Un entretien de Jonathan Duong avec Anne Debrégeas et David Garcia

Hercule : le plan de Jupiter pour démanteler EDF Abonnés

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[RADIO] Hercule : le plan de Jupiter pour démanteler EDF [EXTRAIT]

Avez-vous déja entendu parler de « Hercule » ? Non, pas le héros grec qui réalisa les douze travaux, mais le projet de démantelement d’EDF du même nom qui prévoit de découper « l’entreprise préférée des Français » en plusieurs parties, et d’en privatiser les plus rentables ? Serpent de mer des néolibéraux entre Bruxelles et Paris, ce projet de casse du service public de l’éléctricité revient ces jours-ci sur la table.

« Socialiser les pertes, privatiser les profits », la formule magique est connue et appliquée à la lettre au projet « Hercule ». En l’occurence, il s’agit de nationaliser le nucléaire, vieillissant et nécessitant des investissements massifs, et de privatiser la rente nouvelle des énergies renouvelables : EDF bleu et EDF vert. Au privé de faire la transition énergétique, et au contribuable de payer pour le démantelement ou la prolongation des centrales !

Mais depuis 2007 et l’ouverture à la concurrence pour les fournisseurs d’énergie, l’Union Européenne et la France font face au même problème insoluble : comment ouvrir à la concurrence un monopole naturel ? Comment permettre à des acteurs privés de vendre de l’éléctricité moins cher qu’EDF, sachant qu’ils n’en produisent pas ou peu et ne font que revendre celle d’EDF ? La réponse consiste en un mécanisme démentiel, l’ARENH [1], qui oblige EDF à vendre à perte à ses concurrents une partie de l’éléctricité qu’il produit. En lieu et place de la concurrence libre et non faussée, nous avons donc une concurrence imposée et truquée. Résultat : entre 2007 et 2020, les dépenses en énergie des français ont augmenté de plus 50% [2].

C’est dans cette situation de fragilitisation d’EDF qu’intervient le nouveau coup de boutoir nommé « Hercule ». Qui veut la mort du service public de l’éléctricité ? Pourquoi ?
Un entretien de Jonathan Duong avec Anne Debrégeas et David Garcia, auteurs de « Qui veut la mort d’EDF ? » dans Le Monde Diplomatique de février.

Programmation musicale :
- Orchestral Manoeuvres in the Dark : Electricity

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Frédéric LORDON publie« Figures du communisme » aux éditions La Fabrique. Un entretien en deux parties Frédéric Lordon, le capitalisme nous détruit, détruisons le capitalisme (1/2) AbonnésVoir

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Il est remonté Lordon, et son bouquin vous remonte, un vrai coup de printemps dans cette odeur de renfermé et de renoncement flageolant. Angoisse, précarité, inégalités, réchauffement, asphyxie et maintenant pandémie. Ça fait beaucoup et c’est clair, le capitalisme détruit nos vies. On peut essayer de lui limer les griffes, lui mettre du caoutchouc sur les crocs, lui apprendre à manger de la salade, lui faire des petits bisous, il s’en fout. On en voit à gauche tout penauds, qui négocient comme au temps de l’esclavage on aurait négocié la longueur de la chaîne et le poids des boulets. Il faut choisir : ou bien on dit « un autre capitalisme est possible » et on le réforme et on le corrige et on lui trouve des chouettes idées et on le renforce. Ou bien on comprend qu’il nous mène au désastre général et qu’il faut tout changer. Tout en profitant de la période qui finit, celle du développement matériel, à nous d’inventer enfin l’histoire du développement humain. Voilà qui vous remet de l’air dans les bronches !

« On lâche rien », c’est eux qui chantent ça, les larbins du capitalisme, tous en chœur dans leurs Covid parties, on lâche rien sauf les chiens, sauf les chars. Les chars, oui. Lordon rappelle 1973 à Santiago du Chili, quand un vrai socialisme était là pour de vrai. On peut rappeler la Semaine sanglante, on peut rappeler ceux qui ont préféré Hitler au Front populaire, on peut évoquer les véhicules blindés qui furent envoyés par Macron contre les « gilets jaunes », et aujourd’hui la spéculation sur les vaccins qui va laisser pourrir des milliers d’êtres dans le monde. Et bien sûr, un capitalisme propre sur lui, bien déguisé en démocratie comme le loup qui se déguise en gentille grand-mère. Des élections, ah oui, très bien, à condition que les blancs bonnets remplacent les bonnets blancs, et le contraire aussi dans un affrontement passionnant. Mais pas davantage. Sinon revoyez les aventures de la Grèce en 2015. Tout le bouquin de Lordon peut se résumer à la phrase de Bertolt Brecht : « le fascisme n’est pas le contraire de la démocratie, il est son évolution par temps de crise ».

Émission spéciale « Doléances et Résistances » en public HAYANGE, CEUX QUI FONT FACE AU FRONT [INTÉGRALE RADIO] AbonnésÉcouter

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C’est curieux, le maire d’Hayange n’a pas aimé notre affiche, il l’a fait arracher et même il l’a fait repeindre en bleu ! Lui qui aime tant le cochon, lui qui fait la Fête du cochon. Hayange est l’une des onze nouvelles villes conquise par le Front National lors des municipales de 2014. Ancien militant de Lutte Ouvrière et de la CGT,le jeune maire d’Hayange est devenu célèbre en se convertissant subitement à l’extrême-droite. Il est aussi très malin pour lancer des petites ou des grosses provocations qui font le beurre et le bonheur des médias qui viennent du monde entier dans cette ville de Moselle frappée par les politiques néo-libérales.