Aude Lancelin reçoit Régis Debray

Régis Debray : « Le moment Macron » Abonnés

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Il a connu l’époque des militants et même celle des guérilleros en Amérique latine, il a traversé celle des notables socialistes français entrés à l’Élysée dans les années 1980, il vit désormais au temps des start-upers parvenus sous les lambris. 2017, une année sans doute charnière, peut-être même terminale pour une certaine idée de la France. Un basculement que nous avons eu envie d’analyser en compagnie de Régis Debray. Au sujet du tournant que nous vivons, mais pas seulement, l’intellectuel publie en effet un petit texte, Le Nouveau pouvoir (éditions du Cerf), mélange de réflexions sur le macronisme, l’outil Internet et l’émergence du « nouvel axe de civilisation » auquel on assiste, sous couvert d’arrivée d’une nouvelle génération aux commandes.

« Derrière l’apothéose du manager, nous trouvons l’individualisme protestant auto-entrepreneur de son salut », croit deviner Debray. Tout système de pouvoir s’appuie sur un certain système de communication, affirme aussi le « médiologue », dont on peut lire les analyses chaque trimestre dans la revue Médium (Gallimard). Le moment Macron, c’est le triomphe de l’univers mental numérique, l’effondrement du parti au profit du réseau, la ringardisation de l’État, et bien d’autres phénomènes face auxquelles la réaction politique tarde à s’organiser. Entre la vulgarité américaine de la photo officielle présidentielle, et le passage furtif du candidat Macron à la basilique Saint-Denis avant son élection, une édition de la « Guerre des Idées » pour mieux cerner la nature du moment que nous vivons.

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journaliste : Aude Lancelin
réalisation : Jonathan Duong
image : Léa Bardiau
montage : Cécile Frey
son : Alexandre Lambert

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Médium, une revue trimestrielle dirigée par Régis Debray (éditions Gallimard)

Sur notre site

Dans les livres

  • Le nouveau pouvoir

    Comment comprendre l’évènement Macron ? Tel est l’objectif du nouvel essai de Régis Debray qui assure que « l’apparent changement politique marque en fait une profonde mutation culturelle ». De quoi s’agit-il ? Pour lui, la France, notre bon vieux pays catho à la laïcité toute républicaine est saisi par un mouvement de fond, celui de « l’avènement planétaire de la civilisation issue du néo-protestantisme ». Serions-nous devenus tous protestants ? La thèse est originale, pas forcément insensée, évidemment controversée.
  • Civilisation. Comment nous sommes devenus américains

    C’est un panorama, que dis-je une fresque, une épopée que brosse Régis Debray avec son ton particulier teinté de tristesse aigre douce et sa plume agile et frondeuse. Le constat est que nous sommes devenus américains. Par imprégnation, de la Cia au rap, des séries House of cards à Baron noir, nous sommes en plein chambardements. Notre pré carré hexagonal se rétrécie, la bannière étoilée recouvre notre coq gaulois. Comme la Grèce antique face à l’Empire romain, nous sommes en pleine transformation. Est-ce grave ? est-ce triste ? Pas sûr. En tous les cas cela valait la peine de poser la question. Au fait, c’est quoi une civilisation ? Comment ça nait et comment ça meurt ?

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Le monopole du réel AbonnésLire

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Il tombe en janvier tous les ans, régulier, inquiétant : le baromètre de confiance du public envers les médias. Chaque année il est un peu plus calamiteux que la précédente – on n’est pas surpris. 2026 ne déroge pas. On pourrait débattre ici du pourquoi et du comment ; on aurait bien notre petite idée. Mais on ne va pas le faire : ce n’est pas ça qui est intéressant. Les journalistes le font très bien eux-mêmes. Je veux dire les importants, ceux dont la voix compte. Les responsables – crédibles et autres modérés. Observons-les qui viennent, la mine grave, déplorer l’alarmant constat. Ils l’habillent de mots forts, pénétrés du sérieux de l’instant. Unanimes : c’est la démocratie en personne qui s’en trouve fragilisée. Ah tiens.

Faut-il avoir foi dans sa propre parole pour penser qu’en douter menace pareil édifice. Ainsi va l’hégémonie culturelle, pleine et entière. Habitée par sa mission : ici le doute n’a pas sa place. Légitime à dire le réel, la bourgeoisie médiatique dispose d’un droit endogène sur les choses du Vrai. Sa pensée souveraine distille une raison qu’elle assume chimiquement pure. Elle sait, la fake news c’est les autres. Elle les a nommés : complotistes, populistes, anti-système – la barrière est précise, infranchissable ; ne souffre nulle conteste. La bourgeoisie médiatique n’est pas du bon côté, elle est le bon côté – de façon native, propriétaire. C’est de bon droit qu’elle parle. Elle parle, on l’écoute : que vous faut-il de plus. Et la voilà piquée lorsque la multitude vient lui gâcher la fête.

Spéciale Brigitte Fontaine Ah, que la vie est belle ! AbonnésVoir

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Mais finalement on a préféré :

perchée

Ça lui va bien perchée, ça fait oiseau, oiseau excentrique, oiseau dingo qui va d’une branche à l’autre, d’un ciel à l’autre à sa guise en chantant bien au-dessus des sentiers battus, exactement là où on ne l’attend pas et où elle ne s’attend pas non plus elle-même.

Déconcerter, c’est résister, les résistants l’oublient.

Créer, inventer, perturber, tout ça s’oppose aux conservatismes, au maintien de l’ordre et à la glu réactionnaire qui nous colle de partout.

LA GRANDE MANIF DE DROITE. Un PODCAST historique ! LA GAUCHE EST FOUTUE, LA DROITE EST DANS LA RUE ! Accès libreÉcouter

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LA SPÉCULATION SAUVERA LE TIERS-MONDE !

LES RICHES À VERSAILLES, LES PAUVRES SUR LA PAILLE !

LES HOMOSEXUELS, C’EST PAS NATUREL !

Voilà quelques-uns des slogans de la GRANDE MANIF DE DROITE à Paris le 12 juin 2007. C’était juste après la victoire de Nicolas Sarkozy le 6 mai et son discours triomphal place de la Concorde.

Enfin la vraie France osait s’exprimer dans la rue pour dire tout son rejet de l’esprit pervers et destructeur de MAI 1968 qui avait amené le pouvoir socialo-communiste de 1981. Cette MANIF de DROITE, à la fois acte de résistance et de vérité, fut une renaissance qui allait ouvrir la porte à la France qui vient !