LÀ-BAS Hebdo n°52, avec Noël MAMÈRE et Pierre DOUILLARD-LEFEVRE

Violences policières, LÉGITIME DÉFIANCE Abonnés

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Le pouvoir n’a pas manqué d’instrumentaliser l’assassinat des deux policiers de Magnanville pour justifier la dérive sécuritaire où s’est embourbé le gouvernement. L’amalgame émotionnel est une vieille ficelle pour manipuler l’opinion. Plus c’est gros, plus ça marche.

Cette fois, il vous suffit de quatre mots : assassin = terroriste = casseur = CGT. Autrement dit CGT = DAECH. Mais ça ne marche pas vraiment, la contestation s’enracine, plus de 60% des Français veulent le retrait de la Loi travail. La manif du 14 juin a été un succès malgré les grands médias annonçant chaque jour "l’essoufflement" du mouvement , et aussi malgré les violences policières dont nous parlons aujourd’hui.

Œil arraché, crâne défoncé, des centaines de blessés, plus de 1 600 interpellations lors des récentes manifs contre « la Loi Travail et son monde ». Une escalade délibérée ? Manuel Valls le confirme : « Il N’Y AUCUNE CONSIGNE DE RETENUE. » Au moins c’est clair ! Malek Oussekine (1986), Rémi Fraisse (2014), qui sera le prochain Monsieur Valls ?

Au cours des manifs depuis trois mois, la violence augmente au vu et au su de tous. On peut se dire qu’il n’y a là rien de nouveau, que ce n’est pas si fréquent, que nous ne sommes pas en dictature, que les CRS ne sont pas des SS et qu’il y a bien pire ailleurs.

Oui, sauf si on regarde les armes utilisées et les techniques policières, sauf si l’on accepte l’opacité, l’omerta, l’immunité qui entourent les violences policières. Sauf si on veut ignorer la galère des victimes et de leurs familles pour obtenir justice.

Depuis des mois, l’exécutif veut imposer par la force une loi unanimement rejetée, « la Loi Travail et son monde ». Cette dérive sécuritaire qui criminalise la contestation et le mouvement social tente de masquer l’ absence de légitimité politique du pouvoir.

Nos invités :

- Noël MAMÈRE, député de Gironde, maire de Bègles, membre de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, vient de publier avec Patrick FARBIAZ CONTRE VALLS : réponse aux néoconservateurs (éditions Les Petits Matins)

- Pierre DOUILLARD-LEFEVRE. Il avait 16 ans en 2007 quand un tir de flashball lui arrache un oeil. Aujourd’hui sociologue et chercheur, il est toujours dans le collimateur de la police. Il vient de publier L’ARME À L’ŒIL, aux éditions du Bord De L’Eau.

LÀ-BAS Hebdo n°52 (extrait)

Les différentes séquences de l’émission :

01. Vos messages sur le répondeur

Pierre DOUILLARD-LEFEVRE

Malik OUSSEKINE

08. Gérard MORDILLAT mord

Merci à Pierre DOUILLARD-LEFEVRE et Noël MAMÈRE.

Programmation musicale :
- 2 Neg’ & Mystik : Le Temps Des Opprimés

Marie GALL attend vos messages sur le répondeur de Là-bas si j’y suis au 01 85 08 37 37.

entretiens : Daniel MERMET
et Thibaut CAVAILLÈS
préparés par : Jonathan DUONG
réalisation : Sylvain RICHARD et Grégory SALOMONOVITCH

(Vous pouvez podcaster cette émission en vous rendant dans la rubrique « Mon compte », en haut à droite de cette page.)

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Paradoxalement, c’est grâce à Anne-Sophie Lapix que j’en ai pris conscience : Gérald Darmanin, au service d’Emmanuel Macron mais avec son propre « agenda », comme on dit, franchit cet hiver sous nos yeux la ligne qui sépare une démocratie d’un régime autoritaire. D’ordinaire complaisante avec les puissants, voilà soudain que notre consœur prend visiblement plaisir à interrompre le ministre de l’Intérieur, à le boxer pour finir par le repousser dans ses cordes – jusqu’à le déstabiliser. Ce soir-là, après avoir qualifié, le cœur sur la main, les images du passage à tabac d’un producteur de musique par trois ou quatre de ses hommes d’« extrêmement choquantes », il ajoutera : « lorsqu’il y a des gens qui déconnent (sic), ils doivent quitter l’uniforme de la République, ils doivent être sanctionnés, ils doivent quitter ce travail, ils doivent être punis par la justice. » Des « conneries », mais en forme de massacre, ignorez-vous, Monsieur le ministre, que la police dont vous avez hérité en a déjà collectionnées quelques-unes, de la rafle du Vél’ d’Hiv (16 et 17 juillet 1942) à la tuerie de Charonne (8 février 1962), en passant par le bain de sang longtemps censuré du 17 octobre (1961), sans oublier l’assassinat de Malik Oussekine (5 décembre 1986) ?