Rencontre avec Jérôme Prieur et Gérard Mordillat, auteurs de la bande dessinée « Le Suaire »

Le Suaire : la véritable histoire d’une véritable image Abonnés

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Le Saint-Suaire ? Un linge de 4,42 mètres de long sur 1,13 mètre de large, qui aurait enveloppé le corps de Jésus à sa descente de la croix. Le corps du crucifié y aurait laissé sa marque, imprimant la silhouette du Christ jusqu’à aujourd’hui… Un fantastique récit, et surtout une belle opération commerciale à chaque fois que le Suaire est exposé, comme la dernière fois à Turin en 2015. L’Église s’est pourtant toujours montrée prudente devant ce qu’elle considérait comme une vera icona, une véritable image : « ce n’est pas une image juste, c’est juste une image », pour reprendre la phrase de Godard dans le film Le Vent d’est. On ne trouve en effet aucune trace du suaire entre la mort de Jésus et l’année 1357, date à laquelle il fait son apparition dans une chapelle de Lirey, près de Troyes. Pour nos deux spécialistes de Jésus, Gérard Mordillat et Jérôme Prieur, le Suaire n’est pourtant même pas un faux, c’est simplement une image, une peinture créée au Moyen-Âge en Champagne, exhibée lors d’événements publics payants… comme un ancêtre du cinéma ?

Après Corpus christi, L’Origine du christianisme, L’Apocalypse, Jésus et l’Islam, Gérard Mordillat et Jérôme Prieur publient Le Suaire, premier tome d’une trilogie dessinée par Éric Liberge. Ils nous aident à détricoter l’histoire de ce linge cousue de fil blanc.

Un entretien de Jonathan Duong avec Gérard Mordillat et Jérôme Prieur.

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journaliste : Jonathan Duong
réalisation : Cécile Frey
image : Kévin Accart et Léa Bardiau
son : Alexandre Lambert

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Voir aussi

À LIRE :

- Le Suaire, Tome 1, récit de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur, dessins d’Éric Liberge (Futuropolis, 2018)

- Jésus selon Mahomet, un livre de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur, Le Seuil, 2015

- De la crucifixion considérée comme un accident du travail, un livre de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur, Demopolis, 2008

-  Jésus sans Jésus, un livre de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur, Seuil / Arte éditions. Collection Essais, 2008

- Jésus après Jésus, un livre de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur, Seuil, 2004

- Jésus, illustre et inconnu, un livre de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur, Desclée de Brouwer, 2000

- Jésus contre Jésus, un livre de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur, Seuil, 1999

- Corpus Christi, enquête sur les Évangiles, un livre de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur, Mille et une nuits/Arte Éditions, 1997

À VOIR :

- Jésus et l’Islam, une série télévisée documentaire en sept parties de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur (Arte, 2015)

- L’Apocalypse, une série télévisée documentaire en douze parties de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur (Arte, 2008)

- L’Origine du christianisme, une série télévisée documentaire en dix parties de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur (Arte, 2003)

- Corpus Christi, une série télévisée documentaire en douze parties de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur (Arte, 1998)

- En compagnie d’Antonin Artaud, un film de Gérard Mordillat, co-écrit avec Jérôme Prieur (1993)

Sur notre site

À voir

Dans les livres

  • Le Suaire. Récit en 3 tomes

    Après Corpus Christi, soit un documentaire en douze épisodes faisant état des connaissances historiques sur Jésus de Nazareth, Jérôme Prieur et Gérard Mordillat se posent désormais une question essentielle : le Suaire, un linge de 4,42 mètres de long sur 1,13 de large et qui aurait enveloppé le corps du Christ à sa descente de la croix, est-il une relique sacrée ou une arnaque ? Avouez, vous n’y auriez pas pensé … Mais rassurez-vous, dans cette trilogie qui traverse le temps et l’espace, il y a de la passion, de l’amour, de l’excès, de la rivalité, du mensonge et une intrigue captivante. Plus sérieusement, cette bande dessinée portée par le magnifique dessin noir et blanc d’Éric Liberge, repose sur un minutieux travail d’historien comme savent le faire les deux… Lire la suite

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Frédéric LORDON publie« Figures du communisme » aux éditions La Fabrique. Un entretien en deux parties Frédéric Lordon, le capitalisme nous détruit, détruisons le capitalisme (1/2) AbonnésVoir

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Il est remonté Lordon, et son bouquin vous remonte, un vrai coup de printemps dans cette odeur de renfermé et de renoncement flageolant. Angoisse, précarité, inégalités, réchauffement, asphyxie et maintenant pandémie. Ça fait beaucoup et c’est clair, le capitalisme détruit nos vies. On peut essayer de lui limer les griffes, lui mettre du caoutchouc sur les crocs, lui apprendre à manger de la salade, lui faire des petits bisous, il s’en fout. On en voit à gauche tout penauds, qui négocient comme au temps de l’esclavage on aurait négocié la longueur de la chaîne et le poids des boulets. Il faut choisir : ou bien on dit « un autre capitalisme est possible » et on le réforme et on le corrige et on lui trouve des chouettes idées et on le renforce. Ou bien on comprend qu’il nous mène au désastre général et qu’il faut tout changer. Tout en profitant de la période qui finit, celle du développement matériel, à nous d’inventer enfin l’histoire du développement humain. Voilà qui vous remet de l’air dans les bronches !

« On lâche rien », c’est eux qui chantent ça, les larbins du capitalisme, tous en chœur dans leurs Covid parties, on lâche rien sauf les chiens, sauf les chars. Les chars, oui. Lordon rappelle 1973 à Santiago du Chili, quand un vrai socialisme était là pour de vrai. On peut rappeler la Semaine sanglante, on peut rappeler ceux qui ont préféré Hitler au Front populaire, on peut évoquer les véhicules blindés qui furent envoyés par Macron contre les « gilets jaunes », et aujourd’hui la spéculation sur les vaccins qui va laisser pourrir des milliers d’êtres dans le monde. Et bien sûr, un capitalisme propre sur lui, bien déguisé en démocratie comme le loup qui se déguise en gentille grand-mère. Des élections, ah oui, très bien, à condition que les blancs bonnets remplacent les bonnets blancs, et le contraire aussi dans un affrontement passionnant. Mais pas davantage. Sinon revoyez les aventures de la Grèce en 2015. Tout le bouquin de Lordon peut se résumer à la phrase de Bertolt Brecht : « le fascisme n’est pas le contraire de la démocratie, il est son évolution par temps de crise ».

Émission spéciale « Doléances et Résistances » en public HAYANGE, CEUX QUI FONT FACE AU FRONT [INTÉGRALE RADIO] AbonnésÉcouter

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C’est curieux, le maire d’Hayange n’a pas aimé notre affiche, il l’a fait arracher et même il l’a fait repeindre en bleu ! Lui qui aime tant le cochon, lui qui fait la Fête du cochon. Hayange est l’une des onze nouvelles villes conquise par le Front National lors des municipales de 2014. Ancien militant de Lutte Ouvrière et de la CGT,le jeune maire d’Hayange est devenu célèbre en se convertissant subitement à l’extrême-droite. Il est aussi très malin pour lancer des petites ou des grosses provocations qui font le beurre et le bonheur des médias qui viennent du monde entier dans cette ville de Moselle frappée par les politiques néo-libérales.