BURE, 6h15, 500 gendarmes. Témoignages

Bure : évacuation musclée, manifs à 18h

Le

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Bure: évacuation du site du bois Lejuc
par Là-bas si j'y suis

Camille, opposante au projet d’enfouissement de déchets radioactifs à Bure :

01. Bure, évacuation musclée, manifs à 18h : Camille

Jacques Lerai, membre de l’association des élus meusiens et haut-marnais opposés à l’enfouissement des déchets radioactifs et porte-parole du Collectif Contre l’Enfouissement des déchets RAdioactifs (CEDRA) :

02. Bure, évacuation musclée, manifs à 18h : Jacques Lerai

Caroline Fiat, députée La France Insoumise de Meurthe-et-Moselle :

03. Bure, évacuation musclée, manifs à 18h : Caroline Fiat

Les opposants au projet de centre d’enfouissement des déchets radioactifs à Bure ont réagi ce matin :

COMMUNIQUÉ DE QUELQUES HIBOUX DE BURE

« Ce matin à 6h15 a débuté l’expulsion du Bois Lejuc par 500 gendarmes avec grand renfort de communication de la part du ministère de l’Intérieur, et les chaînes d’info en continu branchées sur les images sensationnelles de blindés militaires massés près de ce bois, de cabanes envahies au petit matin, de gendarmes en cagoule munis de tronçonneuses et caméras embarquées…

L’opération, censée mettre à exécution une décision d’expulsabilité rendue l’année passée par le Tribunal de grande instance de Bar-le-Duc, intervient avant l’épuisement des recours juridiques (notamment sur la propriété de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs sur le bois) et avant la fin de la trêve hivernale, alors que plusieurs structures d’habitation et d’occupation avaient été installées aux abords et au cœur de la forêt. Alors même également que l’EODRA (association des élus opposés à l’enfouissement) avait domicilié en janvier son siège social dans la forêt. L’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) ne pourra légalement commencer aucun de ses travaux dans le bois : l’Autorité Environnementale a prescrit en octobre 2017 à l’Andra la réalisation d’une évaluation environnementale avant tous travaux préparatoires, la période de nidification à la mi-mars empêche tous travaux, et l’Andra n’a pas d’autorisation de défrichement.

Comme en 2012 à Notre-Dame-des-Landes, les bulldozers suivent immédiatement les gendarmes, on rase au plus vite les lieux de vie sans laisser le temps de récupérer tous les effets personnels. Déjà suite à une première expulsion du bois en juillet 2016, les machines de l’Andra avaient défriché illégalement une partie conséquente des arbres avant que l’opposition ne réinvestisse et ne réoccupe la forêt à la mi-août 2016.

À cette heure, des arbres restent occupés par plusieurs hiboux. Une vingtaine de gendarmes mobiles sont en bas. Plusieurs personnes ont été interpellées lors de l’opération, ou sont encerclées sur des chemins menant à la forêt, de multiples vérifications d’identité ont eu lieu. Au moins une personne a été placée en garde à vue.

RÉSISTER PARTOUT

Cette expulsion entérinée par le gouvernement Macron intervient dans un contexte de durcissement dramatique du contexte social à l’encontre du monde du travail, des étudiants, des migrant-e-s, etc. C’est la mise en place d’un modèle industriel et social à l’américaine qui précarise, piétine allègrement l’environnement et les populations, et s’impose par la force et l’intransigeance. Le président Macron marche dans les pas de Margaret Thatcher : tolérance zéro, le message est clair.

Cette opération foudroyante est avant tout une manœuvre politique à la mise en scène minutieusement orchestrée pour empêcher que l’abandon de l’aéroport à Notre-Dame-des-Landes ne galvanise la résistance partout en France. Une opération pour tenter d’enrayer tout le soutien national qui s’organise peu à peu, avec comme symbole une petite maisonnette créée par le comité de soutien de Dijon qui devait être installée dans la semaine, la première cabane d’un comité de soutien. Dans les mots décharnés de la préfète, c’est "un projet de construction en dur manifestant la volonté des opposants de s’installer durablement". Nous disons que c’est un mauvais pari. Nous sommes déjà installé-e-s durablement, dans la forêt et partout autour dans les villages que nous habitons, mais aussi partout ailleurs en France où chaque opération de police multiplie les soutiens. Ce matin, l’État a choisi d’envoyer un signal très fort qui nous confirme que la résistance doit continuer de s’organiser partout en France et au-delà, et que Cigéo est un point crucial dans la pérennité d’une industrie nucléaire qui s’impose par la force sous couvert de concertation.

