RENCONTRE AVEC JULIAN ASSANGE

QUI VEUT GAGNER CENT MILLE EUROS TOUT EN DÉTRUISANT LE CAPITALISME ?

Le

Cet article est en accès libre grâce aux abonnés modestes et géniaux, mais…

…sans publicité ni actionnaires, Là-bas si j’y suis est uniquement financé par les abonnements. Sans les abonnés, il ne nous serait pas possible de réaliser des émissions et des reportages de qualité. C’est le prix de notre indépendance  : rejoignez-nous  !

Je m'abonne J'offre un abonnement


"Si Wikileaks révelait des secrets nords-coréens, Julian Assange se verrait attribuer le Prix Nobel de la Paix..."

C’est facile, il vous suffit de faire parvenir le texte du TAFTA à Wikileaks. L’organisation de Julian Assange vient de lancer un appel pour récolter 100.000 euros comme prime à celui qui fera fuiter le texte du TAFTA. Et ça marche, le jour même plus de 21.000 euros étaient déjà versés. Des personnalités comme Yanis Varoufakis, l’ex-ministre grec des finances, ou Daniel Ellsberg, qui avait divulgué les "Pentagon Papers" à la presse américaine en 1971, s’associent à l’opération. Mais pourquoi faut-il percer ce secret ?

TAFTA (ou TTIP) c’est le petit nom du Traité de commerce transatlantique qui va faire de l’Europe et des États-Unis un seul grand super marché commun pour 820 millions d’heureux consommateurs. Finies les barrières douanières et les différentes réglementations, nous roulerons bientôt nos caddies dans la plus grande zone de libre-échange au monde. Engagées en juillet 2013, les négociations devraient passer à la vitesse supérieure cet automne, selon la Commissaire européenne au commerce, Cécilia Malmström. Pour ces veinards d’européens, TAFTA va être à l’économie ce que l’OTAN est à la défense.

Mais pourquoi ce merveilleux projet s’élabore-t-il dans le plus grand secret ? Car hormis les grandes lignes connues, on nage dans l’opacité. Qui a choisi les négociateurs, quelle est leur légitimité ? Comment, dans nos grandes démocraties avec nos vigilants élus, avec nos puissants et si courageux médias, avec nos experts et nos chercheurs, comment de telles négociations peuvent-elles rester secrètes ?

Une enquête publiée lors des élections européennes de mai 2014 peut fournir quelques indications. L’étude montre d’abord qu’une majorité de français n’ont jamais entendu parler de ce traité (55%). Seuls 16% « savent très bien de quoi il s’agit ». Mais pour une majorité (63%) ce sont les États-Unis qui vont en profiter. Par contre c’est « plutôt une menace pour l’Europe (45%) ». Et encore plus clairement, c’est à 55% « plutôt une menace pour la France ». Seulement 28% estiment que c’est une chance pour la France.


Nous avions consacré deux émission de Là-bas si j’y suis à ce sujet :
- Là-bas Hebdo du 17 avril 2015 : "18 avril : journée mondiale contre TAFTA", Rencontre avec Raoul Marc JENNAR
- Là-bas si j’y suis du 23 avril 2014 : "Tafta Dracula", un reportage de Gaylord Van Wymeersch


Tout se passe donc comme si TAFTA, malgré l’apathie dominante, craignait de ne pas rencontrer la franche adhésion des citoyens.

Car des voix s’élèvent. « Citizen before corporation, people before profit » ("Le citoyen avant les entreprises, le peuple avant le profit"), le mouvement contre le TAFTA est actif un peu partout. Pour beaucoup, TAFTA servira surtout les intérêts des multinationales. « Le secret entourant le TAFTA (TTIP) constitue une menace pour l’avenir de la démocratie européenne, dit Julian Assange dans un communiqué, certains intérêts en profitent sans limite. Le TAFTA a un impact sur les vies de tous les Européens et entraîne l’Europe dans un conflit de long terme avec l’Asie. Il est temps de mettre fin au secret. »

En réalité TAFTA et les traités qui lui ressemblent ne sont que des vampires qui la nuit viennent sucer le bon sang rouge du peuple endormi. Mais il suffit d’allumer la lumière, il suffit de se réveiller, et les vampires tremblant de peur disparaissent avec des grognements lamentables.

