À Concarneau, les « funérailles de la pêche artisanale » [PODCAST : 37’12]

À POIL LES PETITS PÊCHEURS : LES PETITS BATEAUX SE FONT BOUFFER PAR LES GROS ! Abonnés

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(photo : association BLOOM)

[EXTRAIT] À poil les petits pêcheurs : les petits bateaux se font bouffer par les gros ! [RADIO]

Les petits pêcheurs sont en colère à Concarneau. En grande pompe, on inaugure le SCOMBRUS, un énorme chalutier-congélateur de 80 mètres qui peut pêcher 200 tonnes de poisson par jour. Oui, 80 mètres, alors que 85 % de nos bateaux de pêche font moins de 12 mètres avec des quotas de 200 kilos par jour.

Électronique, filets électriques, moyens satellites, les gros bateaux sont de plus en plus puissants, les poissons n’ont plus aucune chance. Vendredi 25 septembre, dans le port de Concarneau, le baptême officiel du Scombrus, avec bénédiction, était une provocation pour les petits pêcheurs qui sont venus de partout pour proclamer les « FUNÉRAILLES DE LA PÊCHE ARTISANALE. 40 000 avant J.C. - 25 SEPTEMBRE 2020 ».

Des arriérés ? Des ploucs ? Des Amish, comme dit Macron ? Ou bien plutôt une avant-garde à l’heure où UN TIERS des espèces sont victimes de la surpêche et que les océans se vident ?

Un reportage à Concarneau de Dillah Teibi.

(photo : association Pleine Mer)

Le Scombrus arrive à Concarneau (photo : association Pleine Mer)

Programmation musicale :
- Marc Ogeret : La complainte des Terre-Neuvas

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reportage : Dillah Teibi
réalisation : Sylvain Richard et Jules Krot

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-  Le site de l’association Pleine Mer : associationpleinemer.com

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    Depuis longtemps on se répète : « on sait pas ce qu’on veut, mais on sait ce qu’on veut pas ». Si Lordon reprend la formule, c’est tout d’abord pour dire que ce qu’on ne veut pas, c’est le capitalisme. Nous n’avons plus le choix, c’est lui ou nous, il n’y a plus d’arrangement possible. Comme dit un AMG, « repeindre le capitalisme en noir ne suffit plus ». Oui, c’est vrai, déplorer, dénoncer, condamner, s’indigner à longueur d’année nous conduit à l’impuissance et à la résignation, c’est-à-dire là où nous sommes aujourd’hui.

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    Qui a dévissé les boulons de la roue de sa voiture ? Morgan a roulé plusieurs jours avant de s’en apercevoir. Les conséquences auraient pu être dramatiques pour elle et ses enfants. Qui sont les saboteurs ? Le 6 avril à Rostrenen, dans le cœur de la Bretagne, des centaines de personnes sont venues soutenir cette journaliste qui enquête depuis longtemps sur l’agrobusiness breton. En novembre dernier, nous avions diffusé le témoignage de la journaliste Inès Léraud, elle aussi confrontée au système agroalimentaire en Bretagne. Aujourd’hui, ce nouveau conflit accélère la mise à nu de cette oligarchie et de ses méthodes.

    À Rostrenen, 3 000 habitants, en Centre-Bretagne, on n’a jamais vu autant de monde. Le 6 avril, 850 personnes, militants syndicaux et politiques, étaient là pour soutenir la journaliste Morgan Large. Elle vit dans une commune voisine, et travaille sur les modifications du paysage breton sous l’effet du modèle agro-alimentaire. Depuis les années 1960, des fermes-usines ont hissé la région au premier rang des productions de lait, de volaille et de cochon. « En Bretagne, il y a plus de cochons que d’habitants », a-t-on coutume de dire. Fille de paysans bretons, Morgan a suivi une formation agricole avant de venir au journalisme pour la radio locale Radio Kreiz Breizh (RKB). De plus, elle parle parfaitement breton, et il est bien difficile de l’accuser d’être hors-sol. Voilà qui agace grandement les barons de l’industrie agroalimentaire.

