Deuxième opération d’évacuation en cours à NDDL

1800 gendarmes pour détruire dix cabanes

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Un bataillon de gendarmes mobiles s’avance dans la forêt de Rohanne / © Yves Monteil

Depuis ce matin 6h, une deuxième opération d’évacuation est en cours sur la ZAD. 1800 gendarmes, un hélicoptère, des équipes cynophiles, et plusieurs pelleteuses, pour détruire 10 cabanes.

Nous avons joint sur place Camille, un habitant de la ZAD.
Il se trouve à la Wardine, un corps de ferme en cours de régularisation. Et les gendarmes sont juste en face…

NDDL : deuxième opération d’évacuation en cours

Nous reproduisons ci-dessous le communiqué de la ZAD sur les évacuations en cours :

Communiqué sur la seconde phase d’expulsion en cours sur la ZAD

La seconde vague d’expulsion amorcée depuis ce matin est une nouvelle tentative d’éradiquer une partie de la ZAD. Elle va faire remonter dramatiquement la tension dans le bocage et laisser plus de personnes encore privées de leur logement et de leurs espaces quotidiens d’activités. Les routes et chemins sont une nouvelle fois envahis par un dispositif militaire inédit en termes d’ampleur et de durée dans l’histoire du maintien de l’ordre en France. Cette démonstration de force est sans doute à la hauteur de l’affront qu’a représenté des années durant cet espace de résistance et d’expérimentation. L’acharnement de l’État est significatif de sa vivacité persistante de cette aventure collective. Il est annoncé que plusieurs habitats sont cette fois visés dans le secteur de la forêt de Rohanne.

En s’attaquant aujourd’hui à la Chat-teigne, l’État cherche à raser un symbole de l’histoire de la lutte. La chat-teigne c’est ce chantier collectif de 40 000 personnes, ce hameau magique sorti de terre qui a signé la défaite de l’opération César. La construction de la Chat-teigne a marqué la montée en puissance d’un mouvement populaire qui allait finir des années plus tard par arracher l’abandon du projet d’aéroport. Après avoir été un espace de convergence vibrant des mois durant pour et par les comités de soutien, les cabanes de la Chat-teigne s’étaient transformées en habitat plus permanent.

Au-delà de la Chat-teigne, la ZAD est emblématique, entre autres, comme espace de réinvention d’une architecture créative et d’une réappropriation des techniques de construction. C’est à cette dimension d’habitat alternatif et collectif que l’État continue aujourd’hui à s’attaquer à travers la destruction des autres lieux de vie officiellement visés aujourd’hui : Pui-plu, la Datchacha, la Vosgerie...

Par ailleurs, cette nouvelle offensive se situe en plein cœur de la zone humide et de la forêt qui vont être encore largement dégradées par le passage des blindés et tractopelles, et par les pluies de grenades et de lacrymogènes. La précédente vague d’expulsion avait déjà ravagé nombre de champs et chemins de la ZAD en plus d’empoisonner les foins, par la contamination des gaz dans l’herbe et les palets dans les roundballers. Nous avons défendu ce bocage pendant des décennies, nous ne pouvons le laisser aujourd’hui continuer à se faire écraser par la gendarmerie.

Comme c’est déjà le cas depuis des semaines, les travaux nécessaires aux projets agricoles que le gouvernement dit paradoxalement accepter de pérenniser vont continuer à être entravés par l’occupation policière prolongée du territoire et ce au cœur de la saison agricole. D’après les estimations, le coût de cette opération absurde aura bientôt atteint les 5 millions d’euros. C’est la somme que le Conseil Général avait fait payer à L’État pour lui vendre l’ensemble des terres et bâtiments qu’il avait acquis sur la ZAD en vue du projet d’aéroport.

Le gouvernement tente de neutraliser la résistance en cherchant à ancrer l’idée que des personnes qui n’auraient pas pu ou voulu participer au dépôt collectif de projets seraient moins légitimes à rester vivre ici. Il faut bien peu de cœur pour imaginer que quiconque laisse ses voisin.e.s se faire raser leurs maisons sans réagir. Par ailleurs, les diverses interventions des forces de l’ordre depuis l’abandon de l’aéroport visent à affaiblir et mettre la pression sur tout le mouvement. Faute de pouvoir matériellement et politiquement expulser tout le monde, ces opérations cherchent à imposer des conditions drastiques pour le maintien des projets sur la zone et pour en fragiliser la dimension collective. Nous appelons pour notre part à se mobiliser largement sur le terrain et au-delà pour la défense des divers lieux de vie, réalités et activités qui s’entremêlent sur la ZAD.

Concrètement, nous appelons à :

- Converger immédiatement sur place pour ceux et celles qui le peuvent.

- À un rassemblement devant la préfecture à Nantes à 18h suite à une journée d’expulsion.

- À des rassemblements et occupations sur les places des villes et devant les mairies et préfectures. Les comités de soutien peuvent signaler leurs rendez-vous et actions au site zad.nadir afin qu’ils soient relayés.

- À une manifestation le samedi après une semaine d’expulsion à Nantes.

- À une convergence sur la ZAD le dimanche après une semaine d’expulsion.


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