Alors, comme dit Julian Assange : « APPRENEZ , DÉFIEZ, AGISSEZ, MAINTENANT ! » Nous vous proposons de le retrouver dans cet entretien de mars 2013 à l’ambassade d’Équateur à Londres où il vit toujours reclus. Il accordait très peu d’entretien et avec Giv Anquetil nous étions heureux d’avoir réussi ce scoop. Hostile à Julian Assange et à Wikileaks (tout comme à Edward Snowden) la direction de France Inter avait farouchement interdit toute forme de promotion sur l’antenne. Malheureusement, l’émission fut un gros succès !


À écouter : Entretien avec Julian Assange

Entretien avec Julian Assange (03/2013)

Nouvelle version d’un entretien de Daniel Mermet et Giv Anquetil avec Julian Assange et Jérémie Zimmermann de la Quadrature du Net, diffusé pour la première fois les 20 et 21 mars 2013.

Programmation musicale :
- The New Puritans : "Fire Power"
- Sonic Disobedience : "Wikileaks samba"
- Cause : "Interference"


Reportage : Daniel MERMET et Giv ANQUETIL
Réalisation : Bertrand CHAUMETON et Franck HADERER

N’oubliez pas que le répondeur attend vos messages au 01 85 08 37 37.

C'est vous qui le dites…Vos messages choisis par l'équipe

Les bouquins de LÀ-BASLire délivre

  • Voir

    La bibliothèque de LÀ-BAS. Des perles, des classiques, des découvertes, des outils, des bombes, des raretés, des bouquins soigneusement choisis par l’équipe. Lire délivre...

    Vos avis et conseils sont bienvenus !

Dernières publis

Une sélection :

Reportage aux urgences de Chinon Colère dans le cathéter AbonnésÉcouter

Le

Les urgences hospitalières sont en grève depuis la mi-mars : un mouvement de grande ampleur lancé hors syndicats par le collectif L’Inter-Urgences, constitué notamment de jeunes professionnels du milieu hospitalier. Plus de 150 établissements sont mobilisés à travers la France. 10 000 nouvelles embauches, un salaire mensuel revalorisé de 300 euros : ce sont les principales revendications des urgentistes en grève. Notre reporter Dillah Teibi a passé quelques jours dans le service des urgences de l’hôpital de Chinon.

Chacun a en soi un bourgeois qui sommeille François Bégaudeau : « Je rêverais qu’une assemblée populaire administre France Inter » AbonnésVoir

Le

Je suis un bourgeois et j’en suis fier. Personne ne dit une chose pareille. Le bourgeois, c’est l’autre, le bobo, le faux-cul, le gras du bide. Et encore, ça se dit plus, bourgeois, c’est désuet. Depuis longtemps, le bourgeois a appris à se déguiser. Une casquette de pêcheur, une veste de paysan, un blue jean comme les ouvriers. Il a entonné des discours indignés et révoltés contre le mal, contre le fascisme et contre les cons. C’est un libertaire, le bourgeois. Contre l’impôt, contre le voile, contre les flux migratoires incontrôlés. Il proclame la révolution. C’est le titre du livre d’Emmanuel Macron, RÉVOLUTION. Il est progressiste aussi. Le mouvement qui soutient Macron se proclame « progressiste ».

Début de notre série « Paroles de Gilets jaunes ». Un texte de Daniel Mermet SE METTRE EN LUTTE EST UNE VICTOIRE Accès libreLire

Le

Les médias c’est une gomme, une grosse gomme qui efface alors qu’elle prétend montrer, c’est la fabrique de l’oubli, c’est l’ardoise magique. Des trésors disparaissent ainsi, des bijoux, des boussoles, des lumières, des plans d’évacuation, des équations mirobolantes, des brins de bruyère et des traits de génie. D’où l’envie pour préparer la rentrée de revenir sur ces paroles envolées, en radio bien sûr, mais aussi en noir sur blanc, fidèlement transcrites.