La vérité mais pourquoi faire ?

Le , par L’équipe de Là-bas

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(dessin : Noam Chomsky, Boston, MIT, avril 2007, par Daniel Mermet)
Un entretien avec NOAM CHOMSKY
Le tabac tue 6 millions de personnes chaque année. Les industriels du tabac sont condamnés à des milliards de dollars d’amendes. Ils sont astreints par la justice à rendre public leurs documents secrets prouvant leur stratégie meurtrière. Mais pourtant l’industrie du tabac se porte bien. Très bien. Alors à quoi sert la vérité ? Voyez les "whistleblowers", les lançeurs d’alerte, Julian Assange, Chelsea Manning, Edward Snowden qui parle ces jours-ci. Des traîtres pour le pouvoir, des héros pour tous ceux qui refusent que le pouvoir cache ces stratégies opérées "en notre nom".
En 1971, le scandale des "Pentagon Papers", les documents militaires secrets clandestinement transmis au New York Times, dévoilait soudain les mensonges du pouvoir concernant la guerre du Vietnam. Quelles furent les conséquences de cette publication ? Le lançeur d’alerte à l’époque s’appelait Daniel Ellsberg. Il fut aidé par un linguiste, un certain Noam Chomsky. C’est lui que nous retrouvons aujourd’hui pour une heure inédite enregistrée en octobre 2013.
Entretien : Daniel Mermet (traduction : Giv Anquetil)
Programmation musicale :
- Noam Chomsky, par The Horsies
- Masters of war, par Bob Dylan
À lire :
- 

Guerre nucléaire et catastrophe écologique : entretiens avec Laray Polk


, un livre de Noam Chomsky (2014, éditions Agone)
À voir :
- 

L’homme qui a fait tomber Nixon : Daniel Ellsberg et les dossiers secrets du Pentagone


, un film de Judith Ehrlich et Rick Goldsmith (2010, 92 min)
- 

The Act of Killing


, un documentaire de Joshua Oppenheimer (2013, produit par Final Cut for Real)
À noter :
Rendez-vous lundi 2 juin 2014 à 15h, pour une émission en direct et en public du théâtre du Rond-Point, autour de la grande enquête menée par Radio France :

"Pour qui pour quoi risquer ou donner sa vie aujourd’hui ?"


Plus d’infos et réservation sur espacepublic.radiofrance.fr >>>>>> Lundi 2 juin 2014, Théâtre du Rond-Point, 2 bis avenue Franklin D. Roosevelt 75008 Paris

Écouter l'émission

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Frédéric LORDON publie« Figures du communisme » aux éditions La Fabrique. Un entretien en deux parties Frédéric Lordon, le capitalisme nous détruit, détruisons le capitalisme (1/2) AbonnésVoir

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Il est remonté Lordon, et son bouquin vous remonte, un vrai coup de printemps dans cette odeur de renfermé et de renoncement flageolant. Angoisse, précarité, inégalités, réchauffement, asphyxie et maintenant pandémie. Ça fait beaucoup et c’est clair, le capitalisme détruit nos vies. On peut essayer de lui limer les griffes, lui mettre du caoutchouc sur les crocs, lui apprendre à manger de la salade, lui faire des petits bisous, il s’en fout. On en voit à gauche tout penauds, qui négocient comme au temps de l’esclavage on aurait négocié la longueur de la chaîne et le poids des boulets. Il faut choisir : ou bien on dit « un autre capitalisme est possible » et on le réforme et on le corrige et on lui trouve des chouettes idées et on le renforce. Ou bien on comprend qu’il nous mène au désastre général et qu’il faut tout changer. Tout en profitant de la période qui finit, celle du développement matériel, à nous d’inventer enfin l’histoire du développement humain. Voilà qui vous remet de l’air dans les bronches !

« On lâche rien », c’est eux qui chantent ça, les larbins du capitalisme, tous en chœur dans leurs Covid parties, on lâche rien sauf les chiens, sauf les chars. Les chars, oui. Lordon rappelle 1973 à Santiago du Chili, quand un vrai socialisme était là pour de vrai. On peut rappeler la Semaine sanglante, on peut rappeler ceux qui ont préféré Hitler au Front populaire, on peut évoquer les véhicules blindés qui furent envoyés par Macron contre les « gilets jaunes », et aujourd’hui la spéculation sur les vaccins qui va laisser pourrir des milliers d’êtres dans le monde. Et bien sûr, un capitalisme propre sur lui, bien déguisé en démocratie comme le loup qui se déguise en gentille grand-mère. Des élections, ah oui, très bien, à condition que les blancs bonnets remplacent les bonnets blancs, et le contraire aussi dans un affrontement passionnant. Mais pas davantage. Sinon revoyez les aventures de la Grèce en 2015. Tout le bouquin de Lordon peut se résumer à la phrase de Bertolt Brecht : « le fascisme n’est pas le contraire de la démocratie, il est son évolution par temps de crise ».

Émission spéciale « Doléances et Résistances » en public HAYANGE, CEUX QUI FONT FACE AU FRONT [INTÉGRALE RADIO] AbonnésÉcouter

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C’est curieux, le maire d’Hayange n’a pas aimé notre affiche, il l’a fait arracher et même il l’a fait repeindre en bleu ! Lui qui aime tant le cochon, lui qui fait la Fête du cochon. Hayange est l’une des onze nouvelles villes conquise par le Front National lors des municipales de 2014. Ancien militant de Lutte Ouvrière et de la CGT,le jeune maire d’Hayange est devenu célèbre en se convertissant subitement à l’extrême-droite. Il est aussi très malin pour lancer des petites ou des grosses provocations qui font le beurre et le bonheur des médias qui viennent du monde entier dans cette ville de Moselle frappée par les politiques néo-libérales.