Didier Lockwood, quand l’oiseau s’endort

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Didier Lockwood est mort brusquement à 62 ans, et c’est surtout les oiseaux qui ont le cœur lourd. Aucun ne s’attendait à une chose pareille, il vivait avec eux, tous les jours, toutes les nuits, il volait comme eux, il était comme eux, il n’y avait plus de différence depuis longtemps, aussi bien les grands oiseaux de mer que les cigognes manouches, aussi bien les oies sauvages que les oiseaux de nuit, aussi bien les oiseaux bariolés que les oiseaux de feu, tous se reconnaissaient dans son violon et sa musique, les couleurs, la mer, les arbres, le ciel autour, toute la vie, au moindre coup d’archet tous décollaient, tous s’envolaient, et nous avec.

Une fois, il y a trente ans, chez mon copain le pianiste Jean-Pierre Mas, Didier m’a demandé des paroles pour des chansons pour les enfants. Je ne sais pas ce qu’est devenue la table au coin de laquelle j’ai écrit ces paroles, mais je me souviens très bien d’un enfant qui ne voulait pas s’endormir. Pourquoi ? Parce que dormir, c’est comme mourir, fut la réponse. Aujourd’hui, tout ça prend un drôle de sens, on a retrouvé la chanson avec la voix de Florence Davis et sa musique à lui, mais qui aurait imaginé, il y a trente ans, que ce serait pour lui, pour bercer l’oiseau qui vient de s’endormir ? Mais attention, dormir mais c’est tout, sa musique est vivante à jamais. Demandez aux oiseaux.

Daniel Mermet
Didier Lockwood, quand l’oiseau s’endort

Quand l’oiseau s’endort

Sous la mer, y’a deux oiseaux
Qui s’aiment et qui font tous les deux des bêtises

C’est pas grave, puisque que la nuit
Ils dorment en rêvant avec leurs parents

Il suffit d’un baiser ou deux
Pour aller cueillir les étoiles
Pour devenir un oiseau bleu
Il suffit de fermer les yeux

Sous la mer, y’a des maisons
Quand l’oiseau s’endort, on éteint la lumière

C’est pas grave, puisque la nuit
Il part en rêvant vers un beau pays

musique : Didier Lockwood
chant : Florence Davis
paroles : Daniel Mermet


Aux Victoires du Jazz en 2006, Marcel Azzola et Didier Lockwood interprètent La Javanaise de Serge Gainsbourg :


En 1979, dans l’émission « Le regard des femmes », Stéphane Grappelli et Didier Lockwood reprennent aux violons Autumn leaves :

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