Monique Pinçon-Charlot : « Ce n’est pas une crise sanitaire, c’est une crise du capitalisme » Abonnés

1

Le

(photos : Jonathan Duong/LÀ-BAS SI J’Y SUIS)

[EXTRAIT] Monique Pinçon-Charlot : « Ce n’est pas une crise sanitaire, c’est une crise du capitalisme » [RADIO]

Le plus cinglé des dictateurs n’a jamais osé rêver de voir tout un peuple se bâillonner lui-même, s’isoler des autres, chacun derrière son écran, chacun dans sa trouille. C’est pourtant ce que nous vivons. Et même si elle sait cacher sa joie, c’est une merveilleuse aubaine pour l’oligarchie. La Covid accélère le développement du capitalisme numérique. Si certains secteurs battent de l’aile, peu importe, on change de cheval. That’s life, que voulez-vous.

Et face à tout ça, que se passe-t-il ? Où en est le « monde d’après » ? Où en est cette indispensable « bifurcation » ? En mars, nous avions parlé avec notre amie la sociologue Monique Pinçon-Charlot. Quel constat, aujourd’hui, six mois plus tard ? Quelles actions possibles ? Pour Monique, la solution, c’est de faire comme les riches. Avec Michel Pinçon, elle les étudie depuis quarante ans. Seuls les riches sont solidaires et organisés en classe. Nous devons nous poser des questions du côté de ce qu’elle nomme le « marché de la contestation », qui se limite à une critique sociétale et morale. Nous devons changer, « je ne veux plus participer à l’agenda néolibéral de cette démocratie représentative. »

Un entretien de Daniel Mermet avec la sociologue Monique Pinçon-Charlot.

Abonnez-vous pour accéder à tous nos contenus, c’est très simple !

Depuis 1989 à la radio, Là-bas si j’y suis se développe avec succès aujourd’hui sur le net. En vous abonnant vous soutenez une manière de voir, critique et indépendante. L’information a un prix, celui de se donner les moyens de réaliser des émissions et des reportages de qualité. C’est le prix de notre travail. C’est aussi le prix de notre indépendance, pour ne pas être soumis financièrement aux annonceurs, aux subventions publiques ou aux pouvoirs financiers.

Je m'abonne J'offre un abonnement

Déjà abonné.e ?
Identifiez-vous

journaliste : Daniel Mermet
réalisation : Sylvain Richard
technique : Alexandre Lambert

L'équipe de Là-bas attend vos messages dans les commentaires et sur le répondeur au 01 85 08 37 37 !

Sur notre site

À écouter

À voir

  • BULLSHIT DEATH ! Mort de DAVID GRAEBER, auteur de « BULLSHIT JOBS »

    FAITES-VOUS UN BOULOT À LA CON ? Accès libre

    Voir
    Votre travail apporte-t-il quoi que ce soit d’important au monde ?Faites vous un BULLSHIT JOB, un BOULOT À LA CON ? 40 % ont répondu « non » à la question posée par l’anthropologue David Graeber. Faites vous un « BULLSHIT JOB », un BOULOT À LA (...)

Dans les livres

  • Le président des ultra-riches. Chronique du mépris de classe dans la politique d’Emmanuel Macron

    Cette « chronique du mépris de classe dans la politique d’Emmanuel Macron » est un délice concocté par les Pinçon&Charlot, infatigables sociologues de la grande bourgeoisie. Non pas qu’ils relèvent des données fracassantes – ils ne sont pas avares de leurs découvertes - mais parce qu’ils en font l’analyse et la synthèse. Ces infos mises bout à bout dressent un portrait glaçant de l’oligarchie du pouvoir en France, du mépris social dont témoigne le président des ultra-riches pour « ceux qui ne sont rien », des faveurs qu’accorde ce même président pour la caste des privilégiés qui coûtent « un pognon de dingue ». Ce livre est une chronique édifiante d’une guerre de classe menée dans le cœur de ce qui s’apparente à une monarchie présidentielle. On le sait, mais cela fait du bien de l’entendre encore et encore. Pour ne pas s’habituer. Pour ne pas supporter… Lire la suite

C'est vous qui le dites…Vos messages choisis par l'équipe

Les bouquins de LÀ-BASLire délivre

  • Voir

    La bibliothèque de LÀ-BAS. Des perles, des classiques, des découvertes, des outils, des bombes, des raretés, des bouquins soigneusement choisis par l’équipe. Lire délivre...

    Vos avis et conseils sont bienvenus !

Dernières publis

Une sélection :

La société ingouvernable. Un entretien de Daniel Mermet avec le philosophe Grégoire Chamayou Quand le pouvoir a eu peur que nous n’ayons plus peur AbonnésVoir

Le

Tout le monde conteste tout, la société est ingouvernable. L’État providence protège, le plein emploi fait refluer l’angoisse du licenciement, et les syndicats sont puissants. En somme, « ils n’ont plus peur ».
Ainsi fut vécu le début des années 1970 par le pouvoir et le monde des affaires, gagnés par la panique. C’est contre cette insoumission générale qu’une puissante contre-offensive néolibérale s’est (...)

11 septembre 1973, date de naissance du néolibéralisme au Chili AbonnésVoir

Le

Onze septembre 1973, coup d’État au Chili. Un coup d’État qui met fin aux réformes économiques et sociales menées par le président Salvador Allende, démocratiquement élu trois ans plus tôt. Qui voulait la peau de Salvador Allende ? La droite chilienne évidemment, mais aussi les États-Unis : Nixon ne pouvait tolérer que l’expérience socialiste chilienne puisse réussir et faire école. Le dernier film de Nanni Moretti s’appelle Santiago, Italia. Petit pas de côté pour le cinéaste italien, qui signe un documentaire. Il donne la parole à ces militants chiliens qui ont accompagné la victoire d’Allende. Et qui se sont réfugiés, après le 11 septembre, à l’ambassade d’Italie à Santiago.

Une nouvelle série de reportages en 18 épisodes À qui voulez-vous casser la gueule ? [L’INTÉGRALE] AbonnésÉcouter

Le

Bien sûr, on est contre la violence, bien sûr, la violence, c’est pas bien. Pourtant, les « gilets jaunes » ont montré qu’en politique, il ne restait guère que la violence pour se faire entendre et malgré ça, les Français continuent de les soutenir. Et vous, à qui voudriez-vous casser la gueule ? Macron, bien sûr ! Mais sinon ? Votre chef, votre mari, votre prof ou qui encore ?

PERQUISITION, ASSIGNATION, ATTENTION DÉRIVE SÉCURITAIRE AbonnésÉcouter

Le

3 021 perquisitions en deux mois. Résultat ? Nul. À peine quatre procédures antiterroristes au total. Même les policiers dénoncent l’inefficacité et les dérives de l’état d’urgence. De même les assignations à résidence, 385 en deux mois. Quel résultat ? Suspicion, discrimination, islamophobie, les témoignages foisonnent. Une répression inefficace qui risque au contraire de radicaliser. Et qui sont ces perquisitionnés et ces assignés ?

ATTENTION DÉRIVE SÉCURITAIRE, un reportage radio d’Anaëlle Verzaux [45:55]