    Depuis la diffusion du documentaire Bretagne, une terre sacrifiée, sur France 5, le 17 novembre 2020, dans lequel elle intervient, Morgan a subi un tas d’actes d’intimidation. Le film vu par 1,3 million de spectateurs n’a pas vraiment plu aux responsables des coopératives agricoles, mis en cause pour leurs pratiques néfastes pour l’environnement, et pour les agriculteurs eux-mêmes. « Tout de suite, l’étau s’est resserré sur Morgan. Pourquoi sur elle ? Le fait que ce soit une femme, et qu’elle connaisse très bien le milieu ? D’autant plus qu’elle dit les choses très clairement, et on voit qu’elle n’a pas froid aux yeux ». C’est ce que dit Aude Rouaux, la coréalisatrice du documentaire.

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    Il est remonté Lordon, et son bouquin vous remonte, un vrai coup de printemps dans cette odeur de renfermé et de renoncement flageolant. Angoisse, précarité, inégalités, réchauffement, asphyxie et maintenant pandémie. Ça fait beaucoup et c’est clair, le capitalisme détruit nos vies. On peut essayer de lui limer les griffes, lui mettre du caoutchouc sur les crocs, lui apprendre à manger de la salade, lui faire des petits bisous, il s’en fout. On en voit à gauche tout penauds, qui négocient comme au temps de l’esclavage on aurait négocié la longueur de la chaîne et le poids des boulets. Il faut choisir : ou bien on dit « un autre capitalisme est possible » et on le réforme et on le corrige et on lui trouve des chouettes idées et on le renforce. Ou bien on comprend qu’il nous mène au désastre général et qu’il faut tout changer. Tout en profitant de la période qui finit, celle du développement matériel, à nous d’inventer enfin l’histoire du développement humain. Voilà qui vous remet de l’air dans les bronches !

    « On lâche rien », c’est eux qui chantent ça, les larbins du capitalisme, tous en chœur dans leurs Covid parties, on lâche rien sauf les chiens, sauf les chars. Les chars, oui. Lordon rappelle 1973 à Santiago du Chili, quand un vrai socialisme était là pour de vrai. On peut rappeler la Semaine sanglante, on peut rappeler ceux qui ont préféré Hitler au Front populaire, on peut évoquer les véhicules blindés qui furent envoyés par Macron contre les « gilets jaunes », et aujourd’hui la spéculation sur les vaccins qui va laisser pourrir des milliers d’êtres dans le monde. Et bien sûr, un capitalisme propre sur lui, bien déguisé en démocratie comme le loup qui se déguise en gentille grand-mère. Des élections, ah oui, très bien, à condition que les blancs bonnets remplacent les bonnets blancs, et le contraire aussi dans un affrontement passionnant. Mais pas davantage. Sinon revoyez les aventures de la Grèce en 2015. Tout le bouquin de Lordon peut se résumer à la phrase de Bertolt Brecht : « le fascisme n’est pas le contraire de la démocratie, il est son évolution par temps de crise ».

  • TOUTE LA COMMUNE. (Re)Découvrez les célèbres émissions d’Henri Guillemin. Une série en 13 épisodes vidéo de 30 min chaque jeudi ! Comprendre la Commune de Paris #04 : le siège de Paris Accès libre

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    Quatrième épisode. Les Versaillais auraient-ils poussé le peuple de Paris à la révolte afin de mieux l’écraser et ainsi prendre durablement le pouvoir ? Dans cette quatrième émission, Henri Guillemin évoque la situation à la veille de l’explosion du 18 mars 1871. Après la défaite de Sedan et la proclamation de la République le 4 septembre 1870, Paris est assiégée par les troupes de Bismarck.

