Craonne, sa chanson, ses mutins

Le , par L’équipe de Là-bas

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Aujourd’hui nous retournons à Craonne, théâtre d’une des plus sanglantes batailles de la Grande Guerre. De cette boucherie, 155 000 Français morts en dix jours, naîtront les mutineries de 1917 et aussi la célèbre chanson de Craonne.
Avec Noël Genteur, maire de Craonne, et Yves Fohlen, guide-conférencier à la Caverne du Dragon.
Une nouvelle diffusion d’un reportage de Daniel Mermet (du 7 novembre 1997), préparé avec l’aide de Raïssa Blankoff.
(Gravure : Otto DIX, "Soldat blessé (automne 1916, Bapaume)", 1924, eau-forte, 19,7*29 cm, National Gallery, Ottawa, Canada)
Programmation musicale :
Denis Tuveri et Marc Perrone à l’accordéon
La chanson de Craonne (1917, auteur(es) inconnu(es), d’après une musique d’Adelmar Sablon) :
"Quand au bout d’huit jours le r’pos terminé
On va reprendre les tranchées,
Notre place est si utile
Que sans nous on prend la pile
Mais c’est bien fini, on en a assez
Personne ne veut plus marcher
Et le cœur bien gros, comm’ dans un sanglot
On dit adieu aux civ’lots
Même sans tambours, même sans trompettes
On s’en va là-haut en baissant la tête
Refrain :
Adieu la vie, adieu l’amour,
Adieu toutes les femmes
C’est bien fini, c’est pour toujours
De cette guerre infâme
C’est à Craonne sur le plateau
Qu’on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés
Nous sommes les sacrifiés
Huit jours de tranchée, huit jours de souffrance
Pourtant on a l’espérance
Que ce soir viendra la r’lève
Que nous attendons sans trêve
Soudain dans la nuit et dans le silence
On voit quelqu’un qui s’avance
C’est un officier de chasseurs à pied
Qui vient pour nous remplacer
Doucement dans l’ombre sous la pluie qui tombe
Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes
C’est malheureux d’voir sur les grands boulevards
Tous ces gros qui font la foire
Si pour eux la vie est rose
Pour nous c’est pas la même chose
Au lieu d’se cacher tous ces embusqués
Feraient mieux d’monter aux tranchées
Pour défendre leur bien, car nous n’avons rien
Nous autres les pauv’ purotins
Tous les camarades sont enterrés là
Pour défendr’ les biens de ces messieurs là
Refrain :
Ceux qu’ont l’pognon, ceux-là r’viendront
Car c’est pour eux qu’on crève
Mais c’est fini, car les trouffions
Vont tous se mettre en grève
Ce s’ra votre tour messieurs les gros
De monter sur le plateau
Car si vous voulez faire la guerre
Payez-la de votre peau"

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