Cet article est en accès libre grâce aux abonnés modestes et géniaux, mais…

…sans publicité ni actionnaires, Là-bas si j’y suis est uniquement financé par les abonnements. Sans les abonnés, il ne nous serait pas possible de réaliser des émissions et des reportages de qualité. C’est le prix de notre indépendance  : rejoignez-nous  !

Je m'abonne J'offre un abonnement

CLERMONT-FERRAND - Des militants syndicaux convoqués par la police

Suite à la manifestation des professeurs contre la tenue des épreuves anticipées du bac en classe de première, samedi dernier au lycée Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand (nous l’avions documentée ici), et qui avait donné lieu à l’investissement du lycée, quatre militants syndicaux au moins ont été convoqués par la police sous le régime de l’audition libre mercredi prochain. Ils devront répondre des faits "d’intrusion non autorisée dans un établissement d’enseignement", un délit créé en 2010 sous la présidence de Nicolas Sarkozy au prétexte de faits divers d’intrusions de bandes dans des établissements scolaires.

Les personnes visées sont pour l’instant : Didier Pagès, porte-parole de SUD éducation dans le Puy-de-Dôme, Frédéric Campguilhem, co-secrétaire académique de la CGT-Education, et deux militants de l’Unef.

Ce nouvel épisode de répression syndicale intervient après la plainte contre X déposée par la proviseure de l’établissement, Mme Muriel Falibaron, pour cette "intrusion", alors même que l’ensemble des personnes présentes avaient quitté les lieux dans le calme après l’annonce du report des épreuves et sans qu’aucune dégradation n’ait eu lieu. Les lycéens de Blaise-Pascal avaient massivement manifesté leur approbation de cette action, inquiets des mauvaises conditions d’organisation de l’épreuve et des inégalités qu’elle génère.

Le recteur d’académie, Karim Benmiloud, avait pourtant publié un communiqué à la suite de cette action dans lequel il qualifiait la manifestation de "troubles". Le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, avait promis, dans la foulée, des poursuites.

Les syndicats engagés dans la contestation contre la réforme des retraites et du bac promettent une réponse forte, avec probablement des actions de soutien mercredi devant le commissariat de l’avenue de la République à Clermont-Ferrand (les premières convocations sont à 9 heures du matin). Le mercredi 29 janvier est également le prochain jour de mobilisation nationale appelé par l’intersyndicale.

Hasard du calendrier, les lettres de convocation arrivent au lendemain de la déclaration de Macron sur Radio J dénonçant les "discours politiques, l’idée que nous ne serions plus dans une démocratie, qu’il y ait une forme de dictature qui s’est installée" et alors que le ministre Jean-Michel Blanquer apparaît comme complètement désavoué par la majorité des enseignants.

Voir toutes les brèves

L'équipe de Là-bas attend vos messages dans les commentaires et sur le répondeur au 01 85 08 37 37 !

C'est vous qui le dites…Vos messages choisis par l'équipe

Les bouquins de LÀ-BASLire délivre

  • Voir

    La bibliothèque de LÀ-BAS. Des perles, des classiques, des découvertes, des outils, des bombes, des raretés, des bouquins soigneusement choisis par l’équipe. Lire délivre...

    Vos avis et conseils sont bienvenus !

Dernières publis

Une sélection :

Frédéric LORDON publie« Figures du communisme » aux éditions La Fabrique. Un entretien en deux parties Frédéric Lordon, le capitalisme nous détruit, détruisons le capitalisme (1/2) AbonnésVoir

Le

Il est remonté Lordon, et son bouquin vous remonte, un vrai coup de printemps dans cette odeur de renfermé et de renoncement flageolant. Angoisse, précarité, inégalités, réchauffement, asphyxie et maintenant pandémie. Ça fait beaucoup et c’est clair, le capitalisme détruit nos vies. On peut essayer de lui limer les griffes, lui mettre du caoutchouc sur les crocs, lui apprendre à manger de la salade, lui faire des petits bisous, il s’en fout. On en voit à gauche tout penauds, qui négocient comme au temps de l’esclavage on aurait négocié la longueur de la chaîne et le poids des boulets. Il faut choisir : ou bien on dit « un autre capitalisme est possible » et on le réforme et on le corrige et on lui trouve des chouettes idées et on le renforce. Ou bien on comprend qu’il nous mène au désastre général et qu’il faut tout changer. Tout en profitant de la période qui finit, celle du développement matériel, à nous d’inventer enfin l’histoire du développement humain. Voilà qui vous remet de l’air dans les bronches !

« On lâche rien », c’est eux qui chantent ça, les larbins du capitalisme, tous en chœur dans leurs Covid parties, on lâche rien sauf les chiens, sauf les chars. Les chars, oui. Lordon rappelle 1973 à Santiago du Chili, quand un vrai socialisme était là pour de vrai. On peut rappeler la Semaine sanglante, on peut rappeler ceux qui ont préféré Hitler au Front populaire, on peut évoquer les véhicules blindés qui furent envoyés par Macron contre les « gilets jaunes », et aujourd’hui la spéculation sur les vaccins qui va laisser pourrir des milliers d’êtres dans le monde. Et bien sûr, un capitalisme propre sur lui, bien déguisé en démocratie comme le loup qui se déguise en gentille grand-mère. Des élections, ah oui, très bien, à condition que les blancs bonnets remplacent les bonnets blancs, et le contraire aussi dans un affrontement passionnant. Mais pas davantage. Sinon revoyez les aventures de la Grèce en 2015. Tout le bouquin de Lordon peut se résumer à la phrase de Bertolt Brecht : « le fascisme n’est pas le contraire de la démocratie, il est son évolution par temps de crise ».

Émission spéciale « Doléances et Résistances » en public HAYANGE, CEUX QUI FONT FACE AU FRONT [INTÉGRALE RADIO] AbonnésÉcouter

Le

C’est curieux, le maire d’Hayange n’a pas aimé notre affiche, il l’a fait arracher et même il l’a fait repeindre en bleu ! Lui qui aime tant le cochon, lui qui fait la Fête du cochon. Hayange est l’une des onze nouvelles villes conquise par le Front National lors des municipales de 2014. Ancien militant de Lutte Ouvrière et de la CGT,le jeune maire d’Hayange est devenu célèbre en se convertissant subitement à l’extrême-droite. Il est aussi très malin pour lancer des petites ou des grosses provocations qui font le beurre et le bonheur des médias qui viennent du monde entier dans cette ville de Moselle frappée par les politiques néo-libérales.