  • L’« employé de la semaine » de Là-bas, c’est Jonathan Duong Quel milliardaire va mettre la main sur RTL, M6, Europe 1, Paris Match (et les autres) ? Abonnés

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    À quelques mois de l’élection présidentielle en France, le paysage médiatique est dans une situation inédite : plusieurs titres de presse, stations de radio et chaînes de télé sont à vendre. C’est ce que raconte le journal Le Monde, et surtout comment quelques milliardaires avancent leurs pions dans cette partie de Monopoly. L’« employé de la semaine » de Là-bas, Jonathan Duong, est revenu dans Didier Porte Hebdo #153 sur ces grandes manœuvres médiatiques qui pourraient se révéler plus graves qu’elles n’y paraissent.

    Puisqu’il est question de médias chaque vendredi dans Didier Porte Hebdo, on sait que ce qui compte, c’est « qui possède quoi », pour reprendre le titre de la carte établie par Acrimed et par Le Monde diplomatique.

    Parce qu’on sait bien que la plupart des oligarques de ce pays ne possèdent pas des médias pour gagner de l’argent – ce sont des gouffres financiers. Non, ils achètent des médias pour l’influence qu’ils pensent acquérir en détenant des titres de presse ou des chaînes de télé. On connaît l’expression : « qui paie l’orchestre choisit la musique. » C’est pourquoi il n’est pas inintéressant de se plonger dans la lecture de cet article du Monde : « Emmanuel Macron et la bataille des magnats des médias ».

    Qu’est-ce qu’on y apprend ? Eh bien on y apprend qu’« une partie géante et inédite de Monopoly s’est engagée ». Plusieurs médias en France sont à vendre. D’un côté, on a le groupe allemand Bertelsmann qui veut se désengager du marché français. Bertelsmann, c’est le premier groupe de médias allemand, qui possède RTL Group, qui possède l’éditeur de musique BMG, et qui possède aussi l’éditeur américain Penguin Random House, éditeur dont l’un des succès récents est le double contrat pour les mémoires de Michelle et de Barack Obama (un contrat à 65 millions de dollars quand même). Et Bertelsmann est aussi présent en France, puisqu’il détient, à travers le groupe M6, la chaîne M6, mais aussi les chaînes W9, Gulli et les stations Fun Radio et RTL. Et (c’est pas fini !) jusqu’en décembre dernier, Bertelsmman était même le propriétaire de pas mal de magazines comme Femme actuelle, Gala, GEO ou encore National Geographic, via le groupe Prisma Media. Ça, c’était jusqu’en décembre dernier, jusqu’à ce que Bertelsmann vende Prisma Media – pas à n’importe qui, on va le voir, c’est important pour la suite de l’histoire : Bertelsmann a vendu Prisma Media au groupe Bolloré.

  • CHAQUE SAMEDI, LES SEXPLORATEURS (6) | Podcast et belles images C’est le printemps, la saison des amours et des grenouilles Accès libre

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    Le cul. C’est fou ce qu’on est faux-cul avec le cul. Quoi de plus méprisé et de plus prisé que le cul ? « ¡ Votre dos perd son nom avec si bonne grâce / Qu’on ne peut s’empêcher de lui donner raison. Pour un hommage immortel comme celui de Brassens, combien d’insultes et d’infamies ? Pour une caresse, un baiser, une langue amie, combien de coups de pied et de coups de bâton ? On le dédaigne, on l’humilie, on le traite par la gaudriole. Ce sont les femmes qui en font les frais, la plupart du temps, parce qu’elles en jouent.

