François Ruffin élu dans la 1ère circonscription de la Somme

Et à la fin, c’est lui qu’a gagné !

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Pourtant, c’était pas gagné, il avait une dizaine de points de retard sur son adversaire macroniste.

« Le peuple à l’Assemblée ! », crie Ruffin. « Le peuple, c’est lui ! » Ses copains le charrient, c’est la fête, ah, Ruffin avec une cravate à l’Assemblée ! C’est pas tous les jours qu’un ancien reporter de Là-bas est élu député ! Mais le plus important, c’est de voir ceux qui l’ont élu. Le plus réjouissant, c’est le recul du FN dans la circonscription. Depuis des années, le rejet et le mépris de cet électorat par la gauche molle assurent le succès du FN. En pratiquant ce qu’il appelle le « populisme de gauche », Ruffin et sa bande ont tapé juste. Au premier tour, il a fait perdre 10 points au FN, et c’est sans doute une partie de cet électorat qui aujourd’hui l’envoie à l’Assemblée. Évidemment, les médias ont sauté sur l’expression « populisme de gauche » pour faire amalgame et s’opposer courageusement aux « extrémismes de tous bords ». Alors qu’il s’agit d’une chose très simple que, dans sa hâte à s’embourgeoiser, la gauche a laissé tomber depuis longtemps : être avec le peuple, défendre la classe populaire, lutter front contre front, classe contre classe, prendre parti, en commençant par les combats de chaque jour, ce qui se fait ça et là, à Saint-Étienne-du-Rouvray par exemple, c’est ce qui se faisait au temps du « communisme municipal ».

Cette énorme abstention (56,6 % des inscrits) exprime le rejet de cette fausse représentation démocratique. C’est avec 15% des inscrits que Macron est arrivé au pouvoir en annonçant le recours au passage en force au cours de l’été. Cette majorité aux pieds d’argile a le mérite d’être claire. La camp néo-libéral n’est plus de gauche ou de droite, il est à découvert. C’est le parti de la France de ceux pour qui ça va bien.

Mais plus de la moitié du pays est à l’abandon et à l’abstention. C’est là que le FN a prospéré, c’est là que la reconquête est possible, dès demain.

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Frédéric LORDON publie« Figures du communisme » aux éditions La Fabrique. Un entretien en deux parties Frédéric Lordon, le capitalisme nous détruit, détruisons le capitalisme (1/2) AbonnésVoir

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Il est remonté Lordon, et son bouquin vous remonte, un vrai coup de printemps dans cette odeur de renfermé et de renoncement flageolant. Angoisse, précarité, inégalités, réchauffement, asphyxie et maintenant pandémie. Ça fait beaucoup et c’est clair, le capitalisme détruit nos vies. On peut essayer de lui limer les griffes, lui mettre du caoutchouc sur les crocs, lui apprendre à manger de la salade, lui faire des petits bisous, il s’en fout. On en voit à gauche tout penauds, qui négocient comme au temps de l’esclavage on aurait négocié la longueur de la chaîne et le poids des boulets. Il faut choisir : ou bien on dit « un autre capitalisme est possible » et on le réforme et on le corrige et on lui trouve des chouettes idées et on le renforce. Ou bien on comprend qu’il nous mène au désastre général et qu’il faut tout changer. Tout en profitant de la période qui finit, celle du développement matériel, à nous d’inventer enfin l’histoire du développement humain. Voilà qui vous remet de l’air dans les bronches !

« On lâche rien », c’est eux qui chantent ça, les larbins du capitalisme, tous en chœur dans leurs Covid parties, on lâche rien sauf les chiens, sauf les chars. Les chars, oui. Lordon rappelle 1973 à Santiago du Chili, quand un vrai socialisme était là pour de vrai. On peut rappeler la Semaine sanglante, on peut rappeler ceux qui ont préféré Hitler au Front populaire, on peut évoquer les véhicules blindés qui furent envoyés par Macron contre les « gilets jaunes », et aujourd’hui la spéculation sur les vaccins qui va laisser pourrir des milliers d’êtres dans le monde. Et bien sûr, un capitalisme propre sur lui, bien déguisé en démocratie comme le loup qui se déguise en gentille grand-mère. Des élections, ah oui, très bien, à condition que les blancs bonnets remplacent les bonnets blancs, et le contraire aussi dans un affrontement passionnant. Mais pas davantage. Sinon revoyez les aventures de la Grèce en 2015. Tout le bouquin de Lordon peut se résumer à la phrase de Bertolt Brecht : « le fascisme n’est pas le contraire de la démocratie, il est son évolution par temps de crise ».

Émission spéciale « Doléances et Résistances » en public HAYANGE, CEUX QUI FONT FACE AU FRONT [INTÉGRALE RADIO] AbonnésÉcouter

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C’est curieux, le maire d’Hayange n’a pas aimé notre affiche, il l’a fait arracher et même il l’a fait repeindre en bleu ! Lui qui aime tant le cochon, lui qui fait la Fête du cochon. Hayange est l’une des onze nouvelles villes conquise par le Front National lors des municipales de 2014. Ancien militant de Lutte Ouvrière et de la CGT,le jeune maire d’Hayange est devenu célèbre en se convertissant subitement à l’extrême-droite. Il est aussi très malin pour lancer des petites ou des grosses provocations qui font le beurre et le bonheur des médias qui viennent du monde entier dans cette ville de Moselle frappée par les politiques néo-libérales.