Pour avoir voulu faire travailler ses étudiants sur les migrations, la professeure de philosophie Sophie Djigo a été la cible d’une campagne de cyber-harcèlement de la part de l’extrême droite. Elle raconte comment elle a réussi à faire condamner ses harceleurs.
En 2022, Sophie Djigo était professeure de philosophie en classe préparatoire au lycée Watteau de Valenciennes. Dans le cadre d’un travail pluridisciplinaire sur « l’exil et les frontières », ses étudiants d’hypokhâgne – majeurs – devaient rencontrer une association humanitaire qui vient en aide aux migrants à Calais.
Mais l’un de ses étudiants fait avorter la sortie scolaire en prévenant le réseau Parents vigilants. Ce collectif a été créé par le parti Reconquête ! dans le but de lutter contre « l’effondrement scolaire », la « propagande LGBT » à l’école et la « détestation de la France » enseignée par certains professeurs. Un premier tweet du collectif de parents, suivi d’un communiqué du parti Reconquête ! et d’une publication d’Éric Zemmour vont galvaniser les militants d’extrême droite en ligne, qui multiplieront les insultes et menaces de morts à l’encontre de l’enseignante.
Après deux procès contre les auteurs de cette campagne de diffamation à son égard, Sophie Djigo prend la parole et publie La solidarité n’est pas un crime chez Textuel. Elle a aussi co-fondé la Coordination antifasciste pour l’affirmation des libertés académiques et pédagogiques. Elle vient raconter son combat contre l’extrême droite à Laurence De Cock dans ce nouvel épisode du podcast « Si j’aurais su ».

