous rendant dans la rubrique « Mon compte », en haut à droite de cette page.)

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SANTÉ PUBLIQUE. DÉCONFINEMENT. OÙ EN SONT LES PROMESSES DE MONSIEUR MACRON ? SOIGNANTS : APRÈS LES BRAVOS, LE MÉPRIS AbonnésVoir

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Bravo nos héros, show-biz et trémolos, merci, merci, bravo, bravo. Et après ? Et maintenant ? Où en sont les promesses de Monsieur Macron ? Le grand plan d’investissement massif ? Les soignants se sont dépassés, beaucoup ont payé de leur santé et même de leur vie. Pendant des semaines et avec succès, ils ont réussi à faire passer la santé avant l’intendance. Oui, bravo. Mais aujourd’hui ? Pas de réponse. Pourtant, Monsieur Macron avait promis ?

« Mépris et trahison ». Voila ce que balance le collectif Inter-hôpitaux à l’heure du déconfinement. Voilà des mois que ces soignants sont à fond dans une lutte qui dure depuis des années pour sauver l’hôpital public des griffes de la logique marchande. Nous les avons rencontrés à l’heure du déconfinement.

Profitant de l’émotion générale pour amadouer un pays qui le rejette, Macron et ses communicants ont poussé encore un peu plus loin le bouchon du cynisme. Avant d’évoquer « les jours heureux », ce destructeur obstiné du modèle social français s’est transformé en brave militant d’Attac pour faire l’éloge de l’État-providence : « ce que révèle d’ores et déjà cette pandémie, c’est que la santé gratuite sans condition de revenu, de parcours ou de profession, notre État-providence ne sont pas des coûts ou des charges mais des biens précieux, des atouts indispensables quand le destin frappe. »

L’île du droit à la caresse Accès libreÉcouter

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Nous nous évitons, nous nous méfions des autres, l’enfer, c’est les autres. Gardez vos distances. On ne sait quel crétin officiel a trouvé l’expression « distance sociale ». Comment retrouver la fusion de la manif, les grappes humaines du « tous ensemble », la grande partouze de la lutte après ça ? En attendant, pour rebondir, voici une histoire d’île et de caresse.