Lorsque nous avons commencé à occuper le bois Lejuc en juin 2016, nous n’aurions jamais imaginé que nous y serions 1 an et demi plus tard, que l’Andra devrait reculer, que des dizaines de comités se créeraient partout en France. Les ministres auront beau jouer le traditionnel jeu de la dissociation sur BFM entre les "méchants cagoulés" à nettoyer d’urgence et l’opposition citoyenne pacifique, ce discours n’a jamais pris à Bure où nous luttons dans un mouvement protéiforme et complémentaire. Tous les médias parlent de la "ZAD de Bure", pour mieux créer le parallèle avec Notre-Dame-des-Landes dans l’esprit des gens. Nous avons toujours dit que s’il y avait une ZAD à Bure, c’était celle de tout un territoire, partout, parce que l’horreur atomique et le rouleau compresseur étatique qui la sous-tend ne connaissent pas de frontières quand il s’agit de broyer les existences des gens et leurs territoires de vie au nom du profit et du contrôle.

La pornographie policière et médiatique des images de destruction et la mise en scène du "retour à l’État de droit" ne satureront pas nos têtes et nos cœurs, ne recouvrira pas tout ce qui s’est vécu depuis des années à Bure et tout autour, et ce qui va se vivre dans les années à venir. Expulser le bois Lejuc ce matin, c’est taper et attaquer partout toutes celles et ceux qui sont venu.es sur place par milliers dans les années passées et portent déjà en elleux, partout, un morceau de Bure.

Chaque attaque nous renforce dans notre détermination, on ne nous atomisera jamais ! »

Un appel à converger à Bure pour celles et ceux qui peuvent a été lancé : rassemblement à 16h à Mandres-en-Barrois pour la venue de Sébastien Lecornu, secrétaire d’État auprès du ministre d’État, ministre de la Transition écologique et solidaire, et à la préfecture de Bar-le-Duc à 18h.

