Juan Branco publie « Abattre l’ennemi » (Michel Lafon)

Juan Branco : « c’est très important qu’on commence à se préparer de façon très pragmatique à la révolution » Abonnés

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ABATTRE L’ENNEMI. Voilà une excellente idée, reste à savoir qui est l’ennemi et comment l’abattre. Juan Branco nous explique tout ça dans son dernier bouquin. La présentation de l’éditeur donne envie : « Il propose un programme révolutionnaire, incluant la création de tribunaux d’exception et la mise à bas des coteries qui gouvernent le pays. Une véritable bascule pour permettre à la France de se libérer des forces nocives, et à son peuple de recouvrer sa souveraineté ».

Les « coteries qui gouvernent le pays », Juan Branco les connaît de l’intérieur, lui-même fait partie de cette élite qu’il passe sa vie à démolir avec deux mots : « médiocrité, impunité ». De quoi se faire de braves ennemis de toutes parts, de la gauche bourgeoise jusqu’aux radicaux les plus radicaux. Branco n’a pas compris que ceux qui prétendent tirer la queue du tigre qui dort, s’assurent d’abord que le tigre est en cage. Lui n’ a pas pris cette précaution et comme dit sa fiche Wikipédia, « Ses actions et propos font l’objet de plusieurs controverses ». C’est le moins que l’on puisse dire et ce livre ne va pas arranger son cas.

Pour les martiens qui débarqueraient et ne seraient pas au courant de la vie intellectuelle en France, voici celui que nous retrouvons , toujours selon son éditeur :
« Enfant chéri de la République passé par l’ENS Ulm, Yale, le Quai d’Orsay, fréquentant oligarques et dirigeants, Juan Branco, décide à 26 ans de tourner le dos aux lieux de pouvoir qui l’avaient accueilli pour s’allier aux plus importants dissidents de notre temps. Défendant Julian Assange, engagé dès le 17 novembre 2018 auprès des Gilets jaunes, il devient l’une des principales figures de l’opposition à Emmanuel Macron avec "Crépuscule", un ouvrage qui le fait connaitre dans tout le pays. »

D. M.

Un entretien de Daniel Mermet avec l’avocat Juan Branco, qui publie Abattre l’ennemi (Michel Lafon, 2021).

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journaliste : Daniel Mermet
réalisation : Jonathan Duong
image : Cécile Frey
montage : Amélie Brunet
son : Alexandre Lambert et Jules Krot

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-  Juan Branco, Abattre l’ennemi, Michel Lafon, Paris, 2021

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Il est remonté Lordon, et son bouquin vous remonte, un vrai coup de printemps dans cette odeur de renfermé et de renoncement flageolant. Angoisse, précarité, inégalités, réchauffement, asphyxie et maintenant pandémie. Ça fait beaucoup et c’est clair, le capitalisme détruit nos vies. On peut essayer de lui limer les griffes, lui mettre du caoutchouc sur les crocs, lui apprendre à manger de la salade, lui faire des petits bisous, il s’en fout. On en voit à gauche tout penauds, qui négocient comme au temps de l’esclavage on aurait négocié la longueur de la chaîne et le poids des boulets. Il faut choisir : ou bien on dit « un autre capitalisme est possible » et on le réforme et on le corrige et on lui trouve des chouettes idées et on le renforce. Ou bien on comprend qu’il nous mène au désastre général et qu’il faut tout changer. Tout en profitant de la période qui finit, celle du développement matériel, à nous d’inventer enfin l’histoire du développement humain. Voilà qui vous remet de l’air dans les bronches !

« On lâche rien », c’est eux qui chantent ça, les larbins du capitalisme, tous en chœur dans leurs Covid parties, on lâche rien sauf les chiens, sauf les chars. Les chars, oui. Lordon rappelle 1973 à Santiago du Chili, quand un vrai socialisme était là pour de vrai. On peut rappeler la Semaine sanglante, on peut rappeler ceux qui ont préféré Hitler au Front populaire, on peut évoquer les véhicules blindés qui furent envoyés par Macron contre les « gilets jaunes », et aujourd’hui la spéculation sur les vaccins qui va laisser pourrir des milliers d’êtres dans le monde. Et bien sûr, un capitalisme propre sur lui, bien déguisé en démocratie comme le loup qui se déguise en gentille grand-mère. Des élections, ah oui, très bien, à condition que les blancs bonnets remplacent les bonnets blancs, et le contraire aussi dans un affrontement passionnant. Mais pas davantage. Sinon revoyez les aventures de la Grèce en 2015. Tout le bouquin de Lordon peut se résumer à la phrase de Bertolt Brecht : « le fascisme n’est pas le contraire de la démocratie, il est son évolution par temps de crise ».

Émission spéciale « Doléances et Résistances » en public HAYANGE, CEUX QUI FONT FACE AU FRONT [INTÉGRALE RADIO] AbonnésÉcouter

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C’est curieux, le maire d’Hayange n’a pas aimé notre affiche, il l’a fait arracher et même il l’a fait repeindre en bleu ! Lui qui aime tant le cochon, lui qui fait la Fête du cochon. Hayange est l’une des onze nouvelles villes conquise par le Front National lors des municipales de 2014. Ancien militant de Lutte Ouvrière et de la CGT,le jeune maire d’Hayange est devenu célèbre en se convertissant subitement à l’extrême-droite. Il est aussi très malin pour lancer des petites ou des grosses provocations qui font le beurre et le bonheur des médias qui viennent du monde entier dans cette ville de Moselle frappée par les politiques néo-libérales.