La décennie - le cauchemar des années 1980 (3) : 1984-1985

Le , par L’équipe de Là-bas

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La « rigueur » ? Une phase de transition.
L’« austérité » ? Une parenthèse.
La « crise » ? Une aubaine.
Car le monde mue. Il délaisse ses vieux repères, usés. La « lutte des classes » n’est plus car les « classes » ont disparu, remplacées par des segments de marché, des consommateurs, des « individus » émancipés des lourdeurs du collectif et de sa tentation totalitaire. La gauche, elle-même, devient « moderne ». Quand Laurent Fabius - le super héraut de la « gauche américaine » - arrive à Matignon, rares sont ceux qui voient, sous son costume gris, la cape, les bottes et le maillot de bain rouge qu’il emprunte à un autre surhomme dont les exploits émeuvent Hollywood. Place de la Concorde, la « morale » et « l’éthique » remplacent désormais la politique car, comme le rappelle Harlem Désir, « notre logique de vie est plus forte que leur logique de mort ». Les tabous sont tombés...
Une nouvelle diffusion d’une émission préparée par Renaud Lambert.
Programmation musicale :
- Da da da, par Trio
- Les Américains, par Les Satellites
- Un Autre Monde, par Téléphone
- Sweet Dreams, par Eurythmics
- The Post War Dream, par The Pink Floyd
- We Are The World, par USA for Africa
À lire :
- Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col Mao au Rotary, de Guy Hocquenghem (1986, réédité chez Agone en 2014, avec une préface de Serge Halimi)
- La décennie : le grand cauchemar des années 1980, de François Cusset (2009, éditions La Découverte)
- Le grand bond en arrière : comment l’ordre libéral s’est imposé au monde, de Serge Halimi (nouvelle édition en 2012, chez Agone)
- Quand la gauche essayait, de Serge Halimi (2000, éditions Arléa)
- Fonds de pension, piège à cons ? Mirage de la démocratie actionnariale, de Frédéric Lordon (2000, éditions Raisons d’Agir)
- Et la vertu sauvera le monde... Après la débâcle financière, le salut par l’« éthique » ?, de Frédéric Lordon (2003, aux éditions Raisons d’Agir)
- Libération de Sartre à Rothschild, de Pierre Rimbert (2005, aux éditions Raisons d’agir)
- D’une révolution conservatrice et de ses effets sur la gauche française, de Didier Éribon (2007, aux éditions Léo Scheer)
- Une nouvelle vassalité : contribution à une histoire politique des années 1980, d’André Bellon (2007, aux éditions Mille et une Nuits)

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  • Le café repaire de La Rochelle vous invite le 19 octobre prochain à 20h à la librairie "Les Rebelles ordinaires" (rue des trois Fuseaux à La Rochelle) à venir partager son prochain débat : "Mise en place de la Flat Tax, hausse de la CSG, réforme de la taxe d’habitation, prélèvement à la source...la (...)

  • Lors de notre café repaire du 14 novembre, nous évoquerons la situation au ROJAVA, une résistance ignorée des grands média. Nous serons accompagné du président de l’association "Amitiés kurdes de Bretagne". Venez nombreux !

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À Nantes, deux mois après la mort d’Aboubakar tué par un policier. Un grand reportage de Dillah Teibi POURQUOI BRÛLER DES BIBLIOTHÈQUES ? Retour à Nantes AbonnésÉcouter

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70 bibliothèques ont été incendiées en France entre 1996 et 2013. Vous le saviez ? À Nantes en juillet dernier, lors des nuits d’émeutes qui ont suivi la mort d’Aboubakar Fofana 22 ans, tué par un policier, une bibliothèque a été brûlée, 10 000 livres sont partis en fumée. Pourquoi ? Vandalisme idiot ? Revanche culturelle ? Erreur de cible ? Pourquoi un tel sacrilège ? "C’est pour faire mal à l’Etat " nous dit un des incendiaires. Pourquoi brûler des bibliothèques ? À Nantes, un reportage de Dillah Teibi :

Migrations : la gauche déchirée ? AbonnésLire

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« Ils viennent manger le pain des Français, foutons-les à la mer ! » Rital, espingouin, bicot, porto, youpin, négro, bridé, métèque… À qui le tour aujourd’hui ? Regardez nos remparts, nos murailles, nos barbelés, nos citadelles, nos gardes-chiourmes, nos caméras de surveillance, nos drones et nos centres de détention ; tout ce qui dit la peur de l’autre, la terreur de l’invasion, la haine de l’envahisseur qui vient jusque dans nos bras égorger nos filles et nos compagnes.

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Pourquoi dialoguer avec Finkielkraut ou Zemmour ? Ça ne sert à rien, « il n’y a pas d’intellectuel de droite », répond le philosophe et sociologue Geoffroy de Lagasnerie. « La définition de la gauche, c’est l’incommensurabilité à la droite. C’est-à-dire que nous n’avons, avec la droite, aucun terrain d’accord. Nous ne sommes pas dans une position de débat, mais dans une position d’affrontement. C’est "une lutte – comme disait Bourdieu à propos de Manet et de l’Académie – à la vie, à la mort". » Contrairement à ce qu’on laisse croire, la force de la gauche aujourd’hui, c’est d’être « imaginatrice », « inventive » et d’avoir « une pensée ». À propos des médias, des révolutions symboliques, de Mai 68, des quartiers populaires ou encore de la politique pénale, Geoffroy de Lagasnerie prouve que la gauche peut encore avoir une pensée stimulante et enthousiasmante.