Des rassemblements auront lieu partout ailleurs en France ce soir, comme à :
- Paris, 18h30 place Saint-Michel
- Nantes, 18h, devant la préfecture
- Saint-Nazaire, à 18h devant la sous-préfecture
- Blois, devant la préfecture à 18h
- Toulouse, à 18h devant la préfecture
- Rouen, à 18h devant la préfecture
- Nîmes, à 18h devant la préfecture
- Fougères, à 18h devant la sous-préfecture
- Lyon, à 18h devant la préfecture
- Le Puy-en-Velay, à 18h devant la préfecture
- Longwy, à 18h devant la permanence du député (17 route nationale Villers-la-Montagne)
- Quimper, à 18h devant la préfecture
- Épinal, 18h, devant la préfecture
- Dijon, 18h, place du Bareuzai
- Limoges, 18h, place de la préfecture
- Grenoble, 18h, devant la préfecture
- Lille, 18h, place de la République devant la préfecture
- Saint-Brieuc, 18h, rassemblement place de la préfecture
- Châteaubriand, rassemblement devant la sous-préfecture, 14 rue des Vauzelles
- Tours, 18h, place Jean-Jaurès
- Poitiers, 18h, rassemblement devant la préfecture
- Agen, 18h, rassemblement devant la préfecture
- Autriche, Vienne, 18h, rassemblement devant l’ambassade de France
- Belfort, 18h devant la préfecture
- Chambéry, 18h, devant la préfecture
- Troyes, 18h, devant la préfecture à Troyes
- Orléans, 18h devant la préfecture
- Bourges, 18h devant la préfecture
- Montargis, 18h devant la préfecture
- Lorient, 18h, rassemblement devant la sous-préfecture
- La-Roche-sur-Yon, 18h, rassemblement devant la préfecture
- Strasbourg, 18h, appel à rassemblement devant la préfecture
- Colmar, 18h, appel à rassemblement devant la préfecture
- Mulhouse, 18h, appel à rassemblement devant la préfecture
- Loches, 18h, appel à rassemblement devant la Maison d’État
- Gap, 18h, devant la préfecture
- Bayonne, 18h, devant la préfecture
- Saint-Étienne, 18h, rassemblement devant la préfecture
- Annecy, 18h, rassemblement devant la préfecture
- Cergy-Préfecture, 18h, en haut des escalators de la gare
- Rennes, 18h, rassemblement devant la place Saint-Anne
- Ajaccio, 18h15, rassemblement devant la préfecture
- Châlons-en-Champagne, 18h15, rassemblement devant la préfecture
- Valence, 18h, rassemblement devant la préfecture
- Albi, 18h, rassemblement devant la préfecture
- Millau, 18h, rassemblement devant la préfecture
- Angers, 18h, rendez-vous au Château, contact : soutien-bure49@lists.riseup.net
- Metz, 18h, devant la préfecture
- Bordeaux, 18h, 2 place de l’esplanade (préfecture)
- Besançon, 18h, place de la préfecture
- Vannes, 18h, rassemblement de soutien devant la préfecture
- Montpellier, 18h, rassemblement place de la préfecture, 34 place des Martyrs de la Résistance
- Coutances, 18h30, Hôtel de Ville
- Reims, 18h, rassemblement devant la sous-préfecture
- Redon, 18h, rassemblement devant la sous-préfecture
- Alès, 18h, rassemblement devant la sous-préfecture
- Laon, 18h, rassemblement devant la sous-préfecture
- Foix, 18, rassemblement devant la préfecture
- Oloron-Sainte-Marie, rassemblement devant la sous-préfecture
- Châlons-sur-Saône, 18h, devant la sous-préfecture
- Auxerre, 18h, rassemblement devant la préfecture
- Saint-Gaudens, 18h devant la sous-préfecture
- Clermont-Ferrand, 18h30 devant la préfecture
- Chaumont, 18h devant la préfecture
- Bruxelles, Belgique, 19h, rassemblement devant l’ambassade
- Bressuire, 19h, devant la sous-préfecture

journaliste : Dillah Teibi
réalisation : Sylvain Richard

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Voir aussi

- « Plus Bure sera leur chute… », le site de la lutte contre le projet d’enfouissement de déchets nucléaires : vmc.camp

- La page Facebook du Collectif Contre l’Enfouissement des déchets RAdioactifs (CEDRA) : www.facebook.com/cedra52

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    Salle d’audience 2.05 du tribunal de grande instance de Paris, à la porte de Clichy. « Vous trouverez facilement, c’est la cour des miracles », nous glisse un avocat. C’est tous les jours de la semaine, à 9h et 13h30, et c’est ouvert au public. Ici, vous ne risquez pas de voir Cahuzac ou Balkany, pas de cols blancs ni de barons voleurs, c’est la justice des pauvres, expéditive, violente, ici, c’est la misère qui comparaît.

    Selon une étude de 2008, la plus récente à ce sujet, 68,7 % des prévenus jugés en comparution immédiate sont sans ressources ou avec des ressources faibles.

    Et pas besoin de grands chiffres pour le savoir : il suffit de lire les récits de Dominique Simonnot, tous les mercredis, dans Le Canard enchaîné. L’année dernière, cette procédure de justice directe a été massivement utilisée contre les « gilets jaunes » : plusieurs centaines d’entre eux, arrêtés et placés en garde à vue le samedi, ont été jugés en comparution immédiate le lundi.

    Alors qu’un fossé se creuse entre l’institution judiciaire, de plus en plus perçue comme un instrument de sauvegarde de l’ordre social, et les citoyens, nous avons passé une journée ordinaire dans cet endroit loin du paradis. Pas de caméra, pas de photos, pas de micro, téléphone éteint : juste un crayon et du papier.

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COMMENT SORTIR DU CONSUMÉRISME ? Rencontre avec RAZMIG KEUCHEYAN Le capitalisme a besoin que nous ayons envie de ce dont nous n’avons pas besoin AbonnésVoir

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