Deux entretiens pour comprendre l’impasse Israël - Palestine : Stephane HESSEL (2009) Idith ZERTAL (2013)

Tous contre Dreyfus, tous antisémites ?

Le

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(dessin : TITOM)

On peut dire que la conférence pour la paix au Proche-Orient qui vient de se tenir à Paris n’a pas vraiment été du goût du gouvernement israélien.

Pour le très subtil ministre israélien de la Défense, Avigdor Liberman, cette conférence (avec plus de 70 pays représentés, dont les États-Unis), « c’est la version moderne du procès d’Alfred Dreyfus avec l’État d’Israël et le peuple juif sur le banc des accusés ». 70 pays antidreyfusards, ça fait tout de même beaucoup d’antisémites ! Même le CRIF (« Conseil Représentatif des Institutions Juives de France ») a réagi à la grossière provocation du n°2 israélien.

C’est la spécialité d’Avigdor. Une fois, c’est la hache qui l’inspire, « ceux qui sont contre nous méritent d’être décapités à la hache » [1], une autre fois, c’est la noyade qu’il préconise comme solution pour les prisonniers palestiniens remis en liberté. « Qu’ils soient transportés jusqu’à la mer Morte et qu’ils y soient noyés. » En 2009, il verrait bien Gaza devenir Hiroshima : « nous devons combattre le Hamas comme les États-Unis ont combattu les Japonais. »

Cette fois, pour cette conférence, il a invité les Juifs de France à quitter le pays : « ce n’est pas votre pays, ce n’est pas votre terre, si vous voulez rester Juifs, si vous voulez que vos enfants et vos petits-enfants restent Juifs, vous devez quitter la France et venir vous installer en Israël. » Le CRIF a juste rappelé que les Juifs sont en France depuis 2 000 ans et qu’ils ont acquis la pleine citoyenneté en 1791.

Mais pourquoi cette conférence ?

Exceptionnellement, avant le départ de Barack Obama, Washington a refusé de mettre son veto à une énième résolution des Nations unies exigeant la fin des colonies juives en Cisjordanie [2]. Pour une fois, les États-Unis n’ont pas apporté leur soutien inconditionnel à cette colonisation illégale et unanimement dénoncée comme l’obstacle principal à toute solution de paix. D’où la tenue de cette conférence à Paris qui préconise une solution à deux États, mais qui reste symbolique et sans beaucoup d’illusion, ni Israël ni l’Autorité palestinienne n’étant présents.

Mais la vraie question, c’est le chien dans le jeu de quilles, c’est-à-dire Donald Trump, qui monte sur le trône le 20 janvier. Supporter enthousiaste des faucons israéliens, il a promis d’installer l’ambassade des États-Unis à Jérusalem. Une provocation aux conséquences imprévisibles. « Une explosion absolue », selon John Kerry. Mais qui peut empêcher Avigdor et Donald de jouer avec les allumettes ?

Le chantage à l’antisémitisme du leader israélien, aussi grotesque soit-il, a quand même eu pour effet de réduire ce sujet dans les médias où le courage n’est pas la qualité dominante. Répétons-le, depuis des décennies, la colonisation juive de la Palestine est le principal obstacle à la paix. C’est la référence et la racine de tous les mouvements radicaux et des conflits au Moyen-Orient et dans le monde. Pour avoir comparé cette impasse à un cancer avec des métastases jusque dans nos quartiers populaires, Edgar Morin fut poursuivi pour « incitation à la haine raciale ». Il a été finalement relaxé, mais ces campagnes d’intimidation sont efficaces pour marginaliser et embrouiller un sujet aussi névralgique pour la paix. Là-bas est souvent revenu sur ce thème, aussi, pour comprendre, nous vous proposons :

- notre entretien avec Idith ZERTAL, historienne israélienne, spécialiste de la colonisation, le 11 décembre 2013 lors de la sortie de son livre Les Seigneurs de la Terre : histoire de la colonisation israélienne des territoires occupés [3]

Idith ZERTAL : Les Seigneurs de la Terre (11 décembre 2013)

Les différentes séquences de l’émission :

01 - Le grand éléphant dans la chambre
02 - La peau de chagrin palestinienne
03 - Qui sont les colons ?
04 - Vers des bantoustans palestiniens ?
05 - La solution viendra de l’extérieur

Programmation musicale :
- Kamilya Jubran : Nafad al-Ahwal
- Ministère des Affaires Populaires : Palestine

journaliste : Daniel MERMET
réalisation : Franck HADERER et Guillaume GIRAULT

- notre entretien avec Stéphane HESSEL en janvier 2009 [4]. À 92 ans, Stephane HESSEL restait engagé pour la Palestine et la direction de France Inter « suggérait » avec insistance de lui faire parler d’autre chose, de poésie par exemple. C’est plus joli, non ?

Il y a eu quelques pépins (08 janvier 2009)

Les différentes séquences de l’émission :

(photo : Rama, Wikimedia Commons, Cc-by-sa-2.0-fr)

01 - « Une terre sans peuple pour un peuple sans terre »
02 - Un « politicide »
03 - Le chantage à l’antisémitisme
04 - La solution des deux États
05 - Un peu de poésie pour finir

Programmation musicale :
- Sabreen : In The Silence Of The Night
- Léo FERRÉ : Est-ce ainsi que les Hommes vivent ?

journaliste : Daniel MERMET
réalisation : Khỏi NGUYEN et Raphaël MOUTERDE

Pauline BOULET attend vos messages sur le répondeur de Là-bas si j’y suis au 01 85 08 37 37.

(Vous pouvez podcaster ces émissions en vous rendant dans la rubrique « Mon compte », en haut à droite de cette page.)

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Mercredi 20 février, les négociations sur l’assurance chômage ont été rompues, sans que les représentants de salariés et de patrons ne trouvent d’accord, ouvrant la voie à la reprise en main par l’État. C’est le genre d’infos qu’on voit passer rapidement, dont on entend vaguement parler à la radio, mais qu’on laisse filer, comme ça, sans y attacher plus d’importance, tant la question est vidée de son contenu politique par certains journalistes. Et pourtant : qui gère les 35 milliards d’euros de l’assurance chômage ? Qui décide de la façon dont sont indemnisés les chômeurs ? Pourquoi les négociations ont échoué, et qui y avait intérêt ? Voilà quelques questions simples que les médias dominants oublient de poser ! Heureusement, Gérard Filoche est là pour y répondre.

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