  • TOUTE LA COMMUNE. (re)découvrez les célèbres émissions d’Henri Guillemin. Une série en 13 épisodes vidéo de 30’ chaque jeudi ! Comprendre la Commune de Paris : #03 La Guerre de 1870 Accès libre

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    150 ans après elle vit toujours. Depuis 150 ans, elle rappelle au monde ce que « bourgeoisie » veut dire. Malgré ses ruses et ses déguisements, y compris lorsqu’elle se déguise en gauche (molle ou dure), cette bourgeoisie gardera toujours sur la face et sur les mains, la tache rouge du sang des femmes, des hommes et des enfants de la Commune. Pour ne pas s’y perdre pour commencer, nous vous proposons de voir (ou de revoir) la formidable série de conférences télévisées d’Henri Guillemin pour la télévisions Suisse (TSR). L’historien-conteur livre une analyse approfondie et très accessible de cet événement politique. Une série vidéo en 13 épisodes de 30 minutes que nous diffuserons le jeudi.

  • Éthique en toc. Quand les patrons milliardaires américains font leur com’ sur la mort d’un homme. Texte à l’appui « Blackwashing » : suite au meurtre de George Floyd, des records d’hypocrisie philanthropique Abonnés

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    Depuis le meurtre de George Floyd le 5 mai 2020 à Minneapolis, les patrons des plus grandes entreprises états-uniennes affichent leur soutien à Black Lives Matter. Mais cette générosité soudaine et massive éveille quelques soupçons…

    Vous ne verrez plus le mot « blanc », ni « blanchissant », ni « clair » sur les produits L’Oréal. Le 27 juin 2020, le groupe L’Oréal s’est engagé à supprimer ces mots de ses produits destinés à « uniformiser la peau ». Une « décision historique » selon le magazine Capital. Mais attention : supprimer les mots, mais pas la chose. Rassurons les actionnaires, les crèmes pour éclaircir les peaux mates et noires sont toujours en vente, et même en tête de rayon. C’est un marché trop juteux à travers le monde. Selon l’Organisation mondiale de la santé, 27 % des femmes au Sénégal et jusqu’à 77 % au Nigéria utilisent ces produits, d’ailleurs régulièrement dénoncés pour leur dangerosité.

    Et pourquoi cette décision historique ? Suite au meurtre de George Floyd par un policier blanc le 25 mai 2020, suivi d’une énorme vague de manifestations à travers le monde, les grandes multinationales ont atteint des sommets d’hypocrisie philanthropique en faveur du mouvement Black Lives Mater. En avant-goût, rappelez-vous cette pub Pepsi d’avril 2017, avec la mannequin Kendall Jenner qui jouait les activistes « Black Lives Matter » et fraternisait avec la police, une cannette à la main (pub retirée depuis sous la pression des critiques).

  • À rebours du mythe, Michèle Audin refait les contes et les comptes de la Semaine sanglante. Un entretien avec Mathieu Dejean Lieux communs sur la Commune Abonnés

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    « Le mort est encore intact dans son cercueil, et sa mémoire tombe déjà en pourriture. » Cent cinquante ans après la Commune de Paris, les mots de Jules Vallès dans L’Insurgé, décrivant les derniers jours de la Semaine sanglante en mai 1871, résonnent encore tragiquement. Condamner la Commune, effacer sa mémoire, voilà cent cinquante ans que le camp des Versaillais s’y emploie obstinément. Encore ces jours derniers, le sépulcral Pierre Nora se prononçait contre cette commémoration car la Commune « n’a pas apporté grand-chose à la construction de la République ». Il préfère que la France commémore Napoléon dont il vante les mérites, oubliant le désastre imbécile des guerres napoléoniennes qui firent entre trois et six millions de victimes. Aujourd’hui, les 150 ans de la Commune ont le mérite de rappeler l’antagonisme fondamental de notre histoire, une barricade comporte deux côtés, on est de l’un ou de l’autre, il faut choisir son camp.

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Pourquoi toutes les séries policières se ressemblent-elles ? AbonnésVoir

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BULLSHIT DEATH ! Mort de DAVID GRAEBER, auteur de « BULLSHIT JOBS » FAITES-VOUS UN BOULOT À LA CON ? Accès libreVoir

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Manu Dibango et Daniel Mermet au piano-bar en 1983 ! MANU DIBANGO, LA VIE QUAND MÊME Accès libreÉcouter

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