Un été là-bas. Des histoires pour débaucher les oreilles (3) (1985)

La coulée douce (3) LUXEMBOURG

Le

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Durant l’été 1984, LA COULEE DOUCE fit scandale. Quoi, une émission érotique sur France Inter ! C’était une première en effet. Si certains et certaines (!) savouraient chaque jour "l’émission qui débauche les oreilles", les offusqués étaient en rage. Lettres et pressions arrivaient de tous côtés. Un député écrivait à la direction : "Ils ne parlent pas d’amour à l’antenne, ils le font !". Mais, nous avons tenu bon et l’émission fut reconduite l’été suivant. Au fil de l’été nous vous proposons quelques-unes des histoires de la Coulée Douce.
Voici LUXEMBOURG… A déguster aussi cette gravure du grand peintre hongrois Mihaly ZICHY (1827-1906) formidable virtuose du dessin comme de la peinture, il a laissé une oeuvre foisonnante dans tous les registres, de la peinture romantique et officielle jusqu’à une sublime série de dessins et gravures érotiques qui, par le choix inhabituelle des situations et des thèmes que la bienséance qualifie de "sulfureux", lui valurent une marginalisation qui se poursuit aujourd’hui. Un irrécupérable, en somme. Tout pour nous plaire.

Luxembourg
Là-bas si j’y suis

gravure de Mihaly ZICHY (1827-1906)

Brève histoire de la COULEE DOUCE

En 1981, avec la fin du monopole et la libération des ondes, des radios libres sont sorties de partout. Bricolées, révolutionnaires, associatives, saugrenues, communautaires, on vit fleurir de l’inouï, c’est-à-dire du jamais ouï. Ce fut une joyeuse pagaille qui démontrait à la fois les possibilités expressives de la radio et sa puissance comme moyen d’émancipation.Toute une génération de passionnés de radio est née de cette libération.
Oh, bien sûr, comme c’était à prévoir, le commercial s’empara très vite du gâteau, les plus gros mangèrent les plus petits, laissant les miettes aux indépendants et aux associatifs. Mais n’empêche qu’ il y eût cette révolution des ondes par rapport à laquelle France Inter semblait soudain bien compassée et bien ringarde.

Plutôt malheureux de me retrouver de ce côté-là de la barricade, je proposais à Jean Chouquet, qui dirigeait les programmes, une émission de nuit « libertine » qui ferait place à la poésie et la littérature érotique avec des entretiens menés par ma collègue, l’excellente Paula Jacques. Le projet ne l’intéressait pas le moins du monde, mais voila que la grande Macha Béranger, se trouvait dans l’obligation de laisser l’antenne pendant quelque temps. Il fallait la remplacer en toute hâte et notre projet tomba sous la main du très surmené directeur, qui me convoqua fébrilement.
Chez quels écrivains et quels poètes irons-nous trouver le libertinage en question ? Je le rassurais, je citais Verlaine, Pierre Louÿs, Musset, Apollinaire, Aragon… Erudit sans doute en d’autres matières mais pas beaucoup dans le domaine de la flûte de jade et de la feuille de rose, il nous fit confiance.

Le scandale fut immédiat lorsque les pieuses dames de Télérama ou de la rubrique radio de Ouest France entendirent Le Con d’Irène d’ Aragon, les Onze mille vierges du gentil poète du Pont Mirabeau, les Pybrac de Pierre Louÿs ou le trou du cul violet vénéré par Paul Verlaine.
La direction était furieuse.

Mais comment nous faire taire sans être accusé de censure et faire rigoler le Canard Enchaîné, Charlie Hebdo ou Libération autrement plus audacieux à l’époque dans ce domaine ?

Heureusement, Macha revint à l’antenne et jamais plus cette direction ne m’a accordé le moindre intérêt.

Mais cette histoire avait beaucoup amusé quelqu’un à France Inter.
C’était Jean Garretto notre patron de L’Oreille en coin, l’émission dont on dit toujours qu’elle fut « une émission mythique » et où j’avais eu la chance de commencer quelques années auparavant.
« Ah, moi, si j’étais directeur, je mettrais cette émission tout les soirs », disait Garretto.

Or, le hasard a voulu que - contre toute attente -, Jean Garretto se retrouve à la direction d’Inter en 1984. Aussitôt, je m’empressais de lui rappeler sa parole. Loyal, il n’a pas reculé, et c’est ainsi que La Coulée douce coula les après-midi de cet été 1984, puis de l’été 1985.

Répondre au goût du public, lui offrir ce qu’il attend, c’est aujourd’hui la règle la plus élémentaire pour faire de l’audience. Le marketing est tellement intériorisé qu’on ne comprend pas la raison de prendre des risques en proposant de l’inattendu, cet INOUI, que j’évoquais tout à l’heure. Le plus souvent, aujourd’hui, les audaces sont bien inoffensives et l’impertinence bien climatisée. Il faut caresser la bête dans le sens du poil médiamétrique.

Mais il s’est trouvé, dans l’ histoire de l’audiovisuel public, des animateurs, des journalistes, des réalisateurs et même des directeurs qui, justement, profitant de ne pas être astreints par les règles commerciales, en ont profité pour inventer, essayer, risquer des aventures inédites, dans la forme ou dans le fond, dans le reportage comme dans le divertissement, dans la chanson comme dans le débat. Si cette démarche aujourd’hui perdure, elle se limite à des espaces alternatifs ou marginaux éloignés du grand nombre.

Mais plus on s’adresse au grand public, plus on croit devoir rester dans le consensus et dans le prévisible, plus on renforce la doxa et plus on se met au service du maintien de l’ordre.

Qu’est-ce qu’il disait René Char ?

Ah oui, « Ce qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égard ni patience »


Daniel Mermet


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    On l’oublie mais l’une des toutes premières manifs étudiantes, c’était le 11 novembre 1940 à Paris contre l’occupation allemande et contre le gouvernement de Pétain qui acceptait la collaboration. Une manif de lycéens et d’étudiants qui fut l’une des premières formes de résistance face à l’occupant et aux collabos après l’armistice du 22 juin 1940. Qui étaient ces rebelles ? Des gaullistes, des communistes, des scientifiques comme Paul Langevin. Ils avaient en commun une « certaine idée de la patrie » souillée par la soumission du pouvoir à l’occupant. Cette lâcheté des élites est la même aujourd’hui, quant à l’extrême droite, elle parade déjà.

    Certes, comparaison n’est pas raison, mais il y a au moins un rapprochement surprenant, c’est La Marseillaise reprise dans les cortèges aujourd’hui et le drapeau tricolore maquillé sur les visages d’une jeunesse qui emmerde le Front national et ce qui le porte au pouvoir, cette collaboration ordinaire.

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  • Manifs aussi contre l’industrie agro-chimique et ses conséquences sanitaires ! DÉSARMONS L’INTERNATIONALE DU POISON ! Abonnés

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    Écolos et agriculteurs ensemble, ce qui n’est pas toujours évident sauf que là, les paysans sont les premiers concernés.

    MA PETITE SŒUR JULIA, CANCER DU PANCRÉAS, 24 ANS.

    Soulèvements de la Terre, Cancer colère, Confédération paysanne, Greenpeace, Générations futures… ils sont tous là, et nous, Marième et Jeanne qui vous racontent tout en images.

    LES VICTIMES NE VEULENT PLUS MOURIR EN SILENCE.

  • La directrice de recherches en économie au CNRS publie « Riches ensemble ! » au Seuil Anne-Laure Delatte : « Le trou de la Sécu n’existe pas » Abonnés

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    La dette de la France est-elle un problème ? Les comptes de la sécurité sociale sont-ils déficitaires ? La dépense publique est-elle trop élevée en France ? Laurence De Cock reçoit Anne-Laure Delatte, directrice de recherches en économie au CNRS, qui publie Riches ensemble ! au Seuil.

    « La dette publique française s’envole à 119 % du PIB, du jamais-vu depuis 1946 ». Telle était l’alarme du journal Le Monde le 29 septembre 2026, suivi par la quasi-totalité des journaux français.

    Le même jour, le candidat à l’élection présidentielle Édouard Philippe proposait de repousser (encore) l’âge de départ à la retraite pour éviter que la France aille « taper dans le mur ».

  • « Les banques sont toutes détenues par des juifs » : Monsieur Serge Klarsfeld, qu’en dites-vous ? Abonnés

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    Mediapart vient de révéler des propos antisémites dont Jordan Bardella serait l’auteur alors qu’il avait 18 ans au début de sa carrière politique au sein du Front national.

    Adoubé aujourd’hui par Marine Le Pen comme son futur premier ministre si le Rassemblement national accédait l’an prochain à la présidence de la République, il rejette en bloc ces accusations. Selon l’enquête, il a par exemple écrit : « les banques sont toutes détenus [sic] par des Juifs ». Ou bien : « le juif doit dominé [sic] les autres peuples, les ecraser et les voler, un sioniste est forcément juif, et en profondeur ». Ou encore : « les ministères les plus importants reviennent à des personnes pour qui Israël et l’intérêt bancaire priment sur les intérêts français ».

    Actuel président du RN et député européen, Jordan Bardella a fermement démenti être l’auteur de ces propos et il engage une action en justice contre le média en ligne bien que les preuves de ces écrits authentifiés par huissier aient été publiées par Mediapart.

Une sélection :

Rencontre avec Francesca Albanese qui publie son rapport sur la torture en Palestine (vidéo et radio. Durée : 24’53) Francesca Albanese : « Israël a reçu un permis de torturer les Palestiniens » Accès libreVoir

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Cages de fer, attaques de chiens, tortures à l’électricité, viols collectifs avec matraques ou barres de fer, intestins éclatés…

À Genève, le 21 mars, la rapporteuse spéciale des Nations unies pour les territoires palestiniens occupés FRANCESCA ALBANESE a présenté son dernier rapport « TORTURE ET GÉNOCIDE » dans les territoires palestiniens occupés.

Pas seulement bavure ou revanche, mais méthode systématique contre les Palestiniens dans les prisons mais aussi hors des lieux de détention, y compris sur des mineurs. Il ne s’agit pas d’une dérive mais d’une logique qui s’exerce sur les corps comme sur les conditions de vie.

Le rapport précise : « la torture est une caractéristique structurelle du génocide en cours commis par Israël et, plus largement, de l’apartheid colonial de peuplement ».

« Fils de pute », « enculé » Accès libreLire

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À sept reprises en moins de six minutes, en direct et en public, le 19 décembre 2025, le député d’extrême droite Charles Alloncle a répété « fils de pute », « enculé » dans le cadre de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public dont il est le rapporteur. Des termes rarement usités dans un cadre officiel qui lui ont valu des milliers de messages dans les réseaux d’extrême droite et dans tous les médias appartenant au milliardaire Vincent Bolloré.

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Nous avons réuni tous nos articles sur Gaza depuis le 7 octobre 2023.
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Ignorance et ressentiment permettent toutes les manipulations et tous les chantages. Les partisans du génocide n’hésitent pas à instrumentaliser la mémoire juive pour accuser d’antisémitisme la moindre solidarité pour le